‹ Œuvres complètes de Ch. FourierChapitre 109 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE. PIVOT DIRECT · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. PIVOT DIRECT

supposant 33 ans de vie mondaine , et 66 de tie transinondaiûe. Ce terme n'est point uniforme et peut, comme ici-bas, varier du tiers au triple ; soit SO ans de station pour telle Âme , et 200 ans pour telle autre.

L'Âme humaine étant de nature harmonienne et différente de celle des botes , elle ne peut pas stationner dans les corps des animaux. Ils ne sont pas moules d'harmonie» mécaniques à douze passions; ils ne sont que moules partiels y touches disséminées, coffres d'Âmes simples, réduites à certaines branches de passions ; et par suite , le corps d'un animaï est inapplicable  une Âme humaine, possédant comme Dieu le clavier intégral des douze passions. Si un corps animal pouvait les contenir , il se trouverait unitanre avec Dieu, et admis  l'usage du feu ou corps de Dieu , dont les emplois sont interdits à ranimai, parce qu'il est hors d'unité divine. Aussi n'est-il pas admis à l'honneur de connaître Dieu et se rallier intentionnellement k Dieu.

La vie présente étant à Tautre vie ce ipr'eat le simple au composé, nous avons dans l'autre vie double exercice de mémoire , et dans celle-ci double lacune de mémoire , parce que le mode simple conduit â la fausseté qui est toujours duplique (i); la vérité est toujours dualisée (sauf rares exceptions).

£n conséquence, nous ne pouvons avoir souvenir en

(i) Les expressions duplique, dupliquer, 288, sont indispen* sables en théorie des passions : les mots double, doubler, n*exprimeraient point la duplicité d'action ; double se prend en bonne comme en mauvaise part ; il est géneVique : mais si Ton passe du genre aux espèces, il faut employer : en bonne part, dualiier qui suppose le concert de deux éléments; et en mauvaise part, dupliquer pour expression de leur discorde.

SSO YfioliÉGOiiJnBS.

"Oemoade, ni des existences iBOodiiiDe^ pitssèes» ni des Itans'dnondiiiiies ; ianâisique* àmBl'mkfe^yiej noosalifcms lamèmoire des «mes et des :tntnes*

Ainsi , dans jon cèv» » nops ne nous rappelons m des -songes passés, wi végniiènniieni :di» joiiniéos passées, oar^nousiCOifandoDS en sève les lemps, les Ueust «i lias .eiMMOs» tandis j^'enéM de veUle., flous nons rap^lons diilSneteflient , et des aooges, et des ¥elUes passées. r LjBs Ames dans l'autre vie prennent un corps fomé de J'éléflaenl que nous noomions Arôme., qpi est inocnbustiUeiei' homogène iiree le feu^ Il pénètre les solides Mour raj^idité ^ conqae >on le voit par l'Àrome noDHoé Ihitde magnéfciqoe , oirculant daQS les roches intérieures et au centce des mines , aussi rapidemeiit qu'en plein air. *

L'effet esi prouvé par l'aiguiUe Aimantée , que Je fluide magnétique dirige au sein des roches les pJss <g>aisaes.

Le corps des défnnls est aromal-^bérè , c'est-à*dii^ qu'à la substance aromale doolil esi fonaé» se joint une autre substance de f élénœnt nommé Ëtfaer , qui est la portion subtile et supérieure de notre atmosphère.

Les corps mondains âtant tevre^^aqueiiK ^ (armés des deux éléments terre et eau, il est dansi Tordre que Jes ^

corps irans^mondains soient formés des deux autres éléments , arôme et air. Celui-ci isolémeot ne^pounait pas fermer le corps des 4rans*niofldains , car l'air est «oiid)u^ stible; mais sa partie supérieure, Elher, plus dégagée 'd'oxigéne et combinée avec l!arome , forme des corps pleinement homogènes avec le feu et l'intérieur brûlant du globe , que parcourent dans leurs fonctions les ultra* mondains de divers degrés.

Les uUra-mondaips ne ipont point égaux : la sainte égalité philosophique ne régne pas plus dans l'autre

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monde que dans celui-ci. C'est encore une bizarre idée de nos fabricaleurs d'£ly4»èes, que d'a?oir nivelé tous Jes 4ilus ; taol il ^t vrai q«e ie Philosophisme a laussé «n tout sens les idées , «t que les ennemis mêmes de eelte seien'ce en adoptent, sanss'en^percevoir, urne fouleée préventions.

firef, ies traiis*«iondains sont de 12 degrés, -dont 8 mixtes, et ces degrés ne sont poipt grades de faveur, mais grades de fonctions. Le i^. degré, ki^pÀ^of, est occupé par nos âmes en ce monde. :Suivent onze édielons d'âmes trans*mondaînes ; total 12. Ij'octltve est fermée en 1^^. <iegré , Aoiil /^ûm€, par la pknéte même , la grande éme adhérente au corps de {'aatre. En le quittant elle est comme nous sv^Ue à le mort et é la aouffrance , parce que son corps est iout à la fois d^espèce terre«aqueose et étfaer-aroonale.

Les âmes de tous degrés participent dans l'autre vie aux sensations corpoi;elles de la planète; elle est languiseante et presque içcdheureûse , tant que dure Tétat de lymbe sociale , état commun & la grande Âme 'Comme aux ftmes individuelles. Cet étal réduit la grande ftmé, et -par uniU le grand corps planétaire , au rôle de lépreux , êtres infectés de contagion physique et morale , «équestres du monde céleste, privés de commerce aromul avec les auti>es astres. Ceux-ci risqueraient l'infection s'ils commumquaient en plein avec une planète Engagée on lymbes ascendantes , Ou retombée en lymbes descendantes <i).

{i) Les lypibefi descendantes MeupeBt, dans la 4«. phase de la carrière sociale, tableau 274 , les cantre-noméros des ascendantes, tableau 35; savoir: 26 Sérisopbie postérieure.

27 Garantisme. 28 GÎTilisation. 29 Barbarie. 50 Patriarcat. 51 Sanvagisrae.

52 £den postérieur.

332 PaOLÂGOMÈHES. '

Daos l'une et l'autre phase , eslimëed à 1^. de carrière 271 , l'astre est en état de coutagion aromale , et les autres astres le tiennent en quarantaine quant aux comnaunications. L'on se borne à lui fournir amplement le nécessaire aromal, comme à un navire pestiféré à qui on donne» sans contact» ce dont il a besoin pour subsistance et traitement , et même pour agrément.

Les astres suivent entre eux pareille méthode en cas dé contagion aroiùale causée par l'état subversif : ils trai> tent une planète en lymbe sociale, comme nous traitons un vaisseau atteint de la peste : on lui prodigue le nécessaire et même l'agréable; on ne lui refuse rien» mais or l'isole de communications libres et intimes.

Les relations sensuelles des planètes s'opèrent, quant au matériel , par cordons aromaux sur lesquels glissent les arômes envoyés d'un astre à l'autre» comme on voit , dans nos feux d'artifice » rélincelle.gUsser sur un dragon de corde enduite, qui, si elle était prolongée, pourrait communiquer le feu à une distance infinie.

Les âmes des défunts (Ames plus vivantes que les nôtres) sont aussi malheureuses que nous, tant que dure l'état de gène et de quarantaine que je viens de déerrire : ces âmes. jouissent pourtant de divers plaisirs qui nous sont inconnus, entre autres le plaisir d'exister et de se mouvoir. Nous n'avons pas connaissance de ce bien-être^ comparable à celui d'un aigle qui plane sans agiter les ailes. Tel est dans l'autre monde l'état des défunts^ ou trans-mondains; pourvus d'un corps aromal bien plus léger que l'air, ils planent dans Tair, et de plus dans Tépaisseur de la terre, dont ils peuvent sans obstacle traverser les rochers les plus compactes.

Il nous arrive parfois, pendant le sommeil, de goûtei^^

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ce plaisir, ce bien-être du corps parcourant un espace immense avec plus de rapidité que Thirondelle , et se détachant de la terre sans intervention d*ailes : c'est une faculté dont jouissent constamment , dans l'autre vie , les âmes des défunts pourvues de corps aromaux ; c'est dans ce plaisir, inconnu pour nous , que consiste le bonheur d'exister et jouir à chaque instant, par le seul avantage de se moavoir sans fouler la terre , sans forcer de jambes-^ sans s'aider d'un porteur.

Nous ne connaissons en ce genre que trois légères transitions : !<>. la voiture suspendue qui est un mouvement fort agréable aux enfants; ils s'en font une fête, surtout dans le bas âge. 3^. L'équilibre du patin en dehors. 50. L'escarpolette, mouvement suave, qui évite la secousse : il nous rapproche bien davantage du mouvement habituel des ultra-mondains, qui est celui d'un aigle planant. Cette seule différence de leur mouvement au noire , leur procure le plaisir d'exister ; plaisir très-inconnu de nous , qui tombons dans le calme et l'ennui , dés que nous manquons de fonction attrayante et de distraction. Nous n'avons que le contre-plaisir du mou^ vemeni ; c'est le repos ou coucher.

Je pourrais décrire beaucoup d'autres jouissances des défunts, qu'il faut nommer vivants uhra-mondains , gens plus vivants que nous. II sera démontré que nous sommes des tortues, comparativement à notre sort en l'autre vie. Gela n'empêche pas que les ultra-mondains ne soient ea état de malheur relatif, par la privation d'une infinité de biens dont ils jouiraient , si l'Harmonie sociétaire était établie; privation d'autant plus sensible pour eux, qu'ils voient notre globe en état d'organiser l'Harmonie dont il jouirait comme eux.

3S4 PROLÂGOHËHfiS»

ÉtayoBS ce tableau de qaelqae preuve tirée des doctrine» mèmeif dea phiiosophea : ila ont pour principe, < que tout est lié dans le système de la nature, et qu'il y a- > unité entre ses parties, 138. » Selon ce théorème, les âmes doivent être alliées à la raaiière , en Fautre vie comibe en celle-ci. Qu'ils nouseipliquent donc les jouissances matérielles des âmes dans l'autre vie , où eHes ne peuvent pas avoir des corps de terre comme les nôtres. Si elles avaient de tels corps , on les verrait attachées à la surface du globe ; elles ne pourraient ni pareourir l'Air et l'Ether ; ni circuler rapidement dans ^intérieur du globe , oâ eUes ont maintes fonctions à exercer, grâce à ieurs corps aromaux et subtils, qui pénétrent l'enveloppe de roche ou cuir de la sphère, plus facilement qu'une flèche ne fend les airs.

Nonobstant cette prééminence de facultés, lésâmes des défunts (je ne parle pas de celles qui sont en station mondaine et en métempsycose , où elles redeviennent âmes de mondains, en corps terre-aqueux; je ne traite que des ultra-mondaines à corps aromal ) ; ces âmes , disje, attendent la découverte et l'établissement de l'Harmonie, bien plus impatiemment que nous qui ne la connaissons pas, et qui ignorons les privations qu'on essuie dans l'autre monde, par absence d'Harmonie sociétaire en celui-cL

Le meilleur service à rendre aux défunts comme aux vivants, est donc d'établir sans délai l'Harmonie sociétaire; après quoi, l'âme d'un Roi, l'âme de César, sera beaucoup plus heureuse en renaissant dans le corps du ipoindre des humains , qu'elle ne l'a été dans le corps de César même , qui, après une carrière pénible et agitée , où il ne trouvait que le vide sur le trône du monde , a fait une 6n

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tragique à la fleur de Tàge , et se trouve peut-être aujourd'hui l'uo de ce& chrétiens vendus par te» Juifs ei erueifi69 par les Ottoïkians , qui font brûler à ses pieds et À petit feu sa femme et ses enfants.

Tant que dure l'état de lymbe sociale ou subversion ^ il n'est pas plus possible aux âmes défuntes d'échapper à cette disgr&ce , qu'il n'est possible à un Roi d'échapper aux mauvais rêves, au cauchemar , où il se croit tantôt dévoré par un crocodile y taatôt précipité dans un abîme.

Du moment où rHannonie sera organisée , les défunts ou trans-mondains seront d'autant plus heureux , qu'ils ne sont pas sujets à la mort pour rentrer en cette vie : ladite transition est pour eux une fonction analogue à celle du coucher suivi du sommeil. C'est pendant ce som^ meil qu'on ménage au trans-mondain un corps en cette vie : il ne le rejoint pas au moment de la conception du fœtus, mais seulement à l'instanide la dentition. Jusque*» là , l'enfant est animé par la grande Ame' du globe. L'ad* jonction d'une âme spéciale est pour lui l'opération de la greffe sur le saiyageon.

Demander pourquoi on ne meuft pas dans le passage de l'autre vie à celle-ci, taâdis qu'on meurt dans le pas-^ sage de celle-ci à l'autre, ce serait s'engager dans la théorie des transitions, qui ne sont pas identiques, mai^ graduées en doges de bien et de mal.

Nous n'en sommes pas encore à ces hautes questions : observons seulement que ceux qui comparent la mort à un sommeil , font un parallèle très-inexact ; car l'instant du .coucher et de l'assoupissement n'a rien de pénible pour nous , et tel est le mode de rentrée des Ames en cette vie. Il n'en est pas de même de la sortie , qui n'e&t rien moins qu'une transition a|;réable.

336 PROLEGOMENES.

Je ne traiterai pas ici des degrés des âmes dans Tautre yie y ni de lears fonctions , bien restreintes quant à présent , jusqu'à ce que la planète rentre en commerce aromal avec le tourbillon sidéral , et en reçoive de nouvelles créations dont elle a un extrême besoin en tous régnes. On s'est étrangement trompé , quand on a cru que nos Âmes étaient oisives dans l'autre monde : l'oisiveté et la privation de corps n'y sont nullement leur destinée. Nos sibylles et devins ont été aussi mal inspirés sur cette énigme que sur tous les autres mystères de la nature , qu'ils ont voulu expliquer en organique , instinctuel , aromal et passionnel (248).

En accordant trop peu ailx défunts y on a voulu accorder trop aux vivants, et beaucoup de gens ont supposé des communications individuelles entre les mondains et les ultra-mondains. Rien n'est plus faux; car si les ultramondains ou défunts pouvaient conférer avec nous, ils débuteraient par nous informer que nous sommes dans l'erreur sur la destinée sociale; que l'état civilisé et bar^ bare n'est point le sort que Dieu nous destine, et que notre délai d'avènement à l'unité cause le malheur des défunts et le nôtre. Il suffit de notre ignorance â cet égard, pour prouver que nous n'avons pas de communication personnelle avec les défunts.

Cependant , comme il existe des liens dans tout le système de la nature, il faut bien que les vivants participent, aux propriétés des ultra-mondains. Voici, en matériel et spirituel , des aperçus de cette transition ou lien de participation.

En Matériel : nous avons avec les ultra-mondains quelque relation, par entremise de certains sujets doués de facultés sensuelles plus qu'humaines. C'est une préro-

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