CHAPITRE H
Fonds capital et Chances de réduction.
Quelle somme fau<fara<-t«*H avancer pour cette brillante fondation qui va changer la face du mande, le teatisformer en paradis terrestre? Si je réponde dix mille frênes, chacun va éclater de rire; si je réponds di* millions , chacun va tirer de l'aile et dire que las souverain* mêmes n'ont pas dk millions d'argent mignon à exposer pour le succès d'une bette théorie.
Indiquez donc la somme qu'on voudra y affecter. Je laisse l'option sur toutes les sommes, depuis 10,000 Ar. jusqu'à 10,000,000 fr. : toutes peuvent réussir également , sauf lé degré d'influence qu'aura le' fondateur , et sauf le degré d'essai qu'on voudra tenter, depuis la Phalange de pleine Harmonie à 15 ou 1600 sectaires, jusqu'à la Phalange sous-hongrée, qui peut se réduire à 200 personnes, soit 40 familles de villageois et artisans, selon le tableau II, 17.
Le fondateur sera-t-il un souverain ou un particulier , sera-t-il de classe moyenne, comme un grand propriétaire ou un riche banquier? Toutes ces variantes de facultés individuelles fournissent autant de chances, quant au versement du fonds capital ; et il est très-certain qu'un grand souverain {fourra , moyennant une avance de 10,000 fr., fonderune Phalange de haute Harmonie, ce que ne pourrait pas faire à égal prix un simple particulier.
Expliquons le mystère : ce souverain peut, de ses domaines ou forêts, fournir le terrain en bail ou fermage , et avec grand bénéfice; l'avance ne lui coûtera pas une obole , car on transigera avec les fermiers qu'on admettra dans l'Association. Il trouvera au bout de trois ans un ample bénéfice dans la vente dé son terrain que rachètera la Phalange quand elle sera en plein exercice.
Un souverain peut donc affecter une de ses forêts, en tout ou en partie , pour éviter un achat de terrain cultivé. Le roi de France pourrait assigner, sur la forêt de Saint- Germain , uife portion prise entre Poisy fct Con flans. Un roi peut prêter quelques bataillons^ pour faire la coupe et coopérer aux travaux de défrichement et fondation; il peut aussi avancer un de ses domaines cultivés , car il est bon que la Phalange d'essai trouve quelques vergers déjà
emplarités et donnant du fruit; quelques vignes d'âge; enfin quelques occupations productives de la. première année.
Si un grand souverain consent, comme il le peut, à faire l'avance de Ces divers objets qui ne lui coûteront aucun déboursé , il ne lui restera que peu de frais à faire pour installer la Phalange. Il pourra y affecter (toujours à titre d'avance remboursable) un de ses châteaux inutiles, par exemple, Ghoisy ou Meudon près Paris. Mais comme Tes bâtiments civilisés sont distribués sans aucun rapport avec les relations d'Harmonie, il conviendra beaucoup mieux de construire en plein l'édifice et les è tables, sauf à bâtir économiquement en briques et matériaux de peu de valeur; précautions nécessaires, puisque la Phalange d'essai, dépourvue d'expérience, commettra nécessairement des fautes sur les dimensions convenables à l'édifice.
En supposant la fourniture du terrain et le prêt de quelques bataillons à petit salaire, pour accélérer le travail de fondation, \i ne restera à faire que peu d'avances pécuniaires pour les constructions, plantations, achats d'animaux , établissement d'ateliers et équipement des sociétaires de la classe pauvre.
Admettons que pour ces divers frais it faille encore une somme de quatre millions de francs dont les constructions absorberaient la majeure partie : on divisera cette somme en 400 actions de dix mille francs , et si le prince prend la première actioa, les courtisans, financiers, banquiers , prendront à Fmstant toutes les autres , vu qu'il n'y a pas une obole à risquer, l'affaire étant purement agricole et manufacturière.
D'aStèurs, dés qu'on aura mis la main à l'œuvre, dès que le monde civilisé verra que la civilisation va finir et
456 ASSOCIATIOK COMPOSÉE.
qu'il faut tourner ses vues vers le nouvel ordre , les actioas du canton fessai se vendront à mie hausse inappré*» ciable et dont j'indiquerai plus loin les causes.
Si le prince , en délivrant les actions , se réserve de les retirer moyennant un bénéfice de 30 p. 0/0 aux déten? leurs , il aura la chance de gagner deux millions dans le cas de doublement» 6 millions dans le cas de triplement du prix. Or, il est certain que , pour l'avantage d'être actionnaires de la première Phalange , beaucoup de membres achèteront à 30,000 fr. Faction qui n'eu aura coûté que 10,000. Ils y trouverai bénéfice pécuniaire sur le revenu, triple de celui de civilisation, et avantage de prérogatives que donnera te rôle d'actionnaire : on en verra plus loin le détail.
A ce compte » un souverain fondateur n'aura réellement avancé que 10,000 fr. employés à la première action, et pour ce faible effort, il aura la garantie de l'omniarchat du globe, ou sceptre héréditaire de l'unité universelle» ( II , 376 ). C'est un résultat si plaisant et si facile , qu'il conviendra de le démontrer amplement dans des chapitres spéciaux. En attendant, il est bon de l'annoncer, pour rassurer ceux qui craignent qu'on ne réussisse pas à engager un des princes d'Europe à cette fondation. Il est plus probable que la majeure partie d'entre eux s'en députeront l'honneur, puisque les petits souverains de 400, 300 et même 300,000 habitants , cemme ceux de Darmstadt, Parme et Weïmar, ont tous les moyens nécessaires pour opérer cette fondation tons hour*e délier, et en se bornant éprendre la première action, avec réserve de rachat du tout à 50 p. 0(0 de bénéfice.
Voilà une chance économique pour ua monarque ou prince : j'en indiquerais vingt autres pour des particuliers