THESE DBS GARANTIES M IN EL H ES
Sous « donnerons en son lieu » la théorie des. équilibres passionnels. . Le lecteur ne parviendrait pas à comprendre les équilibres mineurs , ni par suite les majeurs , s'il ne se dégageait de ses préjugés sur le prétendu bonheur conjugal et familial , sur ces liens où quelques heureux par exception constatent le malheur collectif de la multitude prise au piège conjugal.
On peut déjà conclure de la !«• partie de cet Intermède qtie l'ordre actuel des amours et des familles est ce qu'il y a de plus opposé à la vérité , à la concorde , au bonheur domestique ou privé , et qu'il serait impossible d'inventer (61 ) un régime plus illusoire en garanties de bonheur. J'en atteste les tableaux, Citer.
Vétat conjugal, si onéreux pour la plupart des pères de famille, offrait un beau problème à la science; elle devait alléger le fardeau, leur garantir quelques appuis sociaux, et d'abord le principal , qui est la solidarité familiale externe ou contribution des non mariés et pseudomariés, en indemnité à fournir aux mariés géniteurs et surchargés de famille.
C'est une discussion assez neuve et qui va prouver ce que j'ai souvent avancé , savoir : « Que la philosophie , sans sortir du cadre des idées » civilisées ni du régime appelé vie de ménage , avait douze voies pour » entrer en gar autisme (période 6m«.), et nous ouvrir une issue des mi • » sèr es sociales. •
PRINCIPE. — Le mariage est en ordre mineur ce que l'industrie est en ordre majeur. L'une est chargée de reproduire et manutentionner les. subsistances; l'autre, de reproduire et éduquer les industrieux. Tous deux ont un égal droit à la protection des lois; et si la politique n'était pas simpliste dans tous ses plans, elle aurait reconnu que l'appui des lois doit être composé, appliqué aux producteurs de mode majeur et mineur, aux pères de famille comme aux industrieux.
Loin de pourvoir aux besoins des pères malheureux , proclamer et établir leurs droits à un minimum, la politique, tout eo déclamant contra
SECONDE PARTIE. INTEftLOGUE. 87
la noblesse majeure ou titrée, a créé mie noblesse mineure qui se compose des priTÎlégiés conjugaux, des couples qui, n'ayant que les plaisirs du mariage ou du célibat prolongé, ne contribuent en rien au soutien de la masse des producteurs mineurs, des pères chargés d'enfants, sans moyen de les élever.
Cette noblesse mineure, tout en affectant de favoriser l'état conjugal, ne tend qu'à le persécuter, envahir toute la faveur des lois et de l'opinion, et méconnaître les droits des pères malheureux : ainsi Ton voit la noblesse majeure envahir toutes les faveurs du prince et fouler tous les droits de l'industrieux. Dissertons sur celui qu'ont les pères à un minimum familial.
L'instinct suffit partout à nous enseigner « que la masse du corps social > doit être engagée et grevée de redevances pour le soutien des corpo* » rations pivotales de. la société, entre autres du gouvernement. » Ce principe de garantisme est indiqué par la nature à tous les souverains , sans qu'il soit besoin de la politique pour le leur apprendre.
D'ordinaire, la civilisation étend trop loin l'application du principe ; car elle grève le corps industriel de redevances parasites, entre autres d'une prestation de tributs féodaux en faveur de la noblesse et d'une prestation de dîmes en faveur du clergé, bien qu'il soit constaté que l'ordre civilisé peut exister sans dîmes ni droits féodaux.
On n'ignore donc pas le principe des solidarités collectives; car on en fait deux sortes d'emplois : les uns utiles, comme tributs pour le service administratif et les besoins communaux; les autres abusifs, comme tributs de dîmes et de féodalité.
Est-il de classe qui ait plus de droits aux secours solidaires que celle des pères de famille nécessiteux ? La philosophie les représente comme les colonnes du système social ; elle ne voit de vrai citoyen que dans le père de famille. En effet, c'est l'homme essentiellement intéressé au bonheur de l'état et au maintien de l'ordre. Les pères et les propriétaires semblent i ce titre mériter toute la protection des lois.
La législation n'a point su faire le lot à chacune des deux classes : injuste sur ce point comme, partout, elle prodigue ses faveurs au grand propriétaire; elle l'accable de dignités et de privilèges, selon l'adage, la pierre va toujours au tas; puis elle ne donne aux pères qu'un stéril encens, ou, pour mieux dire, un tribut de gasconnades morales sur leur prétendu bonheur; quand il est évident que les 7/8 des pères chargés de famille sont accablés de dégoûts 'et de tribulations, faisant , dit-on, leur purgatoire en ce monde. La charité publique leur fournit des secours illusoires et souvent humiliants. D'ailleurs, il en est beaucoup à qui l'honneur défendrait d'en recevoir, et qui ne sont pas moins à la gène.
88 CIS-LÉGOMÈNES.
Comment se fait-il que les comités de bienfaisance, qui voient de près l'énormité du mal, n'aient pas eu l'idée de suppléer le stérile génie philosophique, et de proclamer le principe de garantisme hypomioeur, savoir: que les riches célibataires et les pseudo ~ mariés
DOIVENT ÊTRE ENGAGÉS SOLIDAIREMENT BT PROPORTIONNELLEMENT EN FAVEUR DES PERES SURCHARGES DB FAMILLE ET NÉCESSITEUX EN DIVBRS DEGRÉS !
APPLICATION.— Elle consiste à former le tableau des classes obligées selon ce principe, et déterminer les règles à suivre dans là contribution qu'on doit leur imposer.