‹ Œuvres complètes de Ch. Fourier (volume 5)Chapitre 16 sur 63 · X.oiwk · texte numérisé non relu

X.oiwk

94 kocvsau «otidb

CHAP* VI. Des trois effds obligés eo mtcanisme de Séries passimtues.

riou» puions des trois causes pa ressorts, aux trois cffetsqui en doÎTent naître' Lorsqu'un pui ni du dorlrineM delà plus haute imporUnce et forinclafa.iscd'uiic ihcorie inconnue, il toavienl de le reproduire sous divcrst» Hices, a(in de le mettre à portdc des divers esprits. Lia méthode la'plus régulii^re peut échouer vers rerlaiiis lecteurs; îl faut donc recourir ici à Li prccaulioii usllvc en maihématiqacs oiJ l'on donne la preuve el U contre- preuve. Ce chapitre sera la rouirc-preuvc du précédent; c'est le même sujet explique en sens irivcrsc-

Les 3 passions mi-rapiisanic-i ou neutres, sont les Causes en formation dcSériei passionnées :rar elles pQiis.venl en tout sensàcelte distribution: elles produisent Iruîs effets obligés qui sont, dans chaque Série passiouii,ée : £ de CABUlâTE : l'échelle compacte [>aroii les groupes. £ de Papillonne : la hrlvvelé et l'opituii de sé^mres. £ de Composite : l'exercice parcellaire en funclions. JNous allons établir la dé:nonslrarion sur ces Irots effets, prouver qu'ils sont Ici leviers par Icsqut^ls dmvenl opérer les trois passions, qu'aucune des trois ne peut agir ulilement sans l'emploi du levier auquel on la voit ici accolée. Ce sera descendre des causes aux effets, eo- Buite nous remonterons des cfTuls aux causes.

Déjà j'ai Iraiié de la Cib-disle et de son cfTel spct-tat. Dans le cours du chapitrcVj'aî démontré la néressllcde l'échelle com^/ur/e, pour exciter l'espril rabidlsliquc, les jalousies et rlvaliiés cmulallves entre les groupes : il faut, pourles plqucrd'cinulallon, mettre l'opinion en siispem, créer l'Indécision des juges. L'opinion n'Iiésilerail pas, (84) s'il fallait juger sur deux e^piices peu voisines, pronoii> cer sur le rang des groupes cultivant la pomme rcincltc oulacalvine; maison l)ësitcra,oncontroTerscra surdeux variétés de i^iaelle ou de calviae,surla priorité adonner

iKsosmiit. I.'S. 95

■m poupes fini les cullîrent. Celle balann de suffrages fera iiailre les jalousie5,prélCDlion8,diacordâetintriguet, «ntre les groupes cultivant ces deux pommes rivales. Ce* lullet wnl ralimeiU de la passion dite Cabaltsle ; elle repose sur des prétentions ériielouées par Tariélës et mime par téiiuiics, mais non par espèces : elle veut, dans les Kn'cs.la gradualionla plus atiiiulîense, la plus compacte possible.

Je passe â un 2/ levier. Texercke parcellaire d'où dépend l'essor de la Composite.

La ditlribulion part-ellaîre consiste à affecter un sousgroupe à ciiaque lucnuc fonction d'un service : prenons pour exemple la culture d'une fleur, soit la Jonquille.' Le groupe qui s'y adoinie a bien dfs fonctions à remplir, disiiiijiuon& en 3 calégorics

\jt»arabHres; bcchér, fumer, amender, mélanger, ar> roscr les terres, sont autant de fonctions différentes i cbarune desquelles on affectera quelques sectaires du (troupe. c( non pas le groupe entier dont plusieurs membres n'auraient'pasde goût pour exercer sur toutes ces branches.

\jes mobilières : soîn des outils et ustensiles, préparation t;l pose des ientcs,(car en harmonie tout carreau de fleurs e&l pamsolé contre le grand soleil et la grande pluie) . soin du belvédère cl des vêtemens de travail qui y sont déposes. ( Chaque groupe a un pavillon d'abri i protimiié du terrain du ses cultures. )

l-fi!' re/mniaciices'. soin des bulbes, leur évuLsion et séparalion, Véliquelage el riassilîcalion des variétés , cueil- Iciie et ron.scrve des graines, semis de graines.

Eiilia la fuHDion pivot,-ile, celle des archives, puis l'arresoire, relie des rafrairhisscmens.

Voilà pour le moins une douzaine de fonctions distinctes. Aucun sectaire ne voudra les exercer toutes, il en ailupiera seulement une ou deux, trois au p!ug; il fanon dutic former une douzaine de sous-groupes affcciça i chacune de ces fonctions ^rcellair^ : l'aitractiou iu-

.Lioo^ie

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doslrielle âant toujours parcellaire et jamais intégrale, on serait assuré d'ennuyer et rebuter tous Jes sectaires, si ou exigeait que chacun d*eux vaquât à toutes les fonctions ; mais le groupe ne filt-il que de douze personnes on pourra aisément en former la groupes chacun de 3, 4 , ^ individus passionnés pour telle branche et même pour plusieurs des i2.

Examinons comment cet exercice parcellaire est une source d'enthousiasme et de luxe industriel, développant la passion dite Composite>

Chacun dessous-groupes se passionne fortement poar la parcelle d'industrie qu'il a choisie, et j développe ladexlérité, l'intelligence qu'on apporte dans toute fonction attrayante préférée : il en résulte que chacun dcrdouze sous-groupes se repose sur les onze autres du soin d'élever toutes les autres branches A la perfection : chacun dit aux onze autres : nous soignerons au mieux la parcelle que nous choisissons, soignez de même la votre et tout l'ensemble sera parfait.

La confiance, l'amitié, le charme seront d'autant plus Tifs qu'on aura donné plusd'extension à cet exercice parcellaire, appliquant chaque individu aux fonctions où il excelle et qu'il préfère- Pourquoi le travail en civilisation est-il accablant même dans le cas d attraction ?c est que le maître est obligé de veiller à tout. J'en ai souvent conféré avec des £lorimanes obligés de s'adjoindre pour la grosse besogne des mercenaires qui volent graines et bulbes, si on leur commet le soin de les planter, arracher, recueillir; et qui, loin de prendre aucun intérêt au travail, le traînent en longueur , le 'compromettent pour être occupés une journée de plus. Aussi arrire-t-il qu'un homme qui veut cultiver fleurs ou fruits,'tomhe dans le degoiit;ilest dupé, volé, partout où il n'est pas présent; il est servi gauchement par ceux des mercenaires qui ont de bonnts intentions; ses travaux agricoles ne sont pour lui qu'un calice d'amertume, sans parler des risques de roi. On a

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vn m nurédial de Biron moarir de chagrin de ce que tons les iroits du jardin qu'il soignait lui-même furent volés en une naît. Voilà les charmes de la ciriliaauon per&riible , voilà les doux plaisirs que ta morale garantii aux amis des travaux champêtres.

Comparezàce mécanisme de fourberies qu'on nomme civitisation, les plaisirs d'une industrie exercée sociétaîrement et parcellairement, dans un ordre de choses oik U val et lafi-€iude soni impossibles : comparez au triste sort d'un agronome civilisé, le conlenlement de ces 12 soos-gronpes dont chacun sAr d'exceller dans sa parcelle iârorile, se repose sur les 1 1 autres du soin d'élever loutes les branches du travail à la perfeciion où il élève la sienne ; et décidez après cela si l'industrie civilisée est compatible avec la nature de l'homme qui se plaint à bon droit de n'y trouver qu'un abîme de pièges et d'inquiétudes, qu'un océan de disgrâces.

Envisageons maintenant le modeparcellaire comme voie du faze industriel nécessaire pour alimenter laComposi te, ou exaltation qui n'admet rien de modéré en plaisirs.

Chacun des douze sous-groupes cnltivant telle fleur, tient à stimuler les autres, en leur prouvant qu'il est un digne coopérateur ; ïl veut , à cet effet , donner le plus grand lustre à la parcelle de travail qu'il a choisie ; de là naissent les subventions personnelles pour le faste de chaque branche.

Crésus est membre du sons-groupe des tentes de la renoncule glacée (à deux couleurs, une en dessus, une en dessons.) Lucullua/est un sectaire de la renoncule panachée-)aspée : tous deui; très-jaloux du suffrage public, veulent faire briller leur fleur favorite : ils font les frais détentes somptueuses w étoffe de soie à franges, festons et panaches. La phalange ne fouroiroit que des tentes élégantes en couiil rayé, ils en veulent de magnifiques, afin que l'étranger, attiré par ce luxe, accoure vers leurs carreaux de renoncules , etqu'elles figurent en reines des parterres de la contrée.

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g8 NOUVEAU MONDE

Tout homme riche ea fera antant pour les sonsgroupes dont il sera membre; de là naîtra le luxe gênérai des cultures et ateliers, et par suite le charme industriel porté à l'exaltation qui est nécessaire au jeu de la douzième passion, dite Composite.

. L'on va objecter qu'il ne se trouvera pas un Lucullus dans chaque sons-groupe industriel , notamment dans ceux de cordonniers et savetiers , où les Lucullus ne se presseront pas de s'enrâler comme aux œillets et aux renoncules : c'est fort mal jugé. On verra plus loin que l'éducation sociétaire a la propriété de disséminer en toutes fonctions les gens riches , pourvu que celte classe soit en proportion , numérique sufiîiiante, et en graduation régulière.

En principe, reconnaissons que l'exercice parcdlaîre a la propriété de répandre sur l'industrie les deux sortes de charme, le matériel par le faste qu'il crée dans chaque branche , et le spirituel par l'enthousiasme qu'il fait naître dans chaque sous-groupe, ravi d'êire dégagé de telles et telles fonctions inhérentes A son travail, et de les voir exercées par des collègues intelligens.

Souvent l'exercice parcellaire s'opère par embranchement : si tel groupe ne fournil pas une ma»se de sectaires suflisante pour tel service,[comme celui des tentes, on pourra, en puisant dans plusieurs groupes ouséries, réunir une masse passionnée pour ce service, et qui exécutera pour divers groupes de fleuristes.

Sans l'exercice parcellaire, les groupes ne jouiraient pas du charme d'identité de goûts; car. sur douze hommes passionnés pour la culture de l'œillet, aucun des douze n'aura de peluchant pour douze fonctions que comporte cette culture, dès-lors ses sectaires tomberaient en discorde, s'ils manquaient à faire une répartition parcellaire des travaux.

D'autre part le charme de contraste n'existerait pas entre deux groupes qui ne seraient pas enlhousiastes d'eux-mêmes : le charme ne s'établit que sur des contrastes d'harmonie, et non sur ceux de discorde.

INDtlSTHIBI.. l.'S. 9g

Vexerace parcellaire est donc le moyen d'élerer au plus bant degré la passion dite Composite on exaltante; en assurer le plein essor. Il repose sur l'exercice parcdlaire, commel' essor de la CjlBjUiSTE repose sur l'échelle compacle, poussée aux Tariélés et ténuités-

J'ai démonlré que les deux leriers nommés éckelU compacU et exercice parcellaire, étant appliqués à des séries de groupes libres, y assurent l'essor des deux pasûoos dites Cabaliste et Composite. Il reste à prouver que le troisième levier, les courtes séances à option,, étant appliqué à des séries de groupes libres, y assure l'essor de la passion dite Papillonne.

Si l'on suppose que chaque individu ait eu libre choix sur CCS courtes siiaoces , plus elles seront courtes et multipliées, mieux on alt«udra à l'équilibre de passions, au préservatif des excès.

De là vient que les riches en association sont plus ro- Imstes que tes pauvres ; ils ont plus de moyens de papilloaner, varier les séances j usqu'à une trentaine par jour, prévenir la satiété par emploi du Parcours ou réunion cumulative de plaisirs nombreux et rassemblés dans une même séance. Les riches n'ont pas ces jouissances en dvilisation. .

Les courtes séances ne donneront plein essor à la Papillone que dans un ordre où les plaisirs seront ezemptsde tout danger, et où le papillonnagene pourra conduire chacun qu'au plus grand bien de ses intérêts et de sa santé. Au résumé, les trois ressorts organiques de série, La Cabaliste, ou fougue réfléchie, La Composite, ou fougue aveugle, la Papillonne , ou manie de variété , sont tellement identi6és avec les trois leviers nommés é^elle compacte , exercice parcellaire et courtes séances à option, qu'on peut indifféremment établir la théorie sur les ressorts ou les leviers , car ils naissent les uns des antres : l'action de ces six moteurs est insépanble dan« uie Série passionnée ; et en considérant

r,, ...1 .LiOOglc

tOO NOVVEAU MONDE

Lea trois ressorts comme causes, Les trois leviers comme effets , on peut vériBer de deux manières la régularité d'une série'iCar la ç^ïssection de son mccanisme doit présenter,

Les trois causes en action , produisant les trois effets ,

£t les trois effets produits par l'impulsion des trois causes.

C'est une double méthode pour la vérification ; et chacun pour s'assurer si une Série industrielle est juste, soit en théorie, soit en pratique, aura l'option de ces deux pierres de touche': il sufBt qu'on puisse voir dans nue série les trois causes en action , pour qu'on soit assuré d'y trouver les trois effets; et vice versa.

Puisque la théorie sociétaire ne repose que sur l'art de faire mouvoir combinément les trois passions mécanisantes qui doivent diriger le tout, on ne saurait trop étudier ces trois passions sur lesquelles j'ajoute quelques détails.

Nos moralistes bUment l'esprit cabalistique , cependant les économistes ei les litlérateurs ne cherchent qu'à l'exciter dans toute branche d'industrie oude jouissance, par les variations de modes , par la controverse en affaires de goût, en peinture, en poésie, etc. ; sur des raHinemcns de l'art inaperçus du vulgaire. C'est par une échelle de ces nuances délicates qu'une Série passionnée sait éleclriser une vingtaine de groupes, et communiquer ce raffinement rabalisliquc, des consommateurs aux pro* ducleurs ; elle dissémine, au sortir des courtes séances , chacun de ses sectaires : ils vont, de la consommation , prendre part à un travail de production, et y porter l'esprit de parti dont ils sont animés.

7)os compagnies administratives, dans leurs messes d'installation, demandent au Saint-Esprit de les préserver de l'esprit de cabale, les rendre tous frères, tous unis d'opinion; c'est inviter le Saint-Esprit à se mettre en révolte contre Dieu ; car si le Saint-Esprit anéantissait l'esprit cabalistique, il détruirait la passion que Dieu

INDOSTRIEZ.. I.'S. lOl

a cré& pour opérer sar les dlscords que doit contenir loale série bien échelonée.

Le Paraclel, loin de déférer à leur demande incongrue , laisse les passions dans l'état où Dieu tes a créées ; aussi Toil-on, au sortir de la messe, que les députés^ loin de Touloir s'unir d'opïnïon , vont organiser des comités cabalistiques, des menées jd'intrigues et d'esprit de parti. Tel est constamment le fruit de celle prière déraisonnable, où ils invitent l'Esprit'saint à imiter les philosophes , et vouloir changer les lois de Dieu sur l'emploi des passions.

. JLa Composite est tellement inhérente à la nature de rhomme, qu'on méprise tout être qui a le goût des {Haîsirs simples, borné à une seule jouissance. Qa'un homme ait une table exquise pour lui seul , sans y inviter jamais personne , il sera criblé de quolibets bien mérités; mais s'il réunit chez lui une compagnie bien assortie, où l'on goûte à la îois plaisir des sens par la bonne rbère et plaisir de lame par l'amitié, il sera prôné, parce que SCS banquets seront plaisir composé et non pas simple.

Une ambition n'est louable qu'autant qu'elle met en jca les deax ressorts organiques de cette passion , intérêt ei gloire : elle est vile, si elle n'a pour mobile que l'iotérét seul, elle est illusion perfide si elle ne tend qu'à la gloire; il faut donc l'élever du simple au composé, en recherchant à la fois l'intérêt et la gloire. Uo amour n'est* beau qu'autant qu'il est amour composé, réunissant le double charme des sens et dé l'ame; il devient trivialité ou dpperïe, s'il se borne à l'un des deux plaisirs.

La Papillonne est voie d'équilibre entre les facultés corporelles et spirituelles, gage de santé du corps et de progrès de l'cspril- Elle seule peut créer cette bienveillance générale que rêvent les philosophes , car si l'on dissémine les collaborateurs d'un travail dans cent au* très groupes, 11 arrive de cet engrenage que chaque groupe a des amis dans loas les autres ; c'est le contraire

lOa HODTKAU MOKDS

da m^nûnie àTilisé*, où chaque profîession est indifférenle aux întéréis des autres, souveat même hostile avec elles.

La Papillonne 'est donc la sagesse présentée sons les couleurs de la 'folie ; il en est de même des deux autres.

Ces trois passions sont fort actives ches les enfans, sexe neutre, qui étant dépourvu des deux passions dites ti^^iueuses mineures , amour sexuel et amour paternel « M livre d'autant plus aux trois passions mécanisantes ; aussi Toit-on les enfans enclins à la cabale , k l'exallaiion et au papil/onnage , même dans leurs jeux , qu'ils necontmuent jamais au-delà de deux heures sans varier. C'est d'après cette disposition des enfans, que la manœuvre de séné sera plutôt organisée parmi eux que parmi les pères. *

J'ai dû déBnir amplement ces trois passions et les trou leviers qu'elles emploient, afin de prévenir les dispositions arbitraires en fondation sociétaire. On aura sur chaque Série industricliedeuxtrinilésde règles dont il faudra vérifier l'observance ; et toute dérogation à l'une des sixrèglesrendra une série suspecte, comme un or qui, à la louche, se montre inférieur en litre. C'est par cette épreuve qu'on pourra se convaincre que tous les établisaemens soi-disant sociétaires , qu'on forme en Angleterre et en Amérique, sont vicieux au suprême degré, puisqu'on n'y connaît , ni la formation et l'emploi des Séries passionnées, ni les six règles à observer dans cette foi^ malîon , qui est l'afiaire primordiale en mécanique sociétaire.

11 reste à expliquer en quel sens les Séries passionnées tendent collectivement à l'unité d'action qui est but de Dieu en mouvement social comme en matériel*

Xts passions sont distinguées en trois ordres, l'actif ou les qnatre affectueuses , le passif où les cinq sensuelles, et le neutre ou les trois mécanisantes qui opèrent en développant combinément les deux autres ordres; elles opèrent en action unitaire, car elles n'entravent rien , elles développent les trois ordres en pleine afiïnité.

IMDUSTÏIIXI. l.'S. I03

Ta monle , an contraire, veut mettre en latte les trois ordres de passions]; elle reut que celtes de l'ame étoof- Tcnt les impulsions des sens, que la raison réprime celles del'aaie, et que les neutres soient exclues d'inlerrention; elle tend donc^ étouffer ou faire entrechoquer les trois ordres de passions,sacrifier les unes aux autres, au lîeu de les associer dans un déreloppemenl commun et libre à toutes , d*où naîtrait l'unité d'action.

Le système de la philosophie n'établissant que dîrer- Ijencel, entraves et conflits dans le jeu des passions*, est une duplicité d'action organisée en-tout sens; il est Topposé de l'unité et doit donner des résultats contraires i ceux de l'unité; elle nous ferait jouir d'un bonheur composé et non pas simple, bonheur des sens et de l'ame à la fois ; la morale qui met les passions en conflit et sacrifie l'une i l'autre, ne produit que mal heur composé et non pas simple, malheur des sens et de l'ame chez l'immense majorité.

Aussi lejosle qui sous le régime sociétaire obtiendrait la fortune et l'honneur, ne recueille-t-il que pauvreté et difiàmalionsous le régime philosophiqueou civilisé. C'est un résnliat dont on s'indigne et qu'on trouvera fort sage quand on connaîtra les lois du mouvement social ; car Dien nous laissant le libre arbitre, l'option pour ses lois on pourceltes des philosophes, nous devons altendredes lois de l'homme tous les résultats opposés à ceux deslois de Dieu, double liouheur 'pour les méchaos et double malheur pour les ,bons : tel est l'effet constant de la cinlisalion ou régime philosophique.

IKeu déplore comme n'ous cet état de subversion inévitable dans les premiers âges d'un globe ; il nous laisse toujours libres d'en sortir ; l'attraction qui nous interprète son code sociétaire , ne cesse jamais de se faire entendre; il nous est toujours facile d'en calculer les impulsions, en déterminer le mécanisme et organiser le régime des Séries passionnées où elleTeotnouscondDire^

I04 ItOVVEAD HONDE

CHAP. VII. Des SérUsfaussées. Comcûfshy appUçuer.

A la suite des règles prescrites dans les chapitres V et VI , il faudrait donnerquelques applications ou exeonples de Séries faussées; des Cacograpkies passionnelles qui exerceraient le lecteurà discerner dans quels cas une série passionnée remplit les conditions d'attirer à l'iiid usine, dans qnel cas la série est faussée, mal équilibrée et susceptible de corrections.

Pourbien concevoir la méthode exacte, il faut étudier la fausse. J'en avais préparé des exemples dans les deux séries suivantes , A et B, contenant chacune sept groupes de cultivateurs de poires.

Série A très-faussée.

Aile tnpërinire | Groupe du martin-seci. Foires cassantes 1 — du messire-Jean.

CtDtre. Groupe du heure blanc,

Foires fondantes | — du beuré grïs,

' — du heure vert piqueté.

A!li inHiiniic. , Groupe du bon-chrétien , Foires&rineusesl — du rousselet.

Groupes SÉBIE B peu/au

Aile super.* t , 2 : cultivant a sortes de heure blanc.

Centre, 3, 4* 5. — 3 sortes de beuré gris.

Aile infer." 6,7. — 2 sortes de beuré vert.

Il faudrait expliquer dans quel cas ces séries violeront ou observeront les rè^iesderwalUé,'ejraliation,engrenagx, établies chap. V; et' les règles de écheUe compacte, courtes séances, exercice parcellaire, établies chap. VI ; comment la série B se rapprochera de ces règles tou(^à-fait violées par la série A ; comment cette série A manquera des 4 ressorts de sympathie, en identité , en contraste, en perfection spéciale, en perfection collective.

Pour traiter exactement ce sujet, il faudrait un chap.

INDUSTBIBL. {.'S, ioS

de m^e ëlfiodue que les pr^édeos V et VI : d'autres qui foifront exigeraient tmcore plus d'étendue.

Cependant des critiques noiables et dignes de foi en pareille matière, exigent une extrême bnèveté, 3oo pages, sous peine de ne pas êire lu. Il faut donc se bornera indiquer les sujels dont on devrait traiter. Les efïlcurcrt ce serait créer des doutes au lieu de donner des éclaïrcistements.

Les discussions contenues dans ce chap. que je fraiirlils, tendaient à prouver

Qu'il 7 a lacune de discords dans toute série indnsin'elle écfaelonée par espèces, comme serait une série de doute groupes cultivant t3 espèces de fleurs bulbeuses. Tulipe, Lys, Jonquille, Narcisse, Tubéreuse, Iris, Dalla, etc., qu'il faut échelonner les groupes d'unesérie, an moins par variétés, et préférablement par ténuités et minimiiés; jamais par espèces, encore moins par genres; tes variétés étant la plus basse des graduations d'où nait le discord.

J'ai déj établi ce principe en traitant de l'échelle compacte qui peut seule créer la controverse, l'obstïnatlon des partis et l'émulation qui s'ensuit. Il faut amener les groupes vidnaui d'une série an point de se traiter ttspectivement d'espriu faux, de profanes, d'hérésiarques, gens sans goût, et sans raison. La série B indiquée ci-dessos approcherait de ce mécanisme de discords obstinés, tandis que la série A ne produirait que l'apatlùe.la fraternité.

La série A n'exciterait aucun intérêt parmi les autres; la urie B aurait de tous côtés des partisans qui s'entrenwltraient à ses intrigues. Elle serait engrenée d'intrïgae avec la masse de la phalange , lien que )a série A ne saurait pas créer. Celle-ciale vice d'embrasser unecniture de région et non de canton , car on ne trouvera pre&que lamais un canton d'une lieue carrée , dont les terres (fuissent convenir aux trois genres de poires cassantes , 'ondanici et farineuses. La nature varie les qualités de

I06 KOTJVIAU UOKDt

sol , de liene cii lîeue, de deux en denx , de trois en trois lieues ; dès-lors une série qui voudra adopter trois genres , courra le risque d'échouer dans deux , être faussée par insuffisance d'attraction et d'enthousiasme.

Au contraire, une série qui n'embrasse qu'un genre ou moitié d'un genre, et qui en perfectionne les variétés et ténuilés , excite l'enthousiasme dans les cantons voisins comme dans le sien ; elle atteint à l'engrenage interne et externe en intrigues.

Cette règle est l'opposé desméthodes civilisées où chaque province, chaque village voudrait s' assortir de toutes les espèces, et se passer de tout achat chez les voinns. On suit le principe contraire en harmonie ; un canton aime mieux se borner à une espèce de poire ou de pomme de terre, en cultiver vingt vaiiétés ou ténuités, et en fournir vingts cbarriotsaux cantons voisins, dequi il recevra vingt chariots d'autres espèces que son terrain n'élèverait pas à la perfection nécessaire pour le mécanisme d'attraction passionnée. Toutefois ajoutons que , dans l'état sociétaire , on n'aura pas à redouter les fourberies commerciales qui aujourd'hui font redouter les échanges et obligent chacun à cultiver vingt espèces de légumes ou de fruits , pour se préserver de relations avec des voisins malrcillans et trompeurs.

J'ai dit ( 77 ) que ceux qui essaieront de fonder sans moi une phalange d'essai , tomberont dans mille erreurs sur la distribution, de leurs Séries passionnées; ils en fausseront les neuf dixièmes, tout en croyant suivre littéralement les règles, comme dans la série A, qui, au premier coup d'ceil , semble très-régulière > et qui pourtant est un assemblage de tous les vices;

Son rentre manque de lien avec les deux ailes ,

Chaque aile est d'échelle licbe, non compacte(65) ,

Chaque division est apathique faute de discords.

J'y compterais bien d'autres vices * quoique le centre soit bon , si on l'envisage isolément.

Des séries distrihoécsdcla sorte, ne formeraieniqu une

IKDUSTBIEL. Î.*S. IVf

cacopliteie et non pas une harmonie paMÎonnée; non sculeoMat elles avorteraient en attraction industrielle , maîselleséchoueraienttoutneten mécanisme de répartîtitui, pub on j&'en prendrait à l'inventeur, ou dirait que sa tiéorie est une belle chimère. J'ai donné pour cette distrilNitïon des règles très-précises, aux chap. V et VI; il eAtronTcnad'ajouter ici descacograpbies, pour habituer Vétttdianl à Tapplication complète de la méthode; si elle n'est pas suivie en plein, ou verra tout le mécaiiisme industriel manquer de nralilés , d'exaltation et d'eu-

Le principal vice delà série A estle délàatde discords entre groupescootigus;les espèces i, 2,6, 7, n'ont point de rivalités avec le centre qni , de son côté , n'en a point avec elles. Tout le mécanisme de rivalité et d'émulation tombe , si l'échelle n'est pas bien compacte. Indiquons le remède à ce vice, le moyen de rétablir la compacité, qui înlerdil toute échelle d'espèces.

Je suppose qne , dans une phalange , les goûts ae manifestent de manière à former la série A, il faudra bien la tolérer, toute vicieuse qu'elle est, car on ne doit jamais entraver l'essor de l'attraction ; mais l'art viendra an secours de la nature, et pour ramener cette série à la compacité, l'assemblée directrice, ou aréopage de phalange , examinera d'abord laquelle des cinq espèces contenues dans la série convient le mieux au terrain local : je suppose que ce soit l'espèce fondante nommée Bearé ; il &udra manoeuvrer pour faire prévaloir cette culture, sans contrarier l'attraction de personne. On déclarera donc que les quatre espèces des ailes sont inconvenantes an terroir, et ne peuvent pas illustrer te canton, figurer dans son écusson >. Elles seront mises en éclipse,

■ EaturaMoic, kormolrieion teuwRUiiaKinlpu iniigaiGuaconnncpaniiî MHu; ilj loBl BiiblânUiqaei da nmjciu d'indiutric et de celdbiilé que pouéde une phalanp; i\t reprïuDteiit M) richesM) nitorellei et arliGcicllet.

\m ciTilUatiaaloaîonrtdïi'iiwaDible, ne cboiiit que deaécuaoïu vides de loM, m lion punnl , nne croix poteoc^ , no ehimp de gueula ui pal de lable , c' nlni ■iaûeriei dîgna d'(UMN)ciA<quiD'<Mentouticns(|a*iuieb*o*dcd<![(iMia

I08 KOVVEAÙ MOK&lf

et devront porter an drapeaa la cravale de demi-deuil ,

crêpe violet k frange d'argent , indiquant le désaveu du

canton.

£n même temps on fera des eflôrls pour organiser une série complète en Beurés , comme celle B, l'élever à lo, 1 2 , 1 5 groupes ; et organiser , s'il se peut , une seconde série de poires fondantes, Bésy ou autres, afin d'engager pleinement le genre où il peut exceller.

Quant aux quatre groupes éclipses, s'ils donnent des fruits passables , on les adjoindra comme rameaux bâtards à des séries de leur espèce , qui excelleront dans d'autres cantons.

Dans tout jugement sur les espères à éclipser, la faveur ne peut avoir aucune influence, car c'est la contrée entière qui est juge par le /ail, par son empressement ou son insouciance à demander commercialement tel pn>duit. Les sortes qui ne trouvent que peu ou point d'acheteurs, sont évidemment médiocres et passibles d'éclipsé.

£n suivant cette marcbe, tout canton se restreindra aux espèces où il pourra exceller en culture ou fabrication , et négligeant tout ce qu'il pourrait produire en <|ualité médiocre, il le prendra par assortiment semblable à la série B , dans les cantons qui y excelleront , et à qui il vendra pami assbrliment de sortes où il excellera lui-même.

Toutes ces fournitures seront faites par échelle assortie, graduée et compacte. Une phalange ne vend pas mille quintaux de blé en telle qualité, elle vend mille quintaux distingués en échelle de cinq , six , sept nuances de saveur dont elle a fait l'épreuve en boulangerie, 'et qu'elle fait distinguer selon les terrains de récolle et les méthodes de culture.

Sur les moindres denrées ou légumes, une phalange ne vendrait jamais en total une de ses qualités; on ne livre commercialement qu'une échelle de variétés assorties, parce qu'il faut consommer par séries de qualités ,

tNOVSTniEL. I. S. 109

afin d'établir parmi les 'prodaclenrs des sënes Inen intriguées ; il faut lier exactement la consommation à ta prodaclion , appliquer à toutes deux un mécanisme idenlrqae : cet ordre&era expliqué aux sections suivantes. Dans l'état sociétaire, chaque canton ne produira que des denrees exquises; mais chacun aura besoin de s'approvisionner chez vingt de ses voisins , contre l'usage des civilisés. lie commerce vicinal des harmonîens sera au moins centuple du nôtre, car sur chaque légume, rave ou chou, anc phalange tirera dix approvisionnemens de dix phalanges voisines , chez qui elle prendra dix chargemens de choux renommés, en leur envoyant autant de chargemens de la qualité de choux où elle excellera, et qu'elle livrera par échelle de saveurs graduées.

Cet énorme commerce ne s'établira que sur les bonnes qualités Mulement ; les médiocres ne trouveront pas d'acheteur, parce que leur emploi fausserait le mécanisme d'ariraciioD industrielle , les trois règles de rivalilé, exaltalion, engrenage.

Vu tel mécanisme sera le ronlraire de notre monde à rebours, de notre civilisation perfectible, où tout le mouvement industriel s'opère à contre-sens des trois règles ci-dessus. Aussi voit-on chez nous les denrées de mauvaise qualité vingt fois plus abondanteset plus faciles à pbcerque les bonnesauxqucltes personne ne veut mettre UD juste prix, et qu'on ne sait pas même distinguer des mauvaises; la morale, habituant les civilisés à manger le bon et le manvaîs indifTéreoimenl. Cette brutalité de goAtsestrappui de toutes Icsfourberies mercantiles et agricoles, ainsi qu'on en jugera parle parallèle des deux mccaiiiMDcs sociétaire et civilisé.

CHAP. Vin. Des sortes et doses daUracfion,

Ponrcomplément des notions élémentaires , analysons ^ degrés de rallraction industrielle et les emplois k en «ire. Ces degrés sont au nombre de trois :

-, Goot^le

ÏIO NODVEAn MONDE

L'attraction directe ou convergente, L'indirecte ou mixte , L'inverse ou dÎTergenle et faussée , 1 .' L'attraction est directe quand elle naît de l'objet même sur liequel s'exei-ce une industrie. Arcbimède , en étudiant la géométrie; Linnëe, la botanique; Lavoisier, la cbîmie, ne travaillent point par appât du gain , mais par un ardent amour de la science. Un prince qui cultive des œillets, des orangers, une princesse qui élève drs serins, des faisans, ne travaillent pas par cupidité, car ce soin leur coûtera plus'qu'il neleur produira ; ils sont donc passionnes pour Tobjel même , pour la fonction même.

Dans ce cas, l'attraction est directe ou convergente avec le travail; celte sorte d'attraction régnera dans les sept buitièmes des fonctions sociétaires, lorsque les Séries passionnées seront méthodiquement formées.

La plupart des espèces animales et végétales domestiques peuvent exciier l'ariraction directe en régime sodétaire : elle pourra s'appliquer au pourceau même , quand les Séries industrielles seront bien intriguées.

2.* L'attraction n'est qu'iNDIBECTE quand elle naît d'un véhicule étranger à l'industrie-, d'une amorce suffisante pour en faire surmonter passionnément les dégoûts, sans appât de gain. Telle est la situation d'un naturaliste qui entretient des reptiles dégoûtans , des plantes vénéneuses; îl n'aime pas ces êtres immondes auxquels il donne des soins, mais te zèle pour la science lui fait surmonter le dégoût avec passion, même sans bénéfice.

Celle attraction indirecte s'adaptera aux fonctions sociétaires dépourvues d'attrait spécial; elles formeront un huitième dans la masse des travaux d'une phalange. 3." L'attraction DITEBGENTE OU faussée, est celle qui discorde avec l'industrie et l'intention ; c'est la situation où l'ouvrier n'est mu que par besoin , vénalité , considérations morales, sans guté, sapsgoûtàson travail, sans enthousiasme indirect.

INDUSTRIEL. I.* S. lit

Ce genre d'attraction , inadmissible dans les Séries pasuoDnées , est pourtant le seul que sachent créer la politique et la morale : c'est celui qui règne dans les sept hallièmes des travaux des civilisés. Us haïssent leur industrie , elle est pour eux une alternative de famine on d'ennui, un supplice où ils vont à pas lents, d'un air pensif et abattu.

Toute attraction divergente est une répugnance réelle, vn état où Thomme s'impose à regret un supplice. L'ordre sociétaire est incompatible avec re troisième genre; et ju&ques dans les occupations les plus répugiUDtes, comme le curage des égoûls , il doit atteindre au moins à l'attraction indirecte , mettre en jeu des ressorts eiempts de vénalité, des impulsions nobles comme capritde corps , esprit religieux, amitié , philantropie, etc. Il lâudra donc parvenir à bannir tout à fait d'une phalange sociétaire l'atiraciion divergente, travail depisailer, fondé sur la crainte du besoin.

Plaçons ici le parallèle des sortes et doses d'attraction industrielle dans les deux régimes.

L'ordre civilisé présente :

l^ d'attraction indirecte , 7^ d'attraction divergente, répugnance passive, i/>)de répugnance active, ou refus d'ind usine de la part des riches oisifs, des filous, des mendians,etc.,etc. L analyse du régime sociétaire présentera : i^ d'attraction indirecte; 7/9 d'attraction directe;

1/9 de chômage, obligé par maladie , infirmité, vieil- >tswou basse enfance, mais non par goût.

i'altraclion directe s'étendra donc à l'immense majoilé des travaux, et l'indirecte au surplus: celle-ci y sera encore très-forte , et égale aux plus véhémentes que nous connaissions.

L'ap[4l du gain qui , chez le salarié, n'exci le qu'une lUnction divergente, un pis-aller d'option entre la fa- ■lùne et l'ennui , sera souvent un ressort noble dans l'as-

112 KOWEÀD HOTiDE

sociatton; par exemple : s'agil-il d'une iarention urgente et négligée , romcne le moyen prcseiratif de la fumée, l'ordre sociciaire saura allier les 2 amorces de cupidité et de gloire. Je suppose qu'il offre un prix de dix francs pour la découverte du procédé anri-fumeux. Celui qui résoudra le problème recevra soieuDellemcnt, de la part du globe , une somme de cinq millions de francs , à répartir sur chacune des 5oo,000 phalanges que pourra îotmerla population actuelle. L'inventeur recevra aussi un diplôme de magnat du globe, jouissant par lonle la terre des honneurs attachés à ce rang, (Quel est l'aTengleinent de ces savans ennemis de la théorie sociétaire qui va les élever à une si haute fortune ! )

Elle serait colossale même dans les plus petites branches ; car si une bagatelle, ode ou symphonie est rëroDH pensée à deux sous par vole de la majorité des 5uo,000 phalanges du globe, l'auteur en reçoit la notification par le congrès d'unîié sphérique. Muni de celte pièce, il fournit sur Conslantinople (siège naturel du congrès), une traite de la somme de 5o,ooo francs. Il peut gagner plusieurs fois, dans le cours d'une année, cette somme et de plus fortes. Une bonne pièce dramatique obtientelle I franc? C'est pourl'auieurSoo.ooo francs comptant ; plus, un produit de vente des exemplaires, au moins dix par phalange, soit cinq millions d'exemplaires, sans possibiliiéde fraude ni contrefaçon. Si on accorde à Tau* teur quatre sous de profit par exemplaire, c'est encore 1, 000,000- Total, quinze cent mille francs de bénéfice pour une bonne pièce, tragédie ou comédie, avec garantie que l'examen, l'admission et la représentation ne pourront pas être différées d'un instant, et qu'aucune intrigue ne pourra prévaloir dans le jugement à porter. (Voyez 1,266.)

Je ne crains pas d'assurer que bientôt les corps savans déclareront eux-mêmes qu'ils étaient en démence lorsqu'ils repoussaient la théorie sociétaire, plus désirable pour eux que pour aucune autre classe de civilisés.

INDtTSTElEI. IL* S. It3

la denième attracrion, l'indirecte, qa'on n'emploiera que nrement en régime sociétaire ,' peut fournir encore de païsuns moyens; ea Toici nn exempTe.

En 1810, une mine de houille fut inondée à Liège, et qnatre-Tingls onvriers 7 étaient enfermés sans subsistance. Pour les délivrer  temps, il fallait faire en trèspeu de jours une percée considéraUe : tous leurs camarades s'y entremirent avec ardeur ; les plus forts sollicitaient )a 'préférence par pmnt d'honneur, et l'on fît en quatre jours uo travail auquel des salariés auraient employé vingt jours. Aussi les relations disaient-elles : Ce ifucn afaii en quatre jows est incroyahîe;et ce n'était pas par véoalité , car les ouvriers se croyaient insultés quand' ou leur parlait d'argent pour les encouragu* à forcer de travail et sauver leurs camarades enfouis.

Il est donc évident qu'un ouvrage répugnant par luimême, comme celui d'une percée de mineurs , peut à^ jtmTtUtntfvnt indirectement, s'il est soutenu d'impulsions nobles. Telle est la faculté dont jouissent les Séries passiminéa : elles créent une quantité de ces attractions Indirectes , qui sont an moins égales en force aux directes : ou en jugera à l'article petites hordes.

J'ajoute sur l'attraction indirecte un second exemple. A l'assaut de Mahon, les soldats français escaladèrent des rochen ai escarpés , que le maréchal de Richelieu ne concevant pas comment ils avaient pu réussir, voulut le lendemain, par forme de parade, faire une répétition de cet assaut. Les soldats ne purent pas gravir de sangfroid ces rochers qu'ils avaient escaladés la veille sous le feu ie l'ennemi. Cependant ce n'était pas l'espoir du pillage qui les avait stimulés, car il n'y a rien à piller dans une citadelle : c'était l'esprit de corps, la fougue avei^e qu'une masse passionnée communique i chacun de tes membres. Dans ce cas , les câopérateurs font des Pi^igesincroyablespour ceux mfimesqui lesont opérés.

(Enetdela douaième passion, Composite ou exaltante.) On CD a ru tant d'exemples , qœ cette belle propriété

ij4 mouveau monde

de Tattracrion îadlrecte aurait dft fixer enfin l'attention. Notre siècle, engoué d'industrialisme, aurait dit mettre au concours la recherche des moyens d'appliquer à l'industrie Tune ou l'autre des deux attraclions, directe et indirecte, qui enfantent des prodiges. Les animaax industrieux , castors , abeilles , ont reçu de la nature le don d'attraction directe pour leur industrie ; cette natnrc n'aurait-elle point en réserve quelque moyen de communiquer à l'homme la faculté d'attraction industridie dont jouissent les animaux?

Ici une redite ( 3i ) est nécessaire : la philosophie noos enseigne qu'il ne faut pas croire la nature bornée aux mmens connus. Cette nature peut donc avoir quelques moyens inconnus de nous , pour introduire l'attraction dans l'exercice de l'industrie, mais où chercher ces moyens? C'est encore la philosophie qui nous l'apprend, car elle ordonne « d'explorer en entier le domaine de U n science, croire qu'il n'y a rien de fait tant qu'il reste » quelque chose à faire. » Or, tout est i faire en recherches sur l'attraction, sur son analyse et ses emplois; on n'a pas encore commencé ni proposé ce travail, on n'a pas même fait la distinction préalable des trois sortes d'attraction que je viens de définir ; c'est un sujet dont la philosophie s'obstine à empêcher l'étude : et cependant comment résoudre le problème d'introduire l'attraction directe et indîrectedansl'exercicede l'industrie, si on ne veut pasconsentir à étudier l'attraction par analyse et synthèse ? Quetrite et irwenieiis.

Appendice à la première section. CHAPITRES Omis.

J'y ai traité huit sujets élémentaires, et j'en ai omis au moins double et triple nombre : on s'apercerra de cette lacune , par exemple on trouve dès les premières lignes dejla section, un tableau des quatre groupes distingués en deux majeurs et deux mineurs. Là-dessus le lecteurdira : * Que signifie cet argot scientifique dégroupes

INDDStKIXL. I.'S. Il5

E ■ n»i«un et mineurs ? • Od ignore qu*il ^udrail pour t Veipliqaer un ample chap., puis un aulre pour classer ■I les quatre groupes en deux composés et deux simples, et -. pour indiquer les caractères qui motivent cette dirision.. 1 Acda on réplique : « dites-nous les choses en som- : » maire. • J'y consens pour faire voir que trop de briè- ■ Tcté embrouille une matière neuve au lieu d'en donner I des notions satisfaisantes. Essayons. b.' La différence du majeur au mineurtient aux influericesdcsdeuxprincipes, matériel et spirituel, nommés COB PS 1^ ET IHE. Les groupes de famille et d'amour sont d'ordre minair, parce que te principe malëriel y domine, sur ; tout dans celui de famille qui est fixement sous te joug f; da matériel , car on ne peut pas rompre le lien du sang , f chan)^ de parens comme on change d'amis, d'amours, f d'associés. Le groupe familial n'est donc pas libre : par , suite de celte chaîne perpétuelle, il est vicieux en mécanique de passion et ne peut y produire te bien que par . absorption de son caractère anti-social , de son égoïsme qui porte un père à sacrifier la société à sa famillei se croire tout permis, pour t'inlérât de sa femme et de ses oifàns.

Le groupe d'amour quoique fortement assujéti au , principe matériel n'en est pas esclave: le principe spiritod domine parfois en lien d'amour, comme quand on qiultenne Irès-belle maîtresse pour en prendre une sans , beauté, dont l'esprit ou les qualités tous ont captivé. Ainsi ce groupe n'étant pas sous la dépendance exclusive du matM>iel est le plus noble des deux mineurs.

Le groupe d'ambition ou lien corporalifa pourdomioaatesla gloireetrintérêt.ll est influence parla richesse ou matière industrielle qui est plus noble que la corponlle; k ce titre et à celui d'amour de la gloire il est de 1 ordre majeur oii domine le principe spirituel.

Le groupe d'amitié est presque entièrement dégagé du Biatériel, à part les convenances d'industrie, il est tout an principe spirituel. Il est donc d'ordre majeur. Voyez

Il6 NOUVEAU HONDE

«or les 8 ressorts élémenuires des quatre groupes. I, 389.

J'appelle composts les 3 groupes d' ambition et d'amour, parce qu'ils ont dans Us Séries passionnées et non pas en dvilisalion, la propriété de développer en équilibredirect les deux principes, matériel et spirituel, maintenir en juste balance les ressorts de l'ame et des sens, tout en leur donnant libre cours.

Les deuxautresgroupessontd'ordre simple, parcequ'ils ne peuvent arriver à l'équilibre des sens et de l'ame que par voie indirecte ;^il faut que l'un se rallie à la matière dont il est trop dégagé, (voyez ce ralliement, section 4-° Petites Hordes); et que l'autre se dégage de la matière dont il est trop esclave. ( Voyez 5.' section les adoptions sympatiques et les boirîes disséminées). Les deux groupes n'arrivent donc à l'harmonie que par voie indirecte ou dérogation à leurs caractères essentiels-

Les deux définitions qu'on vient de lire laissent trop à désirer; elles effleurent des pointsdedocirine qui auraient besoin de longs commentaires; elles obscurcissent le sujet au lieu de l'expliquer; elles prêtent le flanc aux sceptiques et aux ergoteurs; c'est pour éviter cet inronvénient que souvent je franchirai telle question, jeglisserai sur telle autre. Non que je sois embarrassé de fournir tous les éclaîrcissemens ; j'ai, sur les problèmes d'harmouie, dixfois plus désolations à donner qu'on n'aurad'olvjeclions à élever; mais je dois négliger ce qui nous engagerait trop avant dans la théorie. Quant aux exposés sommaires qu on demande, je viens de prouverqu'iU ne serviraient qu'à élever des doutes au lieu de répandre deslumières.

Pour satisfaire sur cette double division des groupes,

En mofeurs et mineurs, en composas et simples, il faudrait au moins deux chap. de Téteuduc des VctVI, et autant sur chaque propriété contrastée desquaire groupes : soit celle d'entraînement; s'il s'agit de bravçr un péril dans le cas de guert% ou d'incendie, les quatre groupes sont soumis à des influences très-différente».

Groupe d'amitié : tous s'entraînent confusément.

IIlDOSTftIXL, I.'S. li-j

^ d'ambition ; le supérieur entraîne l'inférieur.

= d'amoor : le féminin entraine 1c masculin.

^ de famille : l'inférieur entraîne le supérieur. (Voyez f , 387, les ronirastes des groupes en influence relaiÎTc au ton et à la critique. L'examen de chacun de ces sujets est indispensable en élude des|groupcs, etobligerait à de longs développemens, des parallèles et des contrastes, le tout étayé d'application aux propriétés des quatre sections coniques, types des quatre groupes. (58)

Brisant sur ces problèmes je me borne à rappeler que l'altraction passionnée qu'on a prise pour une amusette, est une science immense et géométrique; et puisqu'on n'en veut admettre qu'un aperçu très-succinct , il faut s'en rapporter sur le cboix des matières, au seul homme qui ail parcouru pendant 3o années ce nouveau monde scientifiqne. L'abrégé qu'on désire aura atteint son but , s'il amène les lecteurs à reconnaître l'impossibililéd' exposer soperfidellement cette vastescience à laquelle je comptais donner non pas un abrégé , mais neuf gros volumes compactes , dont deux furent publiés en 1822 , pour préluder sur les diverses branches et sonder l'opinion sur l'étendue qu'il conviendrait de donner à chacune. Au lieu de m'éclairer sur ce point, on m'a répondu par des invectives, récompense ordinaire des inventeurs, surtout en France.

Ici je me bornerai aux documens nécessaires pour un essai approximatif d'association domestique et agricole. Quand cet essai sera fait, on reconnaîtra l'importance de la nouvelle science, et on regrettera inutilement d'en avoir manqué le traité. F4otre 19.* siècle suit ici la marche du i5*, qni se décida à croire au nouveau monde continental, lorsqu'il vit Colomb de retour avec les blocs d'or et les sauvages cuivrés- Ces conversions in extremis ou retour i la bonne voie quand le péché n'est plus possible, sont habituelles chez la civilisation moderne ; elle niera le nouveau monde inAisIriel jusqu'au dernier moment ; peu imparte, puisqu'il auflira d'un petit comité de fondateurs pour opérer subitement la métamorphose uaiversellc : pauci, sed boni.

( KOCyEAU HONDE

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