‹ Œuvres complètes de Ch. FourierChapitre 15 sur 115 · Que le régne de la justice et de la vérité doit · texte numérisé non relu

Que le régne de la justice et de la vérité doit

â^établir par le mépris des richesses perfides , et non par la recherche des découvertes négligées et de la répartition proportionnelle.

>^ Que les moyens de la natufe en harmonie sociale sont boi:nés aux effets connus , comme la Civilisation , là Barbarie , la Sauvagerie ; ce qui suppose la nature passionnelle réduite à la monalité d'essor et Tindestructibiliié des fléaux lymbiques.

On remplirait des pages de ces monstruosités dogmatiques, suffisamment jugées par la génération actuelle qui viept d'en subir l'épreuve ; elles ont abouti à remettre en scène les controverses démagogiques de l'antiquité , et y ajouter des immondices très-modernes , comme le matérialisme et les dictionnaires d'athées, scandales que n'avait pas donnés l'antiquité. Elle n'avait pas nen^ plus mis en honneur les infamies mercantiles; fourberie, usure , agiotage, banqueroute, etc. , pleinement triomphantes aujourd'hui sous l'égide de là philosophie nto^ derne.

Il est donc évident que la raison civilisée, avec ses jactances de perfectibilité, est dans une dépravation croissante, c Quand les choses en sont parvenues à ce

> point , dit Gondillac , quand les erreurs se sont ainsi

> accumulées, il n'y a qu'un moyen de remettre Tordre

> dans la faculté de penser; c'est d'oublier tout ce que' » nous avons appris, de reprendre nos idées à leur ori-

> gine, et de refaire, dit Bacon, ï entendement Immain.

> Ce moyen est d'autant plus difficile qu'on se croit plus

> instruit. >

Conformément à l'avis de Condillac et Bacon , je vais , dans les prolégomènes , procéder d'abord à l'attaque des erreurs dominantes. C'est une tftche qui n'exige pas de^-

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ialents oratoires » il ne faut qoe do sens commua poar Ta remplir; il ne faudra de même que du sens commua et de l'arithmétique pour comprendre la théorie de l'Association, et reconnaître que les sciences qui vantent l'industrie morcelée ou état familial , sont des Sirènes qui , sous le masque de sollicitude pour le bie& des peuples , s^'accordent à nous fermer toutes les voies de découvertes utiles et d'avënement aux destinées.

Je ne saurais trop redire qu en attaquant les sciences ince^aines, je n'attaque pas. leurs auteurs, à qui ma découverte assure, au contraire, une fortune subite. Personne n'est coupable de spéculer sur le sophisme comme sur tout autre branche de commerce toléré ; les torts des sciences retombent uniquement sur l'état ci? ilké , qui ne sait pas utiliser le génie en provoquant les inventions ; puis sur le préjugé , qui nous persuade que cette société désastreuse est la destinée ultérieure de l'homme, et que Dieu n'a rien sa inventer de mieux pour organiser les relations humaines : comment un âge qui s'honore d'avoir restauré la Religion, adopte-t-il des préventions si outrageantes pour la sagesse du Créateur !

NOTE A mur le» PiittÉieft Ha ]W«^rd et la triple récolte.

L'ouverture des passes du Nord et la fusion de leuis glaciers permanents , sont pour les agriculteurs et les marins , Taffaire du plus pressant intérêt. On ne trouve dans les sciences connues, aucune théorie sur cette restauration climatërique : j^en ai resserre' te plan dans cette note , un peu longue en apparence , et bien courte eu ^ard à riffiportance àe son objet.

Il importe à toates les puissances du Nord de s'ouvrir une

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passe par la Mer Glaciale : mais auoune d^elles ne fait comme FAngleterre des efforts pour y parvenir. La Russie même , si intéressée a se frayer cette route, ne pareât pas s^en Occuper; tandis que rAngleterre y affecte un prix magnifique de 600,000 francs , et des expéditions dispendieuses; total, 1,000,000 de francs ou 40,000 liv. sterling.

Il s'agit de démontrer que cette somme, avancée pour fonder TAssociation (je ne dis pas dépeméef mais seulement a9an€éê avec bénéfice assuré de 100 pour 100 au moins , pour le capital actionnaire), que cette somme , dis-je ^ suffira pour ouvrir à l'Angleterre et au monde entier, non pas une passe impraticabh , mais deux passes p/einemeni praHeablea par la Mer Glaciale et le de'troit de Behring.

L'Angleterre fait-elle des recherches de pure curiosité « ou bien reut-elle se procurer une passe eam/nwreiale et assurable f Si telle est son intention , comme on n'en doit pas douter, elle serait frustrée même dans le cas d'existence de la passe de Baffin ; car il paraît que le détroit qu'a franchi le capitaine Parry, gît par les T5** ou râ" ; qu'à l'ouest de ce détroit , il y a beaucoup de glaces ; et qu'on ignore encore si, de là au détroit de Behring, il ne se trouvera pas quelque péninsule où promontoire avancé jusqu'à 75**, et opposant au passage de nouvelles difficultés , indépendamment de celle du détroit qui peut, dans les étés faibles, devenir très^difficile à franchir. Les cartes les plus récentes marquent un obstacle à 71^ : ne se prolonge*t-il pas au delà P

Tout compensé, ladite passe, en cas qu'elle existe, ne vaudra pas mieux que celle de Sibérie par le cap Gévérovostoohnoi et le cap Szàlaginskoi.

En outre, dans l'état actuel de congélation des régions polaires, aucube des deux passes ne peut reknplir le but jtolitique : la garantie d'une route commerciale, d'une voie praticable et assurable à 50 pour 100 au plus.

En effbt, d'après le tableau des dangers sans nombre encourus par les capitaines Ross , Parry et autres, et des nouveaux périls qu'ils avaient à essuyer de la part des glaces entre la nouvelle passe et le détroit de Behring ; on peut conjecturer que sur quatre navires employés à ce périlleux trajet , il y en aurait trois de perdus

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OU criblés d^ayaries. Oq ne trouverait donc pas d^assoreurs pour cette route y \ moins des trois quarts de la valeur, soit 75 pour cent; dès lors elle ne serait pas route comtoerciale , mais voie aventureuse et folle qu'il serait pruc^nt d'interdire.

Expliquons le moyen dé s'ouvrir les deux routes , non par des actes de témérité nautique , mais par des opérations physiques sur l'atmosphère , qu'il est aisé d'adoucir de 20 ^ 28 degrés dans ces parages. A ne tabler que sur 20 degrésy'les points les plus avancés comme le capGévéro, gisant par 78*", équivaudraient à 98*" pour la température , pendant les mois de jour polaire; et on franchirait les deux passes aussi aisément, aussi sûrement, que celle de la Baltique par Golhembourg et le Sund.

Les glaces , quelqu'effrayante que soit leur masse de six cents lieues de diamètre , ne sont qu'un obstacle temporaire : celte barre n'est pas plus inamovible que celle qui avait récemment masqué la côte de Groenland , et obstrué le canal d'^Islande : on a vu , en mars 1819, débacler ce rempart de glace qui devenait désespérant par son accroissement , et qui avait depuis 120 ans enveloppé et anéanti une malheureuse colonie de 20,000 Danois. Il s'agit donc d'opérer par effet de l'art sur la totalité des glaces , comme la nature vient d'opérer sur cette portion qui masquait le Groenland ; et de faire fondre et débacler, sinon en entier, au moins en grande partie , la croûte des glaces polaires arctiques ; les réduire tellement , qu'elles ne soient pas plus gênantes en été pour les côtes d'Amérique et de Sibérie , que ne sont les glaces antarctiques pour les pointes d'Australie et d'Afrique.

La réduction des glaces polaires arctiques ne tient qu'à échauffer et modifier une atmosphère de 600 lieues de diamètre : qu'y a t-il de gigantesque dans cette prétention ? L'homme sait bien opérer sur des colonnes atmosphériques de 1,000 et 2,000 lieues de diamètre; les infecter de miasmes putrides, pestilentiels, épizootiquesy dont le germe borné à quelques atomes dans son origine , envahit parfois un espace de 2,800 lieues de longueur ; témoin la peste du 14". siècle qui s'étendit de la Chine jusqu'à l'occident d*Europe, et moîsonna un tiers de la population de l'ancien monde. Cette infection était l'ouvrage de l'homme : ne peut-il donc pas esereer en bien sur un diamètre de 600

lieaes, Tinflaence qit^il eaerce en mal sur un diamètre de 2,000 lieues ?

D'ailleurs serait-ce une nouveauté ' qu'un radouciss.ement de température aux régions polaires? N*est-il pas constant qu'elles ont joui autrefois d'une climature fort douce , et même chaude , pubque les éléphants y habitaient , et qu'on y voit leurs ossements d'autant plus abondants qu'on s'avance davantage vers le pôle ? J'expliquerai quand il en sera temps cette énigme , sur laquelleon a débité tant de contes absurdes , et je prouverai qu'il est plus d'un moyen d'échauffer les régions polaires et de les rendre habitable».

De ces divers moyens je n'en veux exposer qu'un seul , dont l'appréciation est a portée de tout le monde ; c'est le raffinage atmosphérique par voie de culture intégrale du globe.

La thèse n'est point neuve ; il n'y aura de neuf que les déve^ loppements imprévus que je vais lui donner. Je ne spéculerai que sur l'évidence matérielle, sur des faits bien notoires et bien intelligibles, sur l'extension du travail agricole d^k exercé avec succès par l'Europe , l'Indostan et la Chine.

On sait combien la température de ces trois régions l'emporte sur celles des autres contrées du globe en salubrité , bénignité et moyens de fécondité ; ailleurs , la végétation est contrariée par des excès perpétuels : de Ik vient que la vigne ne peut pas croître sur les coteaux de la Pensylvanie , située en même latitude que Naples, et qu'elle prospère k Mayence , ville située 10 degrés plus haut, mais sous une atmosphère déj^ raffinée, qu'on appelle climat fait ou formé.

Il fautypoor dégager les deux passes du Nord des glaces qui les obstruent , élever le globe entier a cet état de climat fait ou pleine culture ; on y gagnera la fusion des trois quarts des glaces du Nord^ et un adoucissement de climature de trente degrés, comparativement aux atmosphères brutes, comme celles de Sibérie, Haut- Canada , Australie : on y gagnera de plus une garantie de températures nuancées , mitigées en froid et en chaud , exemptes d'excès et de transitions subites, et comportant au 45*. degré trois récoltes habituelles; au 60*., 2 au moins; les 5 récoltes du 49*. réparties comme il suit :

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1". Semailles de norembre , recueillies en courant de mai.

a*. Menus légumes semés fin mai, recuillis fin juillet.

Labour en défoncement.

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