‹ Œuvres complètes de Ch. FourierChapitre 46 sur 115 · PEEMIÈRE PARTIE. NOTICE II · texte numérisé non relu

PEEMIÈRE PARTIE. NOTICE II

Rien de moins fraternel et de moins égal que les groupes d'une série passionnelle. Pour la bien équilibrer» il faut qu'elle rassemble et associe des extrêmes en fortune , en lumières , en caractères , etc. ; conome du millionnaire & l'homme sans patrimoine» du fougueux au pacifique» du savant à, l'ignorant » du vieillard au jouvenceau^ cet amalgame n'est rien moins que l'égalité.

Une autre condition est que les groupes de la série soient en rivalité inconciliable ; qu'ils se critiquent sans pitié sur les moindres détails de leur industrie ; que leurs prétentions soient incompatibles» et partout distinctes sans la moindre fraternité ; qu'ils organisent au contraire des scissions» jalousies et intrigues de toute espèce. Un tel régime sera aussi loin de. la fraternité que de l'égalité; et pourtant c'est de ce mécanisme que naîtra la liberté sur-composée qui est en pleine opposition avec les doctrines philosophiques.

Elles ordonnent le mépris des richesses perfides et l'encouragement du trafic arbitraire ou libre mensonge. L'ordre sociétaire ou liberté sur-composée exige» au contraire, l'amour des richesses et d'un luxe immense» l'extirpation du mensonge commercial» et la garantie de véracité dans tout marché.

L'état philosophique ou civilisé conduit aux richesses par la pratique du mensonge » et à la ruine par la pratique de la vérité ; l'état sociétaire conduit aux richesses par la pratique de la vérité » et à la ruine par l'emploi du men^ songe.

La Philosophie veut en régime domestique et industriel la réunion la plus petite possible» bornée à un homme et une femme; l'ordre sociétaire veut en régime domestique la réunion la plus grande possible » et portée aux environs

I6â fAOLÂGOMÈHES.

de 4500 personnes, qui , an lieu de la tiédeur conjugale, des monotonies civilisées et de la fraternité républicaine, doivent opérer par

Intrigues jalouses et rivalités contrastées selon les lois de la iO®. passion dite Cabalisle ou dissidente,

Variété fréquente et habituelle de fonctions selon les lois de la il ^. passion dite Papillonne ou alternante.

Fougue industrielle , enthousiasme général , selon les lois de la 12^. passion dite Composite ou cdïncidente.

Tels seront les ressorts de la vraie liberté dite com^ posée convergente : eHe est donc en tous sens l'opposé des visions de liberté qu'un essai déplorable a si bien réduites au rang de folies scientifiques.

Sans doute la liberté est un bien trés-précieux, puisque ehaque parti veut en jouir à lui seul , en priver les autres et tout envahir; concentrer tous les biens, les honneurs, le pouvoir, dans les mains d'un petit nombre d'affiliés. On ne conoatt pas d'autre liberté en Civilisation : je vais en décrire une bien différente.

La liberté est illusoire si elle n'est pas générale : il n'y a qu'oppression, là où le libre essor des passions est restreint à l'extrême minorité, au 8^. comme dans la Civilisation, qui encore ne procure pas à ce 8^. de favoris, le quart de l'essor passionnel dont ils jouiront dans l'état sociétaire.

Pour assurer cet essor à la multitude, il faut un ordre social qui remplisse les trois conditions suivantes :

4®. Rechercher, inventer et organiser un régime d'attraction industrielle ;

i9. Garantir à chacun l'équivalent des sept droits naturels énoncés plus haut;

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