‹ Œuvres complètes de Ch. FourierChapitre 58 sur 115 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Application au comaierce simple et mensonger, Ran^ qu^il occupe dans les quatre phases de Civilisation.

Artieiinb. Nous avons examiné la plus ancienne des folleft controverses , les systèmes de liberté ; traitons maintenant de la plus récente , des systèmes de commerce devenus boussole de la sagesse moderne.

Le régime de libre commerce, ou concurrence mensongère, nous fournira un beau sujet de remontrer la science , qui n'a pas reconnu qu'en commerce comme an toute branche de relations , la liberté pure et simple est un brandon d'anarchie , une source de désordres ; que toute liberté doit être étayëe de garanties et contre-poids; enfin, que la liberté doit être composée et non pas simple comme celle des marchands , contre la fausseté de qui le corps social n'a aucune garantie.

Les marchands aujourd'hui sont libres, mais le corps social ne l'est pas dans ses relations avec eux ; car on est forcé à faire des achats; on ne peut pas se passer de lub- ^stances et vêtements, qu'on n'obtient que par achat; on est donc par le fait asservi m^ vendeurs, dont il faut essuyer les fourberies.

Un tel mécanisme n'est que liberté simple et non réciproque; la liberté est tout entière du côté des vendeurs , dont le consommateur est dupe et contre qui il n*a aucune garantie. II fallait découvrir et introduire cette garantie, pour élever le régime commercial k la liberté composée ou réciproque.

Étrange inadvertance I après cent années de controverse mercantile, on n'a pas encore observé que le com^

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merce civilisé est de mode simple et non pas de mode composé ; qu'il n'assure de liberté et de garantie qu'à une des parties contractantes , qu'au vendeur , et non à Vacheteur,

Cette vérité est aussi neuve que celle qu'énonça Galilée , en déclarant que c'était la terre qui tournait , et non pas le soleil. Mais puisque Fétude du commerce ne date que d'un siècle, doit-on s'étonner de cette erreur, quand on voit , sur tant d'autres controverses , notamment sur celle de liberté, les erreurs durer SB et 30 siècles?

Consolons d'abord les coupables, les économistes mercantiles , et pallions leurs torts , en rappelant un principe trés-connu d'eux : c^est que l'esprit humain assiqetti à la marche progressive, be s'élève que par degrés, et pro- ,cëde du simple au mincie et du mixte au composé.

Il n'est donc pas surprenant que la controverse mer^^ cantile, qui ne date que d'un siècle, ait perdu oe laps de temps à spéculer sur la méthode simple qui est toujours le premier essor de l'esprit humain. On n'est point blâmable d'être simpliste dans une étude qui n'est qu'à sQn début. Mais après cent ans d'expérience, est-on excusable de ne pas s'apercevoir qu'on est en fausse route, qu'on a donné dans le mode simple et dépourvu de garantie ? un siècle tout bouffi de prétentions en fait de garantie , contrer poids , balance , équilibre , est-il pardonnable de ne pas reconnaître qu'il n'y a pas l'ombre de garantie ni de contre-poids dans le système commercial ?

C'est ce que nous allons examiner, en exposant d'abord les indices de culpabilité , tels que rebeHion à l'évidence, jonglerie dogmatique, etc.

Lorsqu'une 'Science adopte en principe de n'admettre que la vérité, toute laTèrité, rien que la vérité, il e^t

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