‹ Œuvres complètes de Ch. FourierChapitre 21 sur 115 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Omission de Pelade de PHomme; necessîlë de réparer celte

négligence.

Les philosophes célèbres ont entrevu qu'il restait au génie quelque grand mystère à pénétrer, qu'il avait échoué dans l'étude de la nature et manqué les voies du bonheur individuel et collectif.

Dans des siëdesmcMns orgueilleux, chaque savant a plus^ ou moins déploré ce retard, et manifesté l'espoir d'avènement à^ une destinée plus heureuse que l'état civilisé. Nous voyons ce pronostic dans les écrits des auteurs les plus renoDunés , depuis Socrale qui augurait fu^un jour la lumière descendrait , jusqu'à' Voltaire, qjoi^ impatient de la voir descendra , s'écrie : Mais quelle épaisse nuit voile encor la nature 1

Pisiton et les sophistes grecs exprimaient^ en d'autres termes la même défiance. Leurs utopies étaient une accusatiou indirecte du génie social qui ne sait rien, imaginer

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au-delà du régime civilisé et barbare. €es écrivains sont réputés oracles de sagesse ; et pourtant depuis Socrate jusqu'à Montaigne , on a entendu les plus respectables d'entre eux déplorer leur insulfisance » et s'écrier : que sais-je! On parle aujourd'hui sur un ton bien différent, et Voltaire se plaint à bon droit de ce que les sophistes modernes s'écrient : que ne sais-je pas I

Tous les philosophes honorables , tous ceux qui n'ont pas spéculé sur la controverse , ont confessé la fausseté de nos lumières sociales. Montesquieu pense , c que le

> monde policé .esl attaqué d'une maladie de langueur,

> d'un vice intérieur, d'un venin secret et caché. » J.-J. Rousseau dit , en parlant des civilisés : c ce ne

> sont pas là des hommes; il y a quelque bouleversement

> dont nous ne savons pas pénétrer la cause. >

On nous vante pourtant le progrès de nos sciences politiques et le perfectionnement de la raison ; jactance indécente et cruellement démentie par le malheur général, par les essais désastreux de ces prétendues lumières d'où sont nés les orages rèvohitionnaiiies.'Fut^-onjaihais plus fondé à flétrir en masse les sciences régénératrices déjà condamnées parleurs propres auteurs* ! Le 'compilateur Barthélémy (Voyage d'Anaefaaibis), disait , avant la révolution : c ces bibliothèques, prétendus trésors de cony naissances sublimes , ne sont qu'un dépôt humiliant de

> contradictions et d^erreurs; cette abondance d'idées 1 n'est qu'une disette réelle. » Qu'aurait-il 'dit, quelques années plus tard, s'il eût vu Tessai de ces dégmes? Sans doute il aurait , comme RaysaU' fait abjuration publique , et aurait dit avec Bacon : c il faut refaire l'entendement » humain, oublier tout ce qu'on^a appris* »

^ Un érudit remplirail des pages^ de oes scilatioDis oA la

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