‹ Œuvres complètes de Ch. Fourier (volume 5)Chapitre 28 sur 63 · SIXIÈME NOTICE · texte numérisé non relu

SIXIÈME NOTICE

Éducation de moyenne, haute et mixte enfance. Concurrence des instincts et des sexes.

PRéi^MBUïE. Je me suis étendu assez longuement sur l'éducation de i." phase on basse enfance, parce qu'elle sera le côté fort de la phalange d'essai , le point où elle pourra briller d'emblée, n'étant que peu contrariée par le préjugé : il n'aura pas encore circonvenu les eufans de 3 , 4 , et même de 5 ans ; ils seront moins imbus de morale, moins faussés que ceux de lO et i5 ans, on aura plus de facilité h déployer franchement leur naturel et apprécier en eux la justessede l'attraction. . ' Dès l'âge de 5 ans, la civilisation commence À leur meubler l'esprit de saines doctrines qui travestissent leur caractère, surtout cdui des filles. De là vient que la phalange d'essai aura beaucoup de peine à classer les caractères, discerner le plein et le demi-titre. Assurément elle n'y réussira pas dès la première année.

IlfDUSlEIEL. 111/ S. a^I

T^oDs passons aux phases 2.', 3.*, 4-* àe l'éducalioa:.

2.* phase, )a moyenne enfance comprend les 2 tribus de chérubins et séraphins , âge , 4 Vi à g ans.

3.' phase, la haute enfance, comprend les a tribus do lycéens et gymnasiens, âge , 9 à i5 7i ans.

4.* phase, la mixte enfance, tribu des jouTenceanx et jouvencelles, âge i5 'A â 19 Vi ou 20 ans.

Les limites d'âge seront moins élevées au débnt; d'ailleurs elles ne seront pas les mêmes pour les 2 sexes.

Je traiterai cumulativement desphascs 2 el3, parcequc le système qui y règne est le même quant an fond, sauf â observer qu'en 2.* phase on doit cultiver plus activement les facultés matérielles , et en 3.* . les spirituelles.

Ce n'est que dans la 4-* phase que le système d'édncadon doit subir des changemens, parce que l'amour y in< tervient : il convient donc d'étudier conjointement les 2.* et 3.* phases , et isolément la 4**<

11 faudrait, non pas 4 chapitres, mais vingt an moins pour traiter convenablement le sujet : c'est pourquoi je ne pais pas même en promettre Tabrégé, maisseulement l'exposé, l'argument; je renverrai souvent au traité qui contient des détails drconstanciés sur l'éducation dea 2.% 3.* et 4** phases d'enfance harmonienne.

Ou va voir que la morale a manqué toutes les bases d'opérations relatives â ces 3 phases , et placé selon sou usage au rang des vices , tous les ressorts que la nature veut employer à créer des vertus.

Pour établir la lutte des instincts et des sexes qui enfante des prodiges en industrie et en vertu , on divise toute la haute et la moyenne enfance , les 4 tribus de gymnasiens, lycéens, séraphins et chérubins, en deux corporations d'instinct, ce sont :

Les petites hordes affectées au travaax répugnans pour les sens ou l'amour propre.

Les petites bandes affectées au luxe collectif.

Ces deux corporations, par leur contraste, emploient utilement les instincts que la morale cherche en vain

à comprimer dans chsque sexe, le goût de la saleté cha les pelits garçons, et de la parure ches les petites filles. En opposant ces goûls , l'éducation sociétaire conduit l'un et l'autre sexe au même but par diverses voies; Les petites bordes au beau par la route du bon. Les petites bandes au bon par la route du beau. Cette méthode laisse aux enfaos l'option , la liberté dont ils ne jouissent pas dans l'élat actuel oiî l'on veut toujours les obliger à un même système de moeurs. L'élat sociétaire leur ouvredeux voies contrastées favorisant les inclinations opposées, parure et malpropreté.

Parmi les enfans, on trouve environ ^/i de garçons qui inclinent à la saleté ; ils aiment à se vautrer dans ta fange , et se font un jeu du maniement des choses malpropres; ils sont hargneux, mutins , orduriers , adoptant te ton rogue et les locutions grossières, aimant le vacarme et bravant les périls, les intempéries, etc., pour le plaisir de commettre du dégât.

Cesenfans s'enrôlent aux petites bordes dont l'emploi est d'exercer, par point d'honneur et avec intrépidité, tout travail répugnant qui avilirait une classe d'ouvriers. Cette corporation est une espèce de l^on à demi sauvage qui contraste avec la politesse raffinée de l'harmonie, seulement pour le ton et non pas pour les sentimens, car elle est la plus ardente en patriotisme.

L'autre tiers de garçons ia du goût pour les bonnes

manièi'es et les fonctions paisibles; il s'enrôle aux petites

bandes , et par opposition il est '/] de filles qui ont des

inclinations mâles et qu'on nomme petites garçonnières,

aimant à se faufiler dans les jeux des garçons dont on

leur interdit la fréquentation : ce tiers de filles s'enrôle

aux petites hordes. Ainsi lecx>ntenu de 2 corporations est :

Petites hordes', Vi de garçons, 'h de filles.

Petites bandes, Vj de filles, '/i de garçons.

Chacun des ,11 corps se subdivisera en 3 genres qu'il

&udra dénommer : 00 adoptera pour les petites hordes

3 noms de genre poissard , et pour les petites bandes 3

ikdustbiel. IIL* S. 343

noms àe genre romantique, afin de contraster ea tout point ces aréunions qui sont des leviers de baute importaïKc en attraction industrielle.

CHAP. XXI. Des Petites Hordes.

Analysons d'abord leurs attributions et leurs vertus civiques. Plus ces vertus sembleront colossales , plus il sera iotcressant d'examinerpar quels ressoru l'atiraction peut obtenirces efibrts généreux que la civilisation n'ose pas même rêver, malgré son penchant pour les chimères morales et philanthropiques.

Les petites hordes ont rang de milice de Dieu en service d'nnité industrielle : à ce titre, elles doivent être les premièresà ta brèche', partout où l'unité serait en danger ; et l'on verra en 5.* section que pour le soutien de l'unité, «Iles doivent s'emparer de toutes les branches d'industrie qui, par excès de répugnance , obligeraient à rétablir des classes de salariés et de gens dédaignés.

Dans l'exercice de ces travaux elles se divisent en 3 corps, le i." affeclé aux fonctions immondes, curage des égoûts, service des fumiers, triperies, etc. I^e 2.* affecté aux travaux dangereux, à la poursuite des reptiles, aux emplois de dextérité. Le 3.* participant de l'on et de l'autre genre. On doit monter sur chevaux nains toule la classe cooJposée de lycéens et gymnasiens, d'un et d'antre sexe.

Elles ont parmi leurs attributions, l'entretien journalier des grandes routes en superficie : c'est à l'amour propre des petites hordes, que 1 harmonie sera redevable d'avoir partonte la terre des grands chemins plus somp. tnenx que les allées de nos parterres , des routes gamifls d'arbustes, et même de fleurs en lointain.

Si une route de poste essuyé le moindre dommage', l'alanne est i l'instant sonnée', les petites hordes vont ^ire une réparation provisoire et arborer le pavillon d'accident, de peur que le dommage étant aperçu par

qnelqnfs Yovageura ne donne lieu d'accoaer le canton d'aToirune mauvaise horde, reprocbeqn il encourrait de même , si on trouTail un reptile malfaisant , nue bonne de chenilles , ou si on entendait un croassement de crapauds à la proximité des grands diemins : celte immondicité ferait dédaigner la phalange et baisser le prix de •es actions.

Quoique le travail des petites hordes soit le plus dilE^ cile, par défaut d'attraction directe { tio), elles sont de toutes les séries, la moins rétribuée; elles n'accepteraient rien s'il était décent en association de n'accepter aucun lot; elles ne prennent que le moindre, ce qui n'empêche pas que chacun de leurs membres ne puisse gagner les premiers lots dans d'autres emplois; mais à titre de congrégation de philanthropie unitaire, elles ont pour statut le dévoAment aussi gratuit que possible.

Pour donner de l'éclat à ce dévoûment , on laisse aux petites hordes, la faculté, (quoiqu'elles soient composées d'enfans mineurs ), de sacrifier dès l'âge de 9 ans un 8.* de leur fortune au service de Dieu ou de l'Unité, mots 'anonymes, puisque l'unité ou harmonie est le but de Dieu.AÎDsi l'enfant qui possède 8o,OOOf.dont il ne peut disposer qu'à l'âge de majorité, a le droit d'en distraire 10,000 dès Tàge de 9 ans, pour le verser au trésor des petites-hordes, s'il en est membre. Encore ne sera>t'il pas aisé aux enfans riches d'obtenir cette faveur, malgré l'offre de belles sommes qui, en civilîsdtioa, seraient un gage de brillant accueil.

A la séance de répartition , les petites hordes font apporter leurllrésor en nature ; et si quelque série se plaint d'une lésion proportionnelle de 100 ou 200 louis, le Petit Kan porte une corbeille de 200 louis devant les cbeù de cette série; elle doit l'accepter; en la refusant die outragerait l'opinion qui a décidé d'avance que la milice de DtNi a le droit de sacrifier sa fortune pour le soutien de l'unité, pour la réparation des fautes qu'ont pu commettre Us jogemetu des hommes. C'est pour cette série

iKnusZBiEL. 111/ S. a4S

nn a&fmt,Dii nia de mieiix s'organiser une antre ann^, mienx distribuer swi assortiment de caractères et de rivalilSS, de manière qu'il ne s'élève à la séance de r^>artition, aucun débat capable de compromettre t'unilé. Une phalan^ qui passerait pour étve sujette aox mésintelKgencefidansl'instant décisif, au jour de la répartition, serait décréditée dansTopinioncommefaussée en échelle de caractères ; ses actions tomberaient , on s'en déferaù promptement, parce qu oa sait en barœonie que le matériel ou industrie 'périclite sî le passionnel est en discorde ; et que le passionnel est de même en danger si le matériel n'est pas satis&iit.

Les petites hordes étant le foyer de tontes les vertus civiques, elles doivent employerau bonheur de la société l'abnégation de soi-même recommandée par le christianisme, KtU mépris des rKhessesTecommànàé par la philosophie : elles dmvent réunir et pratiquer toutes les sortes devenus révéeset simulées en civilisation. Conservatrices de l'bonnear social , elles doivent écraser la tête du serpent au physique et an moral ; tout en purgeant les campagnes de reptiles, elles purgent la société d'an venin pire quecdai de la vipère; elles étouffent, par leurs trésors, tonte rixe de cupidité qui pourrait troubler la concorde; et par leurs travaux immondes elles étouffent l'onpieii qui, en décon^dérant une classe d'indtistrieux, lendrait à ramener l'esprit de caste, altérer l'amitié générale, et empêcher la funon des classes ; elle est l'une des bases du mécanisme sociétaire fondé sur

L'attraction industrielle, la répartition équilibrée,

I^ fusion des classes, l'équilibre de population.

Il semUera que pourobtenirdel'enfance des prodiges de vertu , i) faille recourir à des moyens surnaturels , comme font nos monastères qui , p;iT des noviciats trèsaustères, habituent le néophiie à l'abnégation de soi-même; on suivra une marche tout opposée, on n'emploiera avec les petites hordes que l'amorce du plaisir.

Analysons les ressorts de leurs vertus; ils sent au

a46 ^OUTEAD honde'

DOtnbre de 4 1 tons réproarés par la morale; ce sont les goûts de saleté , d'orgueil , d'impudence et d'insubordination. C'est en s'adonnant à ces prétendus vices**que les petites hordes s'élèvent k |la pratique de toutes les vertus; examinons, en nous aidant d'un indice.

J'ai dit que la théorie d'attraction doit se borner à utiliser les passions telles que Dieu les donne, et sans j rien cbanger ; à l'appui de ce principe, j'ai justifié la nature sur plusieurs attractions du bas âge, qui nous seoiblent vicieuses; telles sont la curiosUé et i'incoTtstance; elles ont pour but d'attirer l'en&nt dans une foule de sérislères oi^ se développeront ses vocations. Le penchant k fréquenter îes polissons plus âgés; c'est d'eux qu'il doit recevoir en hariAonie l'impuluon d'entraînement à l'industrie, ( ton corporatif ascendant, 11, \&€^), JLa désobéissance au pire et au précepteur; ce ne sont pas eni qui doivent l'élever; son éducation doit être faite par les rivalités rabalisliques des groupes. Ainsi toutes les impulsions du jeune âge sont bonnes en basse enfanre, et de même en haute enfance pourvu qu'onyappliqae l'exercice en Séries passionnées.

Ce ne sera pas du premier jour qu'on entraînera ime horde aux travaux répugnans ; il faudra l'y amener par degrés; on excitera d'abord son orgudl par la suprématie de rang; toute autorité, les monarques mêmes, doivent le t." salut aux petites hordes; elles possèdent les chevaux nains et sont premièreravaleriedu globe; aucune armée industrielle ne peut ouvrir sa campagne sans les petites hordes ; elles ont la prérogative de mettre la première main à tout travail d'unité ; elles se rendent à l'armée au jour fixé pour l'ouverture ; les ingénieurs ont fait le tracé du travail, et les petites bordes défilant surle front de bandière fournissent la i." charge aux arrlamalions de l'armée : elles y passent quelques jours et s'y signalent dans de nombreux travaux.

Elles ont le pas sur toutes les autres troupes; et dans tout exercice matinal , le commandement est dévolu à

IKDDSTBIEL. III.' S. ai?

Vnn des Petits Kans.Sî des légions ont campé dans nne phalange, (aux camps cellullaires), le lendemain après le repas da délité, on s'assemble pour le départ à la parade, et c'est le Petit Kan qui lacominande. Il a son état- ZDajor comme un généra! , prérogatiye qui charme les cnËins, de même qae l'admission à l'armée; elle n'est accordée qu'aux petites hordes on à quelques élus des petites bandes qni n'y sont reçus que par la protection des hordes.

Dans les temples, nne petite horde prend place au sanclnaïre ; et dans les cérémonies elle a toujours le poste d'bonneur.j

Ces distinctions ont pour but d'utiliser leur penchant aux fonctions immondes. Il &ut par des fumées de gloriole qui ne coûtent rien, les passionner pour ces travaux, leur y créer une carrière de gloire; c'est pour cela qu'on ÊàTorise leurs goùls d'orgueil, d'impudence et d'insubordination.

£I)es ont leur argot on langage de cabale , et leur petite artillerie : elles ont aussi leurs druides et druidesses qui sont des acolytes choisis parmi les personnes âgées, conservant dn goût pour les fonctions immondes, et à qui ce seirice vaut de nombreux avantages.

1a méthode à suivre avec les petites hordes est d'utiliser Jenr fougue de saleté , mais non pas de fuser par des travaux faligans. Pour ne point user cette fougue on l'emploie gaîment , honorifiquement et en courtes séances; par exemple:

S'il s'agit d'un travail très-immonde, on^assembleles hordes de 4 ou 5 [phalanges vicinales; elles viennent assister an délité on repas matinal servi à 4'heures 3/4 ; puis après l'hymne religieux à 5 heures, et la parade des groupes qui vont au travail , on sonne la charge des petites hordes, par un tintamarre de tocsin, carillons, tambours, trompettes, hurlemeni de dogues et mugissemens de bœuis : alors les bordes conduites par leurs kans|et leurs druides s'élancent à grands cris, passant au-devant

248 NOUVEAU HONDX

da sac^oce qui les isperf^; elles courent £rëoétiqtie-

ment au travail qui est exécuté comme œuvre pie, acte

de charité tmven la phalange, service de Dieu et de

l'unité.

L'ouvrage terminé, elles passent aux ablutions et à la toilette, puis se dispersant jusqu'à 8 heures dans les jardins et ateliers, elles reviennent assister triomphalement an déjeuné. Là , chaque horde reçoit une couronne de ch£ne qu'on attache à soti drapeau, et après le déjeuné, elles remontent à cheval et reloument dans leurs phalanges respectives.

Elles doivent être affiliées au sacerdoce à litre de cooefrérie religieuse, et porter dans l'exercice de leurs fonctions un signe religieux sur leurs habits , croix ou autre emblème. Parmi leurs stîmulans industriels, ou ne doit pas négliger l'esprit religieux , mobile trèi-puissant sur les enfans pour exciter le dévoûment.

Après les avoir électrisées corporalïvement dans des fonctions dlfticiles, il sera bien aisé de les façonner aux emplois habituels de service immonde dans les appartemens , les boucheries , cuisines , étahles , buanderies ; elle« sont toujours sur pied à trois heures du matin , prenant rinitiative du travail dans la phalange comme à l'armée'

Elles ont la haute police du règne animal, veillant dans les boucheries i ce qu'on ne iàsse souffrir aucune béte et qu'on lui donne la mort la plus douce. Quiconque mallraileroit quadrupède, oiseau, poisson, insecte, en rudoyant l'animal dans son service ou en le faisant souffrir aux boucheries , seroit justiciable du Dtvan des ' petites hordes ; quel que fût son âge , il se verrait traduit devant un tribunal d'enfans, comme inférieur en raison aux enfans mêmes; car on a pour règle en harmonie, que les animaux n'étant productifs qu'autant qu'ils sont bien traités, cdui qui . selon la coutume française, maltraite ces êtres hors d'clat de résister , est loi-même plus animal que les betes qu'il persécute.

La phalanjfe d'essai n'aura pas, pour enthousiasmer

IKDDSTHIBL. III.* fi. «49

sa petite hcffde, les moyens de rdalions générales décrita p\os haut, nuis elle approchera du but par quelques moyens de circonstance ■ tels que les contrastes à établir entre la petite borde et la petite bande ; par exemple , en costinues : les petites bandes ont les T^temens chevaleresques et romantiques, et la manvuTre moderne oa mode rectiligne nommé escadron; les petites hordes ont la manoeuvre tartare ou mode curviligne, les parure^ grotesques, et probablement le costume mi~parti du barbaresque et du Hongrois', dolman et pantalon de couleurs tranchantes et variées sur chaque individu, de manière que la horde semble un [carreau de tulipes richement panachées : cent cavaliers devront étaler deux cent couleursartislemenl contrastées; problème bien embarrassant pour la belle France , qui , avec ses perfectibilités mercantiles, n'a jamais su trouver ^o couleurs pour difierencier méthodiquement à deux couleurs tranchantes, les marques dislinctives des régimens.

On peut voir sur ce sujet de plus amples détails (II» 333 il 258.) J'en ai dit assex pour iaire entrevoir qn une Oïrporalion d'enfâns adonnée à tous tes goûts que la mo^ raie interdit à leor ige , est le ressort qui réalisera toutes les chimères de vertu dont se repaissent les moralistes:

I.* Ladouc«yîii/«Tu<£;6irimmondîciléparvenoità déconsidérer quelque fonction, la série qui l'exerce devien-i drait classe de Parias, d'êtres avilis avec qui les riches ne voudraient plus se rencontrer dans les travaux. Toute fonction qui produirait ce vicieux e£Fet est ennoblie par les petites hordes qui s'en emparent, et maintiennent ainsi le rapprochement, l'unité ou funon des classes, riche, moyenne et pauvre.

3." Ijt mépris des richesses. Les petites bordes ne méprisent pas la richesse , mais l'égoïsme en usage des richesses ; elles sacrifient partie de la leur pour augmenter celle de la phalange entière , et maintenir la vraie source de richesse qui est l'attraction industrielle étendue aux 3 classes , et opérant leur réunion affectueuse dans tous

aSo tiOCVEAV MONDE

les travaax, mfime au genre immonde rëserré aux en&uSt car ceux des riches seront aussi empressés que les pauTrei d'être admis à la horde ; |c'est le caractère qui décide ce choix en corporation.

3-° La charité sociale. On verra que les petites hordes , en exerçant cette rertu, entraînent tout le monde à Vexerrer ûidEtrvc/e/n«n/ en affaires d'intérêt. Voyez sect.V. l'équilibre de répartition en mode inverse ou voie de générosité, par laquelle les riches se coalisent pour faroriser le pauvre qu'ils s'accordent tous à spolier en civilisalion-

On se convaincra dans les sections suivantes que tous les triomphes de la vertu tiennent à ta bonne organisalion des petites hordes; elles seules peuvent, en mccaniquegénérale , contrebalancer le despotisme de l'argent, maîtriser ce tyran du monde, ce viLMÉTAI,|vil aux yeux des moralistes, et qui deviendra très-noble quand il sera employé an maintien de l'unité indattrielle : il en est recueil dans nos sociétés civilisées oui l'on titre Aegens comme il/aut, ceux qui, à l'appui de la richesse, ne font rien, ne sont bons à rien. Leur surnom de gens comme il faut se trouve malheureusement fort sensé; car la circulation en régime civilisé ne se fondant que sur les fantaisies des oisifs , ils sont vraiment les gens comme il en faut pour soutenir le régime de circulation inverse et consommation inverse { \o).

Pour résumer sur les petites hordes, il nous resterait à analyser la force des ressorts qui les font mouvoir; on n'en pourra bien juger qu'après que j'aurai décrit leur contraste ou force opposée, qui est la corporation des petites bandes. Je vais les définir abréviativement, après quoi il faudra définir encore les a corps de vestalat et damotsellat, avant de pouvoir expliquer le système des équi libres de passions parmi les d i verses tribus derenlànce.

Remarquons provisoirement que parmi les petitas hordes, aucune passion n'a été comprimée ; au contraire on donne plein essor à leurs goûts dominans,eQtre autres à' celui de saleté.

INDtJSTHIEt. m.* S. aSt

St nos moralistes avaient étudié la nature de l'homme, ils auraient reconnu ce goût de salcré chez le grand nombre des enfans mâles, et ils auraient opiné à l'employer utilement , comme fait l'ordre sociétaire qui tire parti de ce goût pour former une corporation de Décius industriels, en favorisant ces penchaus immondes que la tendre morale réprime à grands coups de fouet , ne voulant pas chercher les moyens d'employerles passions telles que Dieu nous les a données. C'est par son obstination à ne pas étudier la nature, qu'elle a manqué en éducation le ressort primordial, Y erUràinement progressif ascendant (218), ou impulsion corporative échelonée, manie commune à tous les enfans de se laisser diriger par des groupes d' enfans un peu supérieurs en âge. L'échelle corporative des âge^ est le seul maître que l'enfant veuille reconnaître; il en suit avec transport les impulsions; c'est pourquoi la nature qui le destine à cette discipline, (Voyez chap. XXIII, opéra, chorégraphie), le rend rétif aux ordres des pères et des instituteurs qu'elle réserve pour l'instruction sollicitée.

CHAP. XXII. Des PeUies Bandes:

L'activité et l'émolation des petites hordes doubleront d'intensité si on leur oppose le contraste que la nature a dû leur ménager. La majorité des enfans mâles inclinent pour le genre immonde, l'impudence et la rudesse; on voit par opposition, la majorité des petites filles incliner pour la parure et les hdles manières. Voilà un germe de rivalité bien prononcé ; il reste à le développer, en application â l'industrie.

Plus les petites bordes sont distinguées par les vertus et le dévoûment civique, plus la corporation rivale doit réunir de litres pour entrer en balance dans l'opinion. Les petites bandes sont conservatrices du charme soàai, poste moins brillant qne celui de soutiens de la amcorde sociale affecté aux petites hordes ; mais les soins donnés

a5% KOWEAU MONDE

aux parures collectives , an luxe d'ensemble, deviennent en régime sociétaire aussi précieux que d'autres branches d'industrie. Les petites bandes interviennent très-utilepoeut dans ce genre de travail, elles ont pour attribution romement du canton entier en matèrUl et spirituel.

Chacun est fort libre en harmonie quant au choix de ses vâlemens, mais lors des réunions corporatives, îl faut ' des costumes unitaires : chaque groupe , chaque série en discute le choix, et dans les concours qu'exige l'ornement matériel ou cboixet renouvellement des costumes, le goût des poupées est utilisé comme celui des gimblettes citées en éducation de basse enfance. Les petites bandes composées en majorité de biles, sont chargées de la présentation des poupées et mannequins sur lesquels on fera choix, après examen critique.

Opposées en ton aux petites hordes, elles se passioanenl pour l'atticisme ; elles sont si polies que les garçons y cèdent le pas aux filles; et c'est une coutume très-utile pour donner aux enlans le change sur les manières galantes des trîhus de 20 à 3o ans. L'enfance n'en soupçonne pas la cause, parce qu'elle voit régner cette coqploisie parmi les petites bandes qui sont composées d'enfans impubères; elles brillent principalement aux écoles.

En sexe masculin, qui n'y figure que pour un tiers, elles réuniront les jeunes savans, les esprits précoces comme Pascal , ayant pour l'étude une vocation prématurée; et les petits efféminés qui dès le bas âge inclinent à la mollesse.

Moins actives que les petites hordes , elles se lèvent plus lard et n'arrivent aux ateliers qu'à 4 heiu^ du matin. Elles n'yseraient pas nécessaires plus tôt, ne s'adonnant que fiirt peu au soin des grands animaux, mais * celui des espèces difficiles à élever et priver, comme les pigeons de correspondance , les volières, les castors en travail combiné , et les vâurts.

Elles ont la haute police du règne végétal; celui qui casse une biaucbe d'arbre, qui cuuUe flûir ou fruit mal

inDDSTBixi. ni.*S. 253

i propos, qui foule une plante par n^Hgence, est traduit au sénat des petites bandes qui juge en vertu d'uti code pénal, appliqué à ce genre de délits, comme le dï- Tan des petites hordes en police du règne animal.

Chargées deVomement spirituel et matériel du canton, elles exercent les fonctions des académies ^ançaises et délia crusca ; elles ont la censure du mauvais langage et de la prononciation vicieuse : chaque chevalière des petites bandes a le droit d'agir comme la revenderesse d'Athènes qui badina Théophraste sur, une locution défectueuse. Le sénat des petites bandes a le droit deTensure littéraire sur les pères mêmes , il dresse la liste des fautes de grammaire et de prononciation commises par chaque sociétaire, et la chancellerie -des petites bandes lui envoie cette liste, avec invitation de s'en abstenir.

Auront-^lles fait des études suffisantes pour exercer une critique si difficile, sans doute : mais je brise sur ce sujet qni lient auchap. de l'enseignement.

Stimulées parles grands exemples de vertu et de dé- Tournent social que donnent les petites hordes ; elles ont à cœur de les égaler en ce qui est de leur compétence; une chevalière fortunée fera dans le cours de sa jeunesse , et lors de son admission à la cavalerie, (âge de 9 ans), un présent d'un ornement quelconque à son escouade, et à l'escadron entier, si ses moyens le lui permettent. Elle serait méprisée si on pouvait là suspecter d'égoïsme , d'esprit civilisé qui entraine les femmes i dédaigner leur sexe, -à se réjouir de ses disgrâces, de ses servitudes et privations, ne faire cas d'un colifichet qu'autant que des voisines pauTres 'en sont privées. Les petites 'bandes s'honorent de maurs tout opposées à celles des femmes civilisées, et ne s'adonnent à la parure que pour en faire un' ressort d^amitië générale et d'ornement du canton, un levier d'enthousiasme dans l'industrie et de générosité corporative.

On devra former aux petites bandes un trésor corporatif pour Texercice de celle géuérosiié. Si l'on accorde

a54 NOUVEAU UONDK

aux petites bordes l'emploî d'un S." de leur patrimoine en service philanthropique, on pourra bien accorder aux petites bandes l'emploi d'un i6.\ et au besoin le produit des agios de leurs actions, agios que l'enfance accumule, parce qu'elle gagne toujours au-delà de sa dépense.

Les petites bandes s'adjoignent parmi l'âge pubèredes coopérateurs titrés de corybants et corybantes, par opposition aux druides et druidesses des petites bordes. Même contraste règne dans leurs alliés voyagears qui sont les grandes bandes de cheralières errantes et chevaliers errans voués aux beaux arts. D'autre part les petites hordes ont pour alliés voyageurs.les grandes hordes d'aventuriers et aventurières, vaquant aux travaux publics.

La nature a ménagé, dans la répartition des caracièrcs* une division fondamentale en nuances fortes ou majeures et nuances douces ou mineures, distinction qui règne dans toutes les choses créées ; en couleurs, du fonce au clair; en musique, du grave à l'aigu; etc. , etc. Cccontraste forme naturellement chez l'enfance, la dislinclîon des petites hordes et petites bandes, adonnées à des fonctions opposées.

Les fonctions des petites bordes opèrent le grand prodige de la fusion des classes; on obtient des petites handesnnscrvicenon moins éminent, qui est te raHïnage des séries dès te plus bas âge, c'est le but de l'éducation. On a vu, chap. V et VI, qu'une Série industrielle serait défectueuse si elle manquait de compacité ; pour la rendre compacte, il faut mettre en jeu la distinction minutieuse des goûts en variétés , ténuités', minioiités. On habituera de bonne heure les enfans à ces distinctions de nuances en passion. C'est la tâche des petites bandes qui réunissent les enfans enclins aux rafBnemens minutieux sur tes parures', controverse familière aux petites £lleset aux femmes; elles voient, comme nos littérateurs et nos peintres, des effets choquans là où un homme vulgaire n'apen^vra aucun défaut,

Lei petites bandes ont l'aptitude à établir desscissions

SUT les nuances de goût , classer les Anesses de l'art, et opérer ainsi la compacité des séries, par le raffinement des laniaisies et la graduation d'ér-helte. Cette propriété règne bien moins chez les petites hordes, excepté en gastronomie.

Ainsi l'éducation harmonienne puise ses moyens d'équilibre dans les 3 'goûts opposés , celui de la saleté et celui de Télégance raffinée; penchaos condamnés tous deux par nos sophistes en éducation. Les petites hordes opèrent en sens négatif autant que les petites bandes en sens positif; les unes font disparaître l'obstacle qui s opposerait à l'harmonie, elles détruisent l'esprit de caste qui naîtrait des travaux répugiuns; les autres créent le germe des séries par leur aptitude à organiser les échelles de goûts, les scissions nuancées entre divers groupes ; de U il est évident que

Les petites bordes vont au beau par la route du bon, par l'immondicilé spéculative.

Les petites bandes vont au bon par la route du beau ; par les parures et les efforts studieux.

Cette action contrastée est loi universelle de la nature ; on trouve, dans tout son système, les contrepoids et balances de forces en jeu direct et inverse, en vibration ascendante et descendante ; en mode réfracté et réflecté, majeuret mineur; en force centripète et centrifuge, etc.; c'est partout le Jeu direct et inverse, principe absolument inconnu dans l'institution civilisée qui, toujours «mple et simpliste en méthode , veut façonner toute la masse desenfans à un moule unique : à Sparte elle les veut tous amis du brouet noir; à Paris , tons amis du commerce , sans contraste ni concurrence des instincts.

D'autre part elle emploie le mode Confus au lieu du composé; elle assujétït les enfans à différentes morales selon les castes, à différens principes selon les changemens de ministère ; un les élève aujourd'hui selon Brulus et demain selon César. C'est dire qu'au lieu de|l'unîlé de système t on enq;>Ioîe la monotonie quant aux carac-

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tares, la confusion quant anx méthodes : et nolle pan on ne troure dans i educalton civilisée aucane trace de la méthode naturdle ou roniratte des instincts etdessexes, dont noas eiaminerons plus loin t'emploï snr l'âge qui entre en puberté. Préalablement il faut traiter du système d'enseignement sociétaire dont les ressorla et les méthodes n'ont aucun rapport avec les nôtres.

J'ai donné peu de détails sur les petites bandes : (Voyez II 258 à 276.) Quant aux preuves, elles seraient les mêmes que sur toute autre disposition; il s'agit de vérilîer si on a formé la série et donné plein cours aux .3 passions mécanisantes. La sérié se formera aux petites bandes comme aux petites hordes, par 3 divisions, dont 2sur fonctions de genre contrasté, et une sur fonction mixte, te tout en contraste avec les emplois des petites hordes. Si cette règle est bien observée les 3 passions auront un développement plus facile que celui décrit 209, 210, au sujet de la fonction la plus ingrate de toute l'éducalion. Réservons ces détails pour la fin de la section.

CHAP. XXIII. De l'enseignement harmonien.

JcSQu'iCi je n'ai envisagé l'éducation sodélaire qu'en détail , chœur par chœur , fonction par fonction : il faut maintenant envisager l'ensemble des tnbus au-dessous de la puberté , les ressorts de leur émulation ; en faire un parallèle avec l'éducation civilisée où nous remarquerons einq désordres :

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