‹ Œuvres complètes de Ch. Fourier (volume 5)Chapitre 36 sur 63 · NOUVEAU HOM>B · texte numérisé non relu

NOUVEAU HOM>B

même une centaine d«n& le cours de sa jeuDesse;. partout il trouve des vieillards qui , tâé& pour la continuatioQ de ces travaux , se plaisent i instruire tel enfant pauvre en qui ils entrevoient un héritier de leur travail favori ; de là vient que souvent |un petit garçon sans fortune devient Tun des adoptifs d'une femme âgée, qui a reconnu en lui le continuateur de quelqu'un de ses travaux favoris, et lui fait un legs i ce titre.

C'est pour ménager ce beau ralliement, que la nature donne aux enfans des penchans difiérens de ceux des pères qui s'en plaignent amèrement en civilisation. Bientôt ils admireront la sagesse du créateur dans les harmonies sidilimes que l'état sociétaire fait naître de cette diva^ité de goûts en même lignée. ( 5.* sect. )

£n opposition à ces brillans accords, l'industrie morcelée n'aboutit en tous sens qu'à brouiller les âges opposés et les classes opposées ; le salaire y devient un sujet de querelles interminables, et le commandement individuel un sujet de haines. Tout commandement arbitraire est humiliant pour celui qui obéit. L'individu en harmonie n'est jamais commandé que poor discipline convenue , collective , el consentie passionnément ; dans ce cas il n'y a rien d'arbitraire dans l'ordre donné , rien d'offensant dans l'obéissance; tandis que la méthode civilisée ou régime de domesticité individuelle et salariée crée toujours double et souvent quadruple discorde', là où la méthode sociétaire produit double et quadruple charme , liens et accords de toute espèce.

Passant aux initiatives en attraction cotiective, je comptais en décrire 3 ressorts ,

L'emploi des passions ambiguës , {I, 43g.)

Les relations galantes aiu armées,

L'échelle d'amour maternel : Je me borne au premier.

On appelle groupes d'ambigu, Séries d'ambigu, les réunions mues par des goûts bâtards et méprisés parmi nous où l'on n'en a aucun emploi. Démontivos l'utilité de ces prétendua vicea, précieux en exercice combiné.

iKDUSTRiEi„ IV/S. agS

Je aai^KMe qu'il s'agisse d'entreprendre un traraïl difficile, comme la plantation d'une forêt, pour couronner on menbler une montagne nue qui dëpare le canton : l'on ne trouvera guéres à former une série qui renille se charger passionnément de l'ensemble du travail; il fendra mettre en jeu nne série d'ambigu, en rechange successif.

D'abord on fera agir la cohorte de salariés, pour les premiers transports de terre et le dégrossissement du travail. ( Je paHe de la phalange d'essai , car au bout de- 3 ans on n'aura plus besoin de cohorte salariée ).

Ensuite on fera intervenir les iniiiauurs, gens qui commencent tout et ne finissent rien, n'ont qu'un feu de paille limité à quelques séances : n'importe, ils sont précieux pour aider à franchir les premiers pas qni sont les pins épineux; ces caractères sont faciles à stimuler, l'entreprise la plus inconsidérée ne les effraie pas : ils mettront donc la main à l'œuvre', fourniront quelques séances de 2 heures, et lâcheront pied au bout d'une quînxaine, ainsi qu'on t'aura prévu. Entretems l'ouvrage aura déjà pris couleur; les initiateurs aidés d'une cohorte salariée auront bien avancé le dégrossissement , et placé quelques bouquets d'arbres sur divers points.

Alors on aura recours aux caractères occasioneis ou girouettes, gens versatiles, tournant à tout vent, inclinant pour l'avis dn dernier venu ,et ne goûtant une nouveauté que lorsqu'elle commence à prendre crédit : ils jugeront l'entreprise très •plausible quand ils la vei^ ront en activité, et s'adjoindront à ce qui restera des initiateurs aidés d'une masse de salariés.

On recourra ensuite aux ambians ou fantasques , gens qui veulent s'entremettre dans ce qui est fait à demi , le modifier et remanier, refaire la maison à moitié construite, changer inconsidérément de fonctions, quitter même un hon poste pour un mauvais , sans antre motif qu'une inquiétude naturelle dontjils ne peuvent pas pénétrer ta cause. Ils s'entremettront 'ardemment dans la

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pUatation quand Us la verront avancée ; on leur accordera quelque changement insignifiant , pour les amadouer , et ils figureront .pendant quelque 'tenu dans ce travail avec le restant des coopérateurs précédens.

Viendront ensuite les Caméléons ou ProUes, sorte d'ambigus très-nombreux eu civilisation , gens qui s'engagent dans nne affaire quand ils la voient en bon train. Ils ne voudront pas paraître insouciaos pour [l'entreprise parvenue aux deux tiers , et opineront k y coopè* rer sans attendre la fin. Leur intervention avancera d'autant le travail qui dès lors approchera de son terme. Ce ^era le moment d'engager les Finiteurs, geos qui se passionnent pour un ouvrage quand ils le voient presque achevé. Jamais il ^n' obtient leur suffrage au début ; ils crient à l'impossible , au ridicule , se répandent en diatribes contre l'autorité qui ïaît une amélioration], traitent de fou le propriétaire qui construit , dessèche , innove en industrie.

Mais lorsque l'ouvrage en est aux trois quarts , on voit ces aristarques changer de ton , se déclarer prôneurs de ce qu'ils ont tant décrié, prétendre, comme la mouche du coche , qu'ils ont .aidé l'entreprise; on les voit, souvent prôner cet ouvrage , à ceux même qu'ils ont indécemment raillés pour l'avoir soutenu dans lepiincipe. Ils ne s'aperçoivent pas de leur inconséquence^ entraînés par la passion qui ne germe chez eux qu'au dénouement de l'affaire. C'est en France que ce caractère est le plus commun, aussi les Français revendiquent-ils, après coup, toutes les nouveautés qu'ils ont raillées à l'apparition.

Les Français ne manqueront pas de se montrer en finiteurs sur la fondation de l'harmonie ou attraction industrielle. Us ont débuté par diffamer l'invention et l'auteur ; plus tard ils railleront les aclionuaires fondateurSr puis ils commenceront à se raviser, lorsqu'ils verront s'avancer les dispositions du canton d'épreuve ; enfin, au moment de l'installation, ils rachèteront les actions au triple et au quadruple, ils prouveront que ce

INDUSTRIE!.. IV.» s. agS

sont eax qui ont protégé l'aateur, qu'ils ont admiré, encouragé sa découverte.

Et comme les extrêmes se touchent, les Français sont grands initiateurs sur les choses connues; aucun peuple D'est plus enclin à tout commencer sans rien finir, changer de plan sur un travail à moitié fait. On ne voit jamais rhei eux un fils achever sur le plan du père, ni nn architecte continuer sur le plan de son prédécesseur ; les Français sont ambians, ne pouvant se tenir fixement à un goût, i une opinion , passant brusquement d'un extrême à l'autre , et amalgamant les contraires ; il étaient, ilya un demi siècle, pleins de mépris ponr le commerce, ils en sont aujourd'hui plats adulateurs ; ils se vantaient de loyauté, et maintenant ils sont dans le commerce, aussi faux que les Juifs et les Chinois.

Bref, on voit affluer chez eux tous tes caractères d'ambigu que je viens de décrire ; l'ambigu , en tous genres , est caractère national chez les Français; et quand les harmoniens, écrivant l'histoire de la civilisation, classeront les peuples par échelle de caractères , le Français yfignrera comme type de l'ambigu et non de la loyauté.

On peut entrevoir ici que nos goûts les plus critiqués par la morale , seront utiHsés et deviendront vertus précieuses en régime sociétaire. Les civilisés nccesseni de se railler l'un l'autre sur tel goût bizarre ; en réponse à cette critique , je viens de décnre un ouvrage des plus pénibles , des pins rebulans , effectué pas^onnément par le concours de tous ces caractères ambigus.

Plus on avancera dans l'examen du mécanisme des Séries pass. , plus on se convaincra qu'il existe' surabondance de moyens pour attirer à l'industrie les masses comme les individus; que nos penchants , nos instincts, nos caractères même tes plus bizarres , seront bons tels que Dieu les a faits, sauf à les employer en Séries passionnées; que le règne du mal ne provient aucunement des passions, mais du régime civilisé qui les emploie en exercice morcelé ou familial , d'où naissent autant de calamités que le régime divin 'aurait produit de bienfaits.

nésumant sur le sujet de ce chap. , je pourrais indiquer beaucoup d'autres voies d'initiative eu attraction industrielle; mais il sufdt de ces quatre,

exercice parcellaire, domesticité indirecte , intrigue de contact , emplois d'ambigu , I, 439pour prouver que le monde social est hors des Toies de la nature quand il distribue l'industrie par familles, méthode où la fourberie des relations, la longueur des séances, la saleté des ateliers, la complication des traTauz, l'ingratitude de^ fonctions subalternes , l'injostice et l'égoïsme des maîtres, la grossièreté des coopérateurs , tout concourt à transformer l'industrie en supplice, et qui pis est à réduire le produit au quart de ce qu'il serait en régime sociétaire. L'état civilisé est donc Tantipode de la destinée, h inonde à rebours, l'eNFEA SOCUl : il faut être frappé djs la cataracte philosophique pour ne pas reconnaîtra cet égarement de la raison.

CHAP. XXVI. Engrenage des Séries par la gastronomie cabalistique.

Dans lecours des sections précédentes et de la préface, OQ a pu badiner sur une thèse plusieurs fois répétée et risihle au premier abord ; c'est (263) gu'ea régime sociétaire, ia gourmandise est source de sagesse, de lumières et d'accords sociaux; je puis donner sur cette étrange thèse les preuves les plus régulières.

Aucune passion n'a été plus mal envisagée que la gourmandise : Peut-on présumer que Dieu considère comme vice , la passion à laquelle il a donné le plus d'empire f ( car il n'en est point de plus généralement dominante sur ,1e peuple. ) D'autres passions, l'amour, l'ambition, exercent surtes âges adulte et viril beaucoup plus d'inOuence, mais ta ^urmandïse ne perd jamais son empire sur les divers âges; elle est la plus permanente, la seule qui règne depuis le btfceau jusqu'au

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tenue de la vîe> Déjà très-puissante sur la classe polie, elle règne en soureraine sur le peuple et sur les enfam , qu'on voit partout esclaves de la gueule. On voit le soldat iàire des révolutions pour qui veut l'enivrer ; et le sauvage si dédaigneux pour les civilisés, s'associer à leur industrie moyennant un flacon d'eau de vie, leurvendre au beatHD sa femme et sa fille pour quelques bouteilles de liqueurs fortes.

Dieu aurait-il asservi si impérieusement les humains à celte passion, s'il ne lui eût assigné un rôle éminent dans le mécanisme auquel il nous destine? et si ce mécanisme est celui de l'attraction industrielle, ne doit-elle pas se lier intimement avec l'attraction gastronomique dite gourœandisePen effet c'est la gourmandise qui doit former le lien général des Séries industrielles, être l'ame de leurs intrigues émulatîves.

Dans l'état civilisé la gourmandise ne se lie pas i l'industrie, parceque le producteur manouprier ne goûte pas des durées exquises qu'il a cultivées ou manufacturées. Celte passion devient donc parmi nous l'attribut des oisifs , et par cela seul elle serait vicieuse si elle ne l'était défà par les dépenses et les excès qu'elle occasionne.

Dans l'état sociétaire , la gourmandise joue |un râle tout opposé; elle n'est plus récompense de l'oisiveté, mais de l'îndnstrie , car le plus pauvre cultivateur y participe à la consommation des denrées précieuses. D'ailleurs elle n'influera que pourpréserverdesexcès.àforcedevariété, et stimuler au travail en alliant les intrigues de consommation avec celles de production, préparation, et distribution. 263. La production étant la plus importante des quatre, posons d'abord le principe qui doit la diriger, c'est la généralisation de la gourmandise , eu effet :

Si on pouvait élever tout le genre humain aux raffinemens gastronomiques, même sur les mets les pitis communs tels que choux et raves > et donner à chacun une aiunce qui lui permit de refuser tout comestible médiocre en qualité ou en accommodage; il arriverait que

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chaque pays caltivë serait, au bout de quelque» années, coureTitde productions exquises ; car, 109, on n'aurait aucun placement des médiocres, teUes que melons amers, pèches amères, que donnent certains terroirs où l'on ne cultiverait ni le melon ni la pêche : tout cantoo se fixerait aui productions que son sol peut élever à la perfection, il rapporterait des terres sur les lieux qui donnent de mauvaises qualités , ou bien il meltraiile local en forêt, en prairie artificielle ou autre emploi qui pût donner un produit de bonne qualité. Ce n'est pas que les Séries passionnées ne consomment du commun en comestibles et en étoffes; mais elles veulent, même dans les choses communes telles que les fèves et le gros drap,une qualité aussi parfaite que possible , conformément aux proportions que la nature a établies en attraction œanufaclvrière, (voyez 179).

Le principe d'où il faut partir, est qu'on arriverait à une per/eclion générale de l'industrie, par exigence et raffinement universel des consommateurs , sur les œmestibles et vâemens, sur le mobilier et les plaisirs ; ce principe est reconnu par les moralistes mêmes , car on voit les classiques tonner contre le mauvais goût du public adonné aux mélodrames, et aux monstruosités que dédaignerait une société d'un goût épuré.

Sur ce point comme sur tout aulre , la morale est en contradiction avec elle-même, car elle nousveut rafiînés sur la littérature et les arts, puis elle nous veut grossiers sur ta branche essentielle du système social, celle des subsistances qui sont la partie de relations i63 et 263 où doit germer l'attraction industrielle, pour se répandre de là dans toutes les autres branches. Ainsi les moralistes toujours mal-enconireux en théorie comme en pratique, ont appliqué le principe de perfectionnement, ou nécessité de goût rafBné , au dentier objet auquel on devait l'appliquer, aux beaux arts; et je les place au dernier échelon en politique sociale, parce que le raffinement qu'on y a introduit tombe dans double vice.

.Lioo^ie

i." Ilpeirertit les arts mêmes qui, par spéculation mercantile, s'engagent de plus en plus dans les fauxbrillans, le romantique outré, les écarts de toute espèce ; dépraTation quise communique au génie, adonné plus que jamais à l'esprit de système , et'au dédain de la nature ou attracdoD.

2.* Si le raffinement règne plus ou 'moins dans les arts , il y est limité , il ne se répand point dans les relations priâiordiales , celles de consommation et préparation, d'où il se communiquerait à la production, i63et 263. Ainsi la marche du bon goût ou raffinement est tout-à-fait faussée et neutralisée par cette bévue morale qui veut le limiter aux arts avant de l'introduire en astronomie d'où il se répandrait partout sauf emploi des Séries passionnées.

A l'appui de ce double grief, observons que Paris qui est le foyer des beaux arls, est aussi le foyer du mauvais goût en gastronomie. Les Parisiens consomment indifféremment le bon ou le mauvais , ' c'est une fourmi- ' lière de 800,000 philosophes qui ne se nourrissent que pour modérer leurs passions, et favoriser l'astuce des

' L'assertion peut sembler injurieuse aux Pansiens , je vais l'appuyer de faits décï^iis.

JDepois 1836, les boulangers et pâtissiers de Paris ne font cuire qu'à demi tontes leurs pâtes. Paris était donc bien ignare en gastronomie, an temps où l'on faisait cuire en plein le pain et la pitisserie ! Ce temps était ponriant celui des Grimod et des Berdiond qui se trouveat coupables de gasiro-âiurie , û la mode actuelle est conforme aux saines doctrines. Faut-il dire le secret de cette monstruosité ? c'est que les pâtes à demi cuites conservent |Hus d'eau , sont plus lourdes et se maintiennent mieux en cas de mévente. Cette demi-cuisson sert l'inlérJit des marchands , mais non pas celui des consommateurs. Si les Parisiens n'étaient pas vandales en 'gastronomie ; on aurait vu la grande majorité d'entr'eus s'élever contre celte impertinence mercantile, et exiger une ciÙMon suffisante; mais on leur fait croire que c'est le bon l^eiire, U genre anglais gui vient de l'anglais.

:. Goot^le

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mardiands par ane serrile résignation à toutes les fraudes, à tons les poïsom qu'il plaît au coaamerced'inTeEiler. Un autre genre de dépraTati<Mi particulierà laFraoce, et qui est encore d'origine parisienne, c'est le dédain da sexe féminin 'pour la gastronomie , dédain qui Ta croissant. Ce sera un très-grand vice au début de l'hannonie.

En 17971 "^ '^ lubltua anaû, par mode anglaiie, èi manger de la viande à demi-crue, avec fourchettes coorbées 1 rebours, et'preaque impossibles à manier. C'est encore l'anglomanie qui les a habitués à proscrire an déjeuné les bons mets de leor pays , et les remplacer par une vilenie qu'on appelle Thé , dri^e dont les anglais s'accommodent forcément, parce qu'ils n'ont ni bon vin, ni bons fruits , à moins d'énonne dépense. Ils sont réduits au thé comme les malades, et au beurre comme les petits enfans à qui une mère pauvre donne une rôtie de beurre.

Peut-an nommer gastronomes, des êtres sans goAt prononcé , dociles à toutes les sottes idées que leur snggère la mode, l' astuce mercantile ? Témoin la vogue de la colle raoce nommée VermicheUi^ qni est devenu soupe générale à Paris , parce qu'elle fait gagner l'épicier et épargne du temps à la cnisinière. Voilà le savoir des parirîens en gastronomie , la docilité à tout fripon qui vent les duper : aussi ne voit-on nulle part tant de falsification des h'quides , vin , vinaigre , liqueurs , bière, lait, huile, sucre , etc. ■. leurs viandes sont échaufTées et infectées par les courses forcées de l'anima) à qui le manJiand vent faire sauter une étape ; leurs herbages sont imprégnés du parfum de certaine denrée dont on fume les jardinG de la banlieue ; ils ont quelques bons fruits parce que le commerce nepentpaslesfalsifier, comme leursviâs,'fabriquésavec bois de teinture, potasse, litharge, lie, esprit ^6 1 ^i" '^*'i mélasse, r^lisse, miel , alun , iris et autres poisons mercantiles dont le pire est le vin de Languedoc St. -Gilles. Du reste, leurs cultiratemrs sont ignares au point de gâter la moitié des pommes de terre dès le jour de la récolte ; sur vingt paniers pris au marché , vous en trouverez dix immangeables par amertume, aigrenr, viscosité; Est-il denation plus profane, plus vandale en gastronomie? Un enfant de 5 ans , élevé en harmonie, trouverait cinquante fautes choquantes au dbië d'un soi-disant gastronome de Paris : que dire de leurs antres anglomanies , leur écriture où on ne voit que des h, unnuonnu.

IHDVSTBIEl. IV.* S. 3oi

car on ne peut pas se passionner Tirement pour les cultures , épouser avec ardcnr les intrigues des séries agricoles , si on ne se passionne pas en gastronomie , voie initiale d'attraction industrielle. Des prédicans de morale et de bon ton persuadent aux dames françaises qne la gourmandise est une passion de mauvais genre ; il Ëindra qu elles changent de thème en harmonie, qu'elles «'élèvent au rafBnement cabalistique, au moins sur les dix passions permises parles coutumes civilisées. Le sexe féminin est moins vicié en Allemagne, il s'y livre plus franchement à la gourmandise, même sur les vins , que le beau sexe français tient à honneur de mépriser.

Tous ces goûts de modération ne sont que travestissement de la nature ; elle a ménagé, en comestibles solides ou liquides, un assortiment propre à passionner les 3 sexes ; et de plus un engrenage de goûts , engageant dans les goûts mâles 1/8 de femmes, et dans les goûts féminins 1/8 d'hommes. Cet engrenage existe quoique déguisé. Je connais une demoisdie de 9 ans qui aime beaucoup l'ail et mange des gousses d'ail avec avidité. Sans doute à qmnze ans elle se serrera de ce régal , mais il prouve qu'en dépit des arrêts de la mode, les femmes sont pourvues en proportion convenable , de tous les goûts nécessaires à l'oigrenage des Séries passionnées , selon les règles posées en I.™ section.

Il faudra donc développer ces goûts dans la phalange d'essai, faire éclore chez les femmes leurs [tenchans nature souvent fort opposés au bon ton . Ce sera d'abord sur la gastronomie qu'il faudra les rappeler à la nature, si l'on veut atteindre sans délai à l'engrenage des séries industrielles et à l'équilibre des passions. Une îeunc fille aime l'ail en dépit des plaisans ; spéculez Wr ce goût pour un engrenage double, il peut opérer

i." L'alliage des sexes dans une série, car la série qui cultivera les légumes bulbeux , oignon , ail , échalotte , porreau, ciboule, sera communément masculine. Il faut par engrenage y introduire au moins 1/8 de femmes et

3oa NonvEAO monde

c'est dans le bas âge qu'il faut les chercber , car ce n'est

guères à seize ans que les filles prennent goût à l'aîl.

2.° L'alliage des Iravaui chez l'indiridu. Telle jeune fîlleaime l'ail etn'aime pas éiudierla grammaire^Ses parensvoudront qu'elle renonce à l'ait et qu'elle s'adonne à -l'étude; c'est doublement contrarier son naturel; cherchez plutôt À le développer en douUe sens. Après l'avoir mise en liaison cabalistique à table et au jardin avec les amateurs de l'ail . présenteartuî l'ode en l'honneur de l'ail par M. de Marcellus: elle s'empressera de la lire, ù elle est vivement piquée contre les détracteurs de l'ail : profilez de cette .lecture pour l'initier superficiellement à la poésie lyrique, aux distinctions de strophes et de vers libres. Peut-être se passionnera-t-elle pour la poésie avant la grammaire, et l'une conduira bientôt à l'étude de l'autre. Ainsi l'enseignement sociétaire combine l'esprit cabalistique et les penchans bizarres pour éveiller chez un enfant le goût des études et le conduire indirectement, à celte qu'il aurait repou&sée obstinément sans le concours de quelques stimulans d'intrigue.

J'insiste sur le principe de rattacher toutes ces intrigues à la gourmandise qui est pour les enfans la voie naturelle d'initiative et d'engrenage en Industrie. Sans doute il est d'autres ressorts à mettre en jeu, maiscelui^ est au i."rang chez l'enfance. La phalange d'essai en méconnaissant ce principe s'engagerait dans la ùusse route. £lle n'avancerait qu'à pas de tortue; et pour peu qu'elle commît une autre faute grave, elle échouerait .

GHAP. XXVIL De îa Gastrosophte ou sagesse des Séries gastronomiques.*

Nos soi-disant gastronomes , tant écrivains que praticiens, ne sont point du tout à la hauteur du sujet ; ils le ravalent 'en le traitant sur le ton plaisant. H est v ra qu'en civilisation , la gastronomie ne peut jouer qu'un

INDUSTRIEL. IV.* S. 3o3

rôle très-subalterne, et plus voisin de la débauche que de ta sagesse ;'niais en harmonie elle sera révérée comme ressort principal d'équilibre des passions.

Le sens du goût est iu char à 4 roues qui sont ;

1 la Gastronomie, 3 la Conserve,

2 la Cuisine, 4 la Culture.

La combinaison de ces 4 fonctions exercées en Séries paisionnées, engendre la GASTROSOPhie ou sagesse hygiénique, hygiène graduée, appliquée aux échelles de tempéramens qui ne sont pas connues de la médecine civilisée. ( Voyez la note tooi. II, 2i4 ).

Conformément à sa propriété de monde à rebours , la rivilisation marche à contre-sens dans cette carrière, elle veut commencer par où il faudrait finir. Tout père approuverait fort que son fils et sa fille excellassent dans les 3.* et 4-' branches, culture et conserve ;'on veut même que les jeunes filles s'exercent à la 2." branche qui est la cuisine : ainsi on admet les 3 branches de science qui ne peuvent pas créer l'allraction industriel le, "et on proscrit la I." branche, la gastronomie d'oii naîtrait )a passion pour les 3 autres. Cette gauchertc est encore une des prouesses de la morale tendant à nous rendre ennemis de nos sens , et amis du commerce qui ne travaille qu'à provoquer les abus du plaisir sensuel.

D'autre part, des écrivains scandaleux donnent des leçons de gourmandise à nos1uculIus,qui ont bien assez des lumières de leurs cuisiniers, sans que la poésie et la rhétorique viennent leur prêter appui. Cette prostitution littéraire compromet la gastronomie , comme les billevesées de la secte Owen compromettent l'association.

La gastronomie ne deviendra .^ience honorable, que lorsqu'elle saura pourvoir aux besoins de tous ; or il est de fait que la multitude, loin de faire des progrès vers la bonne chère, est de plus en plus mal nourrie. Elle est privée même des comestibles salubrcs et nécessaires : on voit dans Paris 3 à 4ooo gaslrolatressegobergeraumîeux, mais on voit à côté d'eux 3 k 4oo,ooo plébéiens qui n'onlt

-, Goot^le

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pas même de la soupe naturelle : on leur fait maintenant un «mulacre de bouillon avec des ingrédiens qui sentent le lard rance , la chandelle et l'eau croupie. L'esprit de commerce va croissant et ses fourberies accablent déplus en plus les daises inférieures.

La gastronomie ne sera louable qu'à deux conditions; i." lorsqu'elle sera appliquée dirtcttmaU aux fonctions productives , engrenée , morue avec le travail de culture et préparation , entraînant le gastronome i colliver et cuisiner. 2." Lorsqu'elle coopérera au bien-être de la multitude ouvrière, et qu'elle fera participer le peuple à ces raffîneaiens de bonne chère que la dvilisatioa réserve aux oi^fs.

Pour atteindre ce bot , il faut engrener les fonctions du goût, les rallier toutes à la plus attrayante des quatre qui est la gourmandise. On est assuré qnecelle-U ne sera pas abandonnée , qu'elle restera toujours attrayante; il faut donc la choisir 'pour base de l'édiBce , si l'on veut qu'il soit régulier et durable.

Nos philosophes posent en principe que tout est b'é dans le système de la nature , mais rien n'est lié passionnément dans notre système industriel : Tindoslne doit former ses liens par les Séries gastronomiques ; elles conduisent par passion , des débats de la table aux fonctions de cuisine et de conserve, pois aux cultures, enfin à la formation des échelles de ' tempérament , et des préparations culinaires adaptées au régiine sanitaire de chaque échelle. On s' forcera donc en hannome d'enrôler de bonne heure chaque individu aux 4 fonctions précitées, afin qu'il ne se borne pas au r6le iguoble de gasirolStre, déshonneur de nos Apicins dont tout le savoir se réduit à joUer des mâchoires, sans aptitude à agir dans les 3 antres fondions du goût.

Aucune passionn'aplusd'înfluence que celle du goût, pour opérer l'engrenage des fonctions. J'ai donné, chap, XXVI, unexempletîré de l'ail où je suppose la personne entrsânée k l'étude de la poésie par cabale pour le son-

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lien de aoa goût, et par enlhotuiasme pour la brandie de littérature qui W pr&oé. ( Essor de la Cabaliste et de la CompoGÎte ). Si l'on veut spécula de la sorte sur las nuuieft gaslronooiique» de chaque enfant , appliquées à des Séries pasaionnée&, on trourera dans celte seule branche de fantaisie», des moyens de passionnerl'cniant pour les diverses branches d'étttde, et de même les pères et mues; car il faudra au début de rharmonie faire rédttCation des père» cosune celle des enfans. Je ne saulaie donc asaez rappeler la nécessité de spéculer avant tout sur la gastronomie, comnie semaille d'attraction plus Micacé que tonte antre, et atoyen le plus prompt d'aller au but, engrener pasùonnéaient le» fonctions, entruner de l'une à l'autre pat les stimnlana de cabale «t d'enthousiasme , enfin établir ces liens générawx que révc la philosophie sans savoir en former aucun, surtout dans l'enseignement qu'elle ne sait allier ni avec te plaisir, ni avec la prati<}ue de l'agriculture.

Une fSkheuse lacune en ce genre est de n'avoir pas su lier la médecine avec le plaisir, et surtout avec celui du goût. Chaque année voit éclore de nombreux systèmes en mcdedne , dont pas un, excepté c^ui delà médecî-oe du cœur, n'a cherché à sortir de l'ornière. Une carrière bien neuve , mais peu fructueuse pour la faculté , serait la audtciae du goût , la théorie des antidotes agréal>Ies à administrer dans chaque maladie. On a vu des cures opérées par des confitures, des raisins, dea pMnmes reinelles, de bons vins;î'ai vu une fièvre covpéeet dissipée par un petit verre de vieille eau-de-vie. l^e peuple a contre le rhume ua remède agréable , une hoinlcilte de vin vieux, chaud et 'sucré, et le sommeil à la sipite. Cette médecine sera une branche de la science dite gàslrosophie hygiénique, méthode préscrvative et curative â la foia, Car elle préviendra tous les excès de table, par l'afflueuce, ta variété de bons comestiUes , par la rapide succession de plaisirs faisant diversion à celui de la table.

C'ttt pour nous amener dès le bas &ge à ce régime,

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que ]a nature donne aux enfans la gloutonnerie pour passion domiiianle. Ils sont, dit-on, de petits gourmands, rien n'est plus faux , ils ne sont pas gourmands, mais t&vAeXDanï gloutons, goinfres , goidas. Ils mangent aver avidité des fruits verds et autres vilenies; s'ils étaient gourmands, connaisseurs, ils renverraient ces alîmens grossiersaux pourceaux. Leur gloutonnerie est un germe qu'il faut amener à la gourmandise , à la gastronomie raisonnée et appliquée aux 3 autres fonctions du goÂt.

On iobserve partout que la classe la plus réservée à table, est celle des cuisiniers; ils sont juges sévères, dissertant bien sur les mets , sans en faire aucun excès ; ils , sont proportiohitément la plus sobre des classes qui ont ia bonne chère à discrétion. Ije meilleur préservatif des abus de la table, serait donc pour les enfans comme pour les pères, un ordre de choses où ils deviendraient tous cuisiniers et gourmands rafhnés , alliant la gastronomie avec les 3 fonctions de cuisine, conserve, culture, et avec, rhygiène graduée selon les échelles de tempérament.

Et comme celte méthode gastrosophique est celle qui rencontrera le plus d'opposans parmi une société d'actionnaires, comme on verra les uns, par préjugé de xaorale,, et les autres par économie mal entendue, opiner contre la provocation ou tolérance de gouAnandise, je dois les prévenir fortement contre celte erreur qui est l'écueil le plus à craindre en épreuve sociétaire.

On s'étonnera que j'attribue une si haute influence à l'emploi de la gastronomie, et que j'en fasse la condition Sine quâ non, de succès d'une phalange d'épreuve, condilion qui n'esl pas imposée dans le traité de 182a.

Cette opinion est le résultat d'une étude approfondie sur la dose d'influence qu'aura chacune des 12 passions pour faire éclore el engrener les allraclions industrielles, dans le canlon d'épreuve contrarié par de nombreuses lacunes d'attraction : Ii,63i. Essayons pièce à pièce ta revue de ces doses d'influence.

Ambition : elle fournira en émulation industrielle des

INBUSTSIEL. IV.* S. 307

ressorts Dombreax'et brillans, mais non pas au début; par exemple : l'éclielle de sceptres citée 271 , sera un stimulant magnifique , mais qui ne s'établira qu*après ta pleine fondation par toute la terre. Voilà donc un levier dont l'emploi est différé de 4 à 5 ans, or il faut des ressorts qn'onpulssemettreenusage dèsia i."quinzaine; et ponr effectuer ce prompt service , la gastronomie sera le moyen le pins applicable à toutes les classes. L'ambition fournira au début 4 aiguillons très-notables savoir : la perspective de^récompenses de fondation, lebénéficesur les curieux payans , les minuties honorifiques, ( Mondor 388 ) et les cabales émulatives; mais pour créer subUe» ment les attractions industrielles et engrener cabalistiquunent ces attractions ; aucun moyen n'équivaudra à la gastronomie expliquée.

Amour : il fournira des stimalans d'industrie si puissans, si efficaces, qu'à l'époque de formation des séries amoureuses, organisation des libertés et contre- poids en amour, on verra, en moins de deux ans, le produit accru de moitié. J'ai dit que ce produit sera quadruple du nôtre au début, il serait sextuple en cas de liberté d'amour équilibrée. Mais on a vu a83 que lé libre exercice de cette passion so^ renvoyé i un demi-siècle; il restera jusque-là au rang des crimes : ce n'est donc pas un objet de spéculation pour emploi subit , comme le ^era la gastronomie qui n'a rien de criminel, même aux yeux de ses antagonistes ; car on voit tel prédicateur, à la suite d'un beau sermon contre la amirmandise|, figurer très-bien à une bonne table. D'aineurs celte passion cessera ' d'être vice quand elle sera équilibrée, prévenant tout excès , et de plus hygiénique , faisant coopérer Je plaisir au soutien de la santé.

Paternité, Ses emplois en attractioti industrielle ne commenceront guère» qu'au bout d'un siècle, sauf exceptions; car au bout de dix ans-, on en verra germer une branche], celle des adoptions industrielles ; d'autres branches, comme les adoptionssympatiques, l'échelle d'amour

3o8 NOCVKAIf MON>E

paioitel . «erent différées plua k>ng-teQi|Mi enoere ; to«t cela est fort )oia de remplir la ■condîtiofi d'en|4ot subit , applicable à toutes le» classes.

Amiiië: oa eu tirera un grand teccmrs » mais le wojtn de la développer eo peu de temps , sera l'eaiptvi das échelles et cabales gastroowniqaes. Rien ne forwc des liens si prompts que les afËBitéa de goût sur tek rael», telle préparation, surtout a'il s'af^t d'un goût bisaire, ambigu et raillé par la maiorité> C'est donc faToriserl'-a* mitié, que d'employer la gastronomie en mécaniqwe «o^ ciale. W eût été plus noble d'attribuer à l'amitic ce 9f stème de» engrenages d'allractioainduatrtdlequeie hm reposer sur le sens du goût; aiais si je donnais iet la pricM-ilé à l'amitié', ce serait placer l'^Ect en i.'* ligoftet la cause en 2.° Je me garderai de cette N-renr.

Jugeons plus régulièrement nos sens ; n'ayone pas boale de leur iaflueuce quand elle conduit an bien, i nndnsirie, et aux accords sociaux. Dteu ne veut pas intirhonorer maia utiliser la matière, en laçomiant les seat aux convenances de l'ame, et en leur donnant une taitiatire, a6i, comme nous la donnons aux serrilenra qui jw^rarent les Toies pour le maître , Avant son aimËs. C'est ainsi qu'on doit envisager l'inilialire que ^e drame i la gastronomie, employée comme voie des {««mien liens d'amitié entre les groupes industriels qu' assemble une affinité de goûts sur lacoDsommationJafKparation et la culture de chaque espèce ou variété.

Je n'examine pas quelles ressources foomiront lei 3 passions mécanisantes pour Vengrtnage des fonctiou industrielles; toutes trois agissant sac les netif autres, il suiBt d'analyser les forces de cbacune des 9 au débat. J'ai évalué l'influence des 4 afTectoeusca comparniivement à celle du sens du goût, estimons celle des 4 autres sens dans une phalange débutante.

TfJcfi vue, orne, odonU : trailona-cncamalatnemenl.

Aucun des quatre n'aura d'influence notable swr ks paysans et ouvriers qui fermeront la grande majovîté

IViSDSTRIEl. IV.* S. 3&>j

d'mie phalange d'essai , et qui auront reçu la grossière ééncstioA populaire. Il fandra dans les débuis de l'hai^ monie, se contenter <d« ces brutes à fi|pire humaine que forme la civilisation, de ces épais Limousins et Bas-Bre- (om qsi n'auront jamais de comoieTce arec les muses. indifiérens sur tes raffinemens de la rue, de t'ouie|, dt Todorat et du tact, ib ne convoitent que les jouissances dn coAt et le bénëiice pécuniaire : un fumier bien (^as, Inen fécondant a plus de charme pour euit que les fleurs du priDlenpsq«i ne donnent aucun profit. Le plus beau ■te,à lenrsyenx nenut pas un bondiné;ilgTousdispenseront des beaux aris pourvu que la table soit bien servie.

Laissez donc éteindre cette génération brute qu'a foi^ met la civilisation perfectible; BltendcE quinze ans oa dix , avant d'essayer en système général , l'empire des 4 sens nommés tact, TUe, ouie, odorat. Jusque-là on en tirera parti autant que possible, chez les individus sns^ ceptibles <de «e genre de raffinement ; mais à coup sàr ils snrwit en petit nombre, landisque les gasirolâires seront en inHDittue majorité tians tes 'i classes. U faut donc, eti début , spéculer sur les moyens de circonstance , et non SOT des perfections futures. Sous ce rapport, c'est la gastronomie-qui méritera toute Tatteniion des fondateurs; elle sera le germe provisoire des «ccords sociaux, jusqu'i ce qaon puisse opérer sur une génération moins faussée, moins grossière, et applicable à l'exercice cuonilatif des lapassions. Nos lois n'en tolèrent que lO, excluant l'aiBonr et la paternité LIBRES : (lésa affectives mineures; car la civilisation est bongrée en essor mineur).

A côté de la passion la plus puissante pour former les engrenages industriels, il convient de signaler la passion evrtachée de* propriétés contraires, celle qui tend i rompre les liens, et qui par cette wîson est chérie desmonlisfes; c'est l'esprit de femille ou paternité, source de tous les désordres sociaux. Un aperçu de ses vices est nécessaire dans la notice de» engrenages Industriels dont elle est l'obslacle principal.

3iO NOUVEAU MO»DE

CHAP. XXVlll. Du germe de discorde générale ou lien defanuiie en mode simple.

£n iraîtant des germes d'arcords sociétaires, qai occnperont toute la 4-* action, il est nécessaire de détînir celui de discorde générale, germe bien inconnu , c'est le lieu de famille tant prôné par les moralistes. Le monde civilisé est si f<»rlement pi:évena en faveur du lien de famille, que pour le désabuser, il faut placer les preuves nvani ;la théon'e, et renvoyer les principes à la (fin du çhap. Examinons les vices les plus saillans de l'iadustrie fainitiale , société la plus petiU possible, et par suite, la plus opposée aux vues de Dieu, à l'économie, aux liens.

i." h' insùibiiiié : rien n'est stable dans notre industrie: la mort accidentelle du chef de famille peut d'un jour à l'autre désorganiser toutes ses entreprises; les partages d'hoirie, les disparates de caractère du père au fîls, l'inégalité de connaissances , vingt autres causes bouleverseront tout l'ouvrage du père. Ses plantations seront abandonnées, morcelées, dégradées; ses ateliers tomberont en désordre , sa bibliothèque ira au bouquiniste et ses tableaux au fripier : le contraire a lieu dan^ une cmporaiion civile ou religieuse; tout y est maintenu et perfectionné , l'inconstance ou la mort d'un individu ne troublent en rien les dispositions industrielles.

3." La corUrariélé en progéniture : un homme industrieux voudrait au moins un fils pour le remplacer et suivre ses travaux ; le sort ne lui donne que des filles en mariage, et il n'a de garçonsqocdcs illégitimes, proscrits par la loi, son nom s'éteindra. Il trouverait en industrie des continuateurs passionnés, mais dans des classes disparates par la fortune et les conditions. D'autrefois ses eufans refusent de le seconder, ou bien ils en sont incapables. Souvent, c'est la surabondance d'enfàns, la dépense d'éducation qui paralyse les entreprises du père ; son travail ingrat ne peut suffire à les élever et les éla*

INDVSTIilKL. IV/ S. 3ll

blir. £t pour prix He tant de falifues, il enroilplunenn désirer sa mort par impaiience de jouir de l'hérïtage.

3." Disgrâces conjugales et domestiques: c'est no sujet $■ étendu qu'il convient de le franchir. Voyez II, 376 et 398.- L'homme industneux sera rebuté par t'ioconduite d'une épouse ou de quelques enfans, par les grivelages des coopéraleurs, les calomnies et les procès des envieux ; par la perte d'un enfant sur qui reposaient toutes ses espérances. L'on voit des pères et mères Icivilisés tomber dam le délire à la perte d'un enfant préféré; ils n'ont aucun contre-poids à opposer à cette disgrâce ni à tant d'autres.C'est donc un trébuchet que tet état de famille; c'est la boîte de Pandore; comment présumer que Dieu ait voulu fonder l'industrie sur un état si critique pour ceux qui la dirigent) et plus encore pour les subalternes qui rexéculent.

4*^ Pi^e industriel. La politique et la morale ne sachant pas créer l'attraction industrielle, ont recours à la rase;elles vantent les charmes Hu mariage sans fortune, et disposent tout le système social de manière à forcer le pauvre au mariage, afin que la surcharge d'en&ns le force à travailler pour nourrir de petits afEaméa. Aussi tous les pères de la classe pauvre, les 7/8 des pères s'écrioit-ils: dans quelle galère je me suis fourré! Ce piège est Je but secret des moralistes dans leurs éloges du doux mariage; ilsy poussent le peuple afin d'avoir abondance de conscrits, et d'ouvriers ^méliques travaillant à vil prix pour enrichir quelques chefs.

-. S.'' JUpagnimcecumulaUvedel'irtduslrie.lLATé.pM^'axice est déjà bien forte chez l'enfant; il ne travaillerait pas sans la crainte des chàtimens: mais ce.désordre s'accroit ' par l'avèn^oent en puberté; l'amour ( 285 ) vient ajouter au dégoût pour l'industrie, le goût pour la dépense et pour les fréquentations contraires aux vues du père et à l'harmonie de la ùmille. Ce nouveau ressort qui intervient à l'âge de i5 ans, devrait améliorer le mécanisme industriel , car lorsqu'on ajoute une pièce à une méca-

3i» KOUTEAC nOKDB

BÎque, cest ponren perfectionner le jn. Vvautvr^dbet. les harmoBÎens renforcera l' attraction indastnelle paff ilouble Toie, par le charme nouveau que tronrera l'adolescent liant les réunions des deux sexes , aux ateliers , étables, etc. , et par l'initiation à la plu£ gracieuiedes •ciences, I'analogie, dont on ne peut pu donner coaniia»ance aux impubères. Cette sdence très-séduisante excitera ,cbeE les adultes une frënésie studieuse , qui ne s'amortira qu^au bout d'une vingtaine d'années, loisqu'ilscoimaitront l'ensemble desrèsiiea et des cent mille emblèmes de passions représentées dans tes produits des différens rè^es. Au lieu de ces deux siimulans à l'indiutrie et à l'élude, les amours cirilisés n'engendrent que les 2 vices opposés , et deviennent le tourment des pères obligés de surveiller sans cesse , fournir à des frais de parure, de dot, et souvent à des dettes et antresécarts de la jeunesse. 11 est donc certain que l'état conjugal est pour les pères un sentier de ronces, sauf rares exceptions dans les ménages riches ; et que l'amour ne naît chez les adultes, que pour les dépraver.

Passons de ces indices à l'analyse ré^lière du m^< J'observe que l'état conjugal , base de notre système so* cial , est la plus petite combinaison possible; on ne sau* rait en imaginer de moindre que celle d'un couple coih jugal ; ti pourtant Dieu , comme nons avons lieu de le présumer, veut former les plas grandes combinaisons Sociétaires, et établir la plus grande liberté possible;iI en résulte que le germe du mal , l'état le plus opp^ aux vues de Dieu, se trouve dans la plus petite et là moins libre des réunions; c'est le régime conjugal exclusif d' on naît le lien de ûmille simple , limité i une seule bran* che, lien homogène avec la dvîlisatton, parce qu'elle est la pltis discordante des sociétés.

Le germe du mal doit nécessairement résider dans l'une des ta passions; ce ne peut être que dans celle qui établit les dispositions les plus opposées aux vues de Dieat il est évident par le mécanisme de l'univers, q»e

INOVSTRIfiX. IV.* S. 3lS

Diea nvt Hétrtèel combinaison de l'ensemble, sdon des lois de justice géométrique; et nons adoptons nn ordre familial où tout n'est qu'arbitraire, fausseté, injustire, désmnon, oppression, contrariété des intérêts ooHectifs et individuels de chaque ménage, i^i.

Antre vice radical dans le groupe de famille : il n'est fioint libre et Jes 3 autres te sont ; l'on pent i Tolonté changer d'amis, de maîtresses, d'associés en intérêt t mais OQ ne peut rien changer au lien du sang , il est perpétuel , opposé au libre choix. C'est an vice qu'on n'a pas •01^^ i remarquer, et qni est si gi^vC que le régime d'harmonie lui opposera beaucoup de cOntre-poids abaorbans, entre autres les adoptions industrielles et pai^ licîpations d'hoirie.

Ces indires vont noua servir à expliquer le règne du mal : de tout temps il a dominé, son empire s'est même arcrv de nos jours, parle triomphe de l'esprit mercantile qw s rendu les civilisés plus vils et plus ,&uz qu'ils ne l'avaient été dès l'origine. Sur ce , les sophistes mtXtent en proUème si l'homnie est vicieux de sa nature, et ia plupart opinent ailirmati veinent : c'est raisonner comme les fatalistes mahomélans qui décident que la peste est un mal inévitable . parce qu'ils ne Teulent pas prendre la peine d'établir de» quarantaines sanitaires. Nos philosophes donnent dans le marne tnvetv : pour se dispenser de trouver le ivmède du mal , ils le déclarent desiin inévitable, et pourtant ils publient des milKers de systèmes curatifs qui doivent petfectibiliser la civilisation par l'amour du commerce, et autres visions qu'ils donnent pourtorrens de lumières et oracles de l'-augostevé^ rite. Le moyen le plussûr d'embrouiller ane questionou une affaire, est d'yentre^nettre les beaux esprits. Jamais les chenilles n'ont tant pullulé dans certains cantoiM de la France, que depuis qu'elle a créé trois cents acadénies d'agriculture.

Les lois du «ouvemeot universel démontreront que le mal ou DT^ /bux , intement povr wa haitvème'danfe

3l4 NOOVSA^U MONDE

le mécanisme de l'univers, f|ne son règne embrasse le huitième des tems, des lieux ef des choses; et comme tout est lié dans le système de la nature, il faut bien que le mal se lie à l'ensemble du système par quelque point où il ait sa racine; ce point en affaires sociales, ne peut être que legroupede famille, assemblage le plusrestreint et le plus contraint. Pourrait-on voir la source du mal dans Tua des 3 autres groupes? non.carils tendent tons trois à la liberté et aux rasies combinaisons, aux liens très-étendus et rariables à volonté. T^a morale même nous ranle l'extension de ces liens, car elle veut que notre amitié s'étende pbilantropiquçment à tous les bnmains traïufbrmés en une grande famille de frères , qne notre ambition nous ligue avec les amis du commerce , partout le globe ; t'amour de son côté, ne connaît pas de bornes, dès qu'on le laisse aller à sa pente naturelle ; un bomme libre et opulent aura bientôt comme le sage Salomon, un millier de femtnes , et une femme libre voudrait pareil assortiment d'hommes : celle pluralité d'amours est si naturelle que jamais on ne voit un sultan ; même dans la caducité , se réduire à une seule femme ; tous conservent leur sérail. L'amour tend doue comme les autres groupes, aux plus vastes combinaisons.

Telle sera la marche du lieo de famille , quand on saura et qu'on pourra l'élever du mode simple an mode composé, du mode forcé au mode libre, et procurera chacun une famille aussi nombreuse que celle du sophi de Perse Feth-AU-Schah ; dans l'âge futur, après 3 oo 4 siècles d'harmonie, chaquevieillard quoique borné à peu près à deux ou trois enfans directs , aura en collatéraux et adoptifs plus de trois cents enfans, y compris ses petits fib et leurs rameaux. Alors les humains jouiront de tous les charmes de ta paternité qu'ils cherchent envaindans l'état actuel ; notamnieut le charme d'unité d'intérêts , conciliant la cupidité avec les sentimens honorables , et amenant l'héritier à désirer, pour son propre béné6ce, la longévité du donateur. (Voyez la lo.* notice).

INDUSTRIEL, m.* S. ^l5

Les cÏTÎlist^ qui neraisonnent que d'équilibre et con- Ire-poids, auraient dii s'aperceyoîr que leur système familial esi essenliellemeot dénué d'équilibre, car raffection est toujours triple des ascendans aux desrendans, et à peine tierce des desrendans aux ascendans. C'est une vérité dont se plaignent amèrement tous les pères. Comment celte disproportion est-elle restée indifférente à nos équilibrtstes qui veulent tout balancer et pondérer; comment salisferont-ils les pères en leur procurant un retour d'amour filial , égal à la dose d'amour paternel ? La solution du problème est que l'amour filial doit provenir de 3 branches.

1." Des consanguins ou fils et petits fils directs surqui . repose aujourd'hui tout le domaine du père en affection.

3." Des adoptifs industriels ou liéâ^ersdes divers goûts du père , continuateurs de son industrie dans une trentaioe de groupes et séries où ils ont été ses disciples.

3.° Des sympathiques de double échelle ; ceux en identité de caractère, et ceuxen contraste de caractère. Nosrêveurs de sympathies, ignorent cette dualité obligée.

Ces classes a.* et 3.* qui obtiennent en harmonie une adopiion et un legs, n'existent pas en civilisation, oùTon n'a point de continuateurs passionnés , et oîi l'on ne dérourre point ses sympathiques d'un et d'autre genre, ( identité et contraste ) , les caractères étant tous travestis par l'éducation morale qui les étouffe, ou parla grossièreté populaire: d'ailleurs les fapiîlles sont si égoïstes, si jalouses qu'elles ne souffriraient point de partage dans l'attachement du père. Forcé de s'en tenir à ses eQfans,îlne rencontre'souvent en eux que ses antipathiques decaractère, que les ennemis, les destrucieursdesoo ouvrage. On peut démontrer, par calcul régulier sur l'échelle des caractères, que lorsqu'un homme a 3 enfanset 3 petits cnfans, total six descendans directs, il y a DEUX CENTS à parier contre ijN, que sur les|6 il ne trouvera m un sympathique de caractère ni un sympathique d'industrie ou continuateur passionué, surtout lorsque cette

N,.,j-,Goot^le

3l6 T^OUVEAU MON&X

Indostrie est bornée i un seal genre, comme il 'arrire en cÎTilîsation. Quelle trisie perspective pour les pères cirilisés, quel trébuchet que cet amour paternel !

£n conséquence de tous ces vices inhérens au groupe de £imille,terégînie sociétaire lui enlève toute influence en affaires d'intérêt et de répartition où il n'introduirait que l'injustice et la rapine. Ce groupe dcMt être ABSORBE pour devenir apte aux accords généraux ; on doit noyer l'égoïsme familial à force de ramifications et d'extension données aux 3 branches décrites plus haut. J'expliquerai cette méthode à la notice des ralliemens.

Quelques lecteurs, par un scrupule déraisonnable, repousseront celte doctrine qui place, le germe du mal dans lé lien conjugal, s'il est l'arbre du mal, ce n'est pas à cause des vices qttt^ngendre, II, 376, 382, SoS; mais parce qu'étant le lien le moins nombreux possible, il est parcelteraison,le plus anti-économique, le pluscontraire aux vues d'un Dieu suprême ea)7iom«:àcetitre,îlne peut pas adopterpourpivot de système, l'excès de complication et de morcellement , les 3oo cabanes de familles hostiles enlr" elles, au lieu d'un édifice de relations combinées. Lorsqu'on voit des sciences qui se disent économiques , préférer obstinément cette réunion la plus vicieuse qu'on puisse imaginer, n'est-ce pas le cas de dire avec Beaumarchais, « que les gens d'esprit sont bâes ! »

Mais répliquent-ils, on n'en connaît point d'autre : il feillait donc en chercher : auœrite et invenietis ; etîHant examiner la ihéoiie du seul homme qui ait cherché et trvm'è.

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