I.'LA. CONFIANCE AVEUGLE AUX SOPHISTES
« Gardez-vous des Êiuz prophètes qui viennent i vous » couverts de peaux de brebis, et qui au dedans sont des M loups ravissans. Fous- les reconnaîtrez a leurs Jruits : » poit-on cueillir des raisins sur des épines, ou des figues » sur des ronces;*» S. Matth. ch. VII.
Yoil en peu de lignes la boussole des bonnes études; si on l'eût suivie on aurait depuis long-temps échappé à la civilisation. Pour nous abuser, la philosophie s'empare de ce précepte, et l'applique à contre-sens. Le prince des sophistes modernes, Descabtes , s'affubla de celle peau de brebis; il affecta de prêcher le donie subordonné à l'expérience, il parut se défier des lumières de la raison humaine; c'était une ruse pour se mettre en scène, car il ne voulut point soumettre au doute expérimental cet arbre de mensonge qu'on nomme CIVILISATION , qu ne produit au peuple que des épines et des ronces, et au monde social que l'injaslice et la fourberie. Malgré ces caractères odieux', il opina à nous engouffrer dans la civiUsalion au lieu d'en chercher l^s«ue-
N.«j-,Goot^le
43ff NOUVKAU MONDE
Si l'oD eût TOnlsi aelon l'ËTaTigite, juger Tarbre par son fruit, anrait-on pu h^ter un instant à condamner la civilisation, et proposer la recherche du royaume de ^ualice promis dans l'Ecriture? maison ne comprenait pas )e sens de TEvangile tel que je viens de rinlerprAer; de là vient que les hommes pîeax sont restés PASSIFS devant le rè^^ du mal. Cela ne suffisait peint; il «ût fallu prendre le rôle ACTIF, chercher en mëcaniqne sociale ce royaume de justice dont J. C. nous promet si expressément la dëcourerte. C'est peu d'une piété stérile qui se borne à déclamer contre les égaremens de la raison humaine ; il faut recourir franchement , activement à la raison divine, à Téiude des impulsions naturelles ou nl- Iractions et répulsions. La classe pieuse devait les étudier, par cela même que la philosophie les condamne.
L'£glise 'n'avait-clle pas en surabondance des personnages très-doctes , qui pouvaient remplir la tâche que fa philosophie moderne refusait ou n'osait tenter; tâche éludée astucieusement par les Voltaire et les Rousseau, ^21.
L'Eglise avait des hommes si capables, telsque les Bos* suel, les Fénéton, et tant d'autres; its n'ont excité aucune recherche sur Tattraclion; ils n'ont proposent concours ni prix pour cette branche d'études : Jésus les a bien définisen ces mois: «llsdisent ce qu'il faot faire et ils ne lefont pas.» S. Matth. ch.XXIII. Pieux eu impies, tous coounettent même profanation, usurpant de concert les droits du Créateur en législation. La seule différence entre eux est celle du rôle actif que prennent les sophistes: Voltaire par ses railleries sur la foi, et Kousseau par skr préventions d'obscurantisme, nous conduisent au même écueil ; tous deux, en divers sens, doo* enseignent l'insuflisancedela raison pour connaître Diea et pénétrer ses décrets, chose la plus facile; (ou l'a pu voir ch.XL.) J. C. même nous l'assure, en disant: " H M n'y a rien de caché qui ne puisse être découvert: cotr- * chez et vous trouverez. « Mais les faux prophètes rCTetos de la peau de bi^is, étouffent toute idée d'inve*»-
INDUSTltlEL. 437
(adoD. L'on, 431* Qoos persuade qu'il a cherché quand il n'en est rien, l'autre détruit l'espérance et nous détourne de» rscbercbeS' Déception d'une part, impérîtie de l'autre; tels sont les caractères de ceux qui dirigent la raison humaine.
Ce protée qu'on appelle j^oeophïe, vaincu sous une lorBoe en rerét un autre ; aux chimères de liberté et d'égalité bien usées , on Toit succéder un nouveau sophisme larde des noms ^^ssodaiio», éspnt tïasssci^ion. L'on y découvre deux sectes différeales, qui l'une et l'autre, s<»it ta loups ravissons couvain depeaux di bnbis. D'une part est l'esprit d'industrialisme qui , sous le masque d'association , tend à recréer l'esclavage dans des bagnes mercantiles, forme des coalitions de publicaios pour brocanta* le revenu des empires , pour dévorer l'avenir, etc. Cetle secte n'a point d'esprit inventii ; elle n'a pas su découvrir le moyen d'envahir le fonds , le territoire ; de réduire la masse dj^natîons en vassalité de quelques che& mercantiles, et «téer le monopole ftodalquiconstitueroit Ventrée en ^J" pbase de civilisation. Alors la carrière du crime et de la fourberie serait exploitée bien plus grandement qu'en 3.* phase, oîi nous sommes. Pourquoi a-t-on tardé 4 découvrir ce redoublement d'infamies sociales ? c'est que le caractère di&tinctif des philosophes qui nous dirigent, est la petitesse, même dans le frime.
L'autre secte qui prétend fonder l'association , a pour agensdenouTeauxphilosophes appelés OHf£nûte£,dunom de leur chef; gens qui forment sous le nom d'association, des réunions anti-BOçictaires, car Us repoussent les méthodes d'où naîtraient l'accord des passions ctraltraction industrielle, bals de l'état sociétaire- Ces établissements ne remplissent aucune des conditions à imposer à tout fondateur sociétaire ; la première est d'opérer par attraction, entraînera l'imitation les sauvages, cl surtout les propriétaires d'esclaves dont aucun n'a adhéré au ^ime Owénisle. Ce régime est donc un le«T« de plus , comme toutes les conceptions phîloso-
phiqaes : d'aîllears que pouraû-on attendre d'une secie qui débutoit par s'isoler de Dieu, lui refuser le culte public ? Son chef, arec une grande ostentation de chanté et depbîlantropîe.arepousséobstinément taprécanlion que dictait une cbarité réelle; c'était de mettre au concours l'inrenlion du procédé naturel en régime sociétaire, et prendre tontes les mesures qui pouvaient provoquer cette découverte ou les approximations.
Rob Owen a évité soigneusement celte démarche qnî eûtbiesséson orgueil; ilTOuloitêtreà la fois invent^ir, fondateur et orateur de l'associaiîon, cumuler les 3 rôles qui exigent trois personnages diSérens; il voulait pour lu! seul tonte la gloriole, i8i. H s' est emparé du mo/ association, sans s'inquiéter de la chose ; ne songeant qu'à s'arroger l'honneurd'unedécouverteàfaire ,qu'à détourner de cette étude, en persuadant qu'il avait rempli la tâcbe à luiseul. Abîme tontplotAt, c'est l'esprit des sophistes.
Cet oi^ueil démesuré aurait pu long-temps encore éloigner les moderne? de recherches sur l'association , si par un heureux hasard l'invention n'étoil survenue à l'époque même ou Rob Ovren s'en attribue l'honneur, bien qu'il ne sort qu'un médiocre sophiste, un copiste de G. Penn, fondateur des Quakers ; enfin un homme aussi incapable d'invention que dépourvu de philantropie réelle. On en jugera par une analyse succincte de ses méthodes que j'examinerai à la Postface.
Il recueillera de sa folle préleniion, te même honneur que cet Erosiraie qui détruisit le temple d'Ephèse, pour se iaire un nom dans l'histoire- Ainsi , Rob Owen pour se donner comme G. Penn le lustre de chef de secte, n'a travaillé qu'à leurrer les sociétés industrielles, qu'à foire manquer les recherches d'oii dépend leur avènement au bonheur sociétaire. Heureusement , il aura été déjoué à temps.
Le succès momentané de cette jonglerie dmt rallier les hommes pnidens à la boussole donnée par l'Evan- È)le> au doute expérimental, guide le plus fidèle en élu-
INDCSTaiEL. 439
des mr l'anocialion , comme aur tout autre sujet. Il faut fuger l'arbre à son fnùi , et se défier des loups déguisés en ^irv^ .' or qseU soilt les fruits de cette nouvelle secte ? at-dle entraîné Icssanrages et les maîtres d'esclaves? «on : 51 Rob Owén , avec la faculté qu'il a de fonder de grands âahlUsemeos, avait quelque Dotioa du. mécanisme sociétaire , il tannit depuis vingt-am répandu sur le globe entier par Ht seule influence dubénéBceet du plaisir; il n'existerait pins ni sauvages, ni barbares, ni civilisés: il n'a au contraire abouti qu'à profaner le mot , sans nen Ëiire pour ]a chose ; qu'à inspirer une telle défiance pour ridée d'association, qu'il faut aujourd'hifi exclure ce mol d'une théorie qui enseigne la c^ose , le pn>cédé d'association naturelle.
Tel est notre 19* nècle , vantant ses progrès on raison , et ne sachant oifianiser que l'anarchie scientifique d'oik il sortirait à l'instant, s'il voulait se rallier au précepte évangélique : suspecter lesfiiux sofmis, et juger farire à son/hât. Au Uoi de cette, prudence, il s'engage de chimère en chimère; il n'encourage que les inventions mal- Ëusantes, les subtilités [i^scales et les pièges d^agiotage. Entraînée par le torrent mercantile , notre philosQpbie ne s'aperçcùt pas que le monde social-courl à la 4* phase de civilisation , plus scélérate encore que la 3' oii 110ns sommes. Les philosophes modernes, dit fort hiep !'£vangile , sont les at>eugles qui conduisent des cweug^es.
Cette secie de prétendus esprits forts, piquôp de n'avoir que du bel esprit sans génie inventif, a fon^é une ligue aecrèle pour étouffer les découvertes qui sortent de la sphère académique. « Us ont ( dit J. C ) saisi la clé de la » sdence pour en fermer l'entrée.» Wsreprochentà leurs rivaux, le principe compile inirére; et ils adoptent le principeencorfipire,/w»A*ieWm«.: aussi, tout en promettant des torrens de lumières, se refusent-ils à mettre an concours les nombK<ues inventions qui restent à faire ,' et surtout la continuation et l'achèvement du calcul de l'attraction commencé par Newton. Tel est l'état
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de la raison aa 19* ûècle; tel est l'abîme 'où elle Vett piao^ét, par son obstination à ne pas Juger larbre par son fruit ; vice dont le résolut inévitdnle cA d'oarrrr U poite à toutes les chaHataneries, et fermer l'accès aux Traies lumières.
L'examen d'un seul des préceptes érangéliqnes , celui de jugo- larbre par h fruit , suffirait k démontrer que les cfriliâés ne veulent faire aucane application régulière des doctrii^es certaines; \t pourrais étendre la démonstration à vingt antre? préceptes ; il suffira d'un second , d'oi> on conclura, comme de celni-ci, que notre siècle, en affectant de rechercher la vérité, ne cherche cfu'à l'éloofier; carde tous ces écrivains qui ont prôné le doute, p« un n'a voulu douter de la nécessité des deux sociétés civilisée et barbare, mettre en problème si elles sont destin ultérieur, an si elles sont des monsiruontés temporaires, des échelons pour s'acheminer pins loin , pour s'élever à d69 périodes sociales moins malheureuses?
Une remarque à &ire sur les préceptfs érangéKques, est qu'ib sont la source où vont puiser leors antagonistes mêmes. Qu'est-ce après tout que cette doctrine de 0escartes, restaurateur de ta philosophie modereeP C'est un eiposé pompeux du précité bien concis dam l'Ëvangile, se défier des st^kistes et juger Tarbre par le frmt- Descaries a bâti sur ce principe nu vaste système qu'il n'a point ssivi; il s'est donné le relief de novateur, quand il n'a fait qœ paraphraser une idée empruntée à Jésus- Christ , la torturer et l'accomiBoder à ses doctrines sans en faire un usage régulier, tel que r<n>donne'son aotenr. Tomes nos sciencts phitosophiquts ne reposent de même que sur des plagiats, dont on retrouverait les types dans les saintes Ecritures, Gtnèse, Érangile, etc. ; c'est ainsi que. les idéologues, pour se c^er une science, ont travcsli le mot ame en une périphrasK golhiqae, la pertxpêsn de sensa^on, de cognition du mai komain. La philos»phie n'étant qu'une spéculation de librairie, il faut bien qu'elle complique et embrouille chaque s«j«t, qu'elle y
INDUSTRIEL. 44l
metleaDlant deprelixiléq^'ilya de coorUion aux sources où elle a puisé.
Redisons que les philosophes ne sout pas les seuls coupablesdu long délai qu'auraéprouvé)*arèneaient à l'harmonie : Élisons à chacun sa part des torts. Ceci nous conduil à l'examen d'un 2". précepte , cherchez et vous ireut>enz; et des égaremens où sont tombés les hommes pieux , par leur mépris pour cet avis répété en triple sens par le Sauveur qui nous dît i chEBCHez , DEMANDEZ ,
FBAPPEZ A LA POBTE.
sa I3 classe qui se dit pieuse avait eu quelque dose de foi et d'espérance, elle aurait essayé de prendre à la lettre les pronostics de Jésus - Christ qui nous fait augurer sans cesse la découverte du code divin, si nous veuhms le chercher; et qui nous fait sentir comiMcn il serait injurieux à nous , de soupçonner son père d'un manque de prévoyance en quelque point , le soupçonner d'avoir eu poar nous moins de sollicitude qu'il n'en a pour des êtres m^risables tels que les rorheaux. Jésus nous dit au contraire que Dieu entre dans l'examen de nos besoins jusqu'au point de compter tous les cheveux de notre tâe ( allusion à l'extrême prévoyance de Dieu); comment donc auratt-il omis de pourvoir au besoin le plus pressant des sociétés humaines , celui d'un code régulateur de nos relations industrielles, garant delà justice? je l'ai dit ailleurs: Dieu fait des lois d'harmonie sociale pour les créatures les plus immenses comme les mondes planétaires , et pour les plus petites, les abeilles, les fourmis ; attrait-il pu manquer à en faire pour l'homme, ainsi qu'il le dit lui-même ?
Tel est le problème principal qui devait occuper les classes pourvues de foi et d'espérance. Que de discussions importantes seraient nées de cette question , que de. lumières elle pouvait répandre, que d'ardeur elle aurait inspirée pour procéder enfin aux recherches selon le précepte, cherchez et vous trouvera! V^xXtAtë an iTA\\i\, 192, quelques phrases sur ce sujet.
-, Goot^le
^ c'est à l'humanité à se donner des lois, s'il n'est pas besoin qoe Dieu intervienne, il aura donc jugé notre raison supéneure i la sienne en conceptions législatives. De deux choses Fane : ou il n'a pas sa, ou il n'a pas voulu nous donner un code social favorable à l'équité : s'il n'a pas su, comment a-t-îl pu croire qae notre raison réussirait dans une tâche ou il aurait craint d'échouer lui-mâme ? s'U n'a pas voulu , comment nos législateurs peuvent-ils espérer de construire l'édifice dont Dîeu aor rait voulu vous priver?
Frétendra-tH)n que Dieu a voulu laisser à la raison une portion de régie', une carrière en msurement social ; qu'il nous a départi tes fondions législatives , quoique pouvant mieux les exercer lui-même; qu'il a voulu laisser cette chance à notre génie politique? mais nos essais de 3ooo ans pronrent assez que le génie civilisé est insuffisant , inférieur à la lâche ; IKeu a dA prévoir que tous nos législateurs , depuis Mînos jusqu'à Koberspicrrev ne sanraient qu'enraciner les fléaux connus, indigence, fourberie, oppression, camagC'
Connaissant, avant même de nous créer, cette impéride et CCS résultats déplorables de la législation humaine, Dîeu nous aurait donc donné à plaisir une tâche au-dessus de nos forces, et quî aurait été si légère pour les siennes ! quels motifs aurait-il eus pour se refuser à nous donner ttn code étayé d'attraction ? il y a sur celte lacune, sextuple alternative:
I.* Ou a n'a pas su nous donner nn code garant de justice , vérité , attraction industrielle ; dans ce cas il est injuste à lui de nous créer ce besoin, sans avoir les moyens de nous satisfaire , comme les animaux , pour qui il composedes codes sociaux altrayanset régulateurs du système industriel.^ 2.° Ou il n'a pas voulu notis donner ce code; dans ce cas il est persécuteur avec préméditation , nous CTéant à plai^r des besoins qu'il nous est impossible de contenter , puisqu'aucun de nos codes ne peut extirper les fléaux connus. siS." Ou il a su ^ n'a pas voulu.- dans
vGoogIc
INDUSTHISL. 443
cecas il est l'émule du démon, sachant faire le .bien et préférant faire le mal. :^ 4-° Ou il a voulu et n'a pas su : dans ce cas il est incapable de nous régir, connaissant et roulant le bien qu'il ne saui^ pas faire, et que nous saurons encore moins opérer. ^^5.° Ou il n'a m su ni voulu : dans ce cas il est au-dessousdu démon qu'on peut bien accuser de scélératesse, mais non pas de b£tise. t~ G." Ou il a su et il a voulu : dans ce cas le code existe, et il a dA nous le révéler , car à quoi servirait çc code, s'il devait rester caché aux humains à qui il est destiné ?
La conclusion sur les six alternatives est que le code existe ; on devait donc le' chercher, puisque J. C. nous dit que nous ne trouverons qu'autant que nous chercherons, quisriie et invenietis, puisait et aperietur volas.
On n'aurait pas douté un seul instant de ce code, si l'on eût observé combien il est aisé à Dieu de nous accorder cette faveur. En effet : pour nous délivrer du fléau des fausses lumières, pour nous donner un code propre à harmoniser nos relations domestiques , industrielles et sociales, qu'en coùte-t-il à Dieu P RIKN : om, rien du tout. II n'a pas même besoin de génie dont sans doute il est bien pourvu; il lui suffit de vouloir; car d'après la &collé que lui seul possède, d'après son pouvmr dimpri~ mêrmUraclion, le plus mauvais code composé par lui, et étayé d'attraction, se soutiendrait de soi-même, et s'étendrait à tout le genre humain par l'appât du plaisir^ tandis que te meilleur code composé par les hommes, ayant besoin d'être étayé de contrainte et de supplices ; devient une source de discordes et de malheurs, par la seule absence d'attraction pour l'exécution des lois. Aussi toutes les constitutions des hommes s'écrouleraient-dles à l'instant, si on cessait de les soutenir de sbires et de gibets.
On peut de là tirer une conclusion bizarre mais fort juste; c'est que notre bonheur ne peut naître que des lois divines , lors même que Dieu serait moins habile en législation que les philosophes : que sera-ce donc si Dieu est leur égal en génie , ce qu'on peut présumer sans leur
&îre injure. Son rode ne fftt-îl que l'é^ des leun tn sagesse, aura (oujonn ou titre de sapériorité inappréci»ble, en ce qu il sera soutenu de l'attraction passionnée, seul gage de bonheur pour ceux qui obéissent. L'homme est pins beureuT d'obéir à une maîtresse que de commander à un esclave. Ce n'est pas de la liberté seule que naît le contentement , mais aussi de la conrenance d'one fonction arec les foftis de celui qui l'exerce.
AinsiPieaserait assuré de faire notre bonbe or par un code attrajrtuU, fôt-il inférieur en sagesse à ceux des bonimes; et d'autre part , Dieu est assuré de nous Toir tomber dans le malheur sous tous les codes venant de la raison bnmafne, par cda seul qu'ils né seront pas attrayraas; car le Itigislatenr homme n'a pas la lacnlté de nous imprimer ailraction pour ses perceptears, sbires , gamisaires , conscriptions et autres pertiectibilïtés des chartes cîvijisées , qu'on dît libérales.
Ces considérations qui n'ont pas pu échapper à la sagesse divine, ont dA la déterminer à nous donner un code social quelconque , élayé du ressort d'attraction pa»sionnée. Ces mêmes considérations devaient stimuler les hommes à rechercher si ce code divin qui régirait tout par attraction, n'est pas existant et ignoré par suite des méthodes vicieuses de la science , qui n'aura su ni le découvrir, ni même le chercher. Il fallait donc mettre en question par quelles voies on devait procéder à la recherche et à la détermination de ce code. Tout raisonnement sur ce sujet, eût conduit à mettre au concours l'étude aaafytique et synthétique de l attraction passionnée, facile étude qui est l'épouvantail des philosophes, et qui est pourtant la seule voie directe et méthodique pour s'élever à l'inyention du calcul de l'harmonie sociétaire.
Sinoosen étions au coup d'essai, aux premiers âges de civilisation, nous serions peut*être excusables de fonder quelque espcrâ de bien social sur nos propres lumières, sur ces consMutions philosophiques qui ont tant pullulé 4epuîs un demi siècle. Mais nous sommes amplement
désabnMs par une longue expérîeBce, nous n'avons évidemment rien de bon à espérerde nos quatre sciences. Morale, Métaphysique, Politique et Ëconomisme. Vingtcinq siècles d'^reuTC ont prouvé quelles sont autant de cercles vicieux qui , loin de remplir aucune de leurs pror messes , ne donnent que des fàntâmes de garantie et ne savent que faire éclore de nouvelles calamités, a^aver tons les fléaux qu'elles {urometlaient d'extirper.
Il faut le redire : dans cette Angleterre , foyer de Tinduslrialisme, la capiiale, (37)à elle seule, contient deux cent trente mille indigens; les provinces en proportion; et le secours annuel de deux cents millions aux pauvres, ne sert qu'à J perpétuer une misère et un esclavage dont les tableaux font horreur. Voilà les fruits de la nouvelle chimère d'industrialisme, et )e sceau de réprobation pour ce siècle qui , réiif aux instructions de l'Evangile, ne veut point juger l'arbre à son fruit, se défier des/aux savons, espérer en Dieu seul ^ chercher son code si on veut le découvrir. ( Voyez 1 , 197 , le tableau des absurdités sans nombre où serait tombé Dieu , s'il eût manqué à la composition et révélation d'un code social attrayant.)
D'après cet aperçu des égaremens de l'esprit humain en calcul des destinées, il est bien évident que la saine partie des civilisés , la classe qui se dit et se croit pieuse , est tombée dans la même erreur que les impies, dans la défiance de la providence , et surtout de VuniversaUlé de cette providence. Le plus grand outrage à lui faire, es) de la croire limitée, partielle, insnilîsante, selon l'opinion civiPisée. Ceux même qui écrivent contre TindifFérencc «) matière de religion , sont coupables de cette apathie qu'ils dénoncent ; coupables du manque de foi et d'espérance, puisqu'ils ont refusé de chercher le code social divin, et qu'ils ont par le fait, secondé les philosophes tous lignés pour empêcher l'étude des sciences vierges et néflligées , 4^ ( conduisant à l'invenlion de ce code.
Jésus-Christ nous dit de la secte philosophique : ce sont des meugles qui condtùsent des aveugles : mais quel
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redoublement de déraison ! Ces aveugles qui reconnaissent que U pbitosophie les a conduits en lausse route, ce àècle qui déclame contre l'irréligion , soutient la prétention sacrilège des philosophes à dépouiller Dieu de la législation; il doute encore de l'intervoilion de Dieu, quand il est évident que Dieu, par l'attraction , dicte des lois sociales à tout l'univers. La théorie newtonienne dont notre siècle s'enorgueillit, lui a révélé cette vérité, et il persiste à la méconnaître, il repousse le code divin qui lui est apporté : c'est donc pour notre siècle que l'évangélîste a dit : « Et la lumière est venue dans les ténèbres > « et les ténèbres ne l'ont point comprise. » S. JEAN, ch. I.
J'ai pu leur paraître bizarre, lorsque j'ai dit, au débat de cette homélie : Les nations modernes se sont perdues par défaut de/oiet despérance xn Dieu; langage ridicule aux yeux d'une génération habituée à railler sur ce qu'elle ne comprend pas de prime abord. Quand Voltaire plaisante sur ce que la nouvelle Jérusalem aura 5oo lieues de haut, il ignore que c'est une allusion aux 5oo,ooo phalanges que formera, dans son début, Tharmonie sociétaire ou nouvelle Jérusalem.
Combien citerait-on de ces allégories qui , par leur style oriental , semblent risibles à nos esprits forts , et qui seront des ubleaux aussi gracieux que fidèles , dès que l'esprit humain aura quitté le sentier des fausses lumières ! par exemple, nous voyons que J. C. n'adople que les nombres XII et VII; qu'il choisit 12 apôtres, et leur promet 12 trûnes au jour de la régénération ; c'est un emblème de l'harmonie qui reposera sur le règne des 12 passions. Par analogie, J. C. a dû choisir douze colonnes de sa doctrine, et admettre parmi les douze, un traître, un Judas , image de la passion dite liât de/amilU , qui est source du mal , germe de l'industrie morcelée et de la fausseté en relations sociales.
r^égligeons ces détails qui sont hors de notre sujet-, bornons-nous à signaler les torts intelligibles selon les lumières actuelles : il est évident que sous un vernis de srav-
Hmens religieiu , dos hommes pieux ne sont que des philotophes mitigés, des sceptiques niant les pn^riélés priiDordiales de Dieu, 4*7- Ce sont des iàuleurs de l'incrédulîté , doutant de la sufEsance de Dieu , Moctionnant )a prétention des hommes à laire des lois sociales, comme si Dieu avait pu oublier d'en (aire.
hes Toilà confondus par la découTerle du code social divin. S'ils persistent à soutenir cette philosophie qui veut ravir à Dieu la prérogative de l^slalion , il faut se boiv neràlenrrépondre.yb^» l'arbre à son/nût, Voyesquels fnuils a produits la législation humaine, Indigence, FouBDEBiE, Oppression. Cahnage, et tant d'autres fléaux inséparables du régime civilisé et barbare; concluez-en qu'il eût fallu depuis long-temps cherxrher l'issue du labyrinthe où la raison est égarée, ijuariie d.inventeli$,
Loraqu'enfin un homme a cherché et trouvé le code dont vous désespériez, quelle conduite devez-vous tenir à l'égard de cette invention? £tes-von$ sensés si vous la difEamez avant qu'elle n'ait subi un examen régulier? Vous accordez aux chimères d'athéisme de la secte OwEN, vingt épreuves dans autant d'étahlissemens qui trouvent des fondateurs en Europe et en Amérique, et vous ne voulez pas même permettre accès à la véritable théone sociétaire ! Rougissez de cet acte de vandalisme : c'est pour vous que l'évangélisle a dit : La lumière esl venue dans le mondé, et les hommes ont miear aimé les ténèbres, parce If ue leurs actions étaient mauvaises. S, Jkxk, ch- III; parce que leurs sciences trompeuses dites morale et politique , ne pouvaient supporter aucun parallèle avec la science de vérité , avec l'oracle des décrets divins , le calcul mathématique de l'attraction passionnée.
Hommes qni prétendez à la piété, et qui ne croyes pas àl'universaliië de la Providence, à la transmission de son code , vous £tes dans Terreur , voulez-vous j persévérer ?
Errare humanum est, perseferare auteni diabolicum. VoMs pratiquez l'égo'isme et non la piété. Vous ajoutez ,
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an d^ot de foi et d'espérance , le détaiit de charité ; vice dont S. Paul nous dit : •■ quand j'aurais toute la foi » poswble, jusqu'à transporter les montagnes, ai je n'ai » point la charité je ne suis rien » ( £p. aux Cor.)
Vous deriez, pour l'amour du prochain , un tribut d'études, une exploration a£^« des lois sociales deDieu; TOUS deviez au moins mettre^u concours cette recherche ; et TOUS avez, par indolence, éludé la tâche, laissé le champ libre aux philosophes, en tous bornant à quelques déclamalioos contre leur malfaisance , i quelques simulacres d'esprit religieux: vous êtes les pervers dont J. C. a dit : « Ce peuple m'honore des lèrres, mais leur » cœur est loin de moi : et le culte qu'ils me rendent est » vain et friTole> puisqu'ils enseignent des maximes et > des ordonnances humaines.» S. MATTH: chap. XV.
Voila , en termes précis , la condamnation des lois des hommes, et de- ceux qui croient à la sagesse de ces lots.
Puîsqu' enfin le code .<HKial de Dieu vous est apporté , n'hésitez point à abjurer vos erreurs : Toulez-vous renou- Teler le scandale donné par les siècles d'obscurantisme qui persécnièrent les Colomb , les Galilée ?
Votre capitale du sophisme a hérité de cet e^rit satanique, de ce vandalisme du XV.' ^ècle. C'est ponr loi , modemeBabylone, pour toi, ville de Paris, que J. C. a dit : <' Jérusalem, Jérusalem, qui lues les prophètes, et n quilapidesceQxqnisontenvoyésverstoi.n Tes docteurs sont nne légion de Zoïles que Jésus a démasqués, en disant : •■ Malheur à vous, scribes et pharisiens qui bâlis- » set des tombeaux aux prophètes, et qui dites : si nous » eussions été du temps de nos pères, nous ne nous fus- » sîons pas joints k eux pour répandre le sang des pro- » phètes. S. Ldc , XI. S. Matth. XXIII.
Tel est aujourd'hui votre langage, sophistes qui pervertissez l'opinion, TOUS déclamez contre les générations qui ont persécuté de vrais savans, et vous êtes plus iniques encore contre les inventeurs que la providence vous envoie. Pour les traverser , vous vous affublez d'un
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: de raison qui n'est qae manteau de vandalUme , pire qu'au siècle àe» Oiloml), des Galilée.
£l TOUS, homioes pieux, qui croyez servir Dieu en soutenant le parti des philosophes ennemis de toute découverte, faisant commerce de sophismes, vous prétendes bÂlîr la maison du Seigneur, et vous ne bâtissez que pour Béelzébuth , car vous favorisez la philosophie , en étouffant la théorie d'attraction passionnée, interprète du code divin.
Vous avez depuis vin^ siècles servi Dieu en vaines paroles, en stériles holocaustes ; faîtes enfin quelque chose pour la foi et la charité; fondez la maison de Dieu, )a phalange d'essai en harmonie sociétaire , essai qui ralliera subitement le globe entier soûs k bannière divine, et qui comblera de richesse et de gloire tous les fondateurs, même les co<^rateurs secondaires.
Que sont vos entreprises actuelles ? des rajEnemens de barbarie pour river les fers des peuples par la réduction du salaire, et par l'emprisonnement de la classe pauvre dans les bagnes industriels nommés grandes manufactures, qui ne lui assurent ni bien-être ni retraite. Ces vexations mercantiles sont réprouvées de J. G. et des PèresderEglise.S. Chrysosiômenousdit ifu'un marchand ne saurait are agréable à Dieu , et Jésus battait de verges les marchands , il les chassait du temple en leur disant : f^ous faites de ma maison une caverne de vokurs.
Jusqu'ici , il a pu vous sembler difRcile de lutter contre le protée qu'on appelle commerce. Vous ne saviez par quel point l'attaqoer, car il maîtrise les gourememens mêmes devenus ses vassaux. Enfin la Providence TOUS envoie un guide qui connaît les côtés faibles de l'hydre mercantile , et qui , par inauguration du régime Téridique , vous délivrera de c* veau d'or. Idole digne d'une secte d'aveugles qui conduisent des aveugles, idole digne des philosophes modernes.
«JEt toi, Capbamaum(toi, philosophie,), t'élèveras- » tu toujours jusqu'aux cieux ? Non , ta seras précipitée
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45o NOUVEAU MONDE
» juMju aa fond des enfers. » { S. Luc , ch. X. ) Voilà votre arrêt, sophistes ennectais de t'atlraclion , ennemis des richesses et de rharmanic' J^siu tous l'a dît : « Vous êtes des » sépulcres blanchis , qui au dedans sont pleins de poor- » riture.Scrpe[u,race deTipèreSiCommenlpouirex-vous » éviter d'être condamnés au feu éternel ?» S. Matth., ch. XXUI. «Quelle secte a plus mérité d'être plongée » dans la géhenne, oà il n'y a que pleurs et grincemens » de dents ? »
I<ai«sons i Dieu le soin de vous juger, et de discerner s'il en est parmi vous quelques-uns dignes de sa clémence ; jusque - là courrez-vons de eendre|; hilea-vous , comme l'hérésiarque aE>TiLis, de &ire abjuration publique,el de déchirer vos livres. Voire châtiment , dès ce monde , sera de voiries nations s'élever au bonheur et à l'opulence, en foulant aux pieds vos doctrines perfides. Vous'mêmes livrera aux flammes ces bibliothùiues , dépôt humiliaU de contradictions et terreurs ; tandis que les nations, déHvrées de leurs chaînes, s'introniseront dans la nouvelle Jérusalem , en disant avec Siméon : « Seigneur, nous avons » assez vécu , puisque nous avons vu l'œuvre de votre s»- » gesse , le code sociétaire que vous avez préparé pour le » bonheur de tous les peuples. »
Alors le monde entier retentira des malédictions contre les lois des hommes , et contre les infâmes sociétés civilisée et barbare : alors les peuples, comblés de richesses , de délices, et trouvant les voies de fortune dans la pratique de la vérité, s'écrieront dans une sainte ivresse : « Voi<^ » venir les jours de miséricorde promis par le Rédemp- >> leur disant : Heureux ceux qui ont faim et soif de jn»- » tice, car ils seront rassasiés. (S. Match., ch. V. ) C'est » vraiment par l'harmonie sociétaire que Dieu nous mani- » feste l'immensité de sa providence, et que le Sauveur,
> selon sa prophétie, vient à nous dans toute la gloire de
> son père. C'est le règne du Christ ; il triomphe , il esl » vainqueur : Chbistus heghat, vincit, ihpebat.
INDCSTftIBt. 4^1
FONDATIONS APPROXiBIATfTES.
f A.VAIS promis un article trè»-détaîllé sur les approumatioDs dé mécanisme sociétaire : des compagnies pea fortaoées pourront désirer de fonder en petit ; c est la manière favorite des Français, ébancher, tâtonner; la plupart opineront pour un essai ^édnit i moitié, à goo personnes, ou an tiers, 600 personnes.
Je leur observe qu en réduisant une mécanique^ on en fausse le système, sï on ne conserve pas toutes les pièces: nous savons réduire une immense horloge de clocher en un petit coffret ou montre d'an pouce de diamètre ; maù cette montre contient toutes les pièces de la grande mécanique, même la sonnerie; dès lors le système, .quoîqnt réduit , n'est point changé.
Il n'en est pas ainsi d'une mécanique de passions : pour la réduire dans la proportion d'une horloge de cathédrale à une petite montre, il faudrait avoir des hommes en miniature, des Lilliputiens hauts d'an demï-pied, des animaux et des v^étaux de mêoK dimeiision , il serait &cile d'en former une petite phalange en miniature, 1800 pygmées logés dans un castd , et bornés à cultiver un terrain carré de cent toises de base; Cette phalange serait complette en mécanisme ; elle aurait en peiit son assortiment de caractères, elle opérerait aussi eiactement que des hommes de notre stature.
Mais s'il faut retrancher sur le nombre, se réduire de 1800 à 900 ou 600, on se prive des ressorts nommés caractères, et on fausse le mécanisme d'attraction industrielle, d'équilibre des passions. Dès lors le )ea de la machine se complique, se ralentit en raison composée de la diminution des ressorts.
Si les 3 phalanges sont de t8oo, 900, 600,
la force motrice ou dose d'attraction industrielle, qui alimente les séries passionnées, neserapasen rapport de 18, 9, 6; mais à peu près de 18, 6; 3,
r,, ...1 .LiOOgic
452 ^OtIVEA(J MONDE
par suite la cohorte salan'ée suppléant aax lacunes d'adractîon devra £lre de loo, i5o, 200^ et mieux encore de - 100, 200, 3oo;
car elle sera chargée de tous les traraux qui n'exciteront pas d'attraction; or Ils seront bien plus nooibreax dans une petite plialangeqne dans une grande; la petite, bornée à 600, ayant des séries mal engrenées, faibles de ressorts, ch. V, VI, pourra à peine créer attraction sar les deux tiers des travaux ; celte lacune exigera une cohorte d'environ 3oo salariés poar l'autre tiers de l'ouvrage.
Plus la phalange sera petite, plus on devra s'attacher à avoir un grand nombre d'enfans, dût-on les prendre i pension ; car les enfans sont celui des 3 sexes qui se livre le plus franchement à l'attraciion , et qui se passionne }e plus promptemeni pour le r^ime des séries industrielles.
Une société qui n'aura pas pu réunir la ma^se de capitaux nécessaires pour fonder en grand , devra opérer comme si elle étoit certaine de trouver ces capitaux dès l'année suivante , car elle tes trouvera réellement, si elle fait ses dispositions /wur un com/nenc^men/ de grande phalange , et non pas pour une phalange réduite.
Selon ce plan, elle devraconstruire , au lieu d'un édifice régulier, un tiers du grand édifice tracé page i^S, une aile seulement, pour expectative des 3 autres portions , centre et 2' aile. Je suppose qu'elle construirait la por^ tion qui s'étend de O en a, pois les bàtiniens X et Z.
Il faut à celle occasion relever l'erreur commise an plan: on y lit ces mots : Longueur da/ront entier , a6o toises; il est évident que c'est 36o et non 260 ; car la place P est comptée pour 200 toises; le front des deux ailes est presque égal à cette place.
'La petite phalange construisant un tiers de grand phalanstère el non pas un petit phalanstère , sop terrein devra être disposé dans le même sens ; tout en débutant sur une petite surface d'un tiers de tiene carrée, elle devra prendre des arrangemens pour avoir en contiguïté une lieue entière , et en jouir dès l'année suivante. Si elle manquait sk
liNDCSTHlEL. 453
<xs prëcaotions, elle serait bientôt devancée par d'autres compagnies qui se formeront en concurrence arec elle, et qui prouveraient qu'elle n'a rien prévu, qu'elle n'a pas osé envisager l'opération , qu'elle n'est ctHnposée que de chefs pusillanimes, d'avortons intellectuels. Ces objections seraient valables et feraient perdre à une phalange réduite le prix 'de fondation ; elle perdrait en outre l'immense bénéfice des curieux payans qui se porteraient tous dans une phalange de plein mécanisme, telle qu'on se hâterait d'en fonder lorsque la petite phalange d'essai aurait donné l'éveil, et prouvé que le mécanisme de séries passionnées el d'attraction industrielle, est de la plos grande facilité.
La petite phalange, en formant ce plan d'extension , aura d'antant plus de chances pour trouver de nouveaux actionnaires, qu'on pourra jugerdes économies que produira la grande phalange; par exemple sur les engage^ mens de maîtres ouvriers et instituteurs quelconques, il fera évident que les maîtres engagés pour 600, serviraient de même pour itkiO, sauf la transmission graduée en mode mutuel , 347.
Plus la petite phalange périclîlera par défaut de nombre, plus elle devra spéculer sur la forte dose d'attraction , et considérer qu'il faut savoir semer pour recueillir; elle devra donc s'attacher à la gastrosophie , 3o2 , principale semaille d'attraction. Ce sera la branche où on pourra former promptement des séries passionnées , et apprécier leur influence dès les premiers mois. On ne trouvera pas cet avantage dans des cultures , troupeaux et colombiers réduits au tiers de la grande phalange ; le jeu des séries y sera gêné, l'exercice parcellaire, ch, VI, y sera bien restreint ; il est aisé dans un groupe de 3o sectaires , de former 5 à 6 sous-groupes , chacun de 5 à 6 sectaires; mais si le groupe n'est que de 10 personnes, il devient très- difficile d'y organiser les sous-groupes et l'exercice parcellaire , si précieux pour donner de l'intcn- Hté aux attractions industrielles-
454 NOUTEATI MONDE
Pensera-t-on qu1l faudra restreindre le nombre deé fonctions, afin de pouvoir y adapter des séries copieuses? c'est raisonner en moraliste qui croit mener Tatlraction à Tolontë; la nature distribue tes attractions en travail do' mestîque, sur 1630 personnes ; si on réduit ce nombre au tiers, on ne peut pas tripler les attractions; tel travail comme le soin des pigeons , qui aurait rencontré 60 sectaires passionnés sur une masse de 1620, n'en aura que 20 si vous réduisez au tiers le nombre de sociétaires sur lequel il faut trouver une secte de pigtorùsUs \ et si on veut la porter à 4o, pour favoriser l'exercice parcellaire, il y en aura moitié qui ne seront pas passionnés ; la série sera Irès'défectueuse, mal intriguée, sans ardeur, sans dextérité, sans unité d'action.
D'autre part si on a trop peu de séries, 'si pour les renforcer en nombre de sectaires on se réduit à peu de fonctions, beaucoup de gens ne pourront pas donner cours à leurs attractions et seront faussés. D'ailleurs une pba~ lange d'un petit nombre deséries échouerait sur l'accord de répartition , parce que les séries ne seraient pas suffisamment engrenées, 89. Les impulsions de cupidité ne seraient pas assez graduées pour s'équilibrer, s'eutrainer spcculativement ï la jusiice, 364*
Il n'est pas besoin d'ajouter que moins la phalange sera nombreuse, plus elle devra éviter ta grande culture et les travaux de long cours, dont tes produits ne peuvent se recueillir à des époques rapprochées: les graminées sont de ce nombre , et là vigne encore plus. Il fiiui à une réunion faible en ressorts, des récoltes promptes, pour soutenir et alimenter l'intrigue. Ainsi des pigeons qui multiplient très-vile, la confiserie dont tes produits sont fabriqués en peu de jours, serontVes genres les mieux appropriés à ta circonstance ; tous les peths légumes présentent cet avantage.
Je pourrais étendre fort loin cet examen des entraves i redouter dans une petite phalange : c'est assez faire entrevoir que pour diriger cette machine , il faudra bien se
INDVSXKIEL. 4^5
^rder des méthodes morales et économiques; il faut un' mécaDÏcien qui ait éluiUé à fond la théorie , et qui ne pré* tende pas régenter et maîtriser l'attraction ; e'est le rice où tomberait tout philosophe.
On devra s'étudier à discerner quelle» lacnnes on peut admettre selon l'assortiment de caractères et de goûts dies sociétaires', c'est une op^tion des plus délicates et qui décidera du succès d'une petite phalange ; tant que je ne aïs pas en quel lieu elle serait -fondée, quelle serait la juste dose de ses moyens en chaque genre , je perdrais trop de temps à examiner et peser les nombreuses chances d'erreur qui pourront s'y rencontrer.
Je me borne à indiquer deux grands moyens , les plus sûrs pour une petite phalange : le renfort d'enfans et la , gastrosophie. Que t^s enfàns impubères soient ^ssez nombreux pour exécuter les manœuvres chorégraphiques à . 73 figurans, que le peuple soit enthousiasmé dès les premiers )ours, par la gastrosophie sériairequi est le moyen le plus prompt pour le séduire ; qu'il se croie transporté dans la maison de Dieu, c'est le nom que donne le peuple à une maison 01^ l'on vil dans l'abondance et l'insouciance; en6n que les chefs se pénètrent bien du but à atteindre, je l'ai dit plusieurs Ibis : il ne s'agira pas de produire plus ou moins de choux, peu importera la quantité de récoltes, d'autant mieux que les séries, pour peu qu'elles ^ient bien formées , en donneront toujours une masse infiniment supérieure à celle de civilisation.
Mais les prodiges qu'il faut créer dès la première rampagne , sont l'équilibre des passions et l'allraction industrielle, buts où l'on n'atteint que par un bon engrenage des séries, et un lien actif entre les travaux de production , consommation , préparation. Si l'on peut étaler de bonne heure les accords sublimes que présente une masse de séries bien engrenées, la cause sera gagnée, même avant d'arriver au dénoûment ou accord de répartition . Pès qu'on pourra admirer dans ce germe d'harmonie les accoixU coDtnislés de passions échelonées, 76, les ac
cords ÎDdÏTKts d'antipathiques, l'emploi avantagieax dc« dûcords, l'emploi utile des passions réputées TÎcîeiues, l'entramement des enfans k riqdustrie dès le plus bas âge, la vérité et la justice devenues voies de fortune , enfin le vrai bonheur sorial, le contentement de chaque sectaire confirmé par son enthousiasme, les curieux aniTeront en foule pour voir le prodige des prodiges, la mécanique des passions, et pour s'humîlîer d'avoir eu la sottise d'ajouter foi à des sciences qui enseignent que Dieu a créé les passions au hasard , sans leur avoir assigné un ntéo- ^ûsme digne de sa sagesse.
PLAN DES SECTIONS VI et \ll, /armant la
GONTaE- PBEUVE.
Fbéah^Z£. Sur un sujet aussi neuf que la théorie de l'attraction passionnée et du mécanisme sociétaire, le lecteur est en droit d'exiger des preuves surabondantes: je voulais, selon la méthode mathématique, ajouter à la théorie une contre>preuve, tirée de l'ignorance où sont les modernes sur les caractères, les propriétés, la marche et les fins de la civilisation, dont ils ont la bonhomie d'espérer quelque perfectionnement; et sur les voies qu'ils auraient dû suivre, pour s'élever par degrés en ^helle sociale, à la période 6.*, celle des garanties. (Vorez ï'x- VANT- PROPOS. )
Les prétentions des modernes au perfectionnement, sont une tendance à sortir de la civilisation , et & s'élever aux garanties dont ils rêvent quelques parcelles , sans savoir les réaliser, car ils n'ont de garanties que celles qac le hasard a introduites, comme le régime monétaire et lesassurances qui sont dues  l'instinct et non à la science. D'autre part les fausses méthodes adoptées par notre siècle, notamment ses systèmes d'industrie anarchique, de concurrence indiriduelte et mensongère, et surtout sa bévue de prendre la régie actionnaire pour association, allaient nous précipiter en 4*' phase de civilisatioa, état diam.étFalement opposé aux garanties sociales.
INDUSTBIBL- 4^7
Pour débrouiller ce chaos politique , il faudrait , je Tai dit, une analyse détaillée de la cÎTilisation , et nnparalièle des caractères de cette 5.* période , arec ceux des deux périodes continues, savoir: la 6.', dite Garantes solidaires, et la 4-*t dite Barbarie. Ce serait un travail fort étendu et auquel suffirait à peine un Tolnme de )a dimension de cclm-ci. Je comptais donner sur cette matière' deu^ secdons, mais elles seraient encore insufEsantes : c'est un sujet à traiter séparément, et je me borne à en donner le plan sur lequel on pourra juger de Timportance de cette branche d'études, et de l'étourderie de notre siècle, qui oublie de &ire l'analyse de la cÎTÎIisation , et qui croit la perfectionner, quand il la conduit à un déclin rapide- Pïous distinguerons les caractères de cette société en huit ordres; chacun sera exposé dans huit petits articles, dont je comptais former d'amples chapitres qu'il faut recopia^ cer par des aperçus.