PREMIÈRE PARTIE. NOTICE II
traité comipe l'âne de la fable , qui. paie de sa tète pour les fautes du lion.
Dans UQ tel état de choses » peut-on prétendre que la liberté sociale existe? Non, puisqu'elle est réduite à eette petite minorité qui possède la richesse : encore beaucoup de riches sont-ils privés de la liberté d'opinion.
Cette oppression n'a pas lieu dans l'état sauvage , où un homme sans l'appui de la richesse jouit pleinement de la liberté d'opinion , et d'une foule d'autres libertés, eomme la chasse et la pêche qui sont défendues à un bourgeois civilisé. Le sauvage exerce sept droils : chasse, pêche f cueillette, pâture, vol extérieur, ligue fédérale , insouciance : ces droits constituent la liberté composée divergente, qu'il faudra concilier avec la grande industrie sociétaire ; à défaut , le genre humain ne pourrait pas se dire libre , tant qu'il n'obtiendrait pas dans l'exercice de l'industrie, les droits qui lui sont assurés dans Tétat sau* vage, droits qu'on ne doit restreindre que sous la condition d'équivalent consenti individuellement^
Si donc la Civilisation prétend nous élever à la liberté combinée avec l'industrie, elle doit nous assurer téqui-valent consenti Ae ces sept droits ; un équivalent assez réel pour que le Sauvage qui est nanti des sept droits, préfère s'allier à nous et embrasser l'industrie.
Telle est la condition que les Philosophes devaient s'imposer en théorie de liberté. Ils ont senti qu'il faudrait à l'homme une indemnité des sept droits naturels dont elle se compose : eh! que lui ont-ils promis? Deux chimères antipathiques avec la liberté : ce sont l'égalité et la fraternité , admissibles chez les Sauvages, mais nullement chez les nations policées. Aussi , quel résultat obtient-on parmi nous de ce montrueux amalgame! Une fraternité
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dont leâ coryphées s'envoient tour & tour à Tëchafaud ; unaégalité où le peuple qu^on décore du nom de souveraiUy n*a ni travail > ni pain, vend sa vie & cinq soas par jour, est tratné à la boucherie, la chaîne au cou.
Tels sont les effets que nous avons vu nattre sous ce régime où l'égalité et la fraternité s'alliaient àun fantôme de liberté. Gomment les Philosophes, envoyant ce monstrueux résultat de leurs dogmes, ont-ils pu hésiter à former une secte de résipiscence et d'abjuration, une secte qui déclarât qu'il fallait ou renoncer à la liberté, ou en chercher les voies dans quelque autre science que la Philosophie, dans quelque antre société que la Civilisation !
Je vais donner une théorie de la liberté sur-composée^ qui assure aux sociétés industrielles des droits équivalents, et très-supérieurs à chacun des sept droits du Sauvage ; mais qui les garantit avec exercice réel , constaté parle consentement passionné, unanime et permanent de tous les individus des trois sexes, hommes , femmes et enfants.
Cet équivalent ne peut être constaté que par adhésion du Sauvage : il jouit déjà de sa liberté composée divergente ; il ne peut pas adhérer à une industrie offerte , si elle ne lui présente pas un meilleur sort, bien réel, bien garanti, dont on verra plus loin les tableaux, au traité des Séries passionnelles ou liberté composée convergente, qui loin de s'accoler à Fégalité, & la fraternité, reposera sur l'extrême inégalité et la graduation de contrastes et de rivalité.
Reproduisons à ce sujet quelques phrases de la définition donnée (19) sur les Séries passionnelles, et observons combien cet ordre , souverainement libre , est opposé aux spéculations des Philosophes sur la liberté..