‹ Œuvres complètes de Ch. Fourier (volume 2)Chapitre 67 sur 124 · RÉSUMÉ SUR L'APPLICATION · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ SUR L'APPLICATION

Four décrire les relations d'harmonie, pour appliquer les priaiijpes exposés aux sections I et H, j'ai adopté trois divisions.

La section IUf traite des relations de l'âge impubère, borné à dix passions, ignorant l'amour et la paternité.

La section IVe traite des relations de l'âge pubère,, qui est pourvu, des douze passions, dont deux, amour et paternité libbjbs, seront comprimées au début de l'harmonie.

La section Ve traitera des relations d'équilibre passionnel asmmunes à ces deux classes, répartition des bénéfices, et ralliement des antipathies sociales.

J'ai dû décrire d'abord l'âge impubère, parce qu'il est le plu» susceptible de pleine harmonie, étant dégagé des deux passions qui sont criminelles selon nos coutumes, et qu'on sera obligé d'entraver pendant les premières générations.

En traitant de l'âge pubère, section IV, j'ai été fort limité, ne pouvant parler,, ni de l'amour libre, ni de la paternité libre* deux passions qui seront interdites pendant un* demi-siècle, et dont l'engorgement causera d'énormes lacunes dans le mécanisme d'harmonie.

J'ai rallié les relations de l'âge pubère à deux grandes (pestions de mécanisme, savoir :

L'engrenage des attractions industrielles, 7e notice ;

Les accords intentionnels sur la répartition, 8* notice.

Récapitulons brièvement les sujets les plus importants de ces deux sections : les effets les plus éloignés de nos coutumes.

En éducation* L'on a vu que nos systèmes pèchent sur fous les points ; on n'a pas même connaissance du buta atteindre,, on n'ose pas l'envisage» : U s'agit d'élever l'enfanta sa destinée industrielle. Si l'homme doit vivre du travail agricole et manufacturier, il faut le faire cultivateur et fabricant avant de le faire savant. Telle est la marche de l'éducation harmonienne où, un enfant, fut-il héritier du trône du monde,, est élevé dans les jardine,, colombiers, ateliers et cuisines d'une phalange, dès qu'il peut marcher ; U y devient cultivateur et manufacturier avant de s'occuper des études ; il ne les aborde que peu à peu, et comme accessoires des travaux productifs auxquels il s'entremet constant*

ftESUMÉ DE l'àPPUCÀTIÛM. £95

i <fe %à 4 ans» Ensuite il sollicite l'enseignement, pour l'appliquer à cmtcavauxoù il est impatient de sa perfectionner, et il obtient l'enseignement intégral donné en toutes méthodes, suc lagquelleg il peut opter, sans être assujéti an système de tel

Dans, cette éducation la marche est directe» l'enfant va droit au but, à l'industrie. L'étude est sollicitée par l'enfant pour emploi industriel* pour favoriser les travaux où il trouve son boaheur. Hors de cette application, l'étude est toujours un ennui pour l'enfant, sous quelque forme qu'on la lui présente ; et nos méthodes ont l'inconvénient de ne savoir pas la présenter. Les élèves de nos meilleures écoles sont fatigués de l'étude v et ne s'y livrent qu'avec dégoût ;, les maîtres sont aussi ennuyés de donner l'enseignement que les enfants de le recevoir ; le salaire est l'unique mobile, des instituteurs, ils ignorent tout-à-fait l'attraction réciproque ou doublé affinité du maître et de l'élève, pour eux personnellement, et pour l'objet enseigné.

Aujourd'hui chaque maître, chaque pensionnat prétend avoir inventé des méthodes nouvelles; et, ce qu'il y a de certain, c'est qu'aucune n'approche du but, qui est l'application à l'industrie et l'attraction réciproque , telles que je viens de les expliquer.

On n'a guères vu dans l'éducation moderne qu'une idée neuve, c'est l'enseignement mutuel, méthode essentielle de l'harmonie où un professeur, exerçant par attraction, ne pourrait pas abonder à soigner un cent d'élèves j à peine en admet-il aux leçons particulières 7, 8 , 9 , dont quelques uns transmettent la science à pareil nombre, et ainsi de suite.

Oa assure que ce mode est renouvelé des Grecs de qui on reproduit tant d.'idées qu'on nous donne pour neuves. (Voyez l'ouvrage de DuxKNS, Origine des découvertes attribuées aux moderneëy ouvrage. peu répandu, parce qu'il fourmille de vérités fâcheur ses pour L'orgueil et le plagiat. Il démontre que le génie moderne est, dan» tous ses détails* une réminiscence des ébauches de l'é &À* grecque* à qui le* moyens, manquaient pour approfondir les sciences dont elle avait su découvrir tous. les. germes* notamment la théorie de- Newton sur l'attraction* entrevue par PythagpreJ

Un* école civilisée ayant à peine panai ses élèves un dixième de passionné* déskeux de la science, l'enseignement mutuel n'y eabfpaiicabie qu'en ébauche,, parce qu'on ne peut pas classer la

troupe en plusieurs échelles d'étudiants passionnés chacun dans leur degré, tant pour l'étude que pour la transmission.

Les antagonistes de cette innovation la dépeignentcomme plagiat sur l'école de Pythagore ; à supposer que ce soit l'ouvrage des modernes, c'est encore un sujet de honte pour eux; il leur faut donc 3000 ans pour pénétrer le moindre mystère de la nature, un procédé dont elle suggère l'idée à tout maître un peu surchargé d'écoliers ; et à peine ce procédé est-il mis en scène, qu'il cause quadruple scandale :

Il est dénigré comme inutile et dangereux;

Il est ravalé comme réchauffé de l'antiquité;

Il devient un levier de l'esprit de parti;

Il est l'objet d'un plagiat sur l'école lancastrienne. Que de malfaisance dans les esprits civilisés ! que de lenteurs dans leurs inventions, que de scandale dans l'emploi qu'ils en font! Quel chaos d'impéritie et de vices dans cette gasconne société qui vante son progrès vers la perfectibilité 1 Si elle connaissait les lois du mouvement social, elle saurait qu'en éducation, comme en tout, il faut d'abord conduire l'homme au premier but de l'attraction, au luxe interne et externe ( Santé et richesse) ; or la classe qui reçoit le plus d'éducation est la plus ennemie du travail actif en culture et manufacture, c'est aussi la moins robuste : elle manque donc les 2 voies de luxe, richesse interne ou santé , et richesse externe qui ne peut provenir que du travail productif. Dès lors les systèmes d'éducation civilisée sont tous aussi faux les uns que les autres. Quelques légères ditfôrences n'empêchent pas que tous ne tombent dans les fautes capitales que je viens d'énumérer.

La 8e notice, qui traite des 4 genres d'accords intentionnels , présente un contraste surprenant du mécanisme harmonien au mécanisme civilisé. Celui-ci, qui aurait grand besoin d'accords intentionnels pour contre-poids aux discordes qu'il engendre, ne produit aucun de ces accords ; tandis que l'harmonie crée ces accords à profusion, quoiqu'elle n'en ait pas besoin, ayant d'autres moyens suffisans pour concilier les prétentions ambitieuses.

La nature ici semble inconséquente au premier coup d'œil: elle prive de ressorts une société qui en a besoin, elle les prodigue A celle qui peut s'en passer. Est-ce une distribution vicieuse t Non, elle est fort juste selon la règle du mouvement composé ou: dualisé , chap. XXXI ; on y a vu que l'homme est fait pour le double bonheur ou le double malheur , et non pour le simple :

Résulté bb l'application. WW

c^est en partie l'ignorance de cette règle qui a jeté les philosophes dans l'athéisme : on incline à suspecter Dieu, quand on ne connaît pas la cause de cette loi de mouvement composé ; la voici :

Dieu ayant créé les passions pour l'état sociétaire, qui durera sept fois plus que le chaos social, et ayant donné à Tordre sociétaire la propriété de bonheur composé, miracles redoublés, chap. XXXI, Tordre civilisé qui est le jeu subversif des passions doit opérer à contre-sens ; les ressorts, les 42 passions étant les mêmes dans l'un et l'autre état, ils ne peuvent manquer de produire un effet double en bien ou en mal. Si le malheur des civilisés n'était que simple, il s'ensuivrait que le bonheur des harmoniens ne serait que simple $ or il serait fâcheux que pour favoriser les temps malheureux» Dieu eût rédimé le bonheur des temps heureux qui dureront sept fois davantage.

D'ailleurs plus nos misères sont cumulées dans l'état civilisé, mieux le génie est avisé de son égarement et stimulé à chercher l'issue du labyrinthe. Si le malheur et l'injustice n'y étaient que médiocres et simples, on pourrait croire que cet ordre civilisé , est réellement perfectible, comme le persuadent les sophistes pour se dispenser d'en inventer un meilleur. Nous avons à nous préserver de cette erreur; et pour nous la faire apercevoir, il est utile que le malheur composé, ou double mal, soit le fruit constant de toutes nos réformes philosophiques.

En lisant le chap. XXIX, on a dû revenir des préventions civilisées contre le genre ambigu qui tient place dans les passions et caractères, comme dans les produits de tous règnes. On Ta méprisé de tout temps, on n'a dressé aucun tableau des ambigus ; et dernièrement un écrivain passant d'un extrême à l'autre, a voulu faire de l'ambigu un règne à part sous le nom de psychodiaire ; c'est une erreur : l'ambigu n'est pas un règne spécial, mais lien de tous les règnes ; de même que les transitions ne sont pas branche particulière d'un écrit, mais lien des diverses parties.

Une, autre erreur où tombent les beaux esprits, est de ravaler le genre trivial (273), comme l'ambigu (250), et vouloir qu'on exclue des calculs de mouvement la partie triviale qu'ils accusent de n'être, pas à la hauteur de la philosophie. Disons, plus exactement, que la philosophie n'est point à la hauteur du mouvement; elle ignore la règle du contact de» extrêmes, selon laquelle un système 4e preuves, en mécanique de passions, doit passer des effets les plus sublimes aux plus triviaux.

Sfc* srcnoir nr. — *éeAi*w»B et wamm» de l'attraction.

& ftéorfe de motrveméht il feut, non pas des; Beat* acaife* urines, mais de la justesse mathématique et dt l'intégralité. Or la preuve n'est complète, intégrale, qu'autant qu'elle fr'appâiq»» mix deux extrêmes et par suite aux degrés intermédiaires. Esritire iè trivial, c'est raisonner comme un cffirurgien qui ne voudrait pas opérer sur certaines parties du corps parce qu'elfes sont triviales, ou comme an chimiste qoi refuserait d'analyser les substances tritfales, II faut se garder de cette etteur de* critiques parisiens qui m'ont Mme de meta* en setoe, quand il te faut, 1'ambigtt et le trivial, selon la loi de contact des extrtnw» : si j'avais exclu de mes recherches ces deux: genres, je n'aurais déterminé ni 1* corporation du vestalat, ni celle des petites hordes qui sont le* deux ressorts les plus puissants en éducation naturelle, quoique leurs emplois tiennent à l'ambigu et au trivial.

tes littérateurs civilisés tombent en déraison sur tout ce qui touche aux questions de mouvement : ils n'ont sur ce sujet aucun principe fixe, aucune dfrectron rafsonnée; et comme le dit fort bien l'Évangile, ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles. ( St. Màtth. Chap. XV. ) Si on en doutait, il suffirait pour s'en convaincre, de la versatilité de leurs doctrines qui, après avoir prêché de tout temps le mépris des richesses, nous excitent au» jounUttii à l'amour du trafic.

Un journal {Gazette de Franw) a àênorttê avec raison la dé* pravation de la morale dont il dit : « elle s'est bien humanisée I * douce, complaisante, elle ne rafcs enseigne plus à combattre, » mais â céder. » Ce serait bien le voeu de la nature qui veut que nous cédions à l'attraction, pourvu que ce bonheur s'étende à tous, dans un régime social où chacun ait la faculté de se livrer à l'attraction et où tout soit lié, selon le principe des philosophes qui enseignent que tout est lié dans le système de la nature, et doit être lié de même dans le système social.

Pour opérer ce lien, il faut que le peuple participe aux joua* sauces, qu'elles ne soient pas limitées à la classe riche : or que veut le peuple t II tient avant tout à la nourriture, à la bonne chère : j'ai prouvé ( 373, 374 ) que le monarque- même ne peut pas être bien servi si le peuple ne l'est pas ; il fallait donc découvrir un ordre industriel ( Séries passionnées ) qui assurât ce genre de bien-être à toutes les classes, en proportion de fours moyens pécuniaires ; un ordre qui établit le lien recommandé |ar la philosophie, et qui l'appliquât d'abord aux subsistances

AÉSUMÉ DE L'APPLICATION. M?

du peuple, d'où on l'aurait étendu au régime des subsistance* générales du globe ( voyez III, 564 ), en y organisant le système, lié et le mode composé, qui sont la nature de l'homme ( Ghap» XXXI).

Au lieu de proposer ces grands problèmes, nos moralistes professent le mépris du peuple et l'insouciance pour ses besoins, pour les fourberies commerciales1 dont il est victime. Us ne songent qu'à s'introduire dans les salons de la finance r le veau d'or enchaîne à son char tout le monde savant ; nos philosophes dédaignent la gargotte morale, le brouet noir des Spartiates, les raves de Curius Dentatus et les ragoûts à l'eau de la citoyenne Phocion ; habitués maintenant aux volailles truffées des publieaios, ils oublient que le peuple souffre et qu'il faut, peur ie faire participer su bien-être, un système où tout soit /M, où le bonheur s'étende jusqu'aux dernières classes populaire».

J'ai observé cette règle de lien général dans les relations décrites aux sections III et IV ; j'y ai toujours fait marcher de front le beau e,t le bon : tous deux y sont liés sans cesse ; je n'y ai pas négligé les* fleurs pour les pommes de terre, comme aux beaux jours d» 4793, où l'on plantait moralement des pommes de terre au jardin des Tuileries ; je n'y ai pas non pins négligé les pommes de terre pour les fleurs, comme le font aujourd'hui nos perfectibiliseurs qui, sous prétexte de s'élever à la hauteur de la philosophie, veulent proscrire certaines fonctions qu'ils disent triviales, et dont l'absence fait avorter les fonctions nobles. Aussi voit-on les Parisiens aussi ignorants sur le beau que sur le bon : leurs parterres, tout remplis de pissenlits arborescente, sont aussi mal tenus que leurs potagers ; vandales sur la culture- des fleurs qu'ils détruisent en automne quand elles pourraient durer encore un mois (surtout le souci), ils sont également vandales sur le soin des pommes de terre que la philosophie juge au-dessous de sa dignité. Ainsi tout est fié ; si on échoue sur le beau, on échouera sur le bon : c'est un écueil inévitable hors des Séries passionnées.

Eh conséquence, il faudra refaire l'éducation sar le beau comme sur le bon ; la morale veut n'occuper les femmes que du pot au feu, il faudra les habituer à l'appréciation ctes fleurs qu'elles ne connaissent point r elles ne font cas que des roses, et leur» maris n'estiment que les choux ; de là vient que pour foire l'éducation harmomenne des pères et mères engagés dans la première phfr-

lange, il faudra employer les champs de fleurs concurremment avec la g astronomie élevée au mode gastrosophique (358). Mothons cette préférence.

Quelles sont les branches de culture sur lesquelles la phalange d'essai pourra opérer ? Il en est neuf.

Grande culture, grains, vignes, FJeurs ^et serres, Bestiaux,

Vergers, Colombiers,

Jardins, Viviers et chasses,

Forêts,

Cuisines et conserve.

La plupart de ces branches ne fourniront que peu ou point d'intrigues industrielles dans le début : on ne pourra pas encore s'occuper des forêts ; les vergers seront sans intérêt , à moins de transplantation indiquée au devis; le grand bétail occupe trop de temps pour une phalange peu experte et qui doit créer promp* tement des intrigues actives ; la grande culture, graminées et vignes, aura le même inconvénient ; les viviers seront probablement réduits à peu de chose ; les fleurs et serres fourniront quelques amorces, mais le fort de l'attraction ne pourra porter que sur les jardins et les colombiers, deux objets qui se lient intimement avec le travail de cuisine et conserve : les 3 branches réunies tiennent à la gastronomie ; on ne pourra donc les intriguer vivement et promptement que par application des intrigues gastronomiques.

Je n'avais pas autant approfondi ce sujet, lorsque j'écrivis le Traité de 4 822 : par déférence pour les préjugés de trivialité, j'insistai trop peu sur la nécessité de la gastronomie, ressort le plus efficace au début : je craignais que cette branche de théorie ne parût manquer de gravité ; je ne la produisais qu'étayée de calculs très-rigoureux, comme ceux de l'art. III, 435.

Aujourd'hui, après six ans d'observations qui ont mûri d'autant la théorie, j'insiste sur la nécessité de spéculer principalement sur la gastronomie appliquée aux travaux culinaires et agricoles; c'est le plus sûr moyen de faire éclore en peu de temps les attractions indutrielles.

Il faudra surtout désabuser les femmes, toutes prévenues contre celte passion , les façonner à l'amour de la table par les repas de corps et de fantaisie alternés, par les mélanges de sexe et les serviteurs aimables : une réunion de 40 à 4 2 hommes entre en gatté si elle

KÉSUMÉ DE L'APPLICATION. 304

voit le service du dîné fait par 2 ou 3 jolies filles ; le repas sera 1 beaucoup moins gai si on le fait servir par 2 ou 3 béates.

Il faudra, dans la phalange d'essai, ménager de même aux tables de femmes un service de beaux jeunes gens, ce sera un moyen de plus pour ramener le sexe aux raffinements gastronomiques. Je parlerai des an tiennes, qui sont un moyen très-puissant (^notice) ; d'ailleurs la table plaira aux femmes par le choix de compagnies passionnément assorties au moyen des négociations faites jour par jour à la bourse. Les femmes n'auront plus l'ennui d'un comité mâle qui, à table, ne les entretient que de la charte, du budjet, du trois pour cent, des élections, du commerce et autres pesanteurs assommantes pour elles. Quand aux hommes et aux enfants, on ne sera pas en peine de les passionner promptement pour la gastronomie appliquée.

Il est encore de nombreux ressorts d'attraction industrielle qui influeront puissamment sur les femmes et les enfants ; tels seront, à la culture, les champs de fleurs cultivées, sous tente mobile, pour la parfumerie (1 43) et pour les graines (1 46) ; aux ateliers, une chance très propre à passionner les femmes, sera celle du travail de faveur, de bienveillance, de courtoisie, tel que celui de Géliante pour Jflastien (248) ; la faculté assurée à chaque femme de travailler pour tel jeune homme, en passionnera bon nombre pour les fonctions qu'elles dédaigneraient sans cette amorce, et dont l'amour leur donnera le goût, l'initiative, pas le plus difficile à franchir.

Une conclusion à tirer des tableaux contenus dans les sections III et IV, c'est que plus le sexe mâle donne de liberté aux deux autres sexes, femmes et enfants, plus il est riche et heureux. On a vu qu'en harmonie un père est délivré du fardeau dispendieux nommé ménage, entretien de femme et enfants, frais d'éducation, de placement, dotation, etc. ; tout le monde est placé dans sa phalange même, à la culture, aux fabriques, aux sciences, aux arts, dont il lire d'amples bénéfices : le père n'a d'autre tâche que de féliciter ses enfants, sans dépenser une obole pour eux. Le produit, estimé aujourd'hui :

Enfant 1 ) / Enfant

Mère 1 ! devient ] Hère 9 \ Différence de? à 2S,

Père 5 J ( Père

Tel sera le fruit de la vraie liberté fondée sur l'essor de l'attraction. Les résultats en richesse et bonheur seront plus brillants en*

3(fê SECTION IV. — MÉCANISME ET HARMONIES DE l'aTTRACTIOW.

core, quand on pourra, au boutd'un demi-siècle, organiser ramour et la paternité libres.

Entravé sur ces deux passions, l'état sociétaire ne sera point entravé sur l'ambition, qui nous paraît la plus indomptable de toutes. Oh verra en Ve section qu'elle est la plus flexible, et que rien n'est si aisé que de concilier César et Pompée, Bonaparte et Louis XVIII. C'est un problème qui doit répandre de l'intérêt sur la V*' section, à laquelle nous allons passer, et qui enseignera l'art d'établir d'autant plus de justice et d'harmonie sociale, que les ambitions seront plus insatiables de grandeurs et de richesses. Le problème peut sembler gigantesque aux yeux des philosophes, il n'est qu'un jeu d'enfant pour qui connaît la théorie du mécanisme1 sériaire des passions.

J'ai omis un préalable bien utile qu'il eût convenu de placer' avant le procédé de répartition; c'est le calcul dès' ralliements passionnels ou accords des seize antipathies sociales. J'ai expliqué un de ces ralliements, en traitant de la domesticité passionnée; j'ai* préludé sur quelques autres. On peut donc renvtJfer {'ensemble du sujet à la 9e notice, et passer dès à présent au mécanisme de répartition, que le lecteur se lasserait d'attendre.

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