‹ Œuvres complètes de Ch. FourierChapitre 31 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE. NOTICE I. i · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. NOTICE I. i

qu'elle échoue avec les moyens cannus. Elle sème le découragement , malgré l'avis des hommes sages qui veulent qu'on cherche et qu'on espère Vinventton des moyens inconnus; témoin De Laplace, qui confesse Tinsuffisance des lumières actuelles , en disant : c s'il existe des vérités » qui nous paraissent détachées les unes des antres , c'est » que nous ignorons le lien qui les réunit dans un tout. i> Voilà un des Nestors de la science qui se range dans la classe des Expectants : ce lien qui réunit l'ensemble du système de la nature , va nous être connu : on trouvera sur ce sujet , des détails dans la grande note B , qui traite de l'Analogie universelle et du lien unitaire de l'Univers.

6<>. Simplifier les ressorts dans toute mécanique ma^ térielle ou sociale. De là résultait la nécessité de s'exercer sur le problème de l'Association domestique et industrielle qui élèverait souvent l'économie de bras et de matières aux neuf dixièmes , et qui donnerait pareille économie sur divers objets de consommation outrée , notamment sur le combustible devenu si précieux.

Au mépris de ce principe, Tordre civilisé, loin de simplifier, complique toutes les relations au plus haut degré ; soit en régime domestique , où la réunion est la plus petite possible ; soit en régime commercial , où la fourberie élève le nombre d'agents parasites et les fraudes au plus haut degré ; soit en régime administratif, où l'on peut défier d'élever plus haut la complication judiciaire , fiscale, etc.

70. 5e rallier à la vérité expérimentale, n'admettre que la vérité confirmée par l'expérience. En vertu de ce principe la Philosophie devait proscrire le régime civilisé, où tout n'est que fausseté , notamment dans les branches les plus protégées , comme le système commercial , on

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n'y trouve que fourberie et triomphe de la fraude. Au lieu de fléchir devant eette hydre de mensonge, la Philosophie devait en faire 1- obj^t de ses attaques , et chercher à déterminer un régime de comteerce véridique , et subordoimé solidairement à la pratique de la vérité. Sans doute on n'y aurait pas réussi en spéculant sur Tes moyens connus; mais on verra dans cet ouvrage, qu'H existait pour atteindre à ce but, ^s moyens inconnus, et pourtant très-faciles à mettre en pratique. Leur découverte et leur introduction auraient conduit à la {iériode socialen<^.6, Ga&antisme, qui est une des belles issues de Civilisation, et qui achemine rapidement à la période 7®.^ dite Association simple ou hongrée.

8®. Se rallier à la nature , c'est-à-dire spéculer sur les moyens de procurer à l'homme industrieux les biens et droits dont jouit le Sauvage, qui est l'homme le plus rapproché de la nature. Ces droits sont au nombre de sept, dont nous traiterons au chapitre suivant : on ne peut pas même accorder aux civilisés le premier des sept droits qui est le droit de chasse. En moins de trois ans ils anéantiraient le gibier, et par suite les insectes pulluleraient à un point effrayant.

Il en est des six autres droits naturels comme du premier ; on ne peut en accorder aucun aux civilisés : il fallait donc, pour se rallier à la nature, déterminer ces sept droits, et déterminer en même temps un nouveau mécanisme social qui pût en garantir la jouissance aux nations industrieuses, ou tout au moins celle des quatre droits industriels, chasse, pèche, cueilleUe , pâture.

9®. Garder que les erreurs devenues des préjugés, ne soient prises pour des principes. Telle est la bévue sur laquelle reposent tous les systèmes philosophiques : leurs

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