àe 2 mains et un bras ; 6.*, de 2 pieds et une jambe
7.*, un des quatre membres; plus une thèse ïnlellectuelle qui , selon les facultés de leur âge, roulera sur la compétence de Dieu seul en direction sociale, et l'incompétence |de la raison humaine dont les lois n'engendrent que barbarie et dvilisation , que fourberie et oppression.
En gradation des chérubins aux séraphins, on sera plus exigeant, soit en matériel sur des exercices plus difficiles que les précédens, soit en intellectuel sur des sujets à portée de l'âge de 6 ans-
Si l'on exige de la basse enfance majorité ou totalilë d'épreuves en matériel , c'est pour se conformer à l'impulsion de l'âge qui est tout au matériel . On ne s'applique enharmonie qu'à seconder l'allraetion, faroriser l'essor de la nature avec autant de, soin que la civilisation en met â l'étoufTer.
L'éducation se terminant aux 3 'chœurs de jonvenceaax et jouvencelles , ils n'ont plus d'épreuves i subir pour passer aux 2 chœurs d'adolescens et adolescentes; mais ces épreuves se prolongent par degrés dans tous les chœurs et échelons de l'enfance', elles sont le ressort qui excite l'enfant impatient de s'élever, et honteux de quelques revers , à solliciter passionnément l'instruction.
Les chœurs et tribus, même les plus jeunes, sont pétris d'amourpropre,et n'admettraient pas un candidat maladroit. Il serait renvoyé mois par mois, d'examen en examen. Les enfans sont des juges très-rigoureux sur ce point. L'afTront du refus devient piquant pourcenxqni ont passé l'âge d'admission dans une tribu. Après 6 mois de répit et d'épreuves réitérées, ils sont, en cas d'insunïsance, placés dans les chœurs de demi -caractère. Les parensne peuvent pas se faire illusion sur leur infériorité, ni prôner,comme à présent la gentillesse d'un enfant idiot. L'émulation est étouffée dans sa source, tant que les gâieries du père n'ont aucun contre-poids.
Le renvoi au demi-caraclcre, quoique peu flatteur,
INDCSTBIEI. in.< S. 333
u'est pas offensant, parce que cette classe contient beaucoup d'individus disgraciés en facultés sensuelles , quoique remplis d'aptitude intellccluelle. Ladite classe contient aussi certains ambigus précieux , figurant dans 2 caractères et doublant l'un et l'autre.
D'ailleurs comme le plein (caractère forme on corps très-nooibreux où l'avancement est difficile', tes enfàns fàubles en moyens intellectuels se décident aisément pour le demi-caractère , où la faiblesse réelle d'un si^et se trouve déguisée sous un rôle d'ambigu.
£n outre lorsqu'un enfant passe au demi-caractère de la tribu supérieure, c'est pour lui un avancement réel qui ne l'empêchera [pas de passer au plein caractère de cette tribu, lorsqu'il fera preuve de l'aptitude nécessaire.
Certains individus peuvent passer leurvie entière dans les chœurs de demi caractère ,' ils n'en sont pas moins heureux pour cela , ni déconsidérés, puisque cette classe, je l'ai dit, contient des individus de très-grand prix. On sait d'ailleurs que souvent un caractère mal prononcé dans les premiers âges, se déploie avec le tems et devient un titre de très-haut degré.
Du reste, dans le demi comme dans le plein caractère, les nombreux 'moyens d'attraction industrielle, (voyez ceux de la basse 'enfance ) , conservent toute leur influence. J^ seule envie de passer des aspirans aux néophytes de tel groupe, des néophytes aux bacheliers, suffit pour électrïser un jeune enfant dans les ateliers , jardins, étahles et mapoeuvres : l'on est moins en peine d'exciter son émulation que de modérer son ^ardeur, et le consoler d'une impéritie dont il s'indigne ets'efibrce de se corriger. Quel contraste avec les enfans civilisés qu'on dit cliarmans , et qui à 4 ans n'ont d'autre talent que de tout briser et souiller, et de résister au travail auquel on ne peut tes résoudre que par le fouet et la morale.
Aussi leur sort est-il si fâcheux qu'ils soupirent tous après la récréation , chose qui sera ridicule aux yeux des enfàns harmoniens. Ils ne connaîtront d'autre
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amusememt que de parcourir les ateliers et les réunions bien intriguées sur l'industrie- L'un des prodiges qu'on viendra admirer dans la phalange d'essai, sera le spectacle d'enfans qui ne voudront jamais se recréer, mais toujours pa&ser d'un travail à un autre, et qui n'auront de sollicitude que celle de savoir quels rassemblemens vont être négociés à la bourse pourles travaux dulendemain', par tes choeurs de chérubins de qui les bambïns prennent l'impulsion, car ils ne sont pas encore en acl>- . vile à la bourse, et n'ont ladîrection d'aucun traraïl.
La pleine liberté qu'on accordeauxenfansharmoniens ne s'étend pas aux licences dangereuses; il serait ridicule qu'on permît à un bambin de manier un pistolet chargé. Les harmoniens n'abusent pas du mot liberté comme les civilisés qui, sous prétexte de liberté, autorisent chez nu marchand toutes les fourberies imaginables.
L'admission à manier l'arme à feu, les chevaux nains, les instrumens Iranchans, n'est accordée que par degrés, lorsqu'on s'éîève de chœur en chœur, d'échelon en échelon ; et c'est un des moyens d'émulation qu'on met en jeu pour stimuler l'enfanta rindustrie,à l'étude sans jamais l'y obliger.
On nevcrra pascette émulation en pleineaclîvilédans ~ la phalange d'essai , parce qu'elle manquera de tous les ressorts que fournissent les relations extérieures poureiciter l'amour propre et les rivalités parmi l'enfance- Un enfant de cette phalange n'aura pas la perspective d'arriver dès l'âge de 12 à i3 ans à de hautes dignités telles que le commandement de dix mille hommes dans une manœuvre de parade ou d'armée; mais il sufBra des résultats déjà très-brillans qu'on obtiendra au début, pour faire juger de ceux que donnera le nouvel ordre, quand il sera pourvu de tontes les ressources, et élevé au plein mécanisme par l'organisation générale.
Il est dans l'éducation des bambins et bambines, une branche sur laquelle je n'ai pas pu disserter, c'est l'art de déterminer le caraclt^re et le tempérament de l'enfanl.
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rëchdon <iu"I occupe dans une échelle de 8io pleins et 4o5 mixtes, plos les transcendans. C'est une discussion qui sortirait du cadre des ronnaissances actuelles; j'ai dû réviler e.t je n'en fais mention 'que pour signaler la liaute importance du rôle de mentorin et mentorine auqqel sont alTeclées ces fonctions srienlifiques.
Faut-il s'étonner que la nature qui assigne aux men- • tonnes un emplotsîémînentJeuTinspire du dégoût'pour les rôles subalternes de l'éduralion, le soin des marmots au berceau ? Comment pourraient-elles vaquer à l'éclosion des caractères, à celle des pencbans industriels, à la classification des tempéramens, et aux épreuves trà<i-déli* cales qu'exigent ces divers services , si elles étaient obligées de 'passer tout leur temps à donner la bouillie aux marmots, écumer le pot., resarcir les culottes pour se rendre dignes d'un mari monilistf. Il est donc dans Tordre que les femmes réservées à ces bautes fonctions dédaignent la broutille du ména^ce, et que ne trouvant pas dans l'état civilise des emplois dignes de leur talent, elles se jettent dans les distractions, bals, spectacles, amourettes, pour combler le vide que la mesquinerie civilisée laisse à tous les caractères supérieurs. C'est bien à tort qu'on les accuse de dépravation, quand on ne doit accuser que le régime civilisé qui, en éducation comme en toutes choses , n'ouvre de carrière qu'aux femmes enclines à la petitesse, à la servilité, à l'hypocrisie. L'é'alage d'amour maternel n'est souvent qu'hypocrisie , marchepied de vertu pour les femmes qui n'ont aucune vertu réelle, aucuns moyens.
Diogèiie dit queTamourestrocrupationdes paresseux; on en peut dire autant des excès maternels. Ce heanzèle de certaines {emmespouric soin du marmot, n'est qu'un pis aller de désœuvrement. Si elles avaient une vingtaine d'intrigues industrielles à suivre pourlcurinlcrét et leur renommée , elles seraient fort aises qu'on tes délivrât du soin des petits enfans. sauf garantie de leurbonne tenue.
L'harmonie ne commettra pas comme nous la sottise
d'exclure les femmesde la médecine et derensagnement , les réduire à la couture et au pot. £lle saura que la nature distribue aux 2 sexes par égale portion , l'aptitude aux sciences et aux arts, sauf répartition des genres ; le goîit des sciences étant plus spécialement affecté aux hommes, et celui des arts plus spécialement aux femmes, en proportion approximative de
hommes, Vs aux sciences, '/i aux arts.
femmes , 73 aux arts, Vî aux sciences.
hommes , Vj à la grande culture) '/] à la petite.
femmes , Vi à U petite culture, '/} à la grande.
hommes , Va aux mentorins , Vj aux bonnins.
femmes , =>/) aux bonnines , Vi aux mentorines.
Ainsi les philosophes qui veuleot tTranniquement exclure un sexe de quelqu'emploi, sont comparables à ces mëchans colons des Autilles qui, après avoir abruti par les supplices leurs nègres déjà abrutis par l'éducation barbare, prétendent que ces nàgres ne sont pas au niveau de l'espèce humaine. L'opinion des philosophes sur les femmes est aussi juste que celle des colous sur les nègres.
L éducation harmonienne en direction des penchans, se trouve achevée à l'époque où la nôtre n'est pas commencée, à l'âge d'environ 4 ^i^ V*- ^^ ^^ ^^ Tenfant passant à la tribu des chérubins, s'élèvera parle seul effet de l'attraction et de l'émulation. Sans doute il aura encore beaucoup à apprendre jusqu'à 20 ans, mais ce sera lui qui demandera l'enseignemeot , et s'instruira de luimême dans les réunions scientifiques ou industrielles. Aucun officier ne le surveillera pour le diriger comme les bambins et lutins ; il sera dès l'âge de 5 ans ce qu'est chez nous l'homme de sS ans qui ne s'instruit qu'à son gré et fait d'autant plus de progrès.
Ajoutons une différence à établir entre les deux éducations ; c'est que la nôtre sépare les sciences et l'industrie qui [sont toujours réunies dans l'ordre sociétaire. L'enfant y fait marcher de 'front l'agriculture , la fabrique, les sciences, les ans ; c'est une propriété de l'exercice
INDUSTRIE!., ni.' s. aSy
parcellaire et des courtes séances , méthodes impraticables hors des Séries passionnées.
Conclusions.
Avant d'aller plus loin en éducation , remarquons la contrariété de nos méthodes civilisées arec le vœu de la nature. Loin de vouloir que les femmes soient toutes uniformes en penchans maternels, toutes empressées de soigner les petits enfans, elle n'en veut affecter à ce soin qu'environ le hiûtième, et répartir ce petit nombre à des fonctions très-opposées, celles de bonnes , bonnines et mentorinesqui n'ont aucun rapport, etquï encoresont subdivisées chacune en emplois parcellaires, en difiérens rôles sur lesquels on a l'option.
En outre la nature veut mettre en concurrence les sexes et les instincts ; ce sont des instincts Irès-différens, que ceux des 3 corporations précitées, et cependant ils concourent à former une série coopérative des a sexes dans l'ensemble de la basse éducation,
Ainsi dès son enfance l'homme n'csljpoint compatible avec la simple nature, il faut pour l'élever un vaste attirait de fonctions contrastées et graduées, même dès le plus bas âge où il n'est point fait pour le berceau. J.-J. Rousseau s'est insurgé contre celte prison oii l'on garotte les enfans, mais il n'a pas su imaginer le régime de naties élastiques, des soins combinés el des distractions néc'essaires à. l'appui de cette méthode. Ainsi, les philosophes ne savent opposer au mal que des déclamalions stériles , au Heu d'Inventer les voies du bien qui , fort éloignées de la simple nature, ne naissent que des méthodes composées.
Plus nous avancerons dans l'examen de l'éducation harmonienne, plus nous reconnaîtrons cette contrariété de la morale avec la nature: il convient d'en récapituler ici quelques détails tirés de l'éducation de basse et prime culànce.
La morale veut fonder le système d'éducation des petits eniàns , sur la plus petite réunion domestique ,
celle du nfénage conjugal. La nature veut fonder cette éducation sur la plus grande combinaison domestique , distribuée en 3 degrés, les groupes, les séries de groupes et la phalange.de séries. Hors de cette vaste réunion , l'on ne peut ni former les deux échelles de fonctions et de fonctionnaires exerçant émulativement sur chaque parcelle de l'échelle, ni satisfaire chez l'enfant le caractère et le tempérament 'qui ont besoin des salles et des services annexés à cette double échelle, semces impraticables hors d'une phalange de Séries industrielles. Aussi dans les ménages de famille, l'enfant s'ennuie-t-il an point de hurler nuit et jour, sans que ni lui nî les paréos puissent deviner les distractions dont il a besoin et qu'il trouverait dans un sérislère de' prime enfance.
La morale veut que dans ce ménage de famille , le père se complaise à entendre le vacarme perpétuel de marmots, qui le privent de sommeil et troublent son travail. La nature veut au contraire que l'homme, pauvre comme riche, soit délivré de ce charivari moral, et que rendu à sa dignité, il puisse reléguer en local éloigné cette diabolique engeance, placer les enfans en lien où ils soiei>t sainement et agréablement tenus, selon la méthode sociétaire qui assure le repos des pères, des mères et des enfans ; ils sont tous harcelés par le régime civilisé nommé doux ménage, véritable enfer pour le peuple, quand il n'a ni appartement séparé pour les marmots , ni argent pour subvenir à leurs besoins.
La morale veiit que la mère allaite son enfant; précepte inutile avec les mères pauvres qui forment les Vt ; loin d'avoir de quoi payer une nourrice , elles cherchent des nourrissons payans. Quant aux mères fortunées, en nombre de '/S, il faudrait leur interdire cette fonciion, car elles sont assassines de l'enfant. Par désœuvrement, elles s'étudient à lui créer mille fantaisies nuisibles, qui sont un poison lent et tuent la plupart des enfans 'riches.
On s'étonne sans cesse que la mort enlève le fils unique d'une opulente maison, tandis qu'elle épargne dans
-, Goot^ie
INDVSTBIEX. HT.' S. 339
les chaumières de misérables enfans privés de pain ; ces marmots de village ont une garantie de santé dans la paorrelé de leur mère qui 1 bbligée d'aller au travail des chaiiips,n'a pas le temps de s'occuperde leurs fantaisies, cl encore moins de leur en créer, comme le fait la dame du château. Ainsi J.-J. Rousseau en croyant rappeler les mères aux tendres sentimens de la tendre morale , a fait naître la mode d'allaitement, chez la classe de femmes qu'il fallait en exclure ; car dans cette classe riche elles manquent pour l'ordinaire ou de )a santé nécessaire, ou du caractère froid et prudent qui serait un préservatif de mal pour la mère et l'enfant.
La morale défend au père de gâter l'enfant; c'est au contraire la seule fonction réservée au père , son enfant étant snfGsamment critiqué et remontré en régime sociétaire , par les groupes qu'il fréquenre, II , 1 58 à i63 , ou .s'il est très-petit, par lesbonnes qui le soignent au sélislère du bas âge.
La morale veut que le père soit instituteur naturel de l'enfant; c'est un soin dont la nalure l'exclut et qu'elle réserve aux bonnins et mcntorins, gens formés pour cette fonction par l'instinct et l'esprit corporatif.
La morale veut qu'on place aulourde l'enfant une demi-douzaine d'aïeules et lanles.sœurs et cousines, voisines et commères pour lui créer des fantaisies qui nuisent à sa sanlé et lui fausserl'oreitleparla musique française. La nalure veut qu'on n'emploie pas le vingtième de cet attirail pour tenir l'enfnnt gaiement et sainement, dans un séristère assorti à tous les ^instincts du premier âge.
La morale veut que l'enfant soit élevé dès le bas âge â mépriser les richesses, et estimer.les marchands; la nar lure veut au contraire que l'enfant soit élevé de bonne heure à estimer l'argent et s'évertuer à en acquérir par la 'pratique |de la vérité qui, en civilisabon ne peut pas conduire aux richesses , et qui' est incompatible avec le commerce inverse ou méthode actuelle.
La morale veut qu'on ne permette aux enfans aoctm
a^O NOUVEAU HOnDE
raninement, surlou) en gourmandise, et qa'ils mangent indlfféreminent tout ce 'qu'on leur présente. La nature veut qu'on les élève aux exigences gastronomiques , aux finesses de cet art qui, en harmonie, devient moyen direct de les passionner pour l'agriculture. II, 2r3, ai5. Il est donc certain que la morale, même en lui supposant de bonnes intentions , joue le râle d'un médecin ignorant qui ne donne que des avis pernicieux , ne sait que contrarier les vues de la nature, et tuer les malades avec un étalage de belles doctrines. Mais est-il certain que la morale et ses coriphées aient de bonnes intentions? Avant de prononcer sur ce point, continuons à analyser la contrariété de cette science avec la nature; après l'avoir pleinement convaincae de contre-sens perpétuel , nous examinerons ses perfidies égales à son ignorance.