COMPLÉMEIST DE LA I." PARTIE
Dupme des détracieurs; Secte Owen.
Déjà l'on peut s'apercevoir que ma théorie sociétaire ne donne point dans 1 arbitraire des faiseurs de syslcmes ; elle se fonde sur un.prorédé spécial, puise dans l> nilure , conforme au vœu des passions et aux théorèmes degéimiétrie;car le mécanisme des Séries passionnéesest géométrique en tout sens; on en verra la preuve aux cbapttres qui traitent de la répartition, section V, et de Tanalogie , S. VU.
Nous pouvons maintenant examiner les inconséqucn-
IKDOSTRIIL. H.* S. l6l
ces commises à cet égard par le 19/ uède qui , car l'affaire d'où dépend le changement de sort du genre humain, surVinveation du procédé sociétaire, se confiai des hâbleurs fardés de philantropie , et ne leur impoce aucune règle à suivre en théorie ni en pratique. (12)
On Toit qui) 7 avait nn procédé à invcnler, c'est la Série passionnée , découverte qui exigeait de profondes recherches sur les dispositions et les emplois de ce ressort tout à fait étranger au mécanisme civilisé.
.IV>ur peu qu'on eût voulu opérer méthodiquement, on aurait csigé des prélendans. comme M.' Kob Owen ou auire, une inventiou et non pas des statuts ni de» bizarreries telles que la communauté des biens, l'absence de culte divin , Tabolilion brusque du mariage : ce sont là des lubies de casse^ou politique et non des moTena neufs; c'est pourtant à ces billevesées que le 19.* siècle a donné sa confiance depuis vingt ans.
Observons que dès son début Rob Owen opéra tout à contre-sens de t'associalion : ignorant que l'agriculture doit être la base du mécanisme sociétaire, il rassemblaià New Lanark aooo tisserands n'ayant pas nn arpent de terre à cultiver. £n commettant cette lourde faute, il se vaniail de convertir les nations à sa mélliode,et se&iiait présenter aux souverains comme régcnérafear présomptif du monde social. Sa science nëlail autre que celle des sophistes, hasarder tout, jouer en casse-cou sur les innovations; audaces fortunaJM'at; el surtout faire sonner bien haut sa philanlropîe ; ce masque iàil toujours des dupes.
Comment notre sîède , après tant d'ezpërientes , apris avoir vu depuis quarante ans tous les ambitieux affublés de ce titre, peut-il se laisser prendre encore i la fausse monnaie pbîlantropique? Un vrai philantropq aurait dit: «Il faut tenter des essais d'association; maison d(»t » en même-temps s'exercer à la rccberclie de la méthode » naturelle, et mettre au concours celte découverte, i*
Une marche à loyale ne sera jamais adoptée par des
IsS KOUVEATJ MONXtE
hommes qui veulent jouer nn rôle sans moyens réels : M.' Owen a préféré se donner pour inrenleur, il a bâti ■ un système qui est la contre-partie de celui de G.* Penn fondateur des Quakers. J'en donnerai ailleurs le parallèle: remarquons seulement dans la méthode Owen, une ntarche de casse-cou politique , décidé à tout hasarder, à essayer des inonstniosités sans en prévoir les résultats.
Far exemple : sur la liberté d'amours, il ignore quels seraient les effets de l'orgie amoureuse corporative, qu> ne manquerait pas de s'établir quand la nouvelle sècle aurait acquis de la consistance : il paraît aussi peu instruit sur le mécanisme des amours libres que sur les effets dVne absence de culte divin. Avant d'admettre seulement nue demi liberté en amour , il faut introduire des contre-poids que les harmoniens mêmes ne pourront créer qu'au bout de quinze ou vingt ans d'exerrice.
Au reste les changemens que pourra subir le régime des amours , n'auront lieu qu'après avoir été demandés par le gouvernement, te sacerdoce, les pères el les maris ; lorsque ces 4 classes de commun accord , voteront une ' innovation , l'on pourra être sûr qu'elle est utile el non pas dangereuse.
Sans doute le système conjugal engendre une foute de vices ; j'en ai décrit bon nombre â l'intermède II , 363 à 426 ; tous ces désordres ne sont pas un motif de supprimerle mariage, mais de le ramènera une échelle méthodique, établir dans les mariages une série régulièrecomprenantsept degrés, plus l'ambigu et le pivotai.
Et pour ne parler que des i." et 2.' degrés, n'est-il pas évident qu'un mariage stérile est un lien moins fort que celui qui donne un enfant?Voilà une distinction des i." et 2.* degrés; il reste àélablircelledes 7aulres. Je renvoie ce détail , en faisant observer que lors même qu'on connaîtrait les neuf degrés à établir en mariage , il faudrait encore connaître et organiser l'état de choses qui fournira dtà contre-poids et garanties contre l'abus des libci^ tés, abus que n'a pas prévu le sophiste Owen ; il veut
INDUSTRIEL. II.* S. l83
émanciper toot-i-coap, lâcher la bride aux amours, comme si l'on était à l'île d'Olahili. au pays d'Hamil, à Lancerotc, à Java, en Laponie et autres lieux où. les coutumes et les prcjagés ont établi des contre-poids.
Négligeons ce débat puisque ce ne sera qu'après trente ans d'harmonie qu'on commencera à s'en occuper ; mais pendant la i." génération sociétaire, il sera nécessaire de laisser les amours (voyez chap. XVI) dans l'élatld'hypocrisie et de tromperie universelle qui caractérise la civilisation : l'amour et la paternité sont |Ies dernières passions qu'on pourra amerierau régime véridique ; difficulté très-igtioree de ceux qui veulent, commeM. Owcn, faire sur la liberté des passions un essai aussi téméraire que celui des philosophes de 1791 sur le brusque affranchissement des nègres.
Cesl Taflluence de ces sophistes qui prévient contre les véritables inventeurs , et engouffre noire siècle dans la détrattîon : elle est plus que jamais le travers dominant. Au reste elle est vice endémique du caractère civilisé ; les déconverles les plus précieuses ont été proscrites à leur apparition : le café et la pomme de terre ont •ilé )udiciairemenl interdits et mis au rang des poisons; Fullon inventeurdu bateau à vapeur,etLebon inventeur de l'éclairage au gaz ne purent se faire écouter de pei^ sonne dans Paris,
D'après CCS bévues récentes des Zoïlcs , on peut juger de la confiance que méritent leurs jugements; ils se disent partisans des lumières, ennemis de l'obscuraniitme; ils accusent tel ministre d'être un nouvel Omar, telle société d'être une réunion d'éleignoirs , eh ! que sont-ils eux-mêmes quand ils impriment, gu'H ne peut point exister de découverte en calcul daitraction; et quand ils excitent à ne pas lire le livre qui en apporte la théorie complète , dont Newton n"a donné qu'un lambeau?
Ainsi le ig.' siècle ce montre en digne héritier du i5.' cl de la génération qui persécuta les Cofonib et les Galilée ;alon c'était la superstition qui proscrivait lessciences
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neuves ; aujourd'hui elles sont proscrites par ceux qni aa disent ennemis de la superstition. Voilà le secret de leur zèle simulé pour le progrès des lumières; voilà leur vol sublime : ils n'attaquent la superstition que pour prendre ^ place, opprimer autant et plus qu'elle.
Etrange inconséquence! On porte aux nues l'homme qui a pris Tinïtiative en calcul d'attraction ; Newton qui eu a trailé savamment la branche inutile et de pure curiosité; car que nous sert de savoir le poids de chaque planète? il restait, en attraction, à explorer les deux branches importantes:
L'uiiLE ou théorie de l'allractlon passionnée. . L'agréable ou théorie de l'acalogie et des causes. Celui qui apporte ces deux sciences est une bête brute au dire des Zoïles qui pourtant exaltent Newton, pouravoïr trailé de la branche iMjtile, celle des eiFeis matériels eu attraction où il' ne peut expliquer aucune cause ; si on demande aux newtoniens pourquoi Dieu a donné 7 satellites à Saturne et 4 à Jupiter qui est double en grosseur, pourquoi un anneau à Satunie et point à Jupiter, ils ne pourront donner aucune réponse.
Leur science n'en est pas moins belle pnrsa justesse mathématique; mais elle n'est qu'un germe borné à l'ex. plicalion des effets et non des causes; et au moment où la théorie des causes est dévoilée, il faut, ou {léirir Newton puisqu'il a commencé l'étude de l'attraction, ou protéger son continuateur bien plus digne ,d'appui, en ce qu'il a traité les deux branches de l'utile et del'agréable, dont l'une conduit au bonheur social bien autrement précieux que la science.
Ajoutons que le calcul de l'analogie, quoique branche d'agrément , a bien son côté utile, car c'est à cette nouvelle science qu'on devra la découverte de tous les antidotes naturels, la plupart inconnus, tels que ceux contre la goutte, l'hydrophobie, l'épilepsie, et autres maladies qui sont encore Técueil de l'art. C'est un appât pour noire siècle et surtout pour la France, à faire trêve de mal-
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vctllance contre les inreoteurs et accorder i la plus précieuse des découvertes, sinon une protection positive, ao moins un accueil dubitatif, moliré sur des considéralîoiit que goûteratouthomoieimpartial; en voici l'abrégé.
* C'est la première fois qu'on nous présente une théo- » rie régulière sur le problème de l'association, réputé a insoluble, et sur le mécanisme d'harmonie des pas- " sions, considéré jusqu'ici comme une énigme itnpé- » nétrable : si cette théorie est praticable, elle nous don- » nera les biens que tous les siècles ont vainement rêvés, » la cessation de la mendicité prévenue par concession » d'un nwwnumà la classe pauvre, l'abolition convenue » de l'esclavage et de la traite, le règne de la vérité et de » la justice, fondé sur les bénéfices dont elles dcvicn- » draient la voie dans le nouvel ordre ; il est donc pru- " dent d'ciamtner cette théorie,, en indiquer les côtés » dcfeclucui, inviter de plus habiles à la rectifier s'ils » LE PEUVEKT, et à défaut de ce, en faire l'essai bien » eicmpt de risque, puisqu'elle ne roule que sur des tra- » vaux agricoles et domestiques évidemment lucratifs , » par le régime de combinaison et d'économie qu'elle 7 M introduit. »
Sur ce, les beaux esprits répliquent : « On pourrait M prêter l'oreille , si l'auteur savait se revêtir des formes » usitées et rendre hommage à l'auguste philosophie » moderne. » £h ! c'est la ruse de tous les sophistes: un inventeur serait bien suspect s'il adoptait celle manière hypocrite ; on serait fondé k penser qu il n'est comme tant d'autres, qu'un charlaun de plus, cherchant à se mettre en scèncper/as et ne/as : tous ces contrebandiers scientifiques savent prendre le ton académique, passeport des erreurs et des jongleries. Ici il s'agit d'éveiller les beaux esprits sur leurs illusions et lenr duperie; de prouver qu'ils sont les premières victimes de leur crédulité pour les faiseurs de systèmes.
Depuis vingt ans qu'on parle d'association, s'ils avaient pris des mesures pour atteindre au but, à la vraie asso^
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ciation, 8*îls n'avaient pas donné une folle confiance aa sophiste Owen, ils auraient obtenu la vraie théorie; un essai aurait décidé la métamorphose; le chaos civilisé barbare et sauvage aurait déjà disparu , les savans et ai^ listes vivraient tous dans la liante opulence, et neseraicnt pas réduits i déclamer contre la censure et l'obscurantisme ( qu'ils exercent eui-mêmes à l'égard des inventeurs ) : ils jouiraient de la pleine Jiberic, de la fortune et des dignités, sans être sous la férule d'aucun Omar.
Pour tes désabuser de cette duperie, de cette manie de choisir le rôle servîle et la pauvreté, faut-il que je me traineàleurs pieds? ils me croiraient d'autant moinsqne je les flagornerais plus. On a vu récemment, à l'époque où les systèmes universels étaient à la modciun sophiste éloquent prodiguer l'encens aux savans, les louanger tous nominativement , et ne pas réussir à accréditer près d'eux son système universel , (dans lequel il avait oublié seulement l'analyse de l'homme ou des passîonsct attractions, celle des 3 mécanismes, civilisé, barbare et sauvage, de leurs caractères permancns, successifs et engrenés; celle des turpitudes civilisées, telles que le commerce mensonger ou concurrence inverse et circulation inverse; il avait oublié aussi ta théorie des destinées futures et passces , la théorie descaases en mouvement, etc. , etc. , etc.)
Les savans lui ont reproché à juste titre de ne riea dire de neuf, de répéter en d'autres termes ce que cent autres avoient dit avant lui. Je me rangerais dans la catégorie de ces beaux esprits faiseurs de ,sTslèmes, si je m'affublais de leurs formes académiques dont souvent l'on tire bien peu de fruit. L'auteur cité n'en a recueilli que le compliment assez banal desavoir se faire lire en flattant les puissances académiques.
Le ton d'adulation n'est guères familier aux inventeurs; au lieu delà souplesse oratoire, ils ont lecaraclère de droilnreet de fermeté qu'Horaceadmire dans l'homme juste; non civiiim ardor pnwa jubentium menleifuaitl soU~ dâ. Mon sujet ne comporte pas le ton adulateur; il s'agit
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de remontrer les hommes surleur refus de foi en la pro- TÎdence', lenr manque d'espérance et d'artmtc à rechercher le code divin , leur défaut de charité , leur insouciance sur une invention qui doit mettre subitement un terme à l'esclaTage, i l'indigence et aux misères de l'huinanité.
Ici le seul ton convenable est celui de la chaire ; on n'exige pas que les Bossuet, les Bourdaloue encensent un ûècle pervers ; on les approuve quand ils tonnent contre les fausses doctrines qui nous égarent ; et si je n'ai pas leur éloquence, je n'en dois pas moins adopter leur manière , dédaigner la souplesse hanate des charlatans scienliBqnes, et m'en tenirau ton de franchise et de rondeur qui est le seul convenable à un inventeur élayé de preuves mathématiques et irrécusables.
Un écueil où le monde savant ne manquera pas de tomber, c'est la jalouse ; on voit avec dépit qu'un intrus enlève la plus belle proie; et le premier mouvement de chacun est denier, d'élouffer ta découverte qu'il ne peut pas s'approprier, de foudroyer le profane inventeurquî, en dépit du monopole de génie , veut s'introduire dans les rangs des privilégiés , méconnaître la loi :
« KdI n'aura de l'esprit qae nons et nos amis. » Je sais que s'il s'agissait d'invention médiocre, il serait imprudent de violer cette loi : un poèlc moderne, VioUei le Due^ a fort bien dit : « S'il vous vient quelque idée neuve ,
a Sachez la présenter arec méaagemenl,
■ Comme Uor'propre idée arrangée autrement. »
de sorte que pour passe-port de sa découverte , l'auteur doit dire aux monopoleurs de génie : " C'est à vos vastes » lumières que je la dois, c'est dans vos doctes écrits que » )tn ai puisé les élémcns ; vous aviez créé tous les ma- * tériaux de cette nouvelle science ; je les ai mis en œu- " vre selon vos sages méthodes; je ne dis qu'acquitter > ma dette en vous dédiant une invention qui est b v6-
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» tre bien pins que la mienne ; elle n'est quVn fleuron >■ délaclié de rotre couronne, et que je dois j replacer. »
A ces mots le monde philosophique dirait : « voilà un ouvrage écrit avec sagesse, impartialité, l'auteur sait se faire lire, son Ion est décent , son style est fleuri, suave , marchand : JSra metet Sosits , — dignus intrare in nostro docio corpore.
Si je me présentais ainsi l'encensoir à U main , ce serait tromper le monde savant ; il vaut mieux , pour son întéTét , lui dire franchement quels seront dans cette affaire ses bénéfices et les miens, assigner à chacun son lot.
Le leur sera immense; aux bénéfices pécuniaires indiqués 55, ils pourront joindre une moisson de gloire non moins immense. Je leur livre des mines vierges; ma théorie leur ouvre l'entrée du nouveau monde scientifique, l'accès à vingt sciences que je ne peux pas traiter moi seul, pas même en partie; je me réserve seulement relie de l'attraction passionnée sur laquelle il restera beaucoup à dire après mot; quant aux autres sciences, j'en livre la clé : celle de l'analogie exigera plus de 200,000 articles fort étendus , j'en pourrai à peine donner 200, parce que je ne suis pas versé dans les trois branches de l'histoire naturelle : il m'eût fallu y employer trois ans d'étude exclusive ; je ne l'ai pas pu et ne le pourrai pas.
Les savans ont donc à se louer, dans celte affaire, de ce que la 'proie échoit a un homme qui ne peut pas la dévorer, -et qui est obligé de leur en laisser la majeure partie, en se réservant seulement l'honneur d'invention. Le sort les a bien servis en me livrant la mîne scientifique : un homme plus instruit que moi, aurait pu tout accaparer pour lui seul.
Après cette franche explication, il reste à les prémunir contre leur penchant à la détraction et la jalousie, dont ils seraient dupes dans celle conjoncture : je vais faire parler des hommes plus en crédit que moi, qui leur reprochent d'être aveuglés par l'orgueil et la peii-
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tesse. Condillac leur dit : " des sciences neuves qui se- > raient traitées avec une grande netteté, une grande » prérIsion,ne seraient pas à la portée de toutlemonde; » ceax qui n'auraient rien lu les entendraient mieuzque » ceux qui ont lait de grandes études, et surtout que » ceux qui ont beaucoup écrit. »
Voilà pour l'orgueil et la jalousie qui les aveuglent au point de prétendre que le science de l'attraction passionnée trailie avec une gnmâe netteté , une grande précision , n'est pas intelligible. J'ai vu des demoiselles de i5 ans comprendre à merveillele mécanismedes Séries passion^ nées, expliqué par les 3 causes et les 3 effets , selon les chap. YelVI; et des savans exercés prétendront que cela est obscur ; c'est qu'ils ne veulent pas comprendre. Si )' étais mort et qu'on pAt exercer le plagiat sans obstacle, ils sauraient trop bien comprendre et travestir ma théorie, essayer de se l'approprier EN pahtie, car per* sonne ne pourra tenter de la piller en totalité. Méprise de possession est trop bien constatée par les insultes des contemporains , déclarant quH ne peut pas exister de déeouverte en théorie d'attraction : pourquoi n'ont-ils pas opposéàNevrlon, celte savante décision ?qne ne faisaientils excommunier Newton comme on excommunia Chr. Colomb , que la cour de Rome se bâta d'absoudre quan j elle fat mieux avisée; ainsi feront les antagonistes de la théorie sociétaire, ils ne tarderont guôres à démenlirleurs actes de vandalisme.
Condillac cité plus haut a signalé l'orgueil qui les irrite contre les sciences neuves; un autre va signaler leur pclilessc; je transcris ses expressions, sur l'outrage fait à un homme célèbre par les Zoïtes de son temps.
* Bacon dont le génie prophétique se fit contempo- » rain du i8-' siècle. Bacon qui avait ouvert dans ses » écrits un trésor inépuisable de vériics, eut le tort de ■ prendre un vol trop élevé ; et de planera une si grande • hauteursurles hommes et les idées de son temps, qu'il » n'exei^ sur eux aucun iniluence. » Joityr,
:. Goot^le
igO NOUVEAU HOTiSE
Même chose a lieu aujourd'hui ; ma doctrine, comme celle de Bacon, n'est point trop élevée, mais notre siècle est, comme celai de Bacon, trop pelît pour y atteindre, sauf quelques personnages d'exception qu'il s'agira de rencontrer ; paua sed boni. Je ne recherche que ces hommes qui, tels que Bacon et Condillac donnent à leur siècle le sage conseil de rtfaire VeTUendement humaine tf oublier tout ce qu'on a (^pris des sciences philosophiques plus ohscuranles encore qu'au temps où Jésus-Christ leur reprochait leur obscurantisme en disant: « malheur
• à vous scribes et pharisiens qui vous êtes saisis de ta » clé de ta science , et qui n'y étant point entrés vous- » mêmes, l'avez encore fermée à ceux qui voulaient y j. entrer.» ( St.-Luc, chap. XI.)
Les scribes de nos jours sont encore ce qu'ils étaient au temps de J.-C. Newton leur a donné la clé de la science, en attraction; ils l'ont saisie, et n'ayant pas su y entrer, s'avancer plus loin que Newton, cLudier les branches que ce géomètre n'avait pas trailées, ils veulent aujourd'hui en dérober la connaissance , et difîamer l'inventeurquî a apporté au monde la suite du calcul Newtonien , la théorie de t'atlraciion passionnée et de l'unité sociétaire; science à défaut du laquelle toutes les autres île sont qu'un opprobre pour la raison ; câr que nous servent ces trophées scicnliBques tant que la mullïiude privée du nécessaire est au-dessous du sort des animaux sauvages, qui vivent heureux dans ta liherlé et l'insouciance.
» On convient de cela, disent les critiques, mais il eût » fallu dans votre théorie ménager les sciences révéï'écs,
• comme la tendre morale, douce et pure amie du com- » merce. » Eh ! c'est par son alliance avec le commerce et le mensonge qu'elle est devenue méprisable; elle a apostasie à ses derniers momens;elle était excusable dan» ses erreurs, quand elle prêchait le mépris des richesses, en se fondant sur ce qu'il est presque impossible de le» gagner en civilisation par la voie de la justice ; elle a pcr-
du SCS drotls À l'estinie en iransîgeant «rec l'esprit mercantile : si elle l'eût attaqué par aae recherche do régiiDe Téridiqae , elle se serait ouvert une belle issue de ctTÎiûation, une brillante carrière de progrès social; elle a cédé lâchement aurîceheurcux,elle a embrassé lecul le do veau ^or^ ciHiuneut peut-elle prétendre à la considén(i(m?
J'aTone qae tant qu'on a ignoré la théorie de l'attracclion ou déYeloppement harmonique des passions, on a dû s'en tenir à la méthode répressive dite morale; mais elle devient des ce moment Inutile, et on ne lui doit pas de capitulation honorable, parce qu'elle a repousse la lumière . la théorie sociciatre qui seule peut garantir une récompense à la vertu, et parce qu'elle a de tout temps manqué à ses devoirs, tels que l'analyse .franche de la civilisation d de ses caraclèrcs(seclion 6.'), et la recherche du mode commercial véridlquclLtle n'a spéculé que sur la vente de systèmes que chaque année voit éclore au nomhre d'une quarantaine, pour le bien du commerce de morale.
2Vbus n'av<ms eu celle année tfue 17 traités de morale, disait un journal de i8o3 , qui s'appiloyait sur la modicité de cette récolle. Il ne parlait que de la France : en y ajoutant les autres clals qui font le commerce de morale ou la fabrique de morale, très-actîve en Angleterre, Allemagne, Italie, les traités doivent s'élever au moins à nnequarantaineparan, même dans les temps dediscUe: et comme tous ces traités sont contradictoires, chacun renversant celui de ta veille, il faut changer de conduite et de mœurs au moins quarante fois par an pour être docile auK leçons de la morale douce et pure; il faut avoir en outre beaucoup d'argent pour acheter ses innombrables controverses, beaucoup de temps et de patience pour tes lire, et beaucoup d'intelligence pourles comprendre, car leurs auteurs ne se comprennent pas eux-mêmes. Tï ons expliqueront-ils commenton peut èlreàlafoisamidn > et ennemi des richesses perfides! ce sont là
d«ax Jograes de morale , aussi judicieux, aussi homogènes que tous les autres. £n est-il un qui ne soit regardé en pillé par ses auteurs mêmes? Sénùque tout en nous prêchant de renoncer aux richesses, dès aujourd'hui, sans attendre à demain, et d'embrasser sans délai la philosophie, accumulait une fortune de cent millions de .francs. Ainsi la morale n'a jamais été qu'une jonglerie oratoire et un masque d'ambition. Tout hypocrite qui médite quelque fraude s'affuble soigneusement de moralité.
On répond qu elle n'est pas moins bonne en elle-même quoiqu'elle serre de manteau à l'hypocrisie : non ; elle est vicieuse, et par double raison ; l'une est qu'elle conduit à sa perte celui qui essaie de pratiquer exactement SCS doctrines, landisqu'eile conduit à la fortune celui qui la prend pour masque et non pour guide; l'autre est que ses dogmes sont contradictoires et la plupart impraticables, comme celui qui ordonne d'aimer et soutenir l'auguste vérilé : qu'un homme aille dans un salon y dire l'auguste Tcrlté sur le compte des personnes réunies, dévoiler la<i grïvclages de tel financier présent, les galanteries de telle dame présente, enfin la conduite secrète de tous les assistans, il sera honni de toutes voix : qu'il s'avise de publier la vérité, toute la vérité sur le gaspillage des deniers publics , et compromettre de hauls personnages, it verra oii conduit la pratique de l'auguste vérité. Tous les dogmes de la morale sont également impraticables.
D'ailleurs n'est-il pas avéré qu'elle a constamment produit des effets opposés à ses promesses, et que plus une nation enfante de traités de morale, plus elle s'engouffre dans la dépravation? voilà donc une science trompeuse par le fait comme par les ^doctrines toutes contradictoires. Elle a mal fini , elle s'est prostituée sur ses vieux jours, en s'alliant â l'esprit mercantile , source de tous les Wccs : la religion ne s'est pas souillée de celte iufàniie.
INDDSTHIEL. IL* S. igS
MaispoQpquoi cette boutade contre Ift tendre morale ? C'est que les hypocrites s'étayent de la morale ponr dénigrer la théorie de l'attraction. Ils sont jaloux de voir naître une science qui ra donner les biens que promettait Tastucieuse morale, établir le règne de la v^té, de la justice et des bonnes mœurs, conduire à la fortune ceux qui les pratiqueront , et conduire à la ruine et au déshonneur ceux qui essaieront de pratiquer la fausseté.
Quelques-uns de ces détracteurs veulent aussi s'affn- Uer d'esprit religieux , prétendre que la théorie de rattraction n'est pas en pleine harmonie avec la religion ; ce n'est pas moi qui répondrai à ces tartufes , c'est l'E- Tangjle ;c'est la parole de Jésus-Christ qui lesconfondra. Je traiterai ce sujet dans un article spécial.
C'est parce que ma théorie marche en tout point dans le sens de la rdigion, qu'elle doit discorder avec ces scribes et pharidens modernes, ces moralistes insidieux, ces aaltimhanqnes de vertu que Jésus-Christ démasquait si bien , et qu'il mandissait comme obscurans , comme sophistes vaiulales, feignant de chercher la lumière, et ligués pour l'étouffer à son apparition. Us sont encore aujourd'hui ce qu'ils étaient au temps de' Jésus -Christ; manqueraient-ils à diffamer le chef-d'ceuvre de la sagesse divine, le code d'unité sociétaire et d'harmonie des passions appliquées à l'industrie ?
Si les moralistes sont de bonne foi , et tiennent k paraître tek.que n'acceptent-ils un défi , un essai, afin qne l'expérience prononce entre leur science et la mienne ? S'ils augurent bien deleur méthode et mal delà mienne, ils doivent souhaiter qu'une épreuve me confonde authentîquement , ce sera pour eux un triomphe éclatant ; mon butestle même que celui oii ils feignent de tendre, c'est d'établir le règne de la vérité, de la justice et des vertus réelles; on verra bien vite laquelle des deux méthodes arrive au but.
Si la mienne est juste, elle doit décider le procès en àx semaines de plein exercice; la leur a eu non pai sa
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semaines, maïs trente siècles d'exercice ea de nombreux empires; il n'en est résulté que le progrès du mal; en outre ils ont fait obtenir au moins vingt épreuves à la làusse mélbode sociétaire , celle de Rob Owen ; à force de la prôner dans les journaux , ib ont procuré à son auteur des souscriptions pour une grande quantité d'élablissemens , qui ont avorté comme on le sait, puisqu aucun propriétaire d'esclaves ne l'a adoptée pour les nègres , aucune horde ne s'y est soumise.
Ils se sont donc abusés en systèmes d'association, comme en systèmes de morcellement industriel ; leurs moyens sont évidemment illusoires , c'est une présomption favorable pour une théorie opposée aux leurs , et opérant en quelques semaines. S'ils n'acceptent pas le défi ce sera faire preuve d'insigne mauvaise foi , et d'insouciance complète pour le véritable progrès social.
Avertissons-les sur la fausse position çù ils se placent. Un incident les réduira tous à une palinodie subite : dès qu'un écrivain notable et désireux de ionerungrandrôler se prononcera dubitativemerU pour l'examen et l'essai, les Zoïles compromis , opineront à se rétracter en toute hâle, sans attendre Vépreuve qui les couvrirait de ridicule. Ceux de Colomb furent confondus, lorsqne le confesseur d'Isabelle, plus judicieux que les savans, opina à l'examen ; aussitôt la débâcle des détracteurs fut complète.
Ici le râle dubitatif est bien plus sûr pourun écrivain; car avec Colomb il restait deux risques, naufrage en mers inconnues, et danger de fausse route , de recherche infructueuse : mais en essai de l'attraction industrielle, on aura , au lieu de risque, une garantie debénéfice énorme danstouslescas. En proposant cette épreuve, un écrivain appuyé dupréceptedeDescartes, doute et expérience, obtiendra le plus brillant succès. Il sera en politique ce que fut St.~Augustin en religion ; il'renversera les faux dieux scientifiques , le caduc édifîi'e de la philosophie ; il sera l'apôtre de la métamorphose sociale : je reviendrai sur la haute fortune que ce rôle vaudra à l'orateur.
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