‹ Œuvres complètes de Ch. Fourier (volume 5)Chapitre 61 sur 63 · CiNDI»A,TUIŒ SPÉCÙLATIVX · texte numérisé non relu

CiNDI»A,TUIŒ SPÉCÙLATIVX

Il faut se garder de compter pour cette fondation sur aucun des partis politiques; libéraux, absolutistes, et mixtes seraient de mauvais juges; tout absorbés dans la polémique et les intrigues électorales, si on les sort de cette coutroverse banale, ils sont ébanbis comme ua chat dépaysé, changé de logis.

Les Ubérau qui ne tiennent qu'aux mots et non ans choses ,

SDspccleraieat Is théorie poar l'honneur D'un hot. Ils exigeraient que les i5 phvea de progrès réel fussent nommées ciniisation perfectible, nom qui ne cooTient qu'aux phases où régnent la fourberie commerciale et le morcellement agricole..

Les absolutistes out pour caractère reffiireiuAmunt, ils poasaent la crainte de rérolntion jusqu'à la déraison , semblables i Ponrceaognac effaroocké par les apothicaires , et croyant voir partont des lavamens ; ainsi les absolatistesqui ne rirent qnc répression, s'effarouchent Ji l'idée de métamorphote nniverselle et suinte , quelque bsoreasc qu'elle puisse être.

Il iaut donc se garder de spécaler sur des partis. On doit s'adresser i un de ces hommes qui ont de grands moyens en for^ Inné ou en inflaence , et qui ayant manqué un ministère , seront flattés de s'élerer subitement à un poste bien aupérienr, tout en disant d'énonnès bénéfices. Quaot ans partis , ils peuvent voir auichap. LetLI,quemfimeensebomantàorgani9er la4*-pbase dn tableau précédent, en créant dans les campagnes lajermejucale garante, et dans les villes Vtntrepôt trinaire concurrent, on obtiendrait dejji dix fois plus d'améliorations que le libéralisme et la [Ailosophie n'osent en râver ; on verrait cesser en moins de 3 ans la meadldié, l'îndîgence, les fourberies, les brigandages, les extorsions fiscales , etc. ; les gonvememens y gagneraient , grandes propriétés, grands revenus, moyens d'extinction des dettes, et stabilité «ahs inquiétude.

Une classe vivement îniéressée li celle hcnreuse innovation, est celle des jonnialisles de Parjs, tons assis sur un volcan. Si l'absolnUsme triomphe comme tout l'annonce , il leur donnera i tons un congé de réforme , sans distinction de partis , et ne conservera qu'une seule gazette assoufûssante , comme à Vienne on Madrid. D'autre part si on procède i sortir de la civilisation , les journaux obtiennent le lendemain triplenombre d'abonnés , cours en tons pays, et main-levée du bâillon, parce qoe les [querelles politiques seront oubliées à l'instant.

Ce changement importe sur tout an parti libérai, Irès-chancebnt ; s'il regagnait du terrain , nne ordonnance on nn coup d'état, en ferait raison. Il oublie que l'c^nion est peu de chose , qu'ea dvilïsatïon le 8.* oppresseur l'emporte sur les 7/8 résistans, et qu'en lutte politique, il faut des moyens neufs et non des disconrs. Il Elut que les d»x partis soient Inen avenglés pour ne pas reomnattre que rnniqne voie dé saint en de a^âcrcr plni haut

qne la dTiUsatîon, et non pas Je réirograder comme ik le tont tons deux. Qam qu'en disent les lîbénnx, c'est rétrograder que d'orgaDÎser la discorde pcrmanenie entre les princes et les peuples, tandis que les opérations de garantisme , telles qae la ferme fiscale et l'entrepôt concarrent, établiraient la concorde, l'unîté de Toes , d'intérêts et d'action entre toutes les classes. Alors les absointistes comprendraient qu'il lenrconTieot détendre an progr^ réel, et non pas de reloamer an lO.* siècle; mais ils s'obstineront oécessûrement dans les voies obscorantes , si on persiste 1 leor tendre le piège du faux libéralisme, vraie cataracte intdlectnelle, puisqu'il repose sur quadruple cécité du monde savant.

I.' Cécité des économistes qui pour nous enrichir emploient la plus petite et la pins coûteosç réunion , celle de famille; et la plus grande fourberie possible on concurrence anardiiqne des marchands. a.'Cccité des moralistes qui veulent donner irbomme des vertus avant de lui donner du pain, veulent armer rhommc contre ses passions, vantent la vérité etTamonr du trafic ou mensonge. 3.* Cécile des politiques, orgamsant la ruine du peu^e par la baisse du salaire , par l'exubérance de population et cent autres monstraosiiés. U-" Cécité des métaphysiciens qui prétendent que Dieu a créé les passions au hasard , on sans révéler 1 l'homme les lois de leur harmonie-, et qui croient étudier l'homme, sans étudier l'attraction moteur de l'homme.

On remplirait des pages sur les absurdités de chacune de ces ^ sciences, dont le quadrille forme la cataracte ïntelleclneUc, servant de guide A l'esprit libéral. Faut-41 s'élonner qu'il ne sache que perpétuer le mal, et que ses antagonistes le repoussent comme une coupe empoisonnée ! Lequel des deux partia est le plus obscnrant, ou de celui qm rétrogade franchement, ou de celui qui promettant le progris social, est de fait irnmobiliste, ne voulant pas que l'esprit homûn avance aa~ddà du bourbier civilisé, s'eflbrçant de nous ramener à la a.'phase dedviBsatîan, aux commotions démocraUqncs , et poussant l'autre parti lia rétrogradation par les oaintcs qn'il loi hu^re.

Lorsqu'enfin le remède à celte anardiie est découvert, diacun sentira combien il est flicheux de manquer d'm ressort d'opposition aux vandales , d'un jury examinatenr des invenlioni , obligé de poser, en séance publique et en présence de llnventem- , des questions dont la prenùère serait celle-d : est-il certain que l'aotenr sût cootinné la théorie commencée par Newton , l'étude

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de l'attraclton , qu'il l'ait étendue du malériel an paiùonnelP Ensuite de la décision alfirmatïre , d'autres qnutÎDDJ loccéderùent et le débat réduirait au «ilence la détraction qui a tout ponvoir tant qu'on ne lui oppose pas un contrepoids , tant qu'il n'existe dans le monde savant comme dans te monde commercial, qn'une concnrrence de fraude , sous le masque de vérité et de liberté.

Prenoosenflagrant délit cet obscurantisme sdentiGqae. Dernî^remcnt on physicien de France , M. AutAGO, démontrait (Annuaire du bureau des longitudes , iSag ), que l'invention du mécanisme k vapeor est due i Papim, français natif de Blois: molesté d'abord par l'Académie des sciences de Paris, Paiùn fut accueilli en 1681 par la sodété royale de Londres ; et 80 ans plus tard, en 1 76^1 Walt se fit passer pour inventeur de ce mécanisme qu'il avait un peu travesti , selon l'usage des plagiaires. Ainsi la France revendique après coup tontes les décoaverlea, m^me les minuties comme lasoupe Bumford. Pourquoi donc ettelle si vandale envers les învenleurs, qu'aucun d'eux ne peut, DE SON VIVANT, trouver accès et examen méthodique en France? elle prétend aujourd'hui :

Que la vaccine altribiiée à Jenner, est du français Rabaov ;

Que l'enseignement mutuel, attribué à l'école de LancastrCi «■1 du français Sairt-Paulet;

Que l'arbre encydopédiqne attribué 1 Bacon, est du sieur Si^iGMTde Relhel;

Que le bateau à vapeur n'est point de Fullon , inaia du comte de Jonfiiroy, (Version de iSaa);

Que letÛt bateau n'est lù de Joufiroy ni de V^att, maïs de Papin mort il y a un siècle, (Version de iSag);

Il faut donc qu'on inventeur soit trépassé depuis long-temps pour trouver grâce aux yeux des académiciens français ! Là-dessos M. Arrago nous dit :

L'hùmme de ginU est toujours méconnu foand il deoance M» aâcle dans quelque genn que ce toit.

C'est la faute de ces corps savans que Thomas adénoncés avant M. Arrago, en disant : ■ Le dernier des crimes qu'on pardtmne «st celui d'annoncer des vérités nouvelles. ■ Consentiront-ils à tlrt justes dans cette circonstance , à faire examiner le calcul de l'attraction; on bien smvront-ils leur méthode usitée, dîfiâmer un ■nveateur dans les ioomaox et &ire refuser l'insertion de sa réplique? On ne rat ulrc chose en France que détrtclion dans le

S5S posTrACB.

monde lavant , fonriierie dans le itioade mercantile , et calomnie daoi le mtmde âeclOiral. Tela sont le* trophiées de la beUe France régénérée par le commerce et la philosophie.

Aucune classe n'est plus dupe de ces trarers que les philosophes et les savans- Chacun d'entre eux pourra en harmonie ae former an revenu (ita) hîen supérieur au médiocre budget de (ooooo fi*., qu'ils separtagcnldans Paris. J'aiindiqué dans l'épilogue un de ces moyens de fortune colossale , j'en ajoute quatre.

3.* Les récompenses unitaires lia. Qu'unouvragetonronnéobtieime i franc, par vote moyen des phalanges , c'est 5oo,ooo ir.

3." La vente directe. Si l'ourrage est bon, la consommation de7 ^8exemplairegparphalange,fait4millianE d'eiempl. avec profit estimé cinq sous , c'est pour l'auteur deux millions de fr-

Quel coup de fortune pour ces écriraios qui aujourd'hui se plaignent que tout le bénéfice est pour les Ghraires ! Quel motif pour ceux de Paris de prendre leurs mesures pour que la langue française soit adoptée comme langue unitaire provisoire , pendant le premier siècle d'harmonie! Celte affaire importe, surtout aux journalistes de Paris, qui dans ce cas auraient subitement cours partout le globe ; et qui verraient tripler le nombre de leurs abonnés, du moment oùlafondation d'une phalange d'essai près Paris , exciterait une curiosité ardcttte , et ferait oublier les vieilles disputes politiques, pour se s'occuper que des approches du bonheur général.

^■° Autre amorce pour les écrivains : ibse plaignent tons de manquer de sujet; ilsen sont réellement |dépoarv us. Ils auront, outre l'analogie 543 , beaucoup de sujets excessivement féconds • neofîs et faciles , entre autres la glose critique des 4 sciences philosophiques. On en râmprimera tons les ouvrages nouUes , avec la glose en regard : (voyez-en denz exemples sur Le TéUmaqut II, 553, et sur rAoRwnc des champs, 617). Ce seul sujet pourra, pendant plus de vingt ans, entretenir de nombreux écrivains, avec débit i ao par phalange, dix milUons d'aemplaires.

Enfin l'enseignement sera nne autre mine d'or ponr les savans «rtistes et letti^. Les sciences et tes arts devenant productif dans l'harmonie , il faudra que tout le peuple, reçoive la hante iostraction ; mais on n'aura pas le Tingt-millième des instituteurs nécessaires : on se les disputera pour former des écoles normales de canton , pour inspecter des provinces , des districts \ les mmn- ^rcs savttu de nos cités obtiendrait de fiirtt findcndes aor pln-

■,Gi.)tit^ie

stean cantona ,' et par celle seule branche de travail , ils joairoiit âef b^^fices et da Inatre dont jouit eo France un graod siattre de l'unircrsité.

C'est donc il eux un acie de démence que de contrecarrer l'examen et l'essai de la théorie d'attraction indiutrietle. Duperie d'autant plus grande , <^ue depuis r'ai^t ans il* protèsent une secte d'aasociatloD fausse, dirigée par M. Oweni secte qui n'a aacmi moyen neuf. Il faut , à ce sujet conclure sur ce qui a été dit aux pages 5 ,'i8i , ^38 , et dessiller les yeux sur le compte de ces lùups ctntoeiis de peaux de bnbiM. La crédulité qu'ils ont obtenue est un des indices les plus frappans de la cataractf. ùiUL- UciueiU qui offusque notre siècle.

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