Les engagemens et installations successives
!.<> Tarmaiion de la compagnie : Comme il Ëiudra suWre à cet égard une marche irès-opposée aux méthodes «diées, éviter la cohue des petits actionnairefl, /uiua sed boni, je crois à propos de reuvoyer ce sujet i l'article CaadidaTIjile placé à la post-face. Bornons-nous à supposer cette compagnie touie formée , et pourvue du capital nécessaire pour fonder en grande échelle , puisque c'est snr la grande éclielle qu'il làut étudier la théorie, pour savoir fonder en échelle réduite.
a.* Les distribidions maiéridUs du cardon d'essai. Elles aeroni exposées dans tout le conrs de rette 2.' section, ainsi quelesdispositioçsrelaiÎTesan mécanisme d'attraction, point -sur lequel une compagnie d'actionnaires tomberait à chaque pas dans de graves erreurs, si elle se guidait sur les préjugés dominans.
3." Les engagenietis, admissions et installations consécU' iifvs. On suivra à cet ^rd une méthode opposée à celle des éfablîssemens civilisés, où l'on insulle brusquement et d'un seul rjet toiu tes coopérateurs. L'installation de la phalange d'essai , { je la suppose complète), devra s'opcrer en 5 actes, savoir ;
Les salariés , cohorte subudiaire. . lOO
Germe, i, le noyau et la régence. . . 3oo
Quart d'exercice, 3, la classe préparatoire. . ■ 4o<>
Demi exercice. 3, la classe mixte 600
Troisqaartsd'ex.*,4, la classe aisée 4oo
Plein exercice, 5 , la classe riche 20O
£t pour la fondation approximalivegoo seulement. 2000 Il faut un peu forcer de nombre dans la phalange d'essai, l'élever àiqoo et 200O, y compris la cohorte salariée, parce qu'elle aura plus de difRcultés à surmonter que celles qu'on fondera postérieurement et qu'on réduira. d'abord a 1800 et ensuite à 1700 : le nombre fixe élant l6îO, qu'il faudra un peu excéder, surtout pendanl les premières générations qui manqueront de rigueur.
La méthode exigerait que je traitasse d'abord des bâttmens, des terrains; mais ce serait un détail un peu aride
que je diffère. ComiDeiiçoiit par la rè^ei mine «d io-
slallalioa progreasire des essaims.
Si rédi6ce et les plantations pouvaient se trouTer font prêts, on installerait toute la phalange dans l'espace de neuf mois, savoir : i .* essaim en Août, 2.' en Septembre, 3.* en Octobre, 4-' en Mars, 5.* en Mai.
On ne pourrait pas opérer si rapidement en f^nde échelle, parce qu'il faudrait construire et planter, puis installer dans les portions d'édilïce à mesure qu'elles seraient prêtes. J'estime donc que l'iBslallalion comprendrait An terme de 3 1 à a4 mois ; celle en échelle réduite se bornera à 3 essaims qu'on installera, i.* en Août, 3.* •o Octobre, 3.* en Mars; et avant tout les cent salariés, gens de peine , dont Y} d'hommes et 'fi de femmes, qu'on emploiera aux dégrossissemens et fondions qui ra- Jentiraient l'attraction industrielle. Cette centaine de sa- Jariés sera la béquille de la phalange d'essai . très-génée par les lacunes d'attraction , et obligée de s'étayer d'un appui soit en grande, soit en petite échelle.
Si la compagnie d'actionnaires voulait engager tout-àcoup les 1900 personnes ou les 800 d'échelle réduite, elle échouerait ; d'abord elle serait 'rançonnée par la classe ouvrière qui, ne sachant pas à quoi on va l'employer, serait fort exigeante sur les conditions ; d'autre part les classes aïsée et riche n'auraient pas de conBance et refuseraient tout engagement. Il s'agit d'amener les uns et et les autres à solliciter l'admission comme une insigne faveur; et pour y réussir il sunira d'opérer judicieusement sur le premier essaim.
On traitera avec ta classe induslrieuseenstipulantl' option d'une somme fixe, que l'engagé pourra exiger en cas de mésintelligence dans les partages sociétaires du bénéfice; ( je supprime â regret des détails imporlans sur ces engagemens) la légence ne doutera pas de l'accord dans la répartition ;mais comme lesengagésen douteront, il faudra les satisfaire par cette option d'un fixe.
Si le terrain contient quelque grand bâtiment, châ-
INDOSTBIEl. I.*S. lai
tcaa en AOBMière qu'on aura lonë , on j installera d'abord le Doyan on premier e«uiin d'environ trois cents , ptns II régence- Il se composera en grande partie de jardiniers qoi prépareront les vergers , feront les IransplanfatioQS et tons lec ouvrages dont on doit s'occuper longtemps à l'avance; introduction des animaux, conserve de fnûta et légames , plantation de végétaux qui , comme t'asperge et l'artichaut , ne fructifient pas dès la première année.
Le premier travail sera de former ces débutans au dé- ▼eloppenient de l'attraction, faire éctore leurs passions, fenn goûts , leurs instincts ; ils seront fort étonnés , pères et enlans , de ce que , au Heu de les rudoyer et moraliser, on ne s'occupera qu'à favoriser leurs goûts , répandre du cKarmedans leurs fondions par les séances courres et Tariées , l«t classer en groupes et sous-groupes qu'on exercera à se pasïâonner cabalisliquemenl pour tels mets, telles préparations, à graduer et écheloner les goûls «les trois sexes , qui sont très-dislincts.
Unerompagnie d'actionnaires nemanquerait pasdcrépronrerce procédé, et de prétendre qu'îlfautdisciptiner cette péanîon selon les saines doctrines du commerce et de la morale : envisageons mieux le but. II ne s'agira pas de former des civilisés, mais desHarmoniens, les amènera l'attraction industrielle par la prompte formation des Séries passionnées. Plus tôt elles seront formées, plus tôt celle attraction naîtra ; or, la voie la plus courte est ta gourmandise raffinée et échelonée; elle formera d'abord les séries eu consommation, ensuite l'ccbelle sérinre s'étendra aux préparations culinaires : ce mécanisme, une fois organisé aux tables et aux cuisines, s'établira par suite dans les cultures et les ateliers de conserve. C'est une thèse à traiter aux troisième et quatrième sections : je me borne à la faire entrevoir.
Cette facile sagesse de gastronomie écbelonée, est le ressort que Dien nous a ménagé pour opérer prompleiDeni et sûrement en mécanique d'attraction , réussir dès
laa NOUVEAU mo>dx
le premier mois d'essai. Une tdle sagesse charmera tow les débutans; elle ne sera pas très-lucralîve sur lepremi» essaim de trois cents personnes, car les bénéâres du régime sériaire ne s'établissent que sur te nombre 600; mais ce sera une semaille nécessaire à préparer les roies du régime de l'atlraction industrielle qui s'établira à l'entrécdu deuxième essaim , et d'où naiira le quadruple produit.
Remarquons à ce sujet que , sur la gastronomie , la culture des fleurs, l'emploi de l'opéra et autres fonriions réputées frivoles ou vicieuses , je serai obligé de contredire sans cesse les doctrines civilisées; je ne conteste pas que CCS fonctions ne soient nuisibles dans l'état actuel , mais je les envisaf^ en application au régime des Séries passionnées où elles deviennent voies de bien.
Dès que le peuple des villages et villes voisines connaîtra le genre de vie que mènent les trois cents débutans , leurs travaux à choix et en courtes séances , variées au moins quatre fois par )oUr, le service de leurs tables h option sur des qualités graduées, la sollicitude des chels pour varier les plaisirs des hommes, femmes et eiifans, ce sera un sujet de rumeur extrême chez loule la classe industrieuse du voisinage. On ne s'entretiendra que du bien-être des débutans; toute famille d'ouvriers, d'artisans, de petits cultivateurs, ambitionnera leur poste, et quiconque aura hésité sur l'engagement, viendra le solliciter comme baule faveur.
Je suppose qu'à rette époque une aile du phalanstère fera déjà construite et habitable : on engagera donc le deuxième essaim de quatre cents personnes^, dont une partie en ouvriers instructeurs, charpentiers, cltarrons, cordonniers, serruriers; une partie en petits cultivateurs , puis des instituteurs d'école primaire , car le régime des Séries passionnées excite bien vite le peuple et tes en&ns à demander l'instruction qu'ils n'acceptent que forcément en civilisation.
Dans l'engagement de ce deuxième esaim , ta régence
innusTRiEL. IL* s. ia3
muTaVt^tioD sor les bons oOTriers qui , séduits par le train dévie des sociélaires, se présenteront en nombre décuple du nécessaire , et l'on pourra choisir les meilleurs.
LenoTaa se trouvant porté à sept cents par cetle.recnie, il passera de la manœuvre de dégrossissement à celle de sous-approximation , ou quart d'exercice.
Alors comniencera l'essai du mécanisme des séries qui ne peut pas être ébauché à moins de six cents personneS'.ifoycK le tableau delà pha lange, chap. X, en tribus et cbaurs.) l^a régence livrera à tous les engagés leurs troœeaax de travail et de parade; les groupes commenceront à aller 'au travail avec drapeaux , hymnes , fau- £ires. On établira aussi trois degrés pour les tables qui auront été bornées à deux espèces dans le premier essaim , plus celle de la régence.
Ce ne sera qu'après celte ébauche du] mécanisme sé- TÎairequon pourra entrevoir les propriétés de t'aljraction , sa justesse géométrique, le préservatif d'excès par alternat de plaisirs, la perfection du travail et l'ardeur industrielle croissant en raison des raffinemens gastronomiques , l'amour des richesses devenant vole de vertu, l'entraînementdesenfans au travail productif, l'emploi des discords en harmonie. générale, et l'accord indirect des antipathiques. Tous ces prodiges, don) on verra des germes sar une niasse de sept cents personnes, ne pourraient pas se manifester dans le noyau de trois cents. Mais celui de sept cents et même six cents, donnera des résaltals qui ne laisseront aucun doute sur la chute prochaine de la civilisation. (Voyez les détails en troisième et quatrième sections.)
Alors tous les regards se fixeront s.;r cet embryon de l'harmonie; les actions en seront recherchées à double prix : beaucoup de gens de la classe riche demanderont àiàire partie du troisième essaim , que la régence travailr Ura à rassembler, ou plutôt accepter.
L'admission serad'aulant plus recherchée, qu'on verra dqà éclater l'une des plus belles propriétés du régime
134 NOCVEATJ HONDK
eérisàre, \t vtngtaplement re/i^/ de richesse, oit faculté de quadrupler le produit effectif, 4ooo pour lOOO , el démener, dans la phalange, avec une somme de 4ooof., te train de vie qui en coûterait 20,000 en civilisation.
L'on ne sera admis que difficilement au troisième essaim, qui devra se composer d'instituteurs, d'habiles artisans, de cultivateurs expérimentés, d'agronomes, d'artistes chargés de donner la haute éducation aux plébéiens de la phalange, et surtout aux enfans.
Quant au choix à faire sur les prélendans riches on pauvres, on devra s'attacher à diverses qualités réputées vicieuses ou inutiles en civilisation , telles sont : La justesse d'oreille musicale, La politesse des familles, L'aptitude aux beaux arts, etsnivre diverses règlesopposéesaux idées philosophiques,
Préférer les familles ayant peu d'enfans.
Introduire un tiers de célibataires ,
Rechercher les caractères titrés de hizarrerie,
Etablir l'échelle graduée en âges , fortunes , lumières.
L'industrie sociélaire (ire grand avantage de certaines facuhés , comme la justesse d'oreille , que méprisent les sophistes , d'après leur principe ,'qui bien citante et danse, peu avance, principe très-faux en mécanique sociétaire, et surtout dans la phalange d'essai, qui at^ncera beaU' coup SX elle aunpeupicirès-poli, bien chantantet dansant,
D'abord elle aura ( je parle de la grande échelle) une somme éAorme à percevoir sur les curieux payans : cette seule branche de bénéfice triplera te capital des actionnaires. On manquerait en grande partie celle récolte, si la phalange ne présentait aux curieux qu'un peuple grossier, inhabile aux évoltitions matérielles de l'harmonie , et à ta manœuvre de passions qui exige beaucoup de raffinement.
Comme il faudra un assortiment d'ouvriers instructeurs , au moins trois en chaque métier, afin d'étal>tir la concurrence de méthodes ; si chacun de sea ouvriers ,
ikddstbikl: II.* S. 125
[\ris de la ville, amenait ane famille oonndërable, on aurait presque moitié de pères et enfants non habitués à Vagriculmre, ce qui fausserait le mécanisme sociétaire où l'agricaltore doit tenir le haut rang.
Dan* les crédits et comptes courans relatifs aux avances de subbistance, v£temens , logement et autres, la phalange ne connaît jamais de familles, mais seulement des indÎTtdus qui ont leur compte distinct. Un homme ne peut pas traiter en commun pour sa femme et ses enfans; on stipule pour chacun individuellement , sauf les enfàns au-dessous de trois ans, qui sont tenus aux frais de fa phalange quand ils sont delà classe pauvre. D'aprcs cela, tout ouTrier surchai^ de petits enfans recherchera l'admission; mais la régence n'acceptera d'enfans que selon les proportions convenables : je tes indiquerai ailleurs.
Il coniiendra que la phalange, dès lenlrée du 3." essaim, ait au moins deux tiers de ses végétaux en espèces ftcondes ; on devra donc faire les frais de transplanter les arbres fruitiers, avec encaissement du massif de terre qui contient les racines. Si l'arbre est grand et qu'on ne puisse pas employer cette méthode, on suivra celle récemment publiée en Ecosse par Sir Sluart , et qoî opérant par déchaussement des racines , permet de I ransptanier avec sacrés les arbres de toute grandeui;. Moyennaot ces disposilionsonnecourra pas le risque défausser le niécanisme pendant 3 on 3 ans, par des travaux ingrats et mal intrigués, comme seraient cetix de jeunes vergers qai ne passionneraient pas les groupes , tant qu'on n'y Yerrait pu de fruits.
Id phalange d'essai devra, même en échelle réduite, pourvoir au bien être d'une centaine de salariés qu'elle l'ailgaindra, les élever au demi-bonheur sociétaire parles nriantes de fonctions et autres moyens, leur garantir 1 admission dans les premières phalanges à fonder, ou dut la leur si die n'est que réduite , exlenûble de 900 1 t8oo. U £iiil que tout soit hoirtnx dans cette réunion
mime les animaux; leur bien-être est une brandie esenliclle de l'harmonie sociétaire, et une des sources dt sa rîche.sse. Elle s'appauvrirait et fausserait son mécanisme , si elle donnait dans l'égoiTsme de Platon qui, u lieu de chcrclier un remède aux misères de l'humanitc, remerciait les dieux d'avoirérhappé aumalheurcominim. d'être né homme et non femme. Grec et non baHure, libre et non esclaye. Je reviendrai sur cet égoïsmede Platon et consorts : faut-il s'étonner qu'avec untdoractèreles philosophes aient manque le calcul deralUKtion qui tend au bonheur de tous.
11 est aisé de prévoir que tout ouvrier, toatpaysin, voudra, en entrant dans la phalange, abonner sa fetBint et ses enfans à des tables de degré inférieur, les plKff en 3.* degré, s'il s'abonne en 2.'. 11 voudra aussi s'allouer tout le montant du fixe ou somme d'option acctOTce dans les cngagemens ; n'en céder qu'une 'parcelle i 1^ femme et aux enfans. Tels sont les tendres pères clvUi»! les tendrtïs paysans veulent tout pour eux sous préluX de soutenir la morale douce et pure : ces tyrannies Œf ritales et paternelles sont inadmissibles en régime s(KI<^ taire. D'ailleurs au bout d'un mois, loutsociélaireûco"' gnera celte rapacité civilisée , et sera assez satisfait d «'^ exempt de l'entretien de femme et enfans qui, pareae' de l'atiractlon industrielle, gagneront bien plus fj"^ leurs frab.
I^a phalange pourvue de son 3.* essaim pourra s'éleT» à la grande approxtmaiion ou demi exercice qui oii^'^ personnes. Alors commenceront les opérations de haute harmonie, comme V éducation attrayante ou naturelle <{^\ n'aura pu être qu'ébauchée dans le quart d'exercice bo™' à 700 personnes.
L'éducation naturelle ( 3.* section ) sera la plus p<"^ santé amorce pour la classe opulente : on sera coiiTaiu' eu, après avoir vu les enfans de la phalange, qu'un ■»*>' narque même ne peut pas, avec ses trésors et ses gouT^ neors salatiés, donner à ses enlims le quart des dérdop'
temeos matériels et inlellcctuels que recerra le plus ;>auTre en&nl de la phalange. D'après cela, tous les gens richesqai auront des héritiers précieux à conserver, se disputeront l'admission dans les deux derniers essaims N.* if et 5, oa demanderont à y introduire leurs enfans, sauf une prise d'aclioD au cours qui sera déjà triple du capital primîlif. '
J'ai dit ( 48 ) qae la propriété la plus saillante de l'éâacalîon harmonienne est de développer dès le bas âge de3à 4 ^i^ une vingtaine de vocations industrielles, même diez l'enfant qui serait dans les ménages civilisés vn paresseux obstiné; et d'élever cet enfant au goût des sciences et des arts, au raffinement matériel et intellectuel, sans autre précaution que de l'abandonner à l'attraction , à ta nature , à toutes ses fantaisies : ( voyez 3.' et 4-* seclions), un enfant élevé dès sa naissance dans les Séries passionnées serait à 4 "^^ l>îo pl"' avancé en vigueur qu'an civilisé de 6 ans , et plus avancé en intelligcore que la plupart des enfans de 10 ans.
Pour donner du lustre à ces propriétés de la méthode naturelle, il faudra réserver des places aux enfans extérieurs que les princes et les grands offriront en foule. On devra donc éviter d'admettre dans les trois premiers essaims des plébéiens chargés de famille.qui causeraient encombrement d'enfans. Il suffira qu'on ait assez pour organiser en âge de 5 à i3 ans les manœuvres chorégraphiques à 144 enfans des deux sexes avec leurs chefs, soit 160. Or le nombre d'enfans de 5 à i3 s'élèverait à 220 an moins sur i3oo individus de familles civilisées. On pourra donc réduire la proportion naturelle d'enfans sur les trois premiers essaims, et admettre des enfans à peniion qui seront Irès-ofTerls.
ie suppose que le 3.* essaim aura été admis au comiiniceaient de l'automne; les i3oo sociétaires auront pu V^"^ pendant H'hiver assez de liens pour se déployer unne manière brillante au printemps, lorsque la phalaoge ungera à enrôler son complet numérique, ses der-
, LiOOgic
laS KODTEAt) MONBE
niers essaims 4'* ^ ^-'t^ l'effet de frapper le grand coup, et déterminer en six semaines de plein (uw/vtc^, l'abandon 1^ la clôture de la civilisation. Déjà elle aura été condamnée deloutes'voix; mais comme l'hiver de demi exercice sera sujet aux calmes de passions, par absence des deux classes supérieures , ce sera après leur eotrée qu'on la verra confondue Honteusement et bafouée par ses plus obstinés défenseurs.
Négligeons les détails d'installation de ces 4-* et 5.' essaims, puisqu'on se bornera à une petite phalange de 3 essaims seulement. Elle suffira déjà pour attirer une foule immense de curieux palans qui viendront de toute part s'assurer s'il est vrai que la destinée de l'homme, la mécanique sociétaire des passions est découverte, que la loi naturelle va succéder aux visions morales tendant à réprimer, modérer et changer la nature, substituer aux lumières de Dieu , les lumières de Caton et TargeU
CHAP. X. Classification, direction, decis.
Dans toute réunion civilisée , on ne connaît d'antre hiérarchie que celle du rang ou de la fortune : l'ordre sociétaire emploie plusieurs autres échelles de classification inconnues parmi nous, comme celle des caractères qui sont pour les civilisés un grimoire indéchilTrahle; et celle des tempéramens que la médecine réduit à quatre, et qui sont en même quantité et même dislribulion que les caractères individuels; mais il faudra de longues épreuves avant de pouvoir jàire le triage et l'échelle régulière des caractères et r^lle des tempéramens.
La première classification à établir sera celte des caractères collectifs analogues aux divers âges ; ils se classeront spoounément , personne ne sera obligé de se ranger dans telle catégorie d'âge.
Voyei ladite échelle ( i3o). Sa distribution représente une série mesurée ou composée; c'est peut-être la seule qu'on pourra former dans la phalange d'essai.
Tfoto. Ce qu'on peutTemarquer ici , c'est quVne série mevree se prête comme une simple à la division en ' trois corps, ailes ei centre; mais sï on décomposait celle x'ne par sexes , on y établirait une autre division en quatre corps , dont il n'est pas pressant Je parler.
Les irenle-dcux chœurs, leurs esprits de corps et leura aiiriliuiions graduées seront une féconde source d'acconls, pourvu que les âges, les tribus et les chœurs se classent en pleine liberté. On ne distinguera pas de demicaractère dans une phalange d'échelle réduite à huit cents sociétaires et cent salariés; la manœuvre du demicaractère ne pouvant s'établir que sur une masse d'envi- ' ron mille six cents. Je définirai plus loin la différence du plein an demi-caractère.
Les enlâns se prêteront ardemment à former l'échelle ' corporative des Sges, les six tribus d." i, 2, 3,4i 5,6, ' sauf à avancer les enfans précoces enfacullés, et retarder le» moins développés.
L'échelle d' âges, qui plaît faéaàcdup à l'enfance , est indispensable pour l'émulation , pour le ton et l'impulsion, qui doivent être donnés par degrés, et communiqués de la tribu nfi 6 aux tribus inférieures. Toute l'éducation pivote sur la tribu n,'*£,.( voyez 3.' et 4>* secl.) L'âge avancé formera avec plaisir les tribus i4. 1^, t6 , car les sn chœurs de ces tribus jouissent de d ivcrses prérogatives quant aux subsistances , vêtemens , logenieiis, Ttûlures, etc. : un patriarche (16.* tribu) est servi ai chère de i." classe, quelque pauvre qu'il soit : un févérend et un vénérable.onl droU aux tables de 2.* classe, malgré le défaut de fortune; mêmes égards quant aux . vèiemens, logemens, équipages; nos modernes, en vrais ! sauvages, abandonnent la vieillesse, l'enfanré, les malades; on prodigue aux oisifs les litières suspendues, rembourrées, tandis que les blessés sont cahotés, martyrisés dans des foutons sans soupente: pas un moraliste ne réclamera pour eux. Voilà les bienfaits de la civili.sation perfectible, Os gasconades phîlautropiques et morales !
r,, ..I .Lioo^ie
MS
JÎ
H «« v^-intû
l33 NOUVEAU MONDE
Les tribus 7.* et 8.*forl jeunes, et les 9/ et to.* encore jeunes, se classeFont sans aucune répugnance en échelle, d'âgés, à peu d'exceptions près, car tout sera libre dans ' celle c)asSificalion , depuis la tribu 7/ jusqu'à la 16.*.
C'est' a^x Iribus ti , 12, [3, que commence l'âge déclinant, et Ton va présumer que les femm&t, sur lé retour; seront peuflauéesde figurer dans ces tribus, qu'elle» refuseront tout nel de s'y incorporer : il n'en sera rien, lie régime sociétaire fait naître une foule d'inlérèls difTcrens dt<s nôtres : l'un de ses effets est d'assurer considération et affection à la vieillesse , qui , dans l'ordre civilisé, est mal vue des jeunes gens.
On verra , au chapilre des ralliemens passionnels, qae cette banniirre d'âge avancé, qui serait aujourd'hui un épouvantail pour les femmes déclinantes , deviendra pour elles une amorce. .D'ailleurs, chacun pojirra.se classer dans la tribu dont 41 obtiendra l'agrément. La-femme de 4o ans pourra se rtnge^ pafmi celles de 3y; si ellç y est admise , et cette admission sera facile à obtenir. , -
La classification au-dessus de 20 ans étant libre, je n'indiqne pas les âges des tribus n.<> 7 et au-dessus.
L'emploi le plus précieux de cette échelle d'âges est defacililer l'éducation -naturelle, créer chez les en fans des esprits de corps qiii les entraînent passionnément auxétudesel aui travaux productifs. (Voyez S.'scc'ion.)
On devra observer, dans la classification par tribus, rinéjalilé des deux grandes divisions : d'ailleurs la nature fournit moins de nombre dans l'âge descendant que dans l'accendànt; àusâî ai-je distribué les quatorze tribus de pleine harmonie, par ...
£t non par nombres égaux en correspondance,
La deuxième échelle supposerait l'égalité numérique des - 4aux divisions d'âge. On au»* au contraire , peudaal 3o
INDUSTltlEL. n.* S. l33
ftiu, nue «archarge de nombre dans la première divîtioD, parce que les enfans sont surabondans en drilîsaliiHi.
La classe de plein caractère, qui comprend 810 tndiriduSt est celle des êtres qui jouissent de l'exercice plein es acuités corporelles et intellecluelles. Un enfant de trois à quatre ans ne peut pas avoir, même dans l'éduaiion sociétaire, la dexiérilé, l'intelligence, les pencbaoa pnmoncés qni constituent le plein caractère. £n st baa ige.ilapeudegoâissaillans; il effleure tout, ce n'est gnères qne de quatre ans à quatre et demi que son naturel se manifeste nettement, et qu'on peut discerner ses passions dominantes, ses sous-dominantes, ses instincts, etc. En conséquence, la tribu des bambins ne tait pas d'islinctîon du demi-caractère. Il en est de même de la tribu des patriarcbes. Un vieillard du 16.' âge n'a plus lesfacaliés corporelles, et ne peut plus figurer dans le pleio caractère, ni dans l'exercice aclif>
De là rient que le demi-caractère n'est tiré que des qoalone tribus n.^aà i5. 11 se compose de ^oS individus dont les goArs sont peu dislincrs, ambigus, et fort utiles pour lier les fonctions , car un demi-caractère figure souvent en doublure de deux caractères pleins. Ce genre, qui serait dédaigné en civilisation, )ouit en harmonie d'une grande considération ; le neutre et l'ambiguysont éminemment utiles.
La classe des évolutions et manœuvres , classe dite barmonie active, se borne aux douze tribus 2 à i3.
J'ai dit qu'on tient chaque jour la bourse , ou réunion consultatiTe pour concerter, soit en industrie, soit ca ■"epuet CD plaisirs, les séances variées du lendemain et des jours «oivans , ainsi que les prêts et emprunts de coliories aux phalanges voisines. Le mécanisme de bourse. en association, esl très-différent de celui de nos bourses cIecoiQmerce,quisont la suprême confusioD. Une bourse Wmomenae débrouillera plus d'intrigues et conclura ^wde D^ociations en une demi-heure, que la bourse
.Lioo^ie
l34 KODVEAD HOTÏDB.
civilisée n'en terminerait en une demi-ioumëe. Celle méthode est un des nombreux délaits qu'il faut franchir dans un abr^.
- Là régence chargée de diriger les affaires courantes et pourroir au service général , n'est que le délégué de l'aréc^age, qui est une aulorlté d'opinion; il se compose : i." des rhefs de chaque série d'ïiittustrie on de plaisir, les plaisirs éianl aussi utiles en harmonie' que les travaux ; 2.° des trois tribos de révérends , vénérables et patriarches; 3." des actionnaires principaux ayant un vole par action , et des actionnaires d'épargne , qui ont obtenu une aciion par petites économies cumulées; 4-° des magnais et magnâtes de la phalange. On en verra ailleurs la liste détaillée en trois sexes.
L'aréopage n'a point de statuts à faire ni à maintenir, tout étant rcgléparl'atlraction.el parles esprits de corps des tribus, des chœurs-, des séries. Il prononce sur les affaires importantes, moisson, vendange, conslrudronSr etc. Ses avis sont accueillis passionnément comme boussole d'industrie, mais ils ne sont pas obligatoires : un groupe serait lUire de différer sa récolte, malgré l'avîs de l'aréopage.
11 n'a aucune influence sur l'opération principale, qai est la répartition des dividendes en triples lots proportionnels au capital , au travail et au talent. C'est l'atlraC' lion seule qui est arbitre de justice dans cette affaire. (Voyez S." section.)
Ni l'aréopage, ni la régence ne sont chargés de responsabilités illusoires, comme relie de la finance civilisée qui, avec des fatras de chiffres, sait masquer fous les grivclages< La comptabilité , en harmonie sociétaire , est l'ouvrage d'une série spéciale, chargée de la tenue des livres, que chacun peut inspecter.
D'ailleurs , les comptes sont très-peu compliqués dans ce nouvel ordre. On n'y connoit pas les paiemcns journaliers, la coutume civilisée d'avoir toujours l'argent a la main. Chacun a un crédit ouvert en proportion de sa
N.«j-,Goo»^lc
IKDUSTRIEt. II.* iS. ~t3S
foTtnne connoe oa de ses Lénéfires présomptifs en indusirU aUimante Les phalanges vicinales ne paient point jour par jour ce qu'elles se vendent réciproquement : beHraux, volailles, légumes, fruits, beurre, lailage, fourrage, vin, huile, bois, etc. On en fait écriture, et on tialanre à termes convenus, après viremens ou compensations entre les cantons et régions. Quant aux comptes individuels , pour avance de subsistance et autres fournitures, ils ne se règlent qu'au bout de l'année â l'époque d'inventaire et répartition.
Lts contributions pour le 6sc et les armées industn'el- Its , dont on parlera plus loin , ne donnent lieu à aucun travail de percepteurs ; chaque phalange règle avec le fisc en quatre billets payables par trimestre au chef lieu de province: quant aux années industrielles, chaque troupe envoyée par une province ou un district, jouit d'un crédit fixe, sa dépense est payée par elle-même, en mandais nirson district. Aucun fournisseur ne peutgriveler.
Leconienlieux.est réduite quelques arbitrages. Chacun peut retirer à tout instant le montant de ses actions,'sauf }e dividende courant iï régler lors d'inventaire.
Il n'est besoin pour les enfans d'aucun tuteur : on ne peut pas leur enlever une obole de leur fortune, qui consiste en actions enregistrées au grand livre de chaque phalange, et portant intérêt fixe, ou dividende réglé rbaque année d'après inventaire. Ainsi un pupille n'est «poséil aucun leure, et ses fonds, dans chaque phalange où il a des actions, s'accumulent avec intérêt , jusqu'à l'âge de majorité (vingt ans), oiî il en disposera.
11 faudra distinguer trois classes de fortune et de dépense pour la table. C'est une échelle indispensable en harmonie , oiî toute égalité est poison politique. Parmi les sociétaires engagés, il s'en trouvera quelques-uns possédant un petit capital, des terres, be»- ■laux et insirumens aratoires qu'ils auront vendus , une cabane démolie qu on leur aura payée. Ils oblioi- *lnHU pour ces vcrscmcns uueaclionou parcelle d'action.
-, Goot^le
l36 ' . KODTKAV MONDE
Ils formeront une classe déjà supérieure à la maUitade, et pourront être admis, s'ils le désirent, anx tables de deuxième ordre, oii l'on recevra de même ceux qui, par des connaissances précieuses en tndoslne , mérileront crédit pour l'admission en deuxième classe.
On créera une première classe, composée des ouvriers principaux, des îuslrurleurs enrôlés à la ville, et créanciers d'une somme d'oplion considérable; puis des cultivateurs qui, par fourniture de terrains étendus, ou d'une maison bonneà l'emploi, se Irouveroulactionuaîrefi notables : ces trois degrés seront nécessaires même dans la petite phalange d'échelle réduite.
La régence, ou comité d'actionnaires gérans , formera nne quatrième classe , qui ne pourra bien s'identifier à la pbalangequ'àl'époque où les derniers essaims y feront leur entrée.
Plusieurs familles riches pourront se décider à s'incorporer dès l'automne, ce qui serait fort utile pour donner de l'activité aux intrigues pendant l'hiver qui précédera l'entrée en plein exercice.
Pour frapper un coup décisif au printemps , il faudra de bonne heure exercer les sociétaires, et surtout Us enfans t aux manœuvres choréj;raphlques et autres, depuis celles de l'opéra jusqu'à celles de l'encensoir. 11 faudra que cette phalange, quoique Insuffisante en nombre, sache, à l'issue de l'hiver, se présenter en bette tenue matérielle et spirituelle; qu'elle soit manœuvrière comme des danseurs et comparses d'opéra , et qu'elle présente déjà déséquilibres de passions, par option sur des alternatives de plaisir prévenant tout excès , el dénotant que cet effet sera général quand le mécanisme sera porté an complet par l'introduction des derniers essaims.
£n insistant sur la nécessité d'opérer sur des essaims consécutifs , j'ai prouvé que la dépense d'amorce ne por- .tera que sur le premia, très-peu nombreux. Je passe au devis estimatif.
■1KDUSTBI££. II.*S. '■>;