V. Semailles d'août recoeillies en novembre
La triple récolte ne sera pas due ^ un accroissement de cbaleur, ce moyen serait très^illusoire ; Vexcès de chaleur et sa continuité paralysent la TC^étation ; le bénéfice tient à obtenir des températures bien nuancées par des zéphirs et des pluies fécondantes ; une pluie d*un mois, une chaleur continue d'un mois , sont également le fléau des cultures.
Il est connu que si on pouvait jouir d'une température à com* mande , ou variante ri^ulière de plaies et chaleurs sans excès, les végétaux croîtraient presque a vue d'œil ; on obtiendrait les S ré* coites plus facilement que la simple y si souvent contrariée par les excès , surtout par celui de la Lune»Rousse, funeste a la France.
Tel sera le fruit de la culture universelle aidée du mécanisme sociétaire (périodes 7 et 8, sériisme simple et composé). On en verra naître une climatore méthodiquement raffinée dans toute Téchelle atmosphérique.
L'Angleterre procurera ce bénéfice au globe entier, si elle veut sérieusement s'ouvrir les deux passes du Nord. Dissertons sur cette opération, sur les indices et voies de succès : je réitère que malgré le merveilleux de cette perspective i je ne mettrai en jeu qu'un ressort bien connu , bien éprouvé » qui est Tagriculture, mais sociétaire et non morcelée; car la morcelée ruine bien vite les climaturcs après les avoir quelque temps améliorées.
Il est plus qu'avéré que les défrichements peuvent modifier la température; qu'elle est, comme les terres, on champ livré à l'industrie humaine ; que nos cultures , si elles sont exercées avec intelligence, peuvent tempérer deiS degrés une atmosphère, et faire jouir le SO* degré d'une climature de SS*" ; comme aussi réduire un 58* s'il est mal cultivé^ i la climature d'un 60* bien cultivé.
Appuyons-nous de démonstrations péremptoires : je sais que les hommes instruits n'.en ont pas besoin sur des vérités ai palpables, mais le vulgaire peut en exiger; je vais donc étaMir la preuve sur six villes très-remarquables qui sont :
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Au 40*. NapUs, Phibddpliie et Pékin.
Au 47*. Qucbec , (^) Tours ou Paris et Aslracan.
Gonmençons paur les parallèles du 47* degré en atmospUre brute et en rafiSnée.
Chaena connaît le beau eiiaiatde là Touraîne appelée îar& delà France : il D*est pas plus beau que ne sont en Fraaee d^autres climats de même degré; la Touraine a seulement le relief d'être arrosée par un grand fleuTe et trois belles rivières, narigablcs ; mais le préjugé veut se créer des Wutés climatériqiies \k oU il nV en a pas* Bref, la Touraine est un climat tempéré , oh les froids annuels n'excèdent guère 10 V là degrés de Réanmur. Les villes d*Astracan et Québec sont sur la même ligne , k 47* de latitude y et pourtant ces deux villes éproavent des froids égaux ^ celui de Pétersbourg : le tbermomètre y descend communément ^ 50*, et on Ta vu dans Astracan descendre ii S7*) froid plus vif (jue celui de Pétersbourg.
Ce n'est pas que ces deux villes ne soient placées en bon terrain : Aatraean est renommé pour ses melons et ses toisons ; Québec est de même un pays favorable k la culture ; mais Pune et Tautre ville sont contiguës a des déserts immenses et prolongés ïk Pinfini ; elles participent nécessairement de la température des déserts qu'elles a voisinent; et cet incident réduit en hiver Astracan ville de 47* au climat des villes du 60* et même da €5*^ eomiDe Drontheim et
{^) Je confonds ici Tours et Paris , villes de température iden^ tique, malgré la différence d'en?iroii 3 degrés; il y a bien plus de disparate climatérique entre Paris et Koacn, quoique la différeuce de leurs latitudes ne soit que de moitié d^un degré; mais en estimation de température , 3 degrés en plus ou en moins sont souvent absorbés et compensés par les dispositions locsles du terrain : elles oaosent des variantes de 3 degrés, même en pays vicinaux et également cultivés; témoins les parallèles de Lyon avec la Lombardie, de Marseille avec Bilbao, de Paris avec Rouen , et de tant d^auires villes trés-disparates en climatures, quoique voisines, et de même latitude ; mais différenciées par des chances de mers tempérées ou froides , et de chaînes placées en Nord ou en Sud. Ces incidents portentles modifications locales à 3 et 4 degrés, même sans exhaussement d^assiette comme celle de Madrid.
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Différence en refroidissement hiTernal , 15 k 16 degrés par le seul vice du défaut de culture.
La difif^rence n'est pas la même en été ; et il est connu qu'Astracan et Québec jouissent en juillet de la dose de chaleur due aii 47*. degré. Mais notre spéculation doit porter d'abord sur l'art de modifier les hivers , après quoi nous nous occuperons de Tété.
Passons aux parallèles du 40*. degré, ou nous allons trouver les mêmes disparates.
Le climat de Naples, quoiqu'au-dessus de 40*. , est renommé par la douceur de ses hiyers : les Lazarons , même en janvier, y coitchent en plein air ; les deux villes de Philadelphie et Pékin sont sur la même latitude et siiyettes a des hivers bien autrement rigoureux que ceux de Paris, ville située a 49*. Philadelphie a^ de plus rinconvénient des transitions subites, qui obligent a changer de vêtements trois à quatre fois dans une même journée. On y a Tété à neuf heures du matin , Thiver à midi : Pékin est de même sujet a des froids prématurés, opini&tres et violents; la cause en est dans le voisinage de grandes régions incultes. Pékin et Philadelphie placés sous le 40*., ont des hivers bien plus rigoureux que Francfort , placé au SO*. Ces deux villes peuvent , quant ^ Fhiver, être assimilées k Berlin, latitude 55*., sinon pour la dorée, au moins pour Tintensité du froid.
Différence, 15 degrés en refroidissement hivernal , par voisinage des terres incultes qui en été n^nfluent pas en rafraîchissement.
Il résulte déjk de ces parallèles, que si toutes les régions de Sibérie et nord-Amérique étaient cultivées aussi complètement que Toccident d'Europe, les passes de la Mer Glaciale, dans les plus hauts parages comme le cap Cévéro, jouiraient d'un adoucissement considérable , et seraient aussi praticables que le cap» Nord.
Continuons sur le premier et principal ressort de raffinage' atmosphérique ; sur Tagriculture qui , mieux examinée , va nous fournir quatre chances graduées de radoucissement.
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