‹ Œuvres complètes de Ch. Fourier (volume 2)Chapitre 68 sur 124 · CHAPITRE XXXHL lie la elM»lfle»tlo* des Séries · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXHL lie la elM»lfle»tlo* des Séries

Rien n'est plus mi que de répartir en proportion du capital? c'est une opération purement arithmétique, bien connue de toc* le monde ; mais 1* rétribution du travail et du talent, l'art de contenter chacun sur ces deux points est tellement- ignoré, que tons les civilisée * plaignent d'injustice et passe-droits vexatoires sur l'une et l'autre dette* Il serait impossible de satisfaire ees denx prétentions, s'il fallait donner à chaque individu le produit direct de son travail dans une trentaine de séries et une centaine de groupes dont il est coopéwteur ; on serait obligé de vendre aéparément chaque récolte, partager le montant d'un carreau de choux à plusieurs groupes qui l'ont soigné en exerckeparcetiairec tel groupe en labourage, tel antre en plantation ou semis ; celuici en armttga, cehn-fâ en soins des grains. Ce serait une con? pUcationmdécbiflrabte jil faut une méthode expeditiveqièi abrège comme Fâtgfcbr* en eomparaieon de rarithménque.

Peur expliquer ce aaétanismà de réparation ataéviative* il faut enseigner d'abord à classer les séries seloni leur degré d'importance et de droits à un dividende plus ou moins fort. Chaque série étant associée et non pas fermière de sa phalange, elle* perçoit v* dividende, ne* sur le produit de son travail spécial, mais sur celai

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de toutes les séries; et sa rétribution est en raison du rang qu'elle occupe dans le tableau des fonctions, divisé eh trois classes, nécessité, utilité et agrément.

Par exemple : telle série qui produit les graminées ne perçoit ni demi, ni tiers, ni quart du produit de ses grains recueillis : ils entrent dans la masse du revenu à vendre ou à consommer ; et si la série qui les a produits est reconnue de haute importance en industrie, elle est rétribuée d'un lot de 1er ordre dans la classe où elle, figure. La série qui produit les grains est évidemment de la 1* classe dite nécessité; mais dans cette classe on peut distinguer environ cinq ordres de séries, et il est probable que celle qui produit les grains, froment, seigle, orge, avoine, maïs, etc., sera tout au plus de 3* ordre en échelle de nécessité ; car le travail de labour et celui de manutention du grain ne sont pas répugnants, et doivent être classés après les répugnants qui sont au 1er des cinq ordres de nécessité.

Le travail des Petites Hordes est le premier de tous ; vient ensuite celui de boucherie, où elles interviennent pour la partie fétide ou triperie. Les fonctions des nourrices, des pouponistes et des infirmistes étant répugnantes, doivent être classées avant celles du labour ; il en est de même des fonctions chirurgicales et médicales, ainsi que du travail des corvéistes : ces emplois comprennent plusieurs séries qui figurent en 4 •* ordre dans la classe de nécessité.

Répétons que ce n'est pas sur la valeur du produit qu'on règle les rangs, c'est sur l'influence d'un travail en mécanique d'attraction et d'harmonie : voici à cet égard, un problème sur lequel se tromperont tous les civilisés. Laquelle des deux séries de floiucoles ou fructicoles doit être placée avant l'autre? Chacun répondra que ce n'est pas un sujet de doute, que les fruits sont infiniment plus précieux que les fleurs; donc la grande série qui cultive les vergers, les espaliers, doit non-seulement être classée avant celle qui cultive les fleurs, mais celle des fructicoles doit être placée en catégorie d'utilité, et celle des floricoles en catégorie d'agrément qui est moins rétribuée. Ainsi opineront les civilisés : n'ayant pas besoin d'attraction industrielle, ni d'harmonie, ils n'en estiment pas les ressorts.

C'est juger au plus mal, et tomber dans double contresens; la série des vergers, des fructicoles, quoique infiniment productive* reste dans la catégorie d'agrément; tandis que la série des flori-

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qui produit à peine autant qu'elle coûte, passe en catégorie d'utilité : expliquera les motifs de ce classement, déduits ries in* m j ^e |'attraction.

Les vergers, en harmonie, sont des séjours délicieux; leur, soin est le plus récréatif de tous les travaux. Les rencontres des cohortes vicinales et les amours, dont je n'ai pas parlé, s'y joignent à mille au'res amorces. Tout verger est parsemé d'autels4 de fleurs, entouré de cordons d'arbustes: le travail n'y exige guères de tentes mobiles, parce que les arbres en tiennent lieu. En ajoutant le charme spécial de cette culture, les rivalités érauiatives, la réunion des sexes, le repas fort gai servi au castel à la fin de la séance, on pensera que sur 4 000 personnes, il doit s'en trouver 990 en attraction pour le soin des vergers, au moins dans quelque branche : ce sera une série infinitésimale ou d'attraction générale, comme celle du poulailler (IV, 336).

La secte des fructicoles, abstraction faite de son produit, est donc la dernière en titres au bénéfice, parce qu'elle est la plus forte en dose d'attraction. D'autres sectes recourront aux expédients pour se renforcer d'attraction; celle-ci ne cherchera qu'à diminuer l'intensité d'appât, et ralentir l'empressement général à s'y enrôler.

Quant à la secte des ftôricoles, elle est fort mal appréciée en civilisation. Si son produit a du charme, son travail n'en a guères ; il exige beaucoup d'assiduité, de connaissances, de soins délicats pour un plaisir de courte durée ; mais il est précieux pour façonner les enfants et les femmes aux exigences de la culture, aux études et aux raffinements agronomiques : et c'est pour en faire une école d'agriculture, que la nature donne ce goût (tes fleurs aux femmes et aux enfants. D'ailleurs le travail des vergers n'est pas en tous sens à portée des enfants, tandis que celui des fleurettes et même des grandes fleurs convient en tous points au bas âge. A ces titres, la série des floricoles sera placée en 2e catégorie, au rang d'utilité.

On peut juger, par ce parallèle des fruits et des fleurs, que laa harmoniens, en appréciation de travail, se règlent sur des bases fort différentes de celles admises chez les civilisés ; et que la quantité ou valeur réelle du produit, qui serait parmi nous boussole exclusive d'estimation des travaux, ne le sera point dans l'état sociétaire.

Il placera au dernier rang l'industrie fructicole, qui est la plus

3W SECTION V. — Dft L'tamiBftE GÉKÉlAfi BttB PASSIONS.

précieuse peut-être; car deux sexe» (fftarmeraitt», tel les enfant», vfvnmt de fruits, soit mis, swt ^ «opale, atfl e« marmelade, bien plus que de gmmtnft» Km eu «vona ftadie* ans le bas prix acte**» mm criKfltepar des kKftgènes, comme- en laàeMttaL Lrfrgt -alliera sucre-est nourriture esses* Ériln iîn liiniMiiiTiini (ITT, 66*): te pain, sttbsttae* commune', eet «ft «wfe de errifoé, de goujat, quand il estprie pour base comme etor le peuple, et ihbriqné en farines communes.

D'autre part, des fonctions qui nous semblent de pure super^ flteté, comme t'bPÉBft , seront en harmonie au*2* ordre de aéces* site-, immédiatement après fes* répugnantes. <r Cependant, diront » les civilisés, on peut se passer d'opéra et ttondë boulangers ni dfe meuniers. » L'objection est juste quant à FOrdre civilisé, qui n'est pas susceptible d'attraction industrielle ; mais on a vw, aux chapitres de l'éducation, que Topera est un des pîus puissants ressorts pour former l'enfant à la dextérité, à l'unité en fonctions industrielles : sous ce rapport l'opéra est de V9 nécessité, et rétribué comme tel.

Eii définitive, le classement des séries est réglé selon les eon* tenances générales, et non selon les produits. Posons plus régtr* lièrement le principe : on estime leur priorité de rang, en raison composée des bases suivantes :

4° En raison directe de leur concours aux lîens d'unité, au jeu dé la mécanique sociale ;

V En raison mixte des obstacles répugnants;

3° En raison inverse de la dose d'attraction et d'engrenage que peut fournir chaque industrie.

#• Titre direct : le concours a i/unïté. Le but est de soutenir le lien sociétaire dont on obtient tant de richesse et de bonheur; la série la plus précieuse est donc celle qui, productive ou toiprvductive, concourt le plus efficacement à serrer le lien so~ tiétaire. Telle est la série des Petites Hordes, sans laquelle tout le mécanisme de fusion des 3 classes et harmonie intentionnelle &&- Mit impraticable. Cette série est donc lia 4 n eu Htre direct, en conjura direct aux liens d'unité; èRe est de même la f** en titre mixte.

2° Titre mixte : Obstacles bépttgnants. Tef est le travail des mineurs, dès infirnristes et des bonnes. L'obstacle purement industriel est souvent un sujet d'amusement, divers athlètes s'en fait tm jeu ; mais on ne peut pas se foire un jeu d'une répugnance

qui fatigue les sens, comme serait le curage d'un égoût, la descente dans une mine : on peut surmonter cette répugnance par point d'honneur, par esprit religieux,, comme le font les Petites Honte et les infirmistes; elle n'est pas moins lésion sensuelle,, tandis que la fatigue simple et sans dégoût, comme celle d'un ouvrier qui monte sur des noyers et cerisiers , peut devenir amusette, plaisir réel. De là vient que Tordre sociétaire n'fBtmmoto'ofl met en priorité de rang que les fatigues répugnantes.

3° Titre inverse : Dose d'attraction. Plus un travail excita d'attraction , moins il a de valeur pécuniaire : dès-lors Topera et le soin des vergers devraient être deux séries de 3e classe ou agrément, car il n'est rien de plus attrayant dans les campagnes que le soin des arbres à fruit; et, dans les villes, que le tripot de comédie, les intrigues de coulisse : tous les gens riches aiment à s'y faufiler, même à titre d'actionnaires, au risque d'y perdre de bonnes sommes.

La série des vergers est renvoyée au 3e rang , à l'agrément, parce qu'elle n'a de mérite qu'en titre inverse, en forte dose d'attraction ; elle ne concourt pas plus à l'unité que les autres fonctions agricoles. Quant à la série de l'opéra, elle concourt à l'unité par des services exclusifs, par sa propriété de former l'enfant à toutes les harmonies matérielles. Cette série est donc précieuse à double titre, en direct et en inverse; elle doit prendre place au 4er rang dans la catégorie de nécessité. . C'est en combinant bien les trois règles ci-dessus, qu'on parvient à classer exactement les rangs de chaque série en prétentions au dividende pécuniaire alloué au travail. Du reste quelques erreurs sur ce point ne seraient pas un préjudice notable pour la phalange d'essai ; elle compensera ce défaut de méthode par la * force des accords intentionnels (8e notice), par le noble orgueil de changer la face du monde et voir accourir les sages de toutes les régions pour admirer le germe de l'unité universelle. Observons que cette afHuence de curieux rendra à la phalange d'essai une somme de 40 à 50 millions, à n'estimer le prix d'admission que eaot francs par jour, subsistance aux frais de chacun

Je dois redire que les erreurs sur le classement des séries no prigudieierefftt point à l'accord collectif car ces débots subalternes sera* absorbée dans la paesioa générate d'raaaÉwM» (obapitee XXXII}, ftti n'est pas cowwe des civilisés» et qui naîtra chesks harmoniens dès les premiers jours. Nos philosophes, quiccoùni

connaître toutes les passions, sont comparables à des enfants de dix ans qui, enchantés de leurs globules de marbre, pensent qu'à l'âge de vingt ans ils n'auront point de plaisirs plus séduisants. Juger des passions d'harmonie par les passions civilisées, c'est imiter un paysan qui, n'étant jamais sorti de son nid, croit que le clocher de son village est le plus beau clocher du monde, et que son curé est le plus savant homme de la terre. Quand ce paysan aura vu le monde, parcouru les capitales, il trouvera bien à décompter en fait de clochers et de savants.

Il en sera de même des passions futures, et surtout du libéralisme, dont on profane aujourd'hui le nom sans avoir aucune idée delà chose [royez Chap. XXXV). Parmi ces passions à naître, la principale sera Vunitéisme ou philanthropie réelle, fondée sur la plénitude, la réplétion de bonheur, le besoin de répandre autour de soi le charme dont on est pénétré. Nous voyons une ombre de cette passion dans les événements qui remplissent de joie une population entière. Lorsque Troie, après dix ans de siège, est enfin délivrée des assaillants, les Troyens sortent en foule, panduntur porfœ9juvat ire: l'ivresse est telle, que les rangs se con« fondent; on se félicite réciproquement, on se redit les détails du siège. Ici étaient Achille et les Thessaliens ; ici étaient les Dolopes. C'est vraiment l'instant de la fraternité rêvée par les moralistes; c'est une ombre de la passion unitéisme, fusion des classes, réplétion de bonheur qui régnera sans cesse chez les harmoniens, et .qui aplanira tous les obstacles relatifs aux accords de répartition. D'ailleurs on va se convaincre que pour établir l'harmonie dans les partages, il suffit, comme je l'ai annoncé, de l'amour des richesses.

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