‹ Œuvres complètes de Ch. Fourier (volume 5)Chapitre 62 sur 63 · RÉFCTATIOR DES OWENISTES · texte numérisé non relu

RÉFCTATIOR DES OWENISTES

Depuis vingt ans environ, l'opiaion est circonvenne par ces sycophanles de la secie OwEn , gens très-dangereux , non par le mal qu'ils font, mais par !e bien qu'ils empêchent ; car eu persuadant que leur chef est un homme intelligent en mécanisme sociétaire , ils ont tellement fasciné l'opinion , que chacun croit le problème entièrement résolu par la sagacité de M. Owen qui , loin d'avoir en association la moindre connoîssance , est précisément à l'oppose des méthodes naturelles , dans sa bizarre doctrine , réduite 1 trois thèses des plus saugrenues que j'examinerai à quelques lignes,d'icî.

On assure que la société qui le soutient i dépensé depuis vingt ânsdes sommes énormes, pour faire retentirles journaux des yertus de ce régénérateur présomptif, et le faire présenter an congrès de Vienne et à divers souverains. D'autres disent que c'est Ini- ■nime qui a fourni k tous ces frais , k l'aide de sa grande fortune -, en ce cas , ii efl bien maladroit ,. car avec le quart des dépenses qu'il a Elites pour être CANONIsi tout vivant , il aurait pu fonder la véritable as50cîati<Hi , et s'élever au plus hant degré de fortune , k mie gloire durable , méritée.

Le public débonnaire, habitué depuis longues années Ji nn chorus d'apologies sur ce nouveau thaumaturge, pense qu'on est un blasphémateur , ti on ne considère pas M. Owen comme nn saint ; et qu'on est sacrilège , si on prétend donner sur l'assodation , des lumières plus certaines , que k» diatribes contre la propriété , la religion et le mariage.

Son plan de commonaulé a en d'abord quelque vogue, parce que c'était un masque d'esprit départi, nn voile du. plan secret

qui tend k détraîre la préiret et le colle. Cette fenptcr tirt rallia au prédicant Owen tonte la coterie de l'athéisme : quant à ses deux autres dogmes , celui de communauté des biens est li pitoyable qu'il ne mérite pas de réfutation ; celui de suppression sobïtedumariage est encore une monslruosïLé.VoyettSa.

La Traie association suivra les 3 routes apposées , i.* elle sera religieuse par passion , par conviclioo de la haute sagesse de Dieu dont elle recueillera i chaque instant les bienfaits. Le culte public serapoar elle un besoin : le moindre vitaire y jouira du sort actuel des évé<]ues , et on sera obligé en France de cf^er par ordination accélérée , au moins trente mille prêtres , afin qoe chaquephalangeenaituD nombre suffisant pour exercer en relais, sans assujétissement journalier à leurs fonctions. a.° £n opposition à l'esprit de communauté , on excitera l'esprit de propriété par des coupons d'action , et des voies éQonomiifuu , accordés aux prolétaire; qui, par des économies assidues, auront accumulé le la.' du capital donnant vote en aréopage : on l'accordera aussi à beaucoup d'autres litres , afin de ne pas imiter les drilisés qui , dans leur système représentatif, n'estiment le mérite qu'au marc d'argent. 3°. Quant au mariage, ou a vu, i8a , qu'il sera aoec le ^em/i s modifié , gradué et non pas supprimé; et l'on n'y touchera que par degrés dans la génération prochaine, lorsque les modifications auront été votées par 4- classes réunies , gouvernement sacerdoce, pères et maris.

Toutefois c'est bien une preuve de la cataracte intellecluelle dn siècle, que de s'être laissé abuser sur l'objet le plus important aumondesocial,surle mécanisme sociétaire, par un prédicantquî n'a nîdoctrines neuves ni dogmes précis. Son plan de destruction des prêtres est un résidu de révolution : si on supprimait toutes les classes qui abusent de leurs fonctions , je ne sais quelle classe de civilisés pourcait être conservée. Son dogme de communauté est un réchauffé de Sparte et Rome; celui de libre amour est de mâme un plagiat sur divers peuples i83, entr' antres les Né~ pauliens, les Otahïiiens , etc.

Le cdié remarquable dans ces dbgmesc'esll'ambiguiié, les réserves d'escobarderie , les moyens de remanier le système seloa les événement. Ainsi en afiaires de religion , Kob Owen ne renie pas positivement Dieu, il le condamne seulement à garder l'ùicognito sans prêtres ni culte , jusqu'à ce qu'on ait statué sur le rôle qui lui sera assigné ; rôle variable selon les progrès de

lA accte qui , dans le eu d'échec , loi accorderait tine ombre de culte ; et dans le cas de succis , pourrait Uen donner coogë al^ solii àDiea comme aa sacerdoce; car qui congédie l'un est «aspect de vouloir congédier l'autre.

Les dispositions de M. Owen sur l'amonr tombent paiement dans le vague, l'ambign et l'anarchie : on voit que ce novateur a todIu, sor chaque dogme, se ménager des faux-fuyans , afin de de pouvoir modifier ses méthodes selon les circonstances. On le voit surtout dans sa doctrine decommunanté des biens ; elle ne s'étend pas à toutes les classes de sociétaires ; il emdispense les actionnaires, prévoyant bien qu'ils n'auront pas assez de philantropie pour renoncer i l'agio de leurs capilans.

Dans ses lubies morales, il veut persuader aux cénobites de New Lanark ( pauvres tisserands allant nu-pieds en pays très- Croid ) , qu'ils vont entraîner le monde entier à l'imitation , qu'ils vont coaeerlir toua le» voisins. Ces pauvres gens dépendant de lui pour la subsblance, n'ont garde de contredire ses sermons ; mais on n'a pas vu depuis vingt ans , que leurs voisins , le duc d'Hamillon et les riches négocians de Glasgow aient renoncé à tenir bonne ciùsine et bonne cave, qu'ils aient opiné k boire de l'ean claire et aller nu-pieds , pour s'élever à la hauteur de la phiUntropie owéniste.

Il faut toute la bonhommie de notre siècle pour avoir admis comme vcne d'association , ce réchanCTé de lieux communs philaniropiques, ce ramas de paradoxes baroques , tel que celui qui prétend que les trois sources de mat en politique , sont la religion, la propriété et le mariage, et que leur suppression va nous élever au superlatif de la sagesse : risum tenxatis! mais le prédïcant qui débite ces fadaises , promet d'anéantir tous les prêtres ; dès- lors c'est |un colosse de vertu , au dire de quelques biographies i c'est un thaumaturge en régénération , c'est un astre moral devant qui pllissent tous les flambeaux de vertu prësens et passés.

Je m'abstiendrais de réfuter cette chimère si elle n'eût mis en scène que des biurreries sans conséquence, comme celles de sou modèle W. Penh , qui défend de mettre des boulons aux habits, et ne veut d'autre couleur que du gris. Ces niaiseries morales ne causeront aucun préjudice au genre huniaio ; mais la secteOwen a jeté les modernes dans un égaremcutfuneste, en leur donnant le change sur l'important problème de l'association, eu persuadant

560 POSTrAGE.

que lotit ttstMt CD ce genre d'étude, et qst tonte rtcbntlie ■naît iontile aprèi M. Owen , génie uns psreU , foodredej^lantropie, k qui on doit croire aveuglément sam aactin examen de ms moyens, sans tenir compte de l'expérience qui le corfond depuia TÎogl ani , par le refus d'adhésion des sauvages el des civilisés TOÎsiiu, en Kcosse el en Amérique.

L'influence de ce sophiste, la confiance qu'il a usurpa, étant le principal obstacle à l'essai du régime sociétaire naturel , il importe de le réfuter eiactemeai. Je résume par deux argumena snr la déraison et les escofairderies de sa doctrine.

Il vent retrancher 3 parties d'un tont collectmanent vicieux , retrancher du régime civilisé, le sacerdoce, lapn^riétéet le mariage. )je restant vandra-t-il mieux après cette suppression ? jugeons-«D par nn parallèle: qn'nn homme soit atteint d'une cod~ tagion , peste ou fièvre jaune , sera-ce un moyen coratif que de lui couper un pied , une main et vue oreille , parce qne ces partiea ■ont infectées du viras? Chacnn répond qu'il Ëint traiter le Gorfis entier an lien de faire nne amputation de trois parties qnl n'aboutirait qu'à tuer le malade. Il en est ainsi de la civilisation ; c'est dans son entier qu'elle est gangrenée, et non pas dans telles parties exclusivement ; les autres portions, le commerce, la finance, la judicatnre, la police, la diplomatie, et même la Cour, ne sont-elles pas encrofitécs de vices comme les 3 que proacril M. Owen ? Il faut donc purger l'ensemble an lieu d'en amputer trois portions. Si vous conpez quelques branches de l'enphorbe ondumancenillier, l'arbre n'm sera pasmoins vénéneux; il faut 1« remplacerpar an autre d'espèce salubre. Toilà ce qne ne peut promettre M. Owen : il ne connatt pas les sodélés supérieures ^ la civilisation xi. Il voit que le âècle raisonne confusémeal d'association, et il bâtit sur ce mot nne chimère sociétaire, nn régime tont monastique, éiayé de quelques diatribes morales.

Uo siècle judicieux lui aurait dit , vous vonles comme les agitateurs de 8g, débuter par détruire nos coutumes , quelle garantie donnez-vous de les remplacer alîlementl' tous parlez d'association , en avez-voos résolu les problèmes ; et d'abord les deux principaux , ceux d'attraction insduttrielle et de répartition proportionnelle aux 3 facutlés , capital , travail et talent ?

C'est ici qu'on reconnalison plan d'escobarderie ; quant à l'attraction , il répond ON TACHERA de Tendre les fonctions attrayantes autant que possible; mais lâcher n'est pas efTeclueri

POSTFACE. S6i

il y 3 3ooo ans qn^on tacub àe rendré.lea .hommes Tcrlaei» , et l'on çst TiMniis avancé qu'au premier jour ; il faut des moyens aV solament ueub et plus sûrs qu'une promesse ie tacher. Voyez ces ressorts aux chap. V et VI. ( Les 3 passions mécanisâmes , appliquées à des séries échelonées en double sens y6).

En se bornant à tâcher, sans aucun moyen fixe, M. Owcd a-t-il réussi à préserver ses disciples des vices généraux , tels que le grivelage? non, car ses étabtissemens sont spoliés à tel point, qu'on ne dit mot du bénéfice, et qac beaucoup d'actionnaires en retirent leurs fonds. Cependant le profil et les économies devraient être copieux dam des réunions excédant mille personnes; mais il parait que dans ces communautés morales , il se troave parmi les géran s quelques phitaniropes un peu trop amis du bien commun, et mettant le bénéfice du c&lé de l'épée. Faut-il s'en étonner i" tonte grande réunion industrielle qui n'est pas dlslribnée en Séries passionnées, est sujette à deux vices radicaux. Mêdiocrilé de produit, faute iF attraction indusirUUei Gaspillage, faïUe de garantie sur la gestion. De là vient que les Owénistes n« font pas |mentian des bénéfices , ni des dividendes annuels , première chose dont ils devraient parler. Ils s'en tiennent à vanter les charmes de la pbilantropic , le bonheur d'être utile i la commanaoté dont qaelques aigrefins soutirent les profits.

Reconnaissons enfin que pour associer, il fallait découvrir une théorie régulière, mathématiquement exacte, et qu'on devait imposer des conditions; Ji défaut on verra vingt sophistes seflatler, comme M. OWen, qu'ils ont résoin le problème, et qu'on doit se fier Aveuglément à leurs illusions phiiantropiques. Il n'en est rien : j'ai proavé que la vraie science , en mécanique sociétaire , est partout d'une exactitude mathématique ; notamment sur le problème principal, celui de la répartition, chap. 3^.* et 35.*, dont les Owénistes esquivent savamment la Solution , au moyen de leurs dogmes de COMMCNAIITÊ.

Je pourrais ajouter beaucoup de preuves de leur ifflpérilie et de leurs intentions suspectes ; mais je crois avoir suffisamment désabusé cette mul^tude crédule qui, lorsqu'on parle d' associalion, répond : Eh! ^est M. Oceen ifuifait r association, il faut lui parler de cela. On peut voir maintenant quel r61e il joue en ce genre, 5, i8i , 438, le même r6le qu'ont joué les alchimistes avant la naissance de la chimie eipérimeniale , ou les magiciens

r,: ..I .LiOO^Ie

56a tosTFACï.

avant la naiMance ie la médecine. Toute sdence, dani ion oripne, est la proie des inlrigans, jusqu'à ce qu'on ait sabitîtué une théorie exacte ans chariataoeriei. Faut-il s'élODiier que U théorie sociétaire dont on ne s'occupe que depuis três-{>eu d'années , ait été , comme toutes les sciences , profanée dans sa nai^ lance par les charlataneries !

'3. DU SIMPLISME ou cause de la. catabacte.

Ce reproche de cataracte Intellectuelle , adressé à un siècle savant sur divers points , pourrait ^semhler indécent si je ne l'étayaû de preuves très-palpables. Je serai bref sur ce sujet peu flatteur; il va débrouiller une vieille querelle qui s'étëve entre chaque siècle et ses inventeurs. Tout ùècle se hâte de dire que les ii^ "ventenrs ont perdu la raison , parce qu'ils ne sont pas d'accord avec le préjugé d'impossibilité ; mais d'ordinaire , c'est le ûècle entier qui, comme au temps de Colomb , manque de nisoD.

La cause de ces bévues générales , de ces faux jugements de 1amtillitude,natt d'un vice que j'ai nommé simplisme ou manie d'envisager en mode simple tout le système de la nature. Ce travers suffit à fausser les plus beaux génies ; c'est le péché originel de l'esprit humam.

Par exemple, nos philoiophes prétendent étudier l'homme , l'univers et Dieu , et ils font de Dteu une âme sans corps; de l'homme , un corps sans âme ; et de l'univers , un vaisseau sans oilote, sans moteur, sans chef. Ainsi, l'homme, l'univers et J)iea seraient trois cocps simples. Aujourd'hui les philosophes , .par crainte de l'autorité, ont modiSé ces doctrines; ils les désavouent au bespin, mais on sait quelles ont été leurs opinions dans les temps où régnait sur ce point uncpleine liberté , à l'époque du matérialisme et des dictionnaires d'athées; on n'admettait pas mttae un Dieu simple, esprit sans corps; encore moins «n Dieude nature composée, ayant âmeet corps. (Son corps eslle feu).

Même simplisme dans les détails :ceuxqui admettent l'âme, ne lui attribuent qu'une destinée simple en ce monde, ils U coqdamnentà végéter sans retour dans l'état subversif, chaos civilise et barbare. En Étude de l'univers , ib admettent l'analogie nominalement , et ne l'admettent pas réellement, car ib contestent que le monde social ait , comme le monde sidéral , deui destinées figurées par les planètes et comètes. (Harmonie et subversion). Ib nient aussi PAR LE FAIT, que l'analogie s'étende aux substances dont notre globe est meublé, et qu'elles sment miroir des pa»-

ùons , parce qu'ils ne Uveat pas eipUqaer ee mirtùr dans dbaqne animal , végétal et vainéral.

Lear iotclUgence est donc tont-Wait faussée par la manie des )ugemeas simples qui ne savent pas assembler one conséqnenco avec nn principe, 'et qui prdnent tel ressort, commerce oa antre , sans tenir compte de ses résultats videos , comme Caniaeté universelle , etc. , etc.

C'est sur ce travers de jogemens simples qne r^HMent les ^ sciences philosophiques ; elles tomberaient du moment où on les soumettrait au jugement composé, exigeant le sceau de l'expérience , conformément à l'avis de Jésus-Christ et de Descartes, 436; elle frapperait de nullité toute science, morale, économisme, donnant des résnltats contraires à ses promesses.

On remplirait cent pages si l'on voulait donner un tableau de SOS jngemens et méthodes simplistes , comme d'établir des garanties pour la classe riche , sans en établir pour la classe pauvre qnin'apas mSme celle de travailet subsistance; des garanties pour le sexe masculin , et non pour le féminin ; accueillir des théories d'industrie qui repoussent toute étude sur l'attraction industrielle ;' des perspectives de bonheur applicable aux civilisés et non aux liarbares et sauvages ; des systèmes de mœurs qui veulent faire aimer la vertu simple , sans l'étayer du bénéfice et du plaisir, associer l'industrie sans associer les passions , établir le libéralisme et n'admettre pour base d'éligibilité que le marc d'argent ; chercber des lumières , et n'estimer les écrits que selon le style.

C'est par cette habitude de faux jugemens , que l'esprit humain s'est engouffré dans tous les ridicules , et dans un abîme intellectuel qui est la duplicité d' action. Il serait trop long de la définir; j'en signale seulement les effets principaux, tels qM contrariété de l'iatérêt collectif avec l'individuel, 4-i ; haine réciproque, 384, des trois classes qui composent le corps social; dissidence entre les gouvememens et les peuples; dissidence entre les seies , dont l'on ne cherche qu'à opprimer le faible , et l'autre qu'à tromper l'oppresseur ; dissidence de l'homme avec luimême , par opposition de la raison an vœu des passions ; dîsûdence de la science avec elle-même , par recherche de la vérité , et apologie du trafic ou mensonge; études pour le bonheur du peuple , et apologie de la dvilisa^on qui ne donne pas même du pain au peuple. On n'en finirait pas du tableau de ces duplidiés d'action; c'est à tel point que dans une Eamille rénoie on trour-

Tcra » nuûns doiiie dapUdlés , comme dîicord de la belle-inère arec la belle-fille, et discords de goftts entoalei choses, en éd»calion , comestibles , degré de chaleur des apparlemens , occapations, délassemens, animaux, etc.

La création a bien dépeint ce destin de* sociétés actuelles; elle a soumis par analogie tout le mobilier du globe à la dnpticilé de système, et d'abord le matériel de l'bomroe qui tombe en duplicité par la double couleur des races blanche, noire et mixte ; par sa discordance avec les eaux de mer dont il ne peut pas s'abrro» Ter, et avec les eaux douces qu'il ne peut parcourir faute d'amphibéite : ( elle ne tient qu'i l'ouTerture de la' cloison du cnnr : c'est une des facultés dont jouira la race r^énérée après douze générations passées en harmonie).

Il sera curieux de rechercher la source de ces jugemens siinplcs qui nous abusent sur le faussement évident du mécanisme des passions et des sociétés, sur le homde a rebours que lepenple entrevoit confusément , selon l'adage , tui mal ne *a pat tans tm autre, Abyssat ahystum invocai. La philosophie, au contraire, loin de s'apercevoir que l'homme est fait pour on sort composé, bonheur on malheur composé, et jamais simple, ^ti, persiste à nous vanter la simple sature qui est l'antipode de notre destinée.

J'en ai dit asses pour convaincre que le reproche de cataracte iotellcciuelle n'est pas une facétie critique ; l'infirmité est Uen réguKére dans ms causes , ses développemens et ses résultats ; carlacivilisationet la philosophie seraient confondues dès le moment oà on voudrait passer des jugemens simples aux composés , consalter l'eipérîence , mettre en parallèle, théories] et résultats de nos sciences , dont l'une proche la vérilé et rend les nations déplus en plus fourbes , l'autre promet aux nations des richesses , et ne fait qu'augmenter le nombre de leurs indigens. Il ^ a certainement croate de ténèbres sur les esprits d'un siècle qui ne s'aperçoit pas de cette subversion sodale ; et l'honneur de dégager l'entendement humain de ce crétînisme scientifique, de loi lever )a caiaracte du sihplishi, est. une des palmes à faire briller aux yeux d'un fondateur.

4- DÉMONSTBATIONS TAMILIÈRES DE lA GATAEACTE. J'ai abrégé sur la partie aride, sur l'analyse de la cause, dite SIMPLISME ; on sera mieux ooBTahtca par quelques tableaux des efTets : je vais les observer dans diverses branches de nos cobnslssances, eu choisissant les ridicules à portée de tout le monde.

Déaûment matériel. Oaaous vanie la richcfae its Dation*, le lasire des sciences , cl poorlant les grandes capitales, Paria el Londres , n'ont pas même de livres élémentaires pour l'étude de la nature. Il faudrait un ouvrage contenant cent mille planche* enluminées, comme celle* du cerveau, par Vicq d'Acyr, et représentant tous les animaux, végétaux et minéraux, dans les diverMs phases de leurcarriére; plus, les explications annexées aux ioo,ooa planches. L' ouvrage contiendrait an moins mille volumes Ja-4>* : ■1 en budrait a ou3exempl. dans chacune jdes 5oo,ooo phalanges da globe; ce sera un des premiers travaux de l'harmonie, travail lùen impossihle en civilisation ; elle ne pourrait pas , avec toutes ses perfectibilités , subvenir au ^uart des frais qu'exige un tel ouvrage Ces frais seront une bagatelle pour l'harmonie sodéiaire, qui aura sur la seule branche des colonisations atirayantea , un bénéfice de quatre mille milliards, somme inconcevable ; mais on a vu , 55o , que dans les estimations , je cave toujours à demi , on tiers , on quart en dessous de la réalité.

Dénûment iiUellecluel. On voit de bons écrivains se tourmenter tonte leur vie à chercher un sujet , sans le trouver ; £tre réduits à des commentaires , des travaux de compila^on , etc. On badinait les défunts Auger , Aignan ei autres , snr ce que leur génie ne 's'élevait pas plus haut que la notice : forcés de se rabattre sur les carrières épuisées , et voulant y paraître neafe , ils tombent dans les paradoxes les plus choqnans ; dernièrement un jownal . de Paris vantait un auteur dont je n'ai pas lu l'ouvrage, mais sur une citation d'ane demi-page que donnait ce journal, je recueillis douze mousiruosités Irès-applaudies des Parisiens , dont la première était celle-ci.

Ilyaen effet unité dans la cioiUtation des divers étala de T Europe. Unité vraiment plaisante ! Chaciw de ces états diSére eb langage , en codes , en monnaies et mesures , en coutumes cl en Ovl. Dans la seule France, on compte seize tangues différeotes : l'antipathie européenne pour l'unité est telle , que les Allemands qiù occupent le centre, et qui sont réputés gens de bons sens, ne veulent pas adopter l'écriture romaine , généralement répandu dans l'Ouest et l'Amérique ; et pourtant, ils se disent continuateurs de Tempère romain. Ainsi , l'unité sur le seul point où elle ail fait par hasard quelque progrés , est repoussée par la nation qu'on croirait la plua sensée; qu'est-ce donc des autres qui ne veulent pas même adopter uriaînes unités justes comme celle du mcridîeu de l'ile de Fer?

Je ne dte lï qii'ane des douze absurdités recueillies dans tne p»ge de citations , combien en trouverais-ie dans l'oaTrage qae ]e n'ai pat lu ; cette page était pourtant des meilleures , car an journal apologétique choisit ce qu'il y a de nûeux.

Il est plaisant de voir l'aTidité des Parisiens pour ces discnsriont parasites qui ne roulent que sur des faussetés ou des riens iàstueasement présentés comme thèses transcendantes , qnaod ilneiant qu'une légère dose de sens commun pour y répondre; jogeons-en par quelques assertions faisant suite à cclle-à.

La ciçilUation est un fait général, complexe , difficile à décrire. Non , rien n'est moins difficile , on vient d'en rtur une description trcs>e»ete aux neuf chap. XLIàXLIX. Supposez cette matière étendue dans i , a , 3 volumes , ce qui serait très-facile , tous anrez une description précise de cette dvilisaUon que je n'ai pa, faute d'espace , définir ici qn'eo sommaire des sujets à traiter.

La cioilisaûon eat~elU un bien, esl-elie un mal, csl-eiU uM»erselle, s'étend-eile au genre humain? Questions oiseuses , vni sujet de facéties et non de discussions.

Il est clair qu'elle est limitée an 6.* du genre bumain. Les paysans russes et polonais travaillant à coHps de fouet , ne sont pas dvilisés. Esl^eiU un bien? oui pour quelques riches : eitelle un mal? oui ponr l'immense majorité qui voit le bien-être dont elle est privée. La civilisation n'est un bien sur chaque globe, qu'autant qu'elle y dure peu , et qu'on atteint vttc au 6.* échelon , Garanlisme xi , h l'aide des sciences et arts qn'elle crée, 5o5;maîs si elle se prolonge a5 siècles de trop, elle devient rni fléaa terrible , par les misères croissantes du peuple ( 36 ) ; par l'industrialisme qui opère la baisse dn salaire, le retour i l'esclavage en bagnes mercantiles et agricoles; par la destruction des forêts, pentes, sources et climalures. Qu'on ose, après cela, mettre en problème si elle est nn bien ou nn mail

Tel est l'usage des philosophes, élever des controverses académiques sur de graves riens , et négliger tontes les études utiles ; aussi n'a-t-on pas même dclerminé I'alphaiet naturel , encore pleinement inconnu. (Voyez note (') d-contre.) Nous avons pourtant des virtuoses en grammaire gÉNÉRAILE.

Cette omission est un des imlices les plus plaisans de le cataracte intellectuelle dont le monde savant est affligé. Que n'onbliera-t~)l pas s'il oublie l'alphabet en grammaire , et l'attraction en étude de l'homme ? Veut-il donc en toute sdence prendre le roman par la queue , terminer par oà il faudrait commencer ?

L,: ,,, .LtOo;Mc

Celle cataracte , cet instinct du faux qni domine dans le monde

savant , me [nslifie a^sez du reproche d'irrévérence pour lui :,

(i)En lianiioi grct de f^mmiii le ijitètBt icn i^lë tar l'aiulojçii nttoraU. Ce triTiil kti 1 pei

du picmiàn opAvtiont, Mn

I iingnc anitiirç, dont.

ini, et anlns docunieni pour l'acheter, o

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