‹ Œuvres complètes de Ch. Fourier (volume 5)Chapitre 21 sur 63 · QUATRIÈME NOTICE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME NOTICE

fAKTIB SPâCDLATITE DBS PB^PABATIFS.

Antienne. Je devais placer ici deux chapitres sur les écueils d'une fondation en échelle réduite , et sur les vices de direction à éviter au début.

Ces deux instructions , quoique Irès-imporlanles pour des fondateurs, sont du nombre de celles que je supprime pour abréger : je les reproduirai aux corollaires, si l'espace le permet.

CHAP. XIII. Examen des Séries h préférer en règne animai.

La phalange d'essai agirait maladroitement, si elle tentait la formation de 'séries dans toutes les fonctions qui en paraîtront susceptibles. Il est un choix à faire sur les fonctions : je vais indiqua* les règles de ce choix.

On manquera au débatd'un grand nombre de moyens industriels, comme vergers et forêts en culture méthodique, animaux harmonisés par éducation combinée , rigoles d'irrigation , etc. Cependant il faudra parvenir à former un grand nombre de séries , car la théorie indique

Pour une phalange de pleine harmonie et d'accords transcendans , séries 4^ — 9A)

Pour une harmonie ébauchée, selon les bibles moyens des années de débuts. 135 — 3^

Pour un minimum d'essai sur la plus basse échelle d'approximation 4^— '7^

Spéculons donc sur rassortiment de séries dont on pourra faire choix pour élever la phalange d'essai an

l54 N0UVEA1T MOKDK

maximum d'harmonie ébauchée, y organiser aamoios i35 séries de hon mécanisme, et même i5o à 200. Le choix devra porter :

i.o Sur le règne animal de préférence au végéral, parce que le règne animal entretient les séries en exercice permanent pendant le chômage d'hirer.

3.° Sur le règne végétal préfiirablement aux manufactures, parce qu'il est plus attrayant, et alimente les accords directement, chap, VII,

3." Sur les cuisines , parce qu'elles sont un travail permanent, sans chômage, travail d'initiative en attraction industrielle (voyez 4*' section) , travail lié à la production et à la consommation , travail le plus apte à entretenir l'esprit cabalistique.

^.' Enfin, sur les fabriques attrayantes plutôt que sur les lucratives , la politique des fondateurs devant être de créer un bel équilibre de passions , et non de spéculer sur des bénéfices mai liés au système sociétaire. Ces profils deviendraient duperie, s'ils ne conduisaient pas au but, qui est de déployer promplement le mécanisme d'attraction industrielle , confondre la civilisation dès la première campagne, dès le deuxième moisde plein exercice, et obtenir par tm éclatant sucrés, la récompense et les bénéfices de fondation , le tribut des curieux , etc.

Ces principes établis , je passe à un aperçu des fonctions les plus convenables à une phalange d'essai , entravée par de nombreuses lacunes d'attraction^ et par sa solitude ou soliié.

Commençons par le règne animal hors des eaux , en espèces domestiques et productives.

Ce règne est des plus pauvres en espèces utiles ; les deux créations aialfaisantes dont notre globe est meublé, nous ont donné si peu de serviteurs précieux en oiseaux et quadrupèdes , que la France en contient à peine seize espèces , dont quelqaes-unes sont trop peu subdivisées en variétés pour occuper une série de groupes; ce sont :

■,Goo»^le

INDCSTRIKI. II.* S. l55

dûenj Mouton, Poqlet, Canard, Cheral , Cbèrre , Faisan , Oie , Ane, Cochçin, Pigeon, Dinde, Boeof , Lapin , Paon , Pintade.

Ces espèces , dont je distrais le poulet , n'occuperaient pas quinze Séries industrielles de trois, quatre, cinq groupes , soignant autant de variétés ; l'âne , la chèvre , le lapin, le paon, la pintade, occuperont à peine nn ou denx groupes sur chaque espèce, à moins qu'on ne forme des séries dichdles alimeniaîres , opérant sur les variétés de nourriture et de tenue , et luttant sur l'excellence de divers régimes appliqués à tine seule espèce d'animaux* C'est la marche qu'on suivra.

Ces séries de régime sont arti^ùUes, car elles ne s'établissent pas sur des diversités naturelles d'espèce , mais sur les diversités d'éducation et d'engrais; ce sont des séries GbeffÉes , qui introduisent artifiriellement l'ordre sériairc sur tes points où la nature n'a pas fourni les moyens de l'établir.

(Nt^, Je range le paon parmi les oiseaux productifs debasse-cour; les gastronomes romainsen faisaient grand cas : c'est bizarrerie à nous de le mépriser, comme aux Bohémiens de mépriser les écrevisses qu'ils ne daignent pas manger, quoique leurs rivières en soient remplies. L'écrevisse est pourtant le régal des Parisiens, très-supérieurs aux Bohémiens en gastronomie.)

Le cygne et le chat ne sont pas réputés producdfs , quoiqu'on fasse bon usage du duvet de cygne , et qu'on mange fort bien le chat, même sans famine. Il vaut le lapin ; on le recherche dans les villes assiégées.

Le chameau , le bufQe et le bison ne sont pas indigènes de France ni d'Angleterre ; d'aifleurs les denx premiers élknt fort peu attrayans, ne seraient pas objet de apéculalîon pour la phalange d'essai : elle-oe doit pas s'encombrer de gros animaux ; leur soin emploie trop de bras et de temps, et ce serait un obstacle, à la formation de nombreuses .séries.

i56 NOtJVEAD MONDS

D'antres espècescomine la perdrix, plos facile i pnver qae les poulets , et se laissant conduire en troupeaa par des chiens, sont tout à fait négligées. Il est probable que la caille s'apprivoiserait de même, m deuxUm£ ou troisième génération , comme le halbran , qui ne se prÎTe pas en première. Le soin des perdrix et cailles entretiendra des séries fortes d'attraction et très-uliles.

Les deux créations dont notre globe est meublé, sont d'nne pauvreté réroltante en insectes productifs ; l'abeille seule pourra occuper une série à régimes diversifiés, on sérit greffée, artificiellement créée; (voyez plus haut.) Je ne compte pas la cochenille, insecte de climat chand. Xignore si cet insecte et le kermès qui le remplace du~ rent assez long-temps pour entretenir une Série passionée ou seulement un groupe temporaire.

Le ver à soie est un travail qui ne conviendra en aucun sens à la phalange d'essai ; il est répugnant et il aurait l'inconvénient de distraire toute la jeunesse à l'époque où les jardins, étables et colombiers {attireront trèsfortement, et où les intrigues de fusion des trois classes de fortune commenceront à se nouer : il faudra se garder de tout ce qui pourrait les ralentir. D'ailleors, ce travail distrairait encore de celui des fours à éclosion, qui tombe à ta même époque , travail qui se lie très-bien à tout le système agricole, et qui présentera l'avantage d'entretenir une séri^ ir^nitésimaU ; voyez-en la définition , chap. XIV.

L'éducationdes grands quadrupèdes, rhevaux et bœufs,' conviendra peu aux intrigues de la phalange d'essai; elle y perdrait trop de temps, n'ayant pas la dextérité ni les connaissances qu'auront les générations élevées en harmonie; en outre elle n'aurait pas de chevaux et boeufs raffinés par l'éducation harmonienne , et dont un millier sera pins facile à diriger qu'une douzaine des nôtres. On laissera donc en grande partie ce soin à la cohorte de cent salariés adjoints : ils seront très-nécessaires dans cette industrie , car la phalange aura plus de bœufs et

INDUSTRIEL. II.' S. iS;

beancoBp pttiâ de chevaux que nps ritlageoïs, nolammeot des chevaux nains pour monter la cavalerie en&ntîue. (Voyez troisième section.)

Au résmné , les oiseaux et quadrupèdes en domesticité, n'entretiendront que peu de séries; pour tn grossir le nombre, il faudra recourir au mode que j'ai nommé série de régime , ou série greffée , mode qui , par la différence des méthodes eu nutrition et tenue , fera naître sur le soin d'un même animal, des esprits de parti, des discords et rivalités entre divers groupes. Ce sera allier une série de méthodes à un travail qui, par lui-même , ne prêterait pas aux rivalités de série.

Malgré ces ressources, pour augmenter, en règne animal , le nombre des Séries industrielles , je ne présume pas qu'on puisse les élever au-delà de vingt, car il iàut distraire celle des poulets, oiseau qui, prêtant plus que tout autre aux sous-divtsîons , sera affecté à une série d'un ordre supérieur, l'ordre infinitésimal.

Je compte pour emploi d'une série animale , le soin des chiens ; leur éducation entretiendra divers groupes et partis , car on leur confiera beaucoup de fonctions qui occupent aujourd'hui des hommes et des courriers. Chaque phalange expédiera d'heure en heure à ses voisines des chiens portant au cou les dépêches peu précieuses , et en rapportant au retour. Les pigeons feront , en service lointain, mêmes fonctions que les chiens en service vicinal.

L'état sociétaire élèvera en domesticité beaacoupd'espèces reléguées dans les eaux et forêts par la brutalité des civilisés ou leurs préjugés. L'association aura des parcs de lièvres apprivoisés , comme nous en avons de lapins. On objecte que cet animal est rétif .et ne veut pas se priver; ouï , en première génération , comme le halbran ; mais la deuxième s'apprivoisera par deux moyens inconnus des civilisés , ce sont :

lâ dénaturation domestique en 2.* et 3.° génération ,

Les dispositions unitaires et méthodes harmoniques.

I^ NOUVEAU ttONBC

Cest par le concoars de ces moyens que Tassocialiofl aura des troupeaux de divers oiseaax d'eau et de forêt , aussi aisément que nous avons des troupeaux d'oïes , bien que l'oie sauvage soit le plus dé6ant et te plus inabordable des oiseaux , le plus désolant pour le chassenr: c'est pourtant le même que l'oie domestique.

En quadrupèdes , elle élèvera des troupeaux de zèlveï, qua^as, onagres, aussi bien escadronnés que nos chevaux; elle aura des troupeaux de vigognes, des parcs de castors constnûsant leur édifice aquatique , et peut-être aussi de biches et daims privés.

Elle aura de même, daosdesétangs et viviers spëdaox, beaucoup de races métisses en poissons, une vingtaine d'espèces enpoîssonsde mer acclimatés par degrés en eau donce , des viviers de merlans , maquereaux , soles et turbots , dans des pays où ces poissons ne sont pas même connus. Les différences du régime privé au régime naturel établiront dans tes saveurs la même variante que du sanglier au pourceau, du canard au halbran.

Quant aux moyens présens, nous ne devons compter les oiseaux (poulet déduit) et les quadrupèdes, que pour entretien d'environ vingt séries , y compris les grêGiées ou artificielles.

On peut en ajouter dix autres; savoir :

Deux pour la chasse, deux {>our la pêche*

Trois pour les volières ,

Trois pour les poissonsàl'engrais en réservoir.

ToTAX. Trente séries en industrie de règne animal.

Le poisson ne tardera pas à en fournir un plus grand nombre, mais seulement lorsqu'il y aura concours des diverses régions pour celte branched'éducation, aussi étrangère aux exploitations civilisées qne la culture desforéts.Cependantlepois8on,qnoiquerun desplus sains et des plus agréables comestibles, est le moins coûteux de tous, car il senourrit deson superflu de pullulation ; mais nous ne «avons exploiter ni le poisson, ni le fruit dont nos arbres ne donnent que des feuilles ou quart de récolte.

i)ii>us'rRiB];» IL* S. i5g

CHAP. XIV. Séries industrUUes en règne végétal , en manutention «I direction gmertûe.

I) serait trop long d'eKamïoer pièce i pièce les sériea convenables en régélal ; je me borne à rappeler la règle de compacité, chap, VI, et l'instruction de négliger et mettre en écUpst tout Tégétal qui ne pourrait pas foomir nne série compacte , bien graduée en nuances rapprochées.

La culture des régétanz, y compris les forêts, prunes, serres chaudes et fraîches , pourra occnper cinquante séries dans la belle saison. L'on ne connaît en cirilisation que les serres chaudes. Sur ce point comme sur tant d'autres, tes esprits sont tout au simplisme, ou mode ûmple , qm est le type du génie civilisé. Les serres com/KWÂM ou chaudes et fraîches, combinément exploitéest seront, commelesvoIières,unehranched'atlractioD Irès-puissante sur les trois sexes , et principalement sur la classe riche. On devra donc donner beaucoup de soins i Torganisation de celle sorte d'industrie.

La culture des forêts et prairies emplantées et mélangées méthodiquement, sera un détail immense; chaque morceau de pré ou de bois recevra les espèces qui lui sercHit convenables. On formera des séries' d'apparat ehampâre, cultivant les autels et bordures de fleurs et d'arbustes, autour des pièces affectées à chaque espèce de végétaux. Ce luxe est une branche d'attraction et d'intrigue très-précieuse.

Les manufactures attrayantes, même en supposant une fondation sur grande échelle ne fourniront pas plus de 10 â 13 séries. (Voyez le détail chap. XV et XVI.)

Total des aperçus :

Règne animal, 3o séries..... -.. }

Règne végéul, 5o séries | loo séries

Manufactures, ao séries I

Pour atteindre i i35, îl en reste encore une qua-

l6o «ODVEAB MONDE

ranlaine à' former ; passons en revue les travaux domcs' tiques propres à fournir ce nombre , en déduisant la cui' siae, qui sera l'objet d'an compte à part.

I. 3. 3. Iies^nûrs,engr3minées, légumes, fourrages. ^4* ^* ^' ^ ceu>e, la sous-cave, pour bière, cidre, vinaigre, liqueurs, etc.; et le caveau, trè»>copieux pour les curieux payans. — 7. 8. 9. XxsfruUUrs : on achètera énormément de fruits pour les conserver : ce soin ei>tretiendra au moins trois séries. — 10. Le légumier, lieu de conserve en herbe on sous terre, ou en vases, avec i»éparatioil. — 11. l/huilerU, — 13. La greneterit générale. — i3. La laiterie , sans la fromagerie.

— 14. i5. 16. Les tabulistes et caméristes; service des tables et cbambres. — 17. Les meublistes : consene du mobilier depuis les glaces jusqu'aux marmites. — 18. 19. "iSirrigaiion, j compris le soin des pompes et tuyaux. — 30. Les bonnes , soignant le sérisfère des marmots. — 21. lies nourrices, ycompriscelles de supplément etrecbange. — 22. Les bonnains et bonnines, opérant sur ràgede2à3ans,pour]'éclos!ondesvocationsiadaslriclles.

— 2,3. Les mentorinstt meniorines, opérant sur l'âge de 3 à 4 et i/a , pour l'éclosiou descaraclères, l'appréciation du titre en caractère et tempérament. — 24. La médecine en toutes fonctions, jusqu'aux infirmiers. — 35. 26. V institution, bien plusétenduequedansl'éut civilisé. J'y comprends l'enseignement en agriculture et manufactures. — 27. 28. Les petites hordes et petites bandes , séries principales en éducation. (Voyez la S.'section.) — 29. 3o. 3i. 'h^fuirmonie vocale et instrumentale, la série des cbants et bymnes, celle des instnunens à corde , celle àvent. — Z^.Jja comédie , fournissant une série d'espèces bien graduées. — 33. li'opéra en toutes espèces. — 3^.35.1jzchorégraphie et la gfmnastit/ue. — 36. La corva; périodique, — 37, 38. £nfin deux séries d'ambigu, en industrie animale et végétale, et peut-être quatre.

Ces 40 séries forment le complément des 100 précédentes t car lemûiûnum d'une harmoDÎe ébauchée ( i3i },

INDVSTBIKL. II.* S. l6l

est de i35 séries. Jesapprime à regrettes déuilsaimexés à cTiaeune de ces fonctions;)'enextraisan seul fragment, la rorrée (série 4o) comprend toutes les foDctioos ou il y a isolement et absence d'attraction, comme les emplois de postillon et coarrier, faction à la tour d'ordre , au télégraphe , au service de salve ou brandîssement de pavillon, à la sonnerie du carillon, veillée aux deux conr ciergeries duphalanstèreetdu caravanserai, éveil au phalanstère et aux étables , garde noclnme , vigie de feu et de lânal, etc., etc.

La série des corréïstes reçoit un dividende considérable , outre le tribut de dispense des riches qui se rachètent, comme cliez nous, de ta garde. Ce tribut est allouéàlasérieentière et non aux individus, car le service individuel salarié serait déshonorant en association.

En outre, on encourage les corvéïstes par diverses faveurs, comme le service en chère de deuxième classe ; (ils sont communément de ta troisième), on veut que la corvée, qui rerient à peu prèsdequinxaine en quinzaine, soit une journée de gaîlé pour le peuple.

Ces précautions paraîtront bien superflues i des civilisés , tous habitués à conaidà^tr l'oppression comme sagesse morale ils oublieront ici à chaque page qu'il s'agit de créer l'aitraction industrielle, opérer l'accord en répartition , et la fusion des trois classes ; il faut donc biense garder de ravaler aucune fonction , ni de mécontenter aucune classe; il faut avoir des moyens sûrs de répandre la gaîté dans les travaux répugnans et dédaignés. (Voyez petites hordes, 3.* section.)

Je reproduis ici la règle' donnée ( i54) sur les travaux de règne animal ; peu s'adonner au soîn des grandes espèces, chevaux et bœufs; et des grands végétaux, arbres forestiers , qui coûteraient trop de temps à notre génération peu exercée : on ne devra pourUnt pas les négliger comme aujourd'hui ; mais le but est de former un grand nombre de séries bien intriguées; celles des fleurettes et des petits légumes seront presque aussi utiles que celles

l6a KOtIVEAU MONDE

des chênes et des sapins , donl la culture ediplotËrait dix

fois plus de temps.

Outre cette masse de séries libresqne j'ai désignées, une phalange doit avoir en pirot de mécanisme ad moins quatre séries mesurées , et quatre infinitésimales ; ce sera une lacune pour la phalange d'essai , qui ne pourra former qu'une série mesurée, celle des âges et des trentedeux chœurs^ (Chap. VU.) et tout au plus deux soies infinitésimales, on subdivisées à rinfioi en échelle de Bous-série; le poulailler en fournira une. (Son échelle , au lieu d'allandre au huitième d^ré, pourra tout au plus s'âever au dnquième. Voyez io5 et I, ^^Sk^S'j.) On pourra former une deuxième série infinitésimale sur la gastronomie, ptaiâr qui n est pas proscrit par nos mœurs, mais seulement par la morale.

. Nous n'avons josqu'ici estimé qu'aux environs de|ccnt quarante lenombredes séries que pourra former la phalange d'essai ; mais j'ai annoncé qu'il reste une forte branche à porter en compte, celle des cuisines, qui va élever l'ensemble des séries k deux cents ; car tes cuisines pourrcHit en créer une soixantaine, d'autant plus précieuses qu'elles seront la [dupart permanentes , exerçant toute l'année.

11 n'est guère de comestible, en règne animal on végétal , qui ne puisse occuper et intriguer aux cuisines une Série passionnée et quelquefois plusieurs; le poulet et le cochon , la pomme de terre et le chou en occuperont chacun plusieurs, qu'on pourra même dualiser',

1 II >anitïOn*cnadc donner DndupLlreaarlcscqiicatdci^ria', fù ÎDdiqn^ f[ui}aM]ttdualâiri,oùA va, 353, \agrffffts,\'*i çtrU dtungrrnérteatnitaat de rebelle do Ingemiiu; il Est quantité d'iutrca léria dont b di^Enitioa foumirail nn ample chapitre ; nuii on n'en fininùt pu de détaili élémcnturei , si Ton a'atrilait i loum ces minnlies didactiqnea.

Par exempls, il faudra former desi^a tmbraruhAs, poîiant dani loialo celles d'un iDcme genre : >i c'est en grenfUrie, cbaque s^rie recueille et enserre •ea graines; mais la s^riede greoeterie générale puise dam louln pour former la coUaclion assortie et mise en leale. la t(n« enblancbée ot donc la lige commune jde tonte* ctllM d'na m&iie genre.

tNDU$TBtE£. II.' S. l63

«n allûndes mlrîgaes de l'échelle de 'préparation avec celles de l'échelle de production.

Kotzebuë dît que les iraiieurs de Paris savent accommoder les oeuis de quarante-deux manières : il n'a trouvé que cela de remarquable dans Paris. Les œufs peuvent donc eolretenir aux caîsïnes trois séries dualisées, dont chacune se composerait de douze à quinze groupes.

Maison n'atteindra à ce grand nombre de séries qu'autaol qu'on adoptera le principe opposé à «lui des moraltsles, l' extrême raffinement de goAts et de passions , mojTQa sajisleqaelles variétés de saveur ne seraient point appréciées , et tes séries ne pourraient former leuréchelle ni en produits , ni en préparations culinaires ; comment pourraït-on intriguer vingt groupes cultivant vingt variétés d'une espèce , quand les consommateurs mangeraient indifféremment chacune des vingt, sans distinction de qualité ni d'apprêt?

La cnisine , tant méprisée par les philosophes, produit sur l'émulation agricole même effet que la greffe sur les fruits ; elle en double la valenr. Les intrigues de culture, soin des bestiaux et volailles , redoublent d'intensité par alliage aux intrigues de préparation culinaire. De U naissentlesséries(^ua£r^, se stimulant l'une phr l'autre: ce sont de puîssans ressorts en attraction industrielle. - Dans l'état actuel , l'agriculture est affectée de deux vices opposés à ces belles propriétés de la cuisine sociétaire; l'un est le travail répugnant, exercé par vénalité et nécessité; l'autre est la limitation de la bonne chère aux oisifs. Celui qui cultive n'est intrigué , ni par attraction spéciale pour son industrie , ni par cabale sur sa méthode, ni par débats sur la préparatioà du produit ; car il n'en goûte pas ou n'en mange que les rebuts , et les mange Irès-mal apprêtés. La phalange an contraire devra callîver en chaque prodoit animal ou végétal , une quantité telle que les tables de troisième degré puissent y participer : à défaut, elles ne seraient pas intriguées sur celle industrie.

n,<jN.«j-,Goot^le

|64 KOnvEAtJ I16NDX

Notre mécanisme agricole e«t donc faussé en tout sens par absence d'intrigues et cabales appliquées an produit, et par absence du rafBnenient sensiiet limité aux oisifs , chez qui il est lout-à-fait inutile ; car il ne sert qu'à leur îns[Hrer du [mépris ponr la triste condition du peuple qui travaille à serrir leurs fantaisies.

Ce vice radical du mécanisme civilisé deviendra plu« aenàUe quand on aura tu en entier la théorie sociétaire. Par arberainement , il est bon de faire remarquer que les méthodes employées par la morale sont loujoars à rootre.3ens des vues de la nature. C'est la principale thèse i démoulrer dans an traité de l'attraction passionnée, car la morale et l'attraction sont les deux antipathiques, l'une voulant conduire aux accords sociaux par l'en^Drgement des passions , l'antre j conduisant par le plein développeownt des passions.

CHAP. XY. Choix des mtotu/aciures spéaûaiifes </ mueiies-

Ce choix est nne des opérations les plus dâîciates. Il s'agit d'établir, entre les manufactures et l'agriculture , une réciprocité de convenance qui fasse concourir ces deux classes d'industrie au succès l'une de l'autre : elles se heurteraient, si l'on manquait à ,1a règle de favoriser l'essor de l'attraction industrielle préférablement aux vues de bénéfice pécuniaire : c'est le vice où tomberait tout pilote civilisé.

Conformément à cette règle , <Ha devra , dans le choix des fabrique^ de la phalange, veiller à ce que chacune soit avec l'agriculture en double affinité, £n lien de passion cabalistique, ïlt en lien d'intérêt local.

SigmUoosles préjugés contraires à ces deux méthodes:

Les manufactures tant prônées dans le système politique des modernes , qui les met au niveau de l'agricuU ture, ne figurent dans l'état sociétaire qu'à titre d'accès-

inficsTKiii. IL* s. i65

■oires et complémens dn sj^stème agricole, fbncdons sobwdonoées à ses conrenances.

Je ne prétends pas dire qu'elles seront peu considérées dans le nouTel ordre, car tonte phalange sera ma- ' oa&ctnrière, et tout indiridu riche ou pauvre qui aura été élevé dès le bas âge en harmonie , sera coopératcop passionné d'une dizaine de mannfaclnres; mais elles ne tiendront que le second rang en industrie , et seront , mal^^ les chances de bénéfice, abandonnées quand elles ne pourront pas alimenter des intrigues cabalistiques alliées arec l'agriculture du canton.

Celui qui proposerait d'établir dans la phalange d'essai nne filature à colon , commettrait nne faute cKo* quante, car cette phalange que je suppose fondée en France, Allemagne ou Angleterre, ne cuttirerait pas le coton; ses voisins ne le collireraient pas non plus : elle adopterait donc une fabrique déponrrue de lienavecses fmltures et passions locales.

Ce genre de ùbriqne sera très-admissible quand les phalai^es seront fortifiées par nn exercice de quelques snnées, par des liens et rivalités avec les phalanges roicines, par un mécanisme de commerce véridMfœ, etc. Alors il conviendra d'avoir dans toute phalange une fabrique ocrant sur des pmdaits exotiques; ce sera pour elle une voie de liens avec des régions lointaines.

Mais la phalange d'essai , faible en mécanisme par défaut de voisines , et par tant d' antres lacunes d'attraction, II, 63i , ne pourra pa^ admettre les fabriques dépourvues dé* lien avec Tagriculture locale: cesera un enfant an berceau qu'il faudra gouverner difieremment des hommes bits ; elle devra donc se concentrer, quant aux manufactures , dans le cercle de ses productions locales ou vicinales, et ne fidiriquer que des objets liés i ses intrigues agricoles.

Distinguons en deux ofdres les manufactures qu'elle devra adopter, les usaelies et les apàuiatkts.

Je nomme usuelle toute &brique de besoin jounialier.

l66 KOCVEAU MONDE

cooimeceUesdesouTriers répandus partout, meniÙMers, cordonniers , tailleurs . blanchisseuses, etc. Ces sortes de fabriques sont usuelles, indispensables, et non pas spéculatives ; car aucun canton ne peut s'en passer. J'y ajoute celles dont on a besoin dans tout arrondissement vicinal, comme un atelier de sellier, de tonnelier, de cbapetier-repasseur, decoutelier, etc., etc. . Les fabriques spéculatives sont relies dont le produit doit êlre objet de commerce extérieur, et sur le choix desquelles nous aurons à statuer. Posons d'abord sur ce choix des principes généraux au nombre de trois.

Le i." est d'établir l'atlractton en doses proportionnelles pour les trois sexes : chaque fabrique poiura ne pas convenir également à tous trois ; on devra même observer cette graduation, choisir l'une au goût des enfans, l'autre au goAt des femmes, l'autre au goût des hommes, de manière que l'ensemble des fabriqucsspéculativesinénage à chacun des 3 sexes des doses d'attraction propoi^ tionnées.

Le a.' est de réserveranx femmes une moitié d'emploi dans les branches lucratives; on devra éviter de les reléguer comme parmi nous aux fonctions ingrates, aux rôles serviles que leur assigne ta philosophie qui prétend qu'une femme n'est faite que ponr écumer le pot et resarcir les vieilles culottes.

Les femmes en association , reprendront bien vite le rôle que la nature leur assigne , le rôle de rivales et non pas sujettes du sexe masculin. Il faut veiller à ce que cet effet s'opère d'emblée dans la phalange d'essai ; à défaut l'on verrait son mécanisme chanceler sur divers points.

Le 3.' est d'organiserchaque fabrique en série de rivalités, en triple et quadruple mélhode;il &udra donc en- ^ger les ouvriers instituteurs en triple nombre et triple système.

Ces ouvriers étant enrôlés pour édnquer la phalange , former des élèves cabalistiques , il faudra se garder en chaque genre.) d'un maître unique; on devra en avoir 3

INDTISTBIEL. IL' S. 167

oa 4 poar chaque jndastrie, caran sevX pourrait se tron- Ter de manvaise école, ainsi qu'on le voit parmi les. barbiers de Paris dont la plupart ne savent pas raser, n'ont point de principes mrla pose et le maniement du rasoir, encore moins sur les nombreux accessoires de leur art. Aucun d'eux ne sait maintenir la mousse de savon au degré de cbalenr; ils commettent vingt fautes également ridicules, et quand on les leur reproche, quand on leur apprend ce qu'ils ont â faire, ils sont ébahis et disent : on ne nous a jamais parlé de cela.

Il faodra donc, en toute fonction, enrôler autant que cela M pouiTa des ouvriers comuovehsistes sur leuk ABT , des tnahres à prétention , propres k/aire école, à créer des rivalités , des luttes émulatives. On ne pourra pas, dans la phalange d'essai, observer strictement celte règle; rela exigerait trop d'enrûlemens d'ouvriers, caries bons sont très-rares; et comme ils ne savent souvent ni enseigner ni analyser leurs procédés , il faudrait enrôler des théoriciens et des praticiens, ce serait trop de dépense ,on se bornera i approcher du but.

Après cet exposé des principes à suivre en rhoi-x des fabriques spéculatives, je vais désignerune série de celles qui m'ont paru 'préférables pour une phalange d'essai ; j« les indique sauf meilleur avis.

Fabriques sp^cui.a.tives phchaibes.

1 pour hommes et enfans masculins, KfiéNlSTERiE A

2 pour femmes et enfàns féminins, Parfumerie B

3 pour hoDuoes, femmes et enfans, Confiserie C

Spéculatives secondaires pour les 3 sexes. .

4 Fromagene D. S Charcuterie E .6 Consens artificielle F. 7 Greneierie de fleurs G Pivoiale X la lutherie. AmUguëKroiSELLEBiB.

N(^. Je ne désigne ici qae des fabriques permanentes etnon celles de courte durée comme|les. fours à éclosion.

Examinons si ce choix s'accorde avec les attractionscoUeciires * et s'il satis&it k la règje posée plus haut, de

l6S KOUVEAU MONDI

fôir« nattre les 2 liais à&p^ssian et d'intêrâ,aHT^ les tâ-

briqaes et l'agncultare locale.

I A.L'£bÉMSTEEIe: jetravailsar bois plaît aux hommes de tout âge et surtout aux enfans, pour qui le bonheur suprême est de ntanier les petites scies , petites haches , petits rabots ; le tour, le ciseau , etc. ; la boutique du menuiseries charme presque autant que celle ducoofisenr.

Cette fabrique établira lUndepassum entre les 2classes 'du sexe masculio, les pères et les inrans, puis Uen dUiUrêl local, convenance avec les productions du pays; car on emploiera , à la superficie des meubles fabriqués , les bois du pays, eu France, noyer, cerisier, orme, frêne, érable, concurremment avec les bois étrangers ; puis les bois de chêne et autres à l'intérieur des meubles.

La phalange eu s'insiruisant sur les défauts des bois, -parcmploi dans son atelier d'ébénisterie, mettra d'autant plus de soia à ériter ces défauts dans la culture de ses forêls, et la manutention des bois coupés ; ainsi s'établiront les deux lieos de passion et à'iniirâ local arec l'objet manufacturé qu'elle voudra faire briller à double titre, comme produit de sa culture et de ses fabriques.

3 B. La Pa&fi]heri£ plaît aux femmes de tout âge', adultes ou enfans ; elle s'allie fort bien à la culture des champs de fleurs qui est, dans l'ordre sociétaire, une attribution féminine. Cet atelier présentera encore l'arantage d'intéresser les femmes aux travaux champêtres, en les habituant à cultiver en grand , et en plein champ, sous tente mouvante, les fleurs qu'elles ne soignent aujourd'hui qu'en pots, sans ancunevue de rivalité cabalistique ni d'enthousiasme pour leur pays et sa renommée.

La parfumerie et les cultures attenantes s'allient aux goûts do sexe faible, comme le travail sur bois s'allie aux goûts du sexe fort. D'ailleurs lesdeux fabriques pour, ront comporter divers alliages des sexes, chacune offrant des fonctions applicables à l'autre sexe ainsi qu'aux eoians.

3 C. La Confiserie : elle fournit des travaux adaptés aux goûts des 3 sexes et de tous les âges.

'iNBtlSTRTEt. I!.*S, 169

1a gestion des fours et manutention des bassines est un travail de force pn^re aux hommes.

Les femmes s'occuperont à la préparation des fruits et matières, à l'empolage, etc.

Les enfaos y trouveront quantité de menues fonctions, comme encartage, triage, moulage, etc.

Cettefabrique opérant sur lesucre, tes fleurs, les fruits, les végétaux, les parfuma, les liqueurs, a de quoi satisfaire tous les goûls des divers âges et sexes; elle est trèsbien liée à l'industrie locale, employant les produits indigènes combinément avec les exotiques.

D'ailleurs la phalange d'essai aura sur les lieux mêmes, une consomoiatlon assurée de ses produits de confiserie, pour les curieux opulens qui viendront la visiter, y passer 3 ou 4 jours : elle serait bien dnpe de mettre cent mille francs successivement , à l'achat de confiseries dont la fabrication ne lui coûtera que moitié et favorisera beaucoup l'attraction industrielle.

Tel est, sauf erreur, le choix de fehriqnes spéculatives le mieux assorti aux convenances primaires d'une phalange d'essai : elle devra donc engager en ces 3 genres, au moins une douzaine de bons maîtres d'enseignement, 4 pour chacune des 3 branches.

Toutefois ces manufactures qnoiqu'éminemmentcon- TCnables, ne pourraient exciter aucune attraction, si les ateliers de la phalange étaient dégoAtans de saleté comme les nâtres qui par leur exiguïté , ne se prêtent pas aux dispositions d'agrément, au luxeet aux ressorisd' enthousiasme. Le Inxe est t ." but de l'attraction , c'est son i ," besoin; il est donc difficile qu'elle naisse directement dans une industrie d'où le lute est banni. C'est le vice de tons nos ateliers civilisés .

Mais si le sérislère de confiserie est construit pour une masse de 5 à 600 personnes , hommes, femmes et en&ns, avec luxe des habits et instnimens de travail , on pourra, même dans la pièce des fours qui est la plus malpropre, mettre de l'élégance ;une graduation de fours

170 NOUVEAU HONDE

garnis en marbres diffërens , des mnrts souvent repdnts

en gris ou bran , des bordures souvent rafraîchies. Les

autres pièces non enfumées serwit susceptibles de toat

ornement, et l'ensemble du sérisière sera aussi séduisant

que le sont au i.*' de l'an , les chapelles sucrées de nos

confiseurs.

Ces 3 manufactures prinoairessont £iites pour entretenir pendant l'hiver de grandes séries bien inlriguées , et suppléer aux lacunes d'attraclion agricole.

Je passe aux ^briques secondaires quiaont des travaux attenants à l'agricalture , mais pouvant en être séparés et former fonction spéciale.

4> D. La Fromagerie, ^briralion des fromages «t beurres : la phalange d'essai pourrait vendre ses laitages à la ville voisine ; il sera mieux d'en fabriquer des firomages qui auront nécessairement une supériorité par suite des soins qu'elle donnera aux pâturages et à la bonne tenue des bestiaux.

Le travail de la laiterie 'plaît aux femmes', c'est leur apanage ; il plaît de même aux enfâns. Le soin des fromages fournit pour les hommes diverses fonctions.

Cette fabrique se lie bien à l'éducation des troupeaux. Elle est très-propre à exciter des rivalités sur les divers systèmes de nutrition et d'éducation ; ils seront jngés par la saveurdes fromages lires de trois divisions d'un même bétail diversement traitées. Si l'on vendait le lait, on ne pourrait pas savoir quel effet il produit à l'emploi en fromage et en beurre. Plus cet effet sera constaté, mieux les divers groupes se passionneront pour leurs méthodes réciproques. C'est donc une fabrication qui satisfait à la double règle de passion cabalistique et d'intérêt local.

â£. ïa Charcuterie et macérationcsteucoreun travail bien lié an mécanisme agricole, et attrayant même pour les femmes; elles sont assez intelligentes à préparer la cochonnaille. Les hommes exercerontvolontïers le travail de grande salaison, et les enfans ne craignent pasjcelulde triperie. D'ailleurs dans la partie rebutante on s'aidera de la cohorte des 100 salariés adjoints.

r.,.,u-,..\-.GoOg\c

Cette fabrique doit être comptée pirmi lesaltrayantcs: elle se lie cabalisliquemeut avec le soin des pourceaux qui seront très-nombreui dans la phalange , pour consomnier les énormes débns des tables el| cuisines : on en ibrmera plusieurs s^rstèmes d'engrais , et la série des charcutiers opérera sur diverses qualitésdeporcsauxquels des Tariautes en alîmens auront donné des saveurs différentes.

Dans cette indostrie figurera la macération qui donne de beaux produits, tels que le bœuf fumé de Hambourg. Cette série sera fort utile pour habituer peu à peu les enfàns au travail de boucherie, de manière qu'on puisse', an bout de deux ans, se passer de bouchers salariés et hors d'harmonie.

6 F La atfuerce artificielle defmits et légumes, industrie fort étendue, attrayante et très-négligée en France . où on ne sait pas même conserver le haricot vert , comme en Allemagne, le pois vert, le chou en chou-croûte, les prunes à gâteau, tant d'autres légumes et fruits dont les harmoniens garniront toute l'année leurs tables , même celles de classe inférieure ou troisième degré.

La France ne connaît guère que la conserve de fruits à t'eau-de-vie , et de quelques vilenies, comme poires tapées. La phalange d'essai devra réunir toutes les branches de conserve artificielle, et en faire le travail principal de ses premiers essaims , qui seront installés avant l'entrée en demi-exercice : elle emploiera tes procédés d' Appert et autres , pour donner la plus grande extension à cette série qui sera très-précîeuse , tant pour la bonne cbère des curieux payans , que pour celle du peuple qui, dans cette pbalange, mangera des fruits tX légumes précieux , à l'époque oiî les grands des capitales n'en auront pas.

7 G. La grenetaiedejUurs et légumes. L'art de recueillir, préparer, classer et conserver les graines, est à peu près inconnu en civilisation. Le paysan n'a sur ce point ni lumières, ni moyens. Le travail de grcnetier est confié à

-, Goot^le

■ 73 NOCTEAU MOKDE

<indqnea faaUeun mercantiles, aussi trompeuTs qne le»

pépiniéristes.

Ce travail occupera, dans la première pbalange, une série distincte , avec qui diaque série et groupe agricole sera en rdation- C'est nne série embranchée , puisant dans toutes celles d'un ordre, dans toutes les sénés du règne végétal. Son approvistonneinent , destiné pour la vente , sera indépendant des graines que chaque groupe gardera pour son usage spécial.

^ On s'étonnera si je désigne pour manulâctare principale la lutherie ou fabrique d'insinimens à vent et à cordes : on objectera qu'elle satisfait peu aux deux conditions imposées.

C'est une erreur : elle se lie bien avec l'agriculture par emploi des bois, comme l'ébénisterie ; elle s'allie bien aux facultés des femmes et des enfans par la marqueterie, les petits ^ouvrages de luxe en bois, en ivoire, en nacre, etc. Je suppose qu'on n'adopterait que les ornemens en nacre, en bois, et non ceux en cuivre.

Ce qui formera dans ce genre de travail le lien de passion , c'est que chacan , dans la phalange, deviendra musicien au bout de six mois , excepté chez les nations disgraciées d'oreille comme les Français; mais en Italie, en Allemagne , chacun deviendra musicien trois mois après l'organisationsociétaire, chacun s'occupera desinsirumens et prendra un vif intérêt à cette fabrication; elle passionnera les trois sexes , et favorisera le progrès musical , qui'est de haute importance en éducation bannonienne.

Quanta l'intérêt pécuniaire, j'obsen'e que rien ne sera plus précieux au début de l'association que les instrumens de musique. Il sera impossible, pendant trois ans, de s'en approvisionner et de trouver subitement Un million de )eux d'orgues.

Vingt millions de violons et altos.

Six millions de basses et contre-basses, et en proportion tous les autres instrumens d'orchestre et de fanfare.

-, Goot^ie

En consëquence, la £ibrîque de lutherie sera trèsdigoe de choix et très-profitable soos les rapports d'attraction industrielle et bénéfice. Du reste, on poorra la négliger.

K. XÀoiseîUrie, ou éducation de jolis oiseaux grands et petits, est encore un travail qui remplit très-bien les conditions, et dont les produits seront infiniment précieux, car toute phalange aura besoin de volières en divers gen* res. C'est une forte branche d'attraction et un moyen d'habituer les eufans de ta classe riche , i la dextérité dans le soin des colombiers. Getieindu&trie est dédaignée en civilisation, parce que les oiseaux deviennent insipides qoand on les voit dans les boutiques sales et fétides des oiseliers deParis, où l'on entasse pêle-mêle des criards et des chanteurs , tous dans des cages étroites, oii ils sont comprimés et infectés.

Le séristère d'oisellerie sera un vaste colombier â plusieurs chambrées distinguant les espèces ; toutes 7 seront tenues dans le plus grand luxe et commodément , en grand espace, avec ombrages et arbustes enfermés dans lescagesd'^, avec ruisseaux, gazons et tentes. Les incommodes , comme les perroquets , seront assez éloignés pour ne pas troubler les espèces harmonieuses ou paisibles.

L'oisellerie est uiie branche d'industrie qui n'a jamais pu être exercée en grand chez les civilisés : elle sera l'une des curiosités de la phalange d'essai.

Il suffira bien de ces fabriques spéculatives pour ménager à la première phalange un commerce de produits manuiàctnrés, avec les autresqui s'élèveront autourd'elle. Quant aux civilisés , il sera indifférent qu'elle manque de commerce avec eux dans ses débuts, car le régime de négoce véridique ne pourra être établi qu'entre phalanges, et tout commerce avec des êtres faux comme les civilisés , ne pourrait exciter dans aucun cas des intrigues Ëivorables à l'attraction industrielle.

Quelques fondateurs opineront à choisir des fabriques

174 NOtlVKAU HOHDE

plus disUnguées que D E , comme seraient la broderie et fa passemeoterte , propres à passionner le sexe féminin ; mais ce sont deux travaux fort ingrats quant au bénéfice; d'ailleurs, ÎU ne peuvent comporter qu'un des deux liens exigés ; celui d'affinité en passion ; mais non pas celui d'al&nîlé avec le produit local.

Ces deux fabriques n'alimenteraient donc pas des intrigues de riralité dans les exploitations de règne animal et végétal; tandis que la fromagerie t;t la charcuterie, fabriques non élégantes, et pourtant adaptées au goût des femmes , se lient aux travaux de règne animal et règne végétal , par rivalités sur les systèmes de nutrition , Jes qualités des laitages et viandes.

La broderie et la passementerie présentent l'avantage de convenir pour l'hiver aux deux classes riche et moyenne ; maïs cette convenance ne repose que sur l'absence d'intrigues, dont ces deux classes sont fort dénuées dans leur domestique. Ce vide spirituel n'aura plus lieii en association. Du reste , on peut admettre ces deux fabriques et d'autres qu'il serait trop long d'examiner.

Jcne prétends pasquelesneuf, cotées ABC, DEFGr, ^ , K, soient exclusivement ciHivenables pour la phalange d'essai. Je répète que le choix des fabriques spéculatives propres à intriguer une série de groupes , devra ' se proportionner aux moyeus locaux que je ne peux pas prévoir : j'ai voulu seulement enseigner l'application de la règle qui doit servir de boussole en pareil choix , c'est d'établir le double lien d'intrigue cabalistique et d'intérêt local entre les sociétaires et leurs cultures.

CHAP. XVI. Distinction entre les séries faussées ti les

hongrées.

Nous passons des fabriques spéculatives aux ^briques usuelles, qui peuvent fournir une douzaine de séries en fonctions obligées, comme buanderie, travail sur bois, sur cuir.

■,Gaoglc

' Os séries , qoe je vais indiquer, seront la plupart défectueuses, peu compatibles avec deux des trois règles' posées au chap Vl, la compacité é^ échelle et texercice parcellaire. C'est un vire inéritable pendant quinze à vingt années d'initiative sociétaire.

Les fonctions non compactes en échelle pourront s'élever à une cinquantaine de genres et une douzaine de' séries dans la phalange d'essai ; elle ne voudra pas £tre dupe des ouvriers de la ville, ni tes appeler chaque fois qu'il y aafa un clou À poser ; ce serait s'encombrer mal à propos de civilisés. Pour s'en garantir, elle aura engagé des instructeurs en tous genres de travaux domestiques , fournissant quatre à cinq caihégories, comme travail sur bois , sur cuir, sur métaux , sur étoffes , etc. On pourra composer, de ces divers genres, les séries suivantes.

A £n bois : charpentiers , menuiaers.

B Idem : tonneliers, vanniers.

C En cuir : cordonniers , gantiers , culottiers.

SEn mixte: selliers, bourreliers, layetïers.

£ En fer : serruriers, éperonniers, maréchaux.

F En mixte : carossiers, charrons, taillandiers.

GEnomemens : modistes, brodeuses, passementières.

H En étoffes : tailleurs, tailleuses, ravaudeuses, repriseuses, corsetières. A

J En métaux : chaudronniers, poéliers, ferblantiers, lampistes, fondeurs, pompiers.

li En mixte : couteliers, tabletiers, arquebusiers.

M Idem : horlogers, joailliers, orfèvres.

fi En toile, lingères, tisseuses.

Il reste divers emplois qu'on pourrait difficilement classer eu série, vu le peu de lien qu'ils ont entre eux , tels sont :

I Chapelier, 5 Perruquier, 9 Imprimeur.

3 Tapisser , 6 Dégraisseur, 10 Parasolier.

3 Plnmassier, 7 Carionnier, 11 Emballeur.

4 Paillisic, S Pelletier, iz Vitrier, i3 Opticien. Une phalange de grande échelle aura besoin de tous

res emplois. Il serait fâcheux à elle de recourir aux OQ' vriers de la ville pour imprimer son bullelio de la bourse et autres minuties ; pour raccommoder pendule, montre, tabatière , cuiller, couteau, cliapeau: les instructeurs enrôlés aux deuxième et troisième essaim auroutdii former des élèves en ces divers genres. Sans adopter les fabriques de tissage , il en faudra quelquepeUfUnseulgroupc, a&n d'èreiller ce goût, lefaîre ëclore chez certains en&ns, à qui il est naturel.

Mais la génération élevée, dans Tétat cirîlisé, ne se passionnera que lentement pour les fabriques usuelles , qui , par f£tte raison ne pourront pas, dans les premières années, fournir des séries régulières en chaque espèce iodiquée plus haut, sous les ■:hi£Fre8 1 à i3, et même dans les genres cotés de A jusqu'àP^.PIusieursdes douze séries AN manqueront de compacité entre leurs groupes, et seront mal intriguées; (chap. VI.) Ceseront des séries hongrées, iosuflisanles en ressorts d'harmonie, en équilibre de passions. Il sera force, pendant la première génération, de se contenter de ces séries défectueuses, dîtes Iwngrées ou non compactes.

Les fonctions 1 à i3 ne formeront guère quedes groupes détachés : elles n'ont pas de lien entre elles ; mais chacune , au bout de 3o ans , Aaumira une série , parce que les enfans élevés dans l'état sociétaire 7 prennent parti pour un très-grand nombre de tnéliers , sau/ejrerdce parcellaire; de sorte que, pour une fonction peu étendue comme celle d'emballeur ou parasolîer, la phalange aura aisément une trentaine de sectaires, formant série.

L'emploi des séries hongrées et mal échelonées , est une faute où tomberont fréquemment des fondateurs non exercés ; il importe de les prévenir sur ce sujet , déjà effleuré au chap. VII, sous le titre de séries faussées.

Il y a peu de difiiérence entre les hongrées et les faussées. J'appelle faussée celle qui est mal assortie, mal graduée, mais corrigible, comme on l'a vu au chap. Vil. La série hongrée pèche par le même d^ut de gradua-

INDTTSTB.IEX.. IL* S- If^

tion ineiacie , maïs sans possibilité d'y remédier, parrc qu elle se compose de fonctions dont on ne peut pas se passer, quoiqu elles ne soient pas assez vicinales pour qu'on en puisse former une série d'échelle compacte , bien nuancée. J'ai donné au chap. VII un exemple de série faussée : )'en ajoute un de série hongrée très-' méthodique^

TBA.TAIL SCR HÉTAI^X COMMUKS.

Transition, asc : ^ Lampistes- Ferblantiers.

ÂiJe descend.* Chaudronniers.

Arquebusiers.

Serruriers.

„ Maréchaux, éperonniers.

Lentre rr -n j-

taillandiers.

Charrons.

Carossiers.

Aile descend." Pompiers.

Coffretiersi Transition desc : = Couteliers.

Ici les fonctions sont biea graduées, mais éloignées entre elles, formant échelle d'espèces et non devariéiés. Ce vice est le caractère des séries hongrées : elles manquent de compacité, leur échelle est d'ordre lâche quoique régulier, et par cette raison leurs groupes ne sont pas susceptibles de riralliés vicinales et discords graduésentre groupes contigus. Ce sont des séries rabaissées en échelle , car la leur se forme d'espèces ; une -bonne échelle n'est formée que de varictés très-voisines , discordantes et jalouses; et comme ici les douze groupes ont des fonctions trop distinctes pour créer les discords, c'est ane série hongrée , privée du jeu de la rabalîste ou passion des intrigues rivales.

On sera forcé, pendant la i." génération, de former dans toutes les fonctions de fabri(]ues usuelles et m&ne dans d'autres industries , ces-Séries délcctueuses, cuma-

178 KOCTEAU MOHDK

latÎTcs d' espèces éloignées : au reste , daos son .débnt , le mécanisme sociétaire ne pourra être en son ensemble qu'une harmonie hongréc, puisqu'il sera privé des relations d'amour libre qu'on ne pourra établir qu'à la 2.' ou 3.' génération, et des relations de famille haroionîséc qui ne pourront naître que dans les 4-* et 5.* générations sociétaires. ( Voyez 5.' section ce qui touche aux harmonies de (îunille et d'hcrilage. }

Heureusement les Séries agricoles . dans la phalange d'essai, ne seront passujetics à ce défaut decompaciléqui paralyserait tout ; on pourra les former eo échelle devariélés bien nuancées, donnant plein essor aux 3 passions mécanisantes.

Les principes que je viens d'établir sur le choix et la direction des fabriques tant tisuelles que spéculatives, sont fort opposés à ceux de la science dite économie politique, aux yeux de qui toute industrie est utile pour- Tu qu elle crée des légions d'alTamés, qui se vendent à bas prix aux conquérans et aux chefs d'atelier, La concurrence outrée réduit toujours cette populace au plus minime , salaire en cas d'activité et à l'indigence en cas de stagnation.

L'ordre sociétaire n'envisage dans les manufactures , que le complément de l'agriculture, le moyen de faire diversion aux calmes passionnels qui éclateraient pendant la longue fériation d'hiver et les pluies équatoriales. Aussi toutes les phalanges du globe auront-elles des fabriques , mais elles s'elTorceroot de porter les produits manufacturés à la plus haute perfection, afin que la longue durée decesobjcts réduise à peu de temps le travail de fabrication.

Posons sur ce sujet un principe méconnu de tous les économistes, principe qui se lie au chap. VllI, sur les sortes et doses d'attraction.

Dieu n'a distribué pourle travail manufacturierqu'une dose d'attraction correspondante au quart du tems que l'homme sociétaire peut donner au travail. Les trois 3u->

INDV8TBIEL. lï.' S. lyg

tresquarudoirentétre employés ^nserrice des animanx, des régéraux, dés cuisines, désarmées industrielles, en*fiii de tout travail autre que celui des manufactures, dans lequel je ne comprends pas les cuisines de consommation journalière, car elles sontserricedomestique.

Si l'on voulait, dans une phalange , outrepasser la dose d'attraction manufacturière, pousser ce genre de travail au delùduquart dutempsapplîrableàrindustrîct enfin donner aux fabriques moilié du temps disponible en travail non domestique, on verrait avorter l'attraction manufacturière et parsuite l'attraction agricole; car les séries d'agriculture perdraient un tiers de leur temps d'cxcrcirc , et par suite un tiers de leurs sociétaires : on verrait diminuer en même rapport leur compacité et leur activité.

Ainsi tout le mécanisme d'attraction industrielle serait bouleversé si l'on procédait comme les civilisés .confusément et sans maintenir la proportion des doses d'industrie avec les doses d'attractions spéciales que distribue la nature.

£n outre cette proportion serait faussée en toutes branches de manufactures, si l'on fabriquait comme auîourd'hui des qualités inférieures, et ruineuses pour le corps social ; car des étofTes et teintures défectueuses réduisant la durée d'un vêtement â demi, tiers ou quart de ce qu'elle doit être , obligeraient à augmenter d'autant la masse de fabrication, et restreindre en même rapport la somme de temps et de bras que donnerait k l'agriculture une population limitée â tel nombre fixe.

Des sophistes répondront que ce serait un moyen d'augmenter la population ; c'est précisément Icvicequ'on voudra éviteren harmonie : du moment où le globe sera parvenu à son grand complet d'environ cinq milliards, on ne s'occupera qu'à assurer le bonheur de ses bahitans et non pas à en accroître le nombre. Or ce bonheur déclinerait si l'on faussait les équilibres d'atiractiou , en prenant da temps aux cultures pour en donner anx fà-

|80 KOtTlA€ MONDE,

briques pins qae ne leur en assigne la nature; elle Teat réduire lestravaux de fabrication à la plus courte dui^ possible, en organisant les intrigues des séries de mknicreà élerer tout produit à la perfection.

G'estd'aprèa ce principe que les manufactures, au lieu d'être comme aujourd'hui concentrées dans des villes où samoncelleot des fourmilières de misérables, seront disséminées dans toutes les campagnes et phalanges du globe , afin que l'homme en se livrant au travail de fabrique,ne dévie jamais des voies de l'attraction qui tend i employer les fabriques eu accessoire et variante de l'a- ^cuttare, et non pas en fonction principale, ni pour un canton ni pour aucun de ses individus.

£n terminant ces notions élémentaires sur la formation des séries, rattachons toutes tes règles à un précepte géoéral , qui est d'assurer aux 3 passions mécanisantes un plein essor en toutes fonctions. Or dans l'hypothèse d'accroissement de l'industrie manufacturière aux depuis de l'industrie agricole qui est la plus attrayante, on n'arriverait qu'à un résultat absurde, au ralentissement de ces 3 passions dont l'activité est gagedel'altracction indostrielle et de tous les biens qu'on en doit re^ eneillir.

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