‹ Œuvres complètes de Ch. Fourier (volume 5)Chapitre 39 sur 63 · En relations commerciales et fiscales, approvisiono · texte numérisé non relu

En relations commerciales et fiscales, approvisiono

INDtlSTAIEI.. IV.' S- 343

nefaens combinés du g1(^, et garanties de minimum proportionnel aax classes;

8.° £n accords (généraux de passions» art de les lier et développer coc^ratirement par tout le globe..

A ne parler que du i." de ees accords , celui de langage, signes typographiques et autres voies de communication, comment le monde civilisé oae-t-it parler d'unité, se ranter de peHèctionnemeiat, de vol sublime^ quand il n'est pas même arrivé au plus bas ressort d'harmonie, en voies de communication ? Deux civilisés, uu Français et un Allemand , qui se disent pertectibîlisés , par la métaphysique de Kant on de Condillac , ne sa^ vent pas m£me s'entendre , &e parler ; ils sont dans cette branche de relations, fort aurdessons des brutes; car chaque animal 'sait de prime, abord établir entre lai et son semblable tontes tes communications dont leur espèce.est susceptible.

Cependant l'unité de langage et d'écriture, qui.est voie d'acheminement à toutes les autres, est matériellement possible en civilisation ; car on y en voit de beaux ger^ mes. la langue italienne est unitaire pour tontes les côtes maritimes de la Méditerranée, et même pour lé Porto^, Maroc et la Mer-Noire. La langue anglaise est unitaire pour toutes les côtes maritimes du Nord, audessus de la Manche, lies signes musicaux et leurs mots italiens'sont uniuires en totu pays civilisés, malgré les diversités typc^raphiques.

Si donc la- civîKsatiuu échoue sur les unités les plus urgentes, celtesde communication dont elle possède tous les germes, que sera-ce des unités sur lesquelles elle est réellement entravée , comme les quarantaines sanitaires, l'extirpation générale de toutesles maladies accidentelles, virus psorique, variolique, s^>hilitique , épizoolique, etc., qui seront extirpés par toute la terre dès la 5.' anrée d'harmonie?'

On est dlautantplus arriérésor la purgation des fléaux matériels non inbérens à l'espèce hunnine, la destruc-

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tion de* krapSfdes bêtes féroces, des malfaisantes comme sauterelles, rata, chenilles, des insectes mal'propres, des reptiles de marécages, et antres vices qui disparaîtront très-prompleioent dès la i>'* génération d'harmonie.

On peut voir sur les unités , les articles 1 , 1 14 . et II , i3o; notamment la note II, i3o sur le Ëiox système métrique établi ou ieiUé par les Français qui ont choisi le iànx pour base, le nombre DIX au lieu du nombre -DOUZE; et qui selon l'usage civilisé, ont fait des Iravapx gigantesques ponrdiercher ce qu'ils avaient sous la main, la mesuretuUureiU donnée fortuitement parle pied-: deroi de Paris.

Poar établir la di^rence des méthodes unitaires aux méthodes cirilisées, j'ai démontré II, i35, i36, qu'une élection qoi dans l'état actuel coûte à chaque électeur 5 à6jonrsenTofages, intrignes préparatoires , dînes électoraux, scrutins, etc., coûte moins d'une minute en harmtmie, lors inéme qu'il s'a^t d'une élection umversaUy dans laquelle mterriendtont les 3oo,O00i0O0 hommes^ ou 300,000,000 femmes, ou 3oo,ooo,ooo enfans du globe.

On peut, sur l'unité des relations scientifiques, roir les détails I, 368 à 376, et juger par-U de la duperie de& sarans qui préfèrent à cette immense fortune, le râle abject de flagorner la drilisation qni les tient comme des écoliers eook la férule, et flagorner l'agiotage qui les nomme gredïns de sarans i qni il ne faut qu'un grenier à 5p francs par qioîs. Le corps législatif les traite d'écri- Tains dp galetas, salariés à laoo fr. par mois; c'est na contre-wns ; on n'habite plus au galetas quand on reçoit laoo fr. par mens.

Ce qu'il y a de phis clair dans ces Teri>iages, c'est qne le monde savant est bafoué par les autres classes qui paient ses torrens de lumières par des torrens de mépris. Qpelle est leur servilité de se passionner pour cette civilisation qui les traîne dans la boue? Que ne saisissent-ÎU l'occasîoa d'en sortir et s'élever sahîtement à une haute for^ime I, en pntToqqant la fondation de l'état soâétaire

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qui, par besoin lie leius taleiu , sera obligé de se les dispaler i force de largesses ; et qui , à ce pactole ioespéré, enjoindra trob autres ; l'exploitation dessciences neuves, les récooipeBses [unilaïres produisant des millions là où la civilisation ne paie qu'en stériles médailles], et les critiques à publier sur la civilisation et les sciences philosophiques', sujet fécond qui , pendant plus de 20 ans sera pour les écrivains exercés une voie de bénéfices incalculables. Voyez la postface,

J'ai démontré dans ces 4 chapitres que l'accord inteotionnel régnera dans les 4 branches de relations ;

Dans celles du matériel ou de l'intérêt;

Dans celles du spirituel ou des liens affectueux;

Dans celles du mécanisme interne ou domestique; et par suite dans celles de tendance à l'unitéd' action extérieure, source de charmes et de bénéfices gigantesques pour tout le genre huniain.

Lorque le désir d'un accord oollecttf sera si général, il sera bien aisé de parvenir i l'accord de répartition pour peu que les méthodes soient régulières et assorties an vœu des passions : l'on va juger dans la section suivante si elles rempliront cette conditi<Hi.

KÉSUHÉ SUR I-'APPLBUTUMÏ.

Ponr décrire les relations d'harmonie , pour appliquales principes exposés aux- sections i et a , j'ai adopté trois divisions.

La section III.* traite des relations de l'âge impubère borné à dix passions, ignorant l'amour et la paternité.

La section IV,*traite des retationsde l'âge pubère, qui est pourvu des dooae passions , dont deux, amour et p»temîté usais, seront comprimées au début de l'harmonie.

La section V.' traitera des relations d'équilibre pa»sionnel communes à ces denx classes , répartilion des béfices , et rallienent des antipathies sociales.

-, Goot^le

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J'ai dû décrire d'abord l'âge impubère , parce qu'il est le plus susceptible de pleine harmonie, érant dé^gé des deux passions qui sont criminelles selon nos coutumes, et qu'on sera obKgéd'entraverpendant les premières généralions.

En traitant de l'âge- pubère, section IV, j'ai été fort limilé , ne pouvant parler ni de l'amour litve , nî de la paternité Ittire , deux passions qui seront interdites pendant un demi-siècle, et dont l'engorgement causera d'énormes lacunes dans le méoanisrae d'barmonie.

J'ai raUïé les relations de l'âge pubère à deux grandes questions de mécanisme, savoir:

L'engrenage des attractions indnsbielles, 7/ notice;

Les accords îatenlionnels sur la répartition, 8<*notice.

Récapitulons brièvement les sujets les plus important de ces deux sections : les effets les plus Soignés de nos coutumes.

£n éducatûm'' Xi'on a vn que nos systèmes pècheat sur tous les points ; on n'a pas même connaissance du but i atteindre , on n^ose pas l'envisager : il s'agit d'élever l'enfant i. sa destinée industrielle. Si l'homine doit vivre du travail agricole et manufacturier, il faut le .faire cultivateur et fabricant avant de le faire savant. Telle est la marche de l'éducation harmonienne où un enfant, fûtil héritier du trône du monde, est élevé dans IcjS jardins, colombiers, ateliers et cuisines d'une phalange , dès qu'il peut marcher; il 7 devient cultivateur et manufacturier avant de s'occuper des études ; il ne les aborde que peu à peu , et comme accessoires des travaux productifs auxquels il s'entremet constamment de 3 à 4 ^ns. Ensuite îl sollicite l'enseignement, pour l'appliquer à ces travaux où il est impatient de se perfectionner, et il obtient l'enseignement intégral donné en toutes méthodes , sur lesquelles il peut opter , sans être assujéti au système de tel sophiste.

Dans cette éducation la marche est directe , l'enfànt va droit au but , à l'industrie. L'étude est sollicitée par l'en-

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fant poor emploi industrie) , pour jàroriser les travanx où il troure'son bonheur. Hors de celle application, Vétade est toa)Ours un ennui pour l'en£int, sous quelque forme qu'on la lui présente ; et nos mëthodes ont l'ii^ convënient de ne savoir pas la présenter. Les élères de nos meilleures écoles sont fatigués de l'étude , et ne s'y livrent qu'avec dégoût ; les maîtres sont aussi ennuyés de donner renseignement que les enfans de le recevoir; le salaire est l'unique mobile des instituteurs, ils ignorent tont-à'fait l'attraction réciproque on double aflînilé du maître et de l'élève, pour eux personnellement , et pour l'objet enseigné.

Aujourd'hui chaque maître, chaque pensionnat prétend avoir inventé des méthodes nouvelles , et ce qu'il y a de certain c'est qu'aucune n'approche du but qui est l'application à l'industrie , et l'attraction réciproque, telles que je viens de les expliquer.

On n*a guères' vu dans l'édocalîoii moderne qu'une idée neuve , c'est l'enseignement mutuel , méthode essentielle de [l'harmonie oà un professeur exerçant par attraction ne pourrait pas abonder à soigner un cent d'élèves ; à peine en admet-il aux leçons particulières 7,8, 9 , dont quelques uns transmettent la science à pareil nombre, et ainsi de suite.

On assure que ce mode est renouvelé des Grecs de qui on reproduit tant d'idées qu'on nous donne pour neuves. (Voyez l'ouvrage de ddtbns sur les découvertes attribuées aux modernes, ouvrage peu répandu, parce qu'il fourmille de vérités fâcheuses pour l'orgueil et le plagiai. 11 démontre que le génie moderne est , dans tous ses détails, une réminiscmcedesébauchesde l'école grecque à qui les moyens manquaient pour approfondir les sciences dont elle avait su découvrir tous les germes , notamment la théorie de Pfewton sorl'atlrKtion, entrevue par Pylhagore. )

Une école civilisée ayant à 'peine parmi ses élèves un dixième de passionnés, désireux de lascicncc, l'oueigne-

34^ NOUVEAU nOKBE

meol matad n'y est praticable qn'eo i^nche , parce qu'on ne peut pas classer la troape en plusieurs échelles d'étudians, passionna chacun dans leur degré , tant pour l'élude quepour ta transmission. •

Les aiita^nistes de cette iimovaliODla dépeignent comme plagiat sur récol& de Py thagore ; à supposer que ce soit l'ouvrage des modernes ,' c'est encore un sujet de honte pour eux ; il leur faut donc 3ooo ans pour pénétrer le moindre mystère delà nature, un proi^dé dont elle suggère l'idée à tout maître un peu surchargé d'écoliers; eti pane ce procédé est-il mis en. scène qu'il cause qua-. druple scv>dale :

Il est dénigré comme inntile'et dangu-euz. Il est ravalécomme réchauffé de l'antiquité, Il devient un levier de l'esprit départi, Il est Tobjet d'un plagiat sur l'école lancastrienne. ' Que de malfaisance dans les esprits civilisés! que delenteurs dans leùrsinvenlions, que de scandale dans Tem* ploi qu'ils en font ! quel chaos d'impéritie et de vices dans cette gascorme société qui ranteson progrès vers la perfectibilité ! si elle connoissait les lois du mouvement social, elle saurait qu'en éducation comme en tout, il iaut d'abord conduire l'homme'au premier but de Tattraction, au taxe interne et externe, (santé et richesse;) or la classe qui reçoit le plus d'éducation est la ^us ennemie du travail ACTIF en culture et manufacture ,■ c'est aussi la moins robuste: elle manque donc les 2 voies de luxe t richesse interne ou santé , et richesse externe qui ne peut provenir que du travail productif. Dès lors les systèmesd' éducation ^civilisée sont tous aussi faux les uns que les antres : quelques légères difierences n'empêchent pas que tous ne tombent dans les fautes capitales que je viens d'énumérer.

La S.' notice qui traite des 4 genres d'accords iuleationnels, présente un contraste surprenant du mécanisme harmonien au mécanisme civilisé. Celui-ci qui aurait grand besoin d'accords intentiomieb pour contre-

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poi^ aux discordes qu'il engendre , ne produit aucun de ces accords; tandis que rharxnonie crée ces accords à profuMon, quoiqu'elle n'en ait pas besoin, ayant d'autres moyens sufïîsans pour concilier les prétentions ambitieuses.

La nature ici semble inconséquenle au premier cotap d'œil; elle prive de ressorts une société qui en a besoin, elle les prodigue à celle qui peut s'en passer : est-ce une distiïbaiion vicieuse? non, elle est fort juste selon la règle du moUTement composé ou dualisé , chap. XXXI; onya^uque l'homnie est fait pour le double bonfaeurou le double malheur, et non pour le simple : c'est eu partie t'ignorance de cette règle qui a {été les philosophes dans l'athéisme : on incline à suspecter Dieu, quand on ne connaît pas la cause de cette loi de mouvement composé; la voici :

Dieu ayant créé les passions pour l'état sociétaire qui durera sept fois plus que le chaos social , et ayant donné , à Tordre sociétaire la propriété de bonheur composé ^ miracles redoublés, chap. XXXI, l'ordre civilisé qui est le jeu subversif des passions doit opérer k contre-sens ; les ressorts, les 12 passions étant les mêmes dans I'od et l'autre état, ils ne peuvent manquer de produire un effet double en bien ou en mal. Si le malheur!des civilisés n'était que simple, il s'ensuivrait que le bonheur des barmoniens ne serait que simple; or il serait flkcheux que pour âvoriser les temps malheureux, Dieu eiit rédîmé le bonheur des temps heureux qui dureront sept fois davantage.

D'ailleurs plus nos misères sont cumulées dans l'élat civilisé , mieux le génie est avisé de son égarement e( stimulé à chercher l'issue du labyrinthe. Si le malheur et l'injustice n'y étaient que médiocres et simples, on pourrait croire que cet ordre civilisé , est réellement perfectible, comme le persuadent les sophistes pour se dispenser d'en inventer un meilleur. FJous avons i nous préserver de cette erreur, et pour nous la faire aperce-

vGooglc

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voir, il est utile que le malheur composé ou double mal

aoit le fruit constant de toutes nos réformes philoso-

phiques<

En lisant le chap. XXIX , on a du îrereuir des préventtons civilisées contre le genre ambigu qui tient place dans les passions et caractères, comme dans les produits de tous règnes: On l'a méprisé [de tout temps , on n'a. dressé aucun tableau des ambigus; et dernièrement ua écrivain passant d'un extrême à l'autre, a voulu faire de l'ambigu un règne à part sous le nom de psychodiaire; c'est luie erreur) l'ambigu n'est pas règne spécial > mais ' lien de tous les règnes; de même que les transitions ne sont pas branche particulière d'un écrit, mais lien des diverses parties.

Une autre erreur où tombent les beaux esprits, est de ravaler le genre trivial , 32i, comme l'ambigu, agB^ et Touloirqu'on exclue des calculs de mouvement la partie triviale qu'ils accusent de n'être pas à la hauteur de la philosophie. Disons plus exactement, que la philosophie n'est point à la hauteur du mouvement ; elle ignore la règle Aa contact des extrônes, selon laquelle un sy&tèn)e de preuves en mécanique de passions, doit passer des ei^ fets les plus sublimes aux plus triviaux.

En théorie demouvement il faut, non pas des fleurs académiques, mais de la justesse mathématique ut de TinlcgralIté.Or la preuve n'est complelte, intégrale, qu'autant qu'elle s'applique aux deux exlrëmes et par suite aux degrés intermédiaires. Exclure le trivial , c'est raisonner a>mme un chirurgien qui ne voudrait pas opérer sur certaines parties du corps parce qu'elles soûl triviales, on comme un chimiste qui refuserait d'analyser les substances triviales. Il faut se garder de celte erreur des critiques parisiens , qui m'ont blâmé de mettre en scène, quand il le/aut^ l'ambigu et le trivial, selon la loi de contact des extrêmes : si j'avais exclu de mes- recherches ces deux genres, je n'aurais déterminé ni la corporation du vestalal, ni celle des petites hordes qui sont les deux

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35a NOUVEAU MONDE

pour ses besoins, pour les fourberies conunerciales dont il est victime. Ils ne songent qu à s'introduire dans les salons de la finance; le veau d'or enchaîne à son char tout le monde savant ; nos philosoplM» dédaignent h ^rgotte morale, le brouet noir des Spartiates, les rares de Curius Dentatus et les ragoûts à l'eau de la citoTenne Phocion; habitués maintenant aux volailles tru&es des pubitcains, ils oublient |que le peuple souffre, et qu'il faut pour le feire participer au bien-être, un système où tout soit lié, où le bonheur s'étende jusqu'aux dermères classes populaires-

J'ai observé cette règle de lien général dans les relations décrites aux sections III et IV ; j'y ai toujours fait marcher de front le beau et le bon, tous deux y sont liés sans cesse; je n'y ai pas négligé les fleurs pour les pommes de terre , comme aux beaux jours de 1793, où l'on plantait moralement des pommes de terre au jardin des des Tuileries ; je n'y ai pas non plus négligé les pommes de terre pour les fleurs, comme le font aujonrd'htû nos perfectibiliseurs qui , sous prétexte de s'élever à la hauteur de la philosophie, veulent proscrire certaines fonctions qu'ils disent triviales, et dont l'absence fait avorter les fonctions noble^aussivoit-on les Parisiens aussi ignorans sur le beau que sur le bon : leurs parterres tout remplis de pissenlits arborescens, sont aussi mal tenus que leurs potagers ; vandales sur la culture des fleurs qu'ils détruisent en automne quand elles pourraient durer encore un mois , ( surtout le souci )', ils sont également vandales sur le soin des pommes de terre que la philosophie juge au-dessous de sa dignité- Ainsi tout est lié ; si on échoue sur le beau , on échouera sur le bon : c'est un écueil inévitable hors des Séries passionnées.

En conséquence il faudra refaire l'éducation sur le beau comme sur le bon : la morale veut n'occuper les femmes que du pot au feu ; il faudra les habituer à l'appréciation des fleurs qu'elles ne connaissent point ; elles ne font cas que des roses, et leurs maris n'estiment que

vGoogIc

les choux ; de là rient que pour faire l'éducation harmoQÎenne des pères et mères engagés dans la première phalange , il faudra employer les champs de fleurs concurremment ayec]i gastronomie é\evé& au mode GAâteo- SOPRIQGE , 3o3. Motivons cette préférence.

Quelles sont les branches de culture sur lesquelles la phalange d'essai pourra opérer ? Il en est neuf. Grande culture, grains, vignes, Fleurs et serres. Bestiaux,

Vergers , Colombiers,

Jardins , Viviers et chasses ,

Forêts ,

Cuisines et conserve.

La plupart de ces branches ne fourniront que peu ou point d'intrigues industrielles dans le début : on ne pourra pas encore s'occuper des forêts ; les vergers seront sans intérêt, à moins de transplantation indiquée au devis ; le grand bétail occupe trop de temps pour une phalange peu experte et qui doit créer promptement des intrigues actives ; la grande cçlture , graminées et vignes , aura le même inconvénient'; les viviers seront probablement réduits à peu de chose ; les fleurs et serres fourniront quelques amorees, mais le fort de l'attraction ne pourra porter que sur les jardins et les colombiers, deux objets qui se lient intimement avec le travail de cuisine et conserve : les 3 branches réunies tiennent à la gastronomie; on ne pourra donc les intriguer vivement et promptement que par application des intrigues gastronomiques. le n'avais pas autant approfondi ce sujet, lorsque j'écrivis le traité de 1822 : par déférence pour les préjugés de trivialité ^j'insistai trop peu sur la nécessité de la gastronomie, reSsortlepluseFBcaceaudébulijecraignaisque celte branche de théorie ne parût manquer de gravité , et je ne la produisais qu'étayée de calculs très-rigoureux , comme ceux de l'article 1 , 439-

Aujourd'hui, après six ans Jobservatioosqm ont mûri d'auunt la théorie , j'insiste sur la nécesoté de spéculer a3

N.«j-,Goot^le

principalement sur la gastronontie appliquée aux travaux culinaires et agricoles ; c'est le plus sur moyen de faire éctore en peu de temps les attractions industrielles.

11 faudra surtout désabuser les femmes toutes prévenues contre cette passion , les façonner à l'amour de la table par les repas de corps et de fantaisie alternés, par les mélanges de sexes et les serviteurs aimables ; une réunion de 10 à 12 hommes entre en gailé si elle voit le service du dîné fait par 2 ou 3 jolies filles ; le repas sera beaucoup moins gai si on le ùît servir par 2 ou 3 béates.

11 faudra , dans la phalange d'essai , ménager de mêine aux tables de femmes un service de beaux jeunes gens , ce sera un moyen de plus pour ramener le sexe aux raffinemens gastronomiques. Je parlerai des antiennes , qui sont un moyen très-puissant ( 9.* notice); d'ailleurs la table plaira aux femmes par le choix de compagnies pas^ sionnément assorties au moyen des négociations faites jourpar jour à la bourse. Les femmes n'auront plus l'ennui d'un comité mâle , qui à table ne les entretient que de la charte , du budget , du trois {>our cent , des élections, du commerce et autres pesanteurs assommantes pour elles. Quant aux hommes'ct aux enfans , on ne sera pas en peine de les passionner promptement pour la gastronomie appliquée.

Il est encore de nombreux ressorts d'attraction industrielle.qui influeront puissamment sur les femmes et les enfans; tels seront, àla culture, les champs de fleurs cultivées sotis tente mobile, pour la parfumerie, 168, et pourlesgraines, iTi; aux ateliers, une chance très-propre à paisionner les femmes , sera celle du travail de faveur, de bienveillance, de courtoisie, tel que celui de Célîantc pour Bastien , 291 ; la faculté assurée à chaque femme, de travailler pour tel jeune faomme, en passionnera bon nombre pour les fondions qu'elles dédaigneraient sans cette amorcct et dont l'amourleurdoiineralegoût, l'initiative, pas le plus difficile à franchir.

Une conclusion à tirer des tableaux contenus dans les

-, Goci'^ic

sections III et IV, c'est que plus le sexe mâle donne de liberté aux deux autres sexes , femmes et enfaos , plus il est riche et heureux. Oa a ru qu'en harmonie un père est délivré du fardeau dispendieux nommé ménage, entretien de femme et enfans , frais d'éducation , de placement, dotation, etc. ; tout le monde est placé daos sa phalange même . à la culture, aux fabriques, aux sciences, aux arts, dont il tire d'amples bénéfices: le pèren'a d'autre tâche que de féliciter ses enfans, sans dépenser une obole pour eux. Le produit , estimé aujourd'hui enfant i , enfant 7.

mèn I , derient mère 9. Différence de 7 à 28. père 5, père 12.

Tel sera le fruit de la vraie liberté fondée sur l'essor de l'attraction. Les résultais en richesse et bonheur seront plus brillans eqcore, quand on pourra , au bout d'un demi-siècle, organiser l'amour et la paternité libres.

Entravé sur ces deux passions , l'état sociétaire ne sera point entravé sur l'ambition, qui nous parait la plus indomptable de toutes; on verra en 5.* section qu'elle est la plus flexible , et que rien n'est si aisé que de concilier César et Pompée , Bonaparte et Louis XVIII. C'est un problèmequi doit répandre de rmlcrêt sur la 5.° section, à laquelle nous allons passer, et qui enseignera l'art d'élahlir d'autant plus de justice et d'harmonie sociale, que les ambitions seront plus insatiables de grandeurs et de richesses. Le problème peut sembler gigantesque aux yeux des philosophes, il n'est qu'un jeu d'enfant pour qui connaît la théorie du mécanisme sêriaire des passions.

J'ai omis un préalable bien utile qu'il eût convenu de placer avant le procédé de répartition ', c'est le calcul des rallîemens passionnels ou accords des seize antipathies sociales. J'ai expliqué un de ces ralliemens, en traitant de la dom&sticité passionnée. J'ai préludé sur quelques autres., on peut donc renvoyer l'ensemble du sujet à la 9.* notice , et passer dès à présent au mécanisme de répartition , que le lecteur se lasserait d'attendre.

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