‹ Œuvres complètes de Ch. Fourier (volume 5)Chapitre 19 sur 63 · ÏRAK.DE FONDATION EN PLEINE ECHELLE · texte numérisé non relu

ÏRAK.DE FONDATION EN PLEINE ECHELLE

Ils ne s'élèveront qu'au quart en échelle réduite.

L>jer d'un an poar terres et édifices 6oo,00o'

CoDstmclion de logemens et établcs S.ooo.OOO

Bestiaux, Tégélaox, mobilier rural 1,200,000

Frais d'en^gemens et avances ï, 200,000

Equipaient, linge, vaisselle 1,000,000

MiDoEulures , ateliers, matières prem.... i,5oo,ooo

&iOfislance de six mois 800,000

Remaille* d'attraction 800,000

Frais de bureau, régence, négociations... 6oo,000 Onvriers coopéraleurs non sociétaires.... 4oo,000

Transplantai ion avec massif de terre 400'°^"^

Conserve de fruits et légumes 3oo,ooo

Biblioihèqae publique 3oo,ooo

Musigoe et opéra 3oo,OQO

Palitade et grillage 200,000

Dépenses imprévues 4oo,ooo

11 suffira An qoart, 4,000,000, en échelle réduite, et ion pourra commencer avec deux millions, car dès 411 on aura mis la main à l'oenvre , ou trouvera des actionnaires plus qu'on n'en voudra.

Toutefois il convient d'avertir que si l'on fonde en petite échelle , on y perdra

la revente des actions dont les dcoi tiers réservés et niant lo millions, pourraient être vendus 4o raillions j dans W cas où l'on ferait un coup d'éclat , une fondation brillante qui étalerait subitement les hautes harmonies depasMOBS.

Et le bénéfice des curieux payans, qu'il fant «stimer 5o millions pour les deux premières années où. la phai«>9e de grande échelle serait li seule, el pour la trointiK année où elle serait en supériorité de mécanisme.

i38 ' KOUTXAu Honnc

. £d eslimant les curieux payans au moyen lenne it cent francs par jour, six cents personnes ad mises cluqnc jour, fourniraient une recette de 44 millions en deui ans, et l'on en aurait encore beaucoup dans le coandi la troisième année ; mais une phalange d'échelle ntlniu où les accords seront peu lirillans, ne causera putn Kurope rêblouisscmenl d'où résulterair cetleafiluencede voyageurs opulens, amenés par la curiosité.

Une phalange d'échelle réduite n'en attirera gncm que le quart, et à quart de prix.

On répond qu'il n'est pasaiséde trouver i5 milllonsJe souscriptions; oui, parce que les esprits civilisés ne mal défians que sur les affaires sûres et exemptes de ri^at. Mais s'il s'agit de quelque folîe, on trouve. des capîtiu par loo millions. N'a-t-on pas proposé récemmenl i» Français la folle entreprise d'amener des vaisseaui i Paris? vaine gloriole, qui coûterait 3oo oiitlions, stloo le devis, et peut-être le double en réalité , car, dans» sortes de travaux, le devis est toujours bien radoua,'' les obstacles ne sont pas portés en compte.

Ici il ne s'agira que de 4 millions , dont deux seulement pour le début ; or, combien de rapiiatistcspeuf^' à eux seuls faire la fondation! Un pairdeFrancea[)l)(* récemmenl 3 millions dans la fuillite Paravey. Si on trouve tant d'hommes aventureux pour les affaires'^"'' gereuses, n'en trouvera-t-on pas un pour une alwi* exemple de danger.

La phalange d'essai étant obligée de construire, «^ yrait acheter et non pas louer son terrain; mais, p<*' ménager le capîial artionnaîre, elle devra louer le i^ Tain , et s'il se peut les édifices , avec faculté de les »t«^ 1er sous deux ans, pour un prix convenu. Dès qo'"* sera installée, elle trouvera plus qu'elle ne. voudra ''** capitaux pour consommer l'achat.

Quoique tout terrain de bonne qualité soit convcnïW pour l'essai, il faudra rechercher un pays coupé, W* en expositions et meublé de luoulicules, comoïc k p^ï'

INDVSTEIEL. II.* S. iSg

; Vaod, la Savoie > te Charollais, les belles vallées du mgaael des Pyrénées, relies de Bruxelles à Halle; un »ys propre à comporter des cultures variées , et pourvu

un beau rourant d'eau.

Il fàur fonder près d'une grande capitale; peu impor- ;r3 qu'on en soit éloigné de lU lieues , pourvu que les irieux puissent arrîverde cetie ville à la phalange sans )urheren chemin. Si l'on s'éloignait trop des grandes il\es, la phalange, au printemps, aurait de la peine à n<iager les familles riches qui devront y entrer à cette

:pO<]De.

itelairvement aux éd ilires , on devra peu spéculer sur tshàiimens faits; un édlBce distribué pour les relations ivilisécsnelesera pais pour relies d'al traction industrielle. )n aun beau remanier les bâiimens nclucls , ils seront oujouregênans pour les relations des Séries passionnées. L«s monaslèrcs civilisés qu'on pourrait acheter ont tous le défaut d'êlre à corps simple, ( une seule file de cham- OTts), leurs étables ne sauraient convenir pour la disnbuiioii ea séries.

On peut tirer parti d'un de ces vastes châteaux qui ibondcnl aux environs de Paris , et même de plusieurs, MMirluger les curieux payanset résidant plus d'un jour; iiic jolie maison , éloignée du phalanstère d'un quart ou 1 une demi-lieue , sera également lrè.<i-ulile pour rastcl ou ^irepôt rural; mais II faut éviter de s'entourer d'un m»%e\ car, lors même qu'on engagerait ce vlllageentier, "faudrait encore en abattre les maisons, ce qui serait '^-dispendieux, et ne donnerait qu'un terrain fort inÇttt.

31 le phalanstère éloit voisin de quelque village ou de

«nii iesnon sociétaire», elles entraveraient le mécanisme

Parleurs imporiiiniics, on les aurait continuellement

T '** ^'M : il faut donc un terrain dégagé d'habiuns,

Yi^ "'*""'* " extirper une portion de forêt.

""«le, si le canton contient quelques familles épar-

1 "ïn peut les considérer comme enrôlées et réserver

.Lioo^ie

l4o NOUTEAB HQNDK •

leur place dans le phalanstère : elles seront iMcn crapressées de s'incorporer à la phalange d'essai, et livro' leurs lambeaux de terre en échange d'actions; les fcinmes surtout, lorsqu'elles auront vu le ménage sociclaîn, seront si harassées du ménage cÏTili.sé, qu'elles y sécheront d'ennui. Quant auxenfans, il faudrabien se garder de les introduire dans la phalange, car après avoir ru un jour les chœurs et groupes d'enfans en mécaoîsme d'alll-action, ils lomberaieot malades de chagrin quauil il faudrait les quitter.

J'ai porté au devis les frais de palissade, comme indûpensables ; on sera déjà encombré par l'admission }oarnalière des curieux payans, il faudra donc se garantir des curieux importuns , et employer la palissade y»Ttout où il n'y aura pas de barrière naturelle, rivière oa muraille grillée. Je dis grillée, parce que l'ordre sociétaire n'admet pas les murs monastiques masquant la vue et transfonnant en prison la voie publique. II faur tout le mauvais goût dm civilisés pour s'habituer i ces bideuses perspectives.

CHAP. XI. Distribution des cultures en trois ordres.

Pour introduire dans les travaux champêtres l'iDirigue, le charme, la variété, vœux des trois passions loécanisanles, on distribue les cultures-sociétaircs en trois oi^ dres entrelacés et adaptés aux diverses localités, i ."L'otdre simple ou massif; 2.° l'ordre ambigu ou vagae; S.** l'ordre composé ou engrené.

i.° L'ordre simple ou massif est celui qui exclut le cntrelacemens; il règncen plein dans nos pays de grande culture où tout est champ d'un côté, tout est bois de l'autre, et ainsi des prés et des vignes; quoiqu'il y >i>> dans chaque massif, beaucoup de portions qui pourraient convenir ^ d'autres cultures , surtout dans les forêts, oùil faut ménager des clairières pour la circulation de l'air, le jeu des rayons solaires et la jnaturalion du bois de tige.

IKDUSTIIIEI» II/ S. l4ï

a.oVonlre ambigu ou va^e et mixte est celui des jardim ronfiu dits anglais , dont Tidée est due aux Chinois, Cette méthode, qui rassemble comme par hasard toufessorlesdecultures, n'est employée chez nousqu'cU petit, el jamais dans l'ensemble d'un ranton. L'état sociéialre en tirera grand parti pour l'embellissement gé^ néralei le charme indusiriet. Les massifs actuels de prés, de bois, de champs , perdront leur triste aspect par emploi de l'ordre ambigu.

3,* L'ordre engrené ou composé est le contraire du syslèmecirilisé, des clôtures et Knrrïcades. Eu harmonie, oii l'on ne çcut pas essuyer le moindre vol , ta méthode engrenée est pleinement praticable , et produit le plus brillant effet. Chaque série agricole s'efforce de jeter des ra* meaux toT dirers points, elle engage des lignes avancées et des carreai}x. détachés dans tous les postes des sériei dont le rentre d'opérations se trouve éloigné du sien; et par suite de ce mélange (subordonné aux convenances de terrain) , le canloti se trouve parsemé de groupes , la ttine y est animée , et le coup-d'œïl varié et pitiorcsi|ue:

Ces trois ordres peuvent être comparés à ceux de l'archilerture grecque. On n'a rien su trouver de neuf après les trois colonnes grecques, à peine quelques légi-res variantes; il en sera de même de toutes les méthodes agricoles qu'on pourra indiquer, elles ne seront que modi<ficaiions des Irôis ordres ci-dessus.

L'ordre massif est le seul pratiqué dans les cultures grossières des civilisés ; ils réunissent (Tua côté loutea les céréales ; d'antre part chacun d'eux fait dans son jar-* din, abusdela méthode engrenée, il acramule vingt espèces où il en faudrait à peine trois ou quatre.

Une phalange exploitant son canton en système cornomi , commence par déterminer deux on trois emplois tonvcnables i chaque portion. L'on peut toujours faire ïîtt succès des mélanges, hors le cas de vignoble trèspriâent qui encore peut compofler froks rt Wgumes , en accessoires de la taltlini plvotale. Ces alliages ont

.Lioo^le

Ijja KOUVEAC MONDE

pour but d'amener divers groupes, leur ménager des rencontres qui les intéressent aux travaux engrenés avec le leur, et laisser le moÎDs que possible an groupe isolé dans ses fonctions.

Acel effet, chaque branche de culture cherche à pousser des divisions parmi les autres : le parterre et le potager qui chez nous sont confinés autour de Thabilatîon, jctlenl des rameaux dans tout le canton. Leur centre est bien au voisinage du phalanstère, mais ils poussent dans la rampagne de fortes lignes, des masses détachées qui diminuent par degrés, s'engagent dans les champs et prairies dont le sol peut leur convenir; et de même les vergers, quoique moins rapprochés du phalanslère ont à sa proximité quelques postes de ralliement, quelques lignes ou blocs d'arbustes et espaliers , engagés dans le poiager cl le parterre. . Cet engrenage agréable sous le rapport du coup-d'œil, tient encore plus à Tutilç, à l'amalgame des passions et des intrigues. On doit s'attacher surtout à ménager des mariages tU groupes , des rencontres de ceux d'hommes avec ceux de femmes , par suite de l'engrenage des cultures : l'idée de mariagcdes groupescsl plaisante et prête à l'équivoque , mais ce sontdes rencontres indusi rieuses, fort décentes, et aussi utiles que nos réunions de salon et de café sont stériles: par exemple :

Si la Série des cerisistes est en n:>mbreuse réunion à son grand verger, à un quart de licuc du phalanstère, il convient que, dans la séance de quatre à six heures du soir , elle voie se réunir avec elle et à son voisinage ;

i." Une cohorte de la phalange voisine et des deux sexes , venue pour aider aox cerisistes;

a." Un groupe de dames fleuristes du canton, venant cultiver une ligne de cent toises de Mauves et Dalias qui forment perspective pour la route voisine, et bordure en cquerre pour un champ de légumes conlïgu au verger;

3.° Un groupe de la série des légomistes, venu pour cultiver les légumes de ce champ.

-, Goot^le

INDUSTRIEL. II.' S. l43

4*' Un groupe de la série des mille flenra, venn pour la culture d'un autel de secte { i ) placé entre le champ de légomes et le verger de cerisiers ;

5." Un groupe de joaTencelles fraisisles , arrivant à la fin de la séance, et sortant de cultiver une clairière garnie de fraisiers dans la forêt voisine.

A cinq heures trois quarts, des fourgons suspendus partis du phalanstère amènent le goûter pour tous ces groupes: il est servi dans le rastel des cerisisles, de cinq heures trois quarts à six un quart, ensuite tes groupes se dispersent srprès avoir formé des liens amicaux et ncgorié des réunions industrielles ou autres pour tes jours suivans.

■ Plus d'un civilisé va dire qu'il ne voudrait envoyer ni sa femme, ni sa 6lte à ces réunions; c'est juger (83) des effets del'élal sociétaire, par les elTets de civilisation, les pères seront les plus empressés de voir leurs femmes el filles dans tesScries industrielles, parce qu'ils sauront qae rien de ce qui s'y passe ne peut rester inconnu. Or les femmes sont bien circonspectes en lieu où elles sont certaines que toutes leurs actions seront connues de père, de mari, de rivales; c'est ce qui n'a pas tîeu dans une maison civilisée, otli le père, s'il veut surveiller femmes el filles , est trompé par tout ce qui l'entoure.

Les mariagcsctant très-faciles en haraion te, même sans dot, lesiillessontioujonrsplacéesde i6à 20 ans. Jusquelà on peut leur laisser pleine liberté , parce qu'elles se surveillent enir' elles, ainsi qu'on le verra aux chapitres spéciaux ; or, il n'est pas de garde plus sûre auprès d'une femme que l'œil de ses rivales.

. I Sur en mW1« duapêtrei, ob pUce ■■■ Moiincl à'aa moniicdlc ie Scan on •rbuito , la *I>1d« , la baitca da palrau de la irtlt , det iadivldui qui ont ctccllé djru MI traiiui cl runi inrScbie it quclquei milliada ulilu. Ce >onl la dcmî-dieui mjlbola^ua de la (tel* on tint ioduitricllc. Uu corrlMDIe od*>« UiAiiceni Inrâlanl l'cnccu >uri«iatdii demi-dim. L'iaduilris Aanl anx ]>eaK du Hirmonicai la pliu hauM liuiclioD , TonauHii d' j ■Iliu' loiu la mobila d'eo- , ihoDtûunc ; comnit lia bonacurt mjllialo^qun icodu aux homma oa IcDOMt fiai OUI jeni DiuDiiiûié en {icrfectàaaiiaDt l'ibdiutnt.

-, Goot^ie

l44 KOCTEAV HON0S

' Je renvoie an traité, II , 48 à 67, pour les détails irlali(s à l'alliage des trois ordres agricoles; II, 54- On j trouvera des remarques unies à un fondateur, sur les mariages de groupes, les afTiliations des sexes dans une Série industrielle, et les moyens d'en tirer parti pour atteindre au but uhéricur, à l'accord de r^parrition, sans le()iiel tout le mécanisme sociétaire s'écroulerait le lendemain du jour où éclaterait la discorde en partage des dividendes.

L'amalgame judicieux des trots ordres de culture , est le moyen d'allier le bon et le beau. Ces ordres ne sont pas même counus des agronomes civilisés, qui n'en peuvent employer que les trois caricatures, savoir :

£d ordre massif, les amas de forêts oii de champs : leurs guérêts sottement prôoéa par tes poètes , offrent l'aspect le plus monotone ; tandis que les forêts sont un chaos de masses informes , et peu productives faute de culture qui, en civilisaiion, ne s'étend pas aux forêts. Nous sommes encore sauvages sur ce point. C'est un caractère d'engrenage en période sauvage, comme le code iBtlilaire est engrenage en période barbare.

' £n ordre ambigu, il ne peut «'appliquer parmi nous qu'à des lieux de plaisance, comme les jardins royaux , lesTivolLet guinguettes; encore n'embrassc-t-it qu'un petit espace oiî il rùgne sans amalgame avec les deux autres ordres , et qui pis est sans production , sans alliage du bon et du beau: il n'est dès-lors qu'une caricature de sa destination.

%n ordre engrené , on ne voit dans nos cultures que l'engrenage inverse, ou dissémination tendant i l'appauvrissement et l'enlaidissement. Trois cents familles villageoises cultivent trois cents carreaux de choux sur divers points dont à peine trente sont convenables à cette culture; et dans leurs trois cents jardins, an trouvera tmt au plus dix cbétives sortes de ce légume, tandis <]n'une phalange en se bornant à trente choatières disséminées en terrains favorables, 7 cultivera avec succë»

INDUSTRIEL. 11.' s. 145

renl variétés de chonx. Nous sommes dope , sar l'etnploi •les ordres agricoles comme.sur tonte autre- branche du système industriel , à Topposé des vues de la nalore.

CHAP. XII. Distribution uniùiire des édites.

II est très-important de prévenir l'arbitraire en constructions : chaque fondateur voudra distribuer â sa fantaisie. Il faut une méthode adaptée en tout point au jeu des Séries passionnées : nos architectes qui ne les connaissent pas, ne pourraient pas déterminer le plan convenable ; cependant si te matériel est faussé en dispo- ' sitïons, il en sera de même du passionnel.

Les civilisés ayant communément l'instinct da faux -, ne manfpieraient pas à préférer la plus vicieuse distribution. Cela est arrivé à INew-Harmony, où le fondateur Owen a précisément choisi la forme de bâtiment qu'il fallolt éviter, le carré ou monotonie parfaite. C'est jouer de malbenrcomme un milicien qui attrape le billet noir: l'un des inconvénieas du carré est, que les réunions bruyantes, incommodes, les ouvriers an marteau, lesapprenlisdeclarinctte, seraient entendus de plus de moitié du carrésurquelquepointqu'ontesplaçât.Jecilerais vingt autres cas où la forme carrée causerait du désordre dans les relations. Il suffirait de voirie plan de cet édifice( tbe coopérative magazine : for January 1826), pow juger que celui qui l'a imaginé n'a aucune connaissance en mécanisme sociétaire. Du reste, soncarré peut étrebon pour des réunions monastiques, telles qu'il en fonde, la monotonie étant leur essence.

La principale cause qai empêchera d'employé avec fruit les bâlimens civilisés, c'est qu'il est presque impossible d'y pratiquer des sÉBisTÈaES ou masses de salles et pièces disposées pour les relations des Sériespas* sionnées : les établès existantes ont le même défaut. Cependant on pourra faire emploi de certains bâtimens actuels pour la phalange d'échelle réduite/ on ne le ponrrùt pas taa pleine échelle , dont je vais donner le plan. 10

PLAN D'UN PHAliANSTÊRK

EN OBANDE ÉCHELLE.

LengiiHr d* h fin» P aoo uÎMi. — Looguar du Ii«Dt «atier aGo Iw

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CEÏ

■,Gt)0^ie

IWlitfSTftlEl. 11/ S. 1^7

tta doubles lignes représentent les coi^ de Mtimens , le blanc figure les cours et les Yi4es.

Les lignes de points sinœux et carrés figurent le coun d'an ruisseau à double canal.

£□ ligne directe de L à L est une grande route qui passerait entre le pbalanstère et les étables ; mais on se gardera bien de faire passer les routes dans l'intérieur de la phalange d'essai qu'il faudra au contraire palissader contre les importuns.

P.i^zesl la place de parade au centre du phalanstère. A>'=±estlacourd'honnenrformanipromenaded'hiver, plantée de végétaux résineux et ombrages permanens. a, aa; o, oo; cours placées entre les corps-de-logis. Gros points * * • * , colonades et péristyles, d'un tracé informe, trop espacé hors les 12 colonnes de la rotonde. x,jr, z;xx,yy, zz; cours des Mtimens ruraux, n n les 4 porches fermés et chauffés, non saillans. £, ee, (rois portails en avant-corps pour divers services. :::: Ces doubles points entre deux corps de bâtimens, sont des couloirs placés sur colonnes au premier étage.

Les' bàtimens dont la grande cour A est entourée et avoisinée sont affectés aux fonctions paisibles; on peut y placer l'église , la bourse, l'aréopage, l'opéra, la tour d'ordre , le carillon , le télégraphe, les pigeons de poste. On devra placefdans l'un des ailerons toutes les -fonctions iHuyantes et incommodes aux voisins.

La moitié saillante du carré A , la portion d'arrière, est spécialement affectée à loger la classe riche qui s'y trouve éloignée du fracaset rapprochée du parterre principal, ainsi que de la promenade d'hiver,agréntent dont \& capitales civilisées sont dépourvues, quoiqu'elles aient, presque toutes, plus de mauvaise que de belle saison.

Les deux cours a, aa, qui tiennent aux ailes , sont affectées l'une aux cuisines, l'autre aux écuries et équipages de luxe. Toutes deux doivent être ombragées autant que possible. Je ne désigne pas les arcades de passage. IjCs deux batimens S, ss , pourront être employé», l'un .

l48 NOCVEAtJ HONDX

pour l'église, si on veut l'isoler, l'autre poar la salle d'opéra qu'il est prudent d'isoler. Ils auront communication souterraine avec le phalanstère.

Les 3 cours O, oo, placées au centre dechaque aileron, seront affectées l'une au caravanserai, l'autre aux ateliers bruyants, charpente, forge, marteau, écoles criardes.

On évitera par ces dispositions , un inconvénient de nos villes civilisées où l'on trouve à chaque me quelque fléau -des oreilles, ouvrier au marteau, marchand de fer, apprenti de clarinette brisant le tympan à cinquante familles du voisinage, tandis que le marchand deplàtreou de charbon les enveloppe d'une poussière blanche ou noire qui empêche d'ouvrir les croisées, obscurcit les boutiques et le voisinage pour la liberté du commerce. L'aileron affecté au caravanserai contient les salles de relations des étrangers ; on les y place afin qu'ils n'encombrent pas le centre du phalanstère et qu'ils se répandent dans les balimens ruraux, vers les groupes des champs et des jardins, sans obstruerl'intérieurda palais. Tous les enfans riches on pauvres logent à l'entresol , pour jouir du service des gardes de nuit, et parce qu'ils doivent, dans beaucoup de relations , surtout dans celles .du soir, Être isoles de Tige adulte. On en verra ta nécessité à la section lll qui traite de l'jéducation. Les patriarches logent la plupart au rez de chaussée. £n donnant au phalanstère des développemens trop étendus, on ralentirait les relations , il conviendra donc de redoubler les corps-de-logis , comme on le voit dans le plan : quelques-uns (x) de 80 toises sur 4o, pourront être subdivisés en 2 ou 4 corps détachés et de formesvariées. On ménagera entre ces doubles corps 2 sortes de communication, i." des souterrains, 3.° des traverses au 1." étage par couloirs placés sur colonnes, aux points oij les corps de batimens seront rapprochés comme en a et aa. Pour épargner les murs et le terrain , il conviendra que l'édifice gagne en hauteur, qu'il ait au moins 3 éta- .ges, plus,r étage de finse.Enyajoutant le rez et l'entresol,

on aura six échelons de logement , y compris le camp cellullaire placé à la frise. C'est un local pour les passages d'armées indostrieltes.

Il faudra ériler de construire des bâtimens à simple file de chambres , comme nos monastères, palais, hôpitaux, etc. Pour activer les relations, tous-les^orps de I<^s derroni être à double file de chambres , assez profondes pour contenir des alcôves et cabinets qui épargneront beaucoup .de constructions.

La rue-galerie- est la pièce la plus importante ; ceux qui ont TU la galerie du Louvre au musée de Paris peuvent la considérer comme modèle d'une rue-galerie d'harmonie, qui sera de même parquetée et placée au I ." étage, et dont les croisées pourront, comme celles des églises, être de forme haute, large et ceintrée, pour éviter 3 rangs de petites croisées. Toutefois on rabattrait beaucoup de ce luxe dans une phalange d'essai, même en grande échelle.

Le rez de chaussée aura quelques passages en rue-galerie, mais elle ne pourra pas y être continue comme au I .*, où elle ne sera point interrompue par les passes de Toitnres et les porches.

Lesdiies galeries, tempérées en toute saison par des tuyaux de chaleur ou de ventilation , servent de salle à manger dans te cas de passage d'armée industrielle. (On n'en verra pas dans la phalange d'essai.)

Ces communications abritées sont d'autant plusnécessaires dans l'état sociétaire , que les déplacemens y sont très-fréquens , les séances des groupes ne devant durer que I V» ou 2 heures au plus.

Les abris et passages couverts sont un agrément dont les rois mêmes sont dépourvus en civilisation ; en entrant dans leurs palais, on est exposé à la pluie , au froîd ; en entrant dam la phalange , ta moindre voiture passe des porches couverts aux porches fermés, et chauffés ainsi que les vestibules et escaliers.

Je ne dirai rien du camp cellulaire ou amas de cham-

l50 nOTIVEAU MONDE

brelic* placées i Tétage de frise. Oa n'en finirait pas de

ces miDolienses descnptions.

Les sérisières ou lieux de réunion d'une Série paiâonnée, ne ressemblent en Hen à nos salles publiques oii les relations s'opèrent confusément, sans graduation. Uobal, un repas ne forment chez nous qu'une seule assemblée, sans subdivisions : l'état sociétaire n'admet pas ce désordre; une série alouiours 3, 4> ^ divisions qui occupent autant de salles contigues : chaque sérislère doitavoirdes pièces et cabinets adhérens à ses salles, pour les groupes et comités de chaque division ; par exemple dans le aéristère de Ihanquet ou de salles à manger, il faut 9 salles fort inégales, savoir :

I pour les patriarches,

a pour les enfans,

3 pour la classe pauvre , . 3 pour la classe moyenne,

I pour la classe riche; non compris les salles du caravanserai , plus les cabinets et petits salons nécessaires, soit pour la chère de commande, soit pour les compagnies qui veulent s'isoler des tables de classe quoique servies du même buffet.

Les appartemens sont loués et avancés par la régence i chacun des sociétaires. Les lignes d' appartemens doivent £(re distribuées en séries engrenées , c'est-à-dire que s'ib sont de vingt prix différens , depuis 5o , 100 , i5o , jusqu'à 1000 , il faut éviter la progression consécutive continue , celle qui placerait au centre tous les appartemens de haut prix , et irait en déclinant jusqu'à l'extrémité des ailes, il faut an contraire engrener les séries d'aj^tartemens dans l'ordre suivant :

Distribution en échelle composée.

Aux 2 corps d'ailerons par 5o. 100. i5o. aoo. a5o.

i5o. 200. 25o. 3oo.35o.

Aux 2 corps d'ailes par 25o. 3oo. 35o. 4<^- 4^- ^'^-

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