PREMIÈRE PARTIE. HOTICE II
que d'oublier tout ce qui nous a été enseigné sur la liberté et les droits imaginaires de rhoimne; qu'il faut enGn appliquer l'esprit humain à l'étude des droits réeb , on droits au travail ; et de la liberté réelle , ou composée convergente (156).
Au reste, j'invite Condillac , auteur de ce docte précepte, à le faire goûter, s'il se peut, aux Philosophes Obscurants, qui, en nous promettant les libertés et les perfectibilités , ne nous donnent que les sept fléaux lymbiques sous toutes les constitutions.
X Y Croire que tout est lié dans le système de l'univers : quel lien peut-on voir, sous le rapport delà liberté , entre les parties de cet Univers où l'homme est le plus esclave de tous les êtres? tandis qu'on voit des sociétés pleinement libres, parmi les insectes comme parmi les astres^ celles de l'homme , au contraire , ont si peu de liberté, que le peuple civilisé et barbare n'a pas la faculté de rétrograder et de reformer la borde sauvage qui est vœu de tous les salariés.
Sous le rapport des droits , quel lien , quel rapport peut-on voir entre l'homme et l'animal? Celui-ci bien vêtu, bien armé , a le droit de prendre sa subsistance où il la trouve ; tandis que l'homme réduit è la famine , el voyant tous les biens étalés sous ses yeux , n'est pas même autorisé à réclamer le premier de ses droits , le droit au travail dont il obtiendrait une chétive subsistance; et pourtant depuis 3000 ans il compose des théories sur la liberté.
X A Spéculer sur l'unité de système : spéculons donc sur un régime qui puisse opérer la fusion de nos quatre sociétés , leur assurer la liberté , et le droit au travail dont jouissent les Sauvages. Quelle unité peut-on voir
486 PROLéGOBÈSIES.
parmi le genre humain , tant qu'il forme quatre sociétés MMODcilîables , et dont la seule libre est en même tenais la seule qui soit en opposHion avec la destinée » ou indus^ trie agricole et manufacturière ?
J'ai achevé la revue des douze principes. Il m'a paru à propos de les reproduire et les appliquer i an problème très-remarquable, en ce qu'il a occupé lesoontroversistes de tous les siècles. On vient de Toir qu'en se ralliant à chacun de ces douze préceptes, on serait entré dans les véritables routes de la liberté combinée avec l'industrie; car tous unlilent pour la recherche d'une société industrielle autre que les trois actuellement existantes.
Conformément à la règle indiquée (note 148) , j'ai dû multiplier ici les redites et prouver, douze fois de suite , que la liberté et la Civilisation sont incompatibles; que les droits de l'homme concédés par nos sophistes sont dérisoires , tant qu'on ne nous assure pas le principal , le droit au travail, comprenant (164) les quatre droits cardinaux encore méconnus après tant de siècles d'ergotisme sur tes droits de Thomme (i).
Doit-on s'étonner , maintenant , que l'esprit humain soit en arrière de découvertes, quand où le voit négliger h plaisir toutes les règles qu'il s'est prescrites à luimême ? S'étonnera-t-on que , sur la liberté cmnme sur tout ce qui touche au bonheur social , il soit resté dans une complète ignorance ?
(i) Je n*ignore pas qu'il est impossible d'admetue en Civilisation rexercice de ces quatre droits ; mais on pouvait au moins les reconnaître, poser en principe la nécessité d*un équivalent consenti individuellement , et en conclure k la recherche d'une sociëtë autre que la Civilisation, qui ne peut ni accorder les droits natorelf, ni fournir au pauvre un équivalent (169).
PREHlèKE PAftTIB. HOTICE II. 187
Récapitulons brièyement sur celte digression : en voici les conclusions à graver en lettres d'or.
Point de liberté sur- composée (456) sans le minimum;
Point de minimum sans l'attraction industrielle (16 eH72);
Point d'attraction industrielle dans le travaU morcelé ou civilisé ; elle ne peut nattre que dans les Séries passîonnelies :
Donc le Minimum étayé de f Attraction industrielle , est wie^xclusive de Inerte, condition sine quâ non.
Pour entrer dans cette voie , il faut sortir de la Cimlisatùm; elle a douze issues (142) ; optons pour la plus facile , pour l'Association.
Argument à méditer! il dit beaocoup de choses en peu de mots.
J'ai démontré que, sur la question la plus ancienne, la plus controversée , l'esprit humain est en plein égarement : redoublons la preuve , et analysons pareille impéritie dans les systèmes commerciaux qui sont la controverse la plus récente. On verra que leurs auteurs seraient de même arrivés à plusieurs issues de Civilisation , s'ils eussent observé quelques-uns des douze principes recommandés par eux-mêmes.
Après cette double conviction tirée des erreurs sur la liberté et le commerce, on sera en état de mesurer retendue de règarement où nous ont entraînés les méthod«& philosophiques.
188 P&OLiGOMËNBS^
MÉDIANTE.
Âtix Disciples pusillanimes ou présomptueux.
Divers lecteurs de'fiants et poinliUeus auront déjà réoiamé sur la préférence que je donne dans mes tables aux nombres ^ et 13, et sur d^autres minuties, néologie forcée, etc. : rassurons ces timides soldais.
Je n^ai garde d'épouser les préventions des sophistes qui se sont passionnés exclusivement pour tel ou tel nombre : loin de là *, j^expliquerai , quand il en sera temps (section des séries mesurées), les emplois naturels de chaque nombre* On verra que , selon Tanalogie universelle , il faut
£n fonction d^amitié, classer par 5 et lo;
— d^amour, -n par 8 et i6;
— d'ambition, tï par 7 et i4)
— de famillisme , "n par 4 «t 8.
On déterminera de même des emplois dominants pour d^aulrcs nombres : mais vouloir dès à présent connaître ces rapports , ce serait exiger, au début, des notions qui ne peuvent trouver place qo^aux 2*. et 3'. tomes.
J'avais promis (i64), un éclaircissement provisoire sur cts harmonies des nombres^ mais après Tavoir ébauché , je Tai juj^é hors de la portée de mes lecteurs, qui sont tous comme/toa/i/s,el jVi dd le différer : j^en insérerai quelques fragments dans la grande note B ( extroduciion ). Quant à présent, le lecteur n^est pas encore apte à cette initiation.
Sur ce sujet comme sur d*autrcs , on fera beaucoup mieux de se laisser guider par le pilote, que de le harceler et se répandre en critiques prématurées et minutieuses. Il faut se garder de la faute commise par les compagnons de Colomb, qui auraient voulu, à peine sortis du port, toucher au nouveau monde; et qui^ trois jours ayant d^y aborder, outrageaient leur chef, Paccusant de les conduire dans des abîmes.
Beaucoup de disciples tomberont dans ce vice : j^en ai vu concevoir des terreurs paniques sur un fétu de néologie , comme pas^ sionneldiM lieu de passionné qui ferait équivoque. D^autres s^efFarouchent d^une application régulière, comme ^^/i/noie passionnelle, qui est le nom indiqué parPanalogie. Les passions étant distribuées par 12 comme les sons musicaux, et ayant dans leurs développeroents une parfaite analogie avec les claviers , octaves et tons m'usi-
}>tt£]UiR£ l^ARtlE. MlËt^IANTE. 189
catit , je De puis emprunter, pour décrire ces effets, de termes plus teclioiques , plus précis , que ceux déjà admis en ihëorie muèicale.
En conséquence, les mots ^amme , octave , clavier et antres de la langue musicale, serouC adaptes au système distributif des passionf et des caractères; et nous dirons : une modulation en tonique d*a— mitié majeure ou d'amour mineur^ comme une modulation en ut majeur ou en ré mineur. A défaut, je serais obligé de me créer ntte nomenclature , un langa^^e spécial , comme on en voit dans chaque science et chaque art : ?e serait une surcharge pour la mémoire du lecteur, et de plus un procès avec les anti-néologoes*
J^éviterai ces inconvénients par des emprunts sur les sciences fixes, mathématiques, physique, musique, etc., et même sur le langage romantique et mystique , où je puise les noms de lymbe obscure , lymbe gnomique , lymbc crépusculaire , etc. Cela déplaît-' il à quelques lecteurs poiotifleux? je les invite àlireunejoliefablede La Fontaine, le Meunier^ son Fils et VAne, Ils y verront qu*ou n'en finirait jamais, si on voulait se plier à toutes les fantaisies de la critiquer
Pour les convaincre qu^iln^y a rien d'arbitraire dans mes nomenclatures, mes nombres adoptifs, mes analogies, devisons un instant sur quelqu'une de ces expressions qui semblent choquâmes, comme le nom de Lrmbes Obscures^ donné génériquement aux trois sociétés dMndustrie morcelée et mensongère ( tableau 33 ).
On donne le irom de lymbes au réduit ténébreux où résidèrent pendant 3,ooo ans les âmes de nos premiers pères , en attendant quele Rédempteur vînt les délivrer et les conduire au séjour de lumière éternelle. Ces lymbes sont un emblème de nos trois sociétés indns-^ trielles , où le genre humain , quoique destiné à un immense bonheur , languit provisoirement dans les ténèbres sociales, et devait y languir jusqu'à ce qu^un messie social vint lui dévoiler le calcul des Séries passionnelles, voie d'avènement à Topulence et à Pharmonie*
Pourquoi, dira-t-on, ne pas les avoir nommées lymbes indus<> trielles, plutôt que lymbes obscures? Je conçois que ce nom doive effrayer Jocrisse , qui dira : ça doit été bien nouëre ste lymbe ob» cure. Je leur donne cette épilhèle générique, parce qu'elle com* prend les trois sortes de ténèbres où le monde social est plongé :
I. Obscurité mécanique, par ignorance do procédé sociétoire; 1. Obscurité dogmatique, par le cercle vicieux des sciences
incertaines \ 3. Obscurité passionnelle, par contre-marche ou essor subversif (36) àea douze passions;
^ Obscurité anti^onitaire , par ignorance des rapports de PHomme avec Dieu et l'Univers.
190 piicnl£goiièN£S,
LiVpitbéu obscures qui comprend gàiëriqnement ces Irois ob* scurités^et U pi?otaIe, esldonc bien plus régulière que le nom de iymhes industrieUes , qui ae désignant qu^une des trois obscurités, n'est qu^épithèle spéciale et non générique.
Je nW pas étendu le tiiire d*ohscure (donné page 34 ) , à la Ijrmbe sauvage ou gnomique ^ parce que les Sauvages sont de vrais GuO' mes sociaux, qui bien que privés d^instruction, et étrangers à nos lumières politiques et morales , sont plus clairvoyants que nous sur le problème du bonheur et des voies de la nature : ce sont des Gnomes dMnsiinct, jouissant d'une pleine clarté dans le régime social que nous jugeons ténébreux: je soutiendrai cette thèse en traitant de V échelle parallèle des attractions sociales,
La société 6* , Garantisme , étant demî-sociétaire , est une lymbe crépusculaire, un avauti-coureur de la lumière sociale on mécanisme des séries, dont la 7*'f période forme Paurore, et dont la i'*. n'était qu'une diffraction. Dans le tableau 33, j'ai rejeté les nomade gnomique et crépusculaire qui auraient effarouché les débutants, et je m'ensuis tenu aux noms de sous-ambiguë et sur-ambiguë ^ il eut fallu , pour la régularité, cumuler ces deux non» et dire : a*. Lymbe gnomique sous-ambiguë , 6". Ljmbe crépusculaire sur-ambiguë*
On s'engagerait dans un détail interminable, s'il Êillait , sur chaque dénomination , sur chaque tableau , rassurer ces disciples chan* celants , qui ne savent pas accorder provisoirement la dose de conâancejiécessaire, ni concevoir que l'initiation doit aller par degrés; que tel dooument désiré dès le premier volume , doit t pour la méthode, être différé jusqu'aux 2%, 3^. ou 4'*
Par ex«mpW, relativement aux emplois de nombres, et aux causes qui me font préférer dans mes tableaux tel ou lel nombre , je ne peux pas satisfaire pleinement avant d'avoir définiles lapassions radicales ou passions d'octave , dont cinq sensitives et 7 animiques. Je serai donc gêné dans les deux premiers tomes pour expliquer [e% harmonies des nombres : cependant , dès qu'on sera arrivé à la section des Séries mesurées , a'^. tome , on comprendra pourquoi les nom*bres 7 et la sont essentiellement nombres d'unité, nombres sacrés comme ceux de la triniié et de la tétrade ou quatriniié, dont 7 et la sont la somme et le multiple.
3 et 4 sont nombres simples sacrés ; 7 et la sont nombres composés sacrés; ce sera une thèse à démontrer.
Quant aux nomenclatures, je ne puis mieux faire que d'emprunter les terraea admis dans les sciences fixes ou autres , jusqu'au moment où la théorie de TAttraction , plus accréditée, jouira du droit
PasmÊlUB PARTIE. Méi>IANTE. 191
doot jouissent les autres sciences \ eiméme les fonctions tfiviftles, qui ioules ont le droit de se composer un vocabulaire de termes techniques.
Mais d*oà vient chea les lecteurs français , tant d'effiroi ei de de'fiance au sujet de quelques formules insolites? Une dëcouferte va décider du sort du genre humain \ il faudrait dans son esamen s^affranchir des petitesses du siècle, ne s^attacber qu^à Tobjet important^ qu^à la justesse des démonstrations. Â quoi s^attachent nos Français, dans cette affaire? à des chicanes vétilleuses sur la néologie obligée-
S^il faut les en croire , le calcul de PAssociation va tomber pour une lettre ajoutée à un mot , comme dans passionnel au lieu de passionné : c''en est assez pour alarmer de chauds partisans. D^où vient que le Français si brave au combat, est si pusillanime en génie spéculatif? Ceux qui font des tableaux de compensations , peuvent y placer ce plaisaot contraste d^une nation qui, à Texcés d^audace belliqueuse , joint l'excès de faiblesse en étude de la nature, en appréciation des découvertes.
Je ne demande pas de oiéduUté; mais qu^on évite au moins la pusillanimité, et quVn se rappelle que la théorie d^ Association n*a pas besoin de tous les suffrages. Il nUmporte qu^elle effraye quel" ques pygmées ^ il suffira d^nn homme pour la fondation : ce n^est pas parmi les esprits minutieux que nous devrons le chercher, mais parmi les caractères largement tracés : ceux-là ne seront pas choqués de trouver dans ma méihode quelque originalité^ ce sera pour eux un heureux augure : ils savent que le génie inventif ne germa jamais chea ces hommes serviles qui , lorsqu^on les détourne des sentiers battus se croient , comme les compagnons de Colomb , entraînés dans les abîmes.
Il faut donc se garder de prendre ici pour sagesse , la défiance outrée, la manie d^ergoier contre Tauteur. Il en est de la prudence comme de la vertu , dont un adage dit :
tt Faut d^ la vertu , pas trop n^en faut :
•n L^exc^s partout est un défaut, rt
On peut dire aussi de la défiance : pas trop iC en faut* Plus mes méthodes et mes principes différent de ceux des philosophes, pins on doit en augurer un succès qu*ils a^ont pas su obtenir , et une découverte qui ne pouvait se trouver que dans les sciences encore intactes ; ce soat :
. les théories de T Association industrielle,
— de TAttraction passionnée ,
— des douse Garanties ,
— ^ de PAnalogie universelle.
t93 l»R(>Lé6Ôll£ll£&^
Défions -nous des pygmées qoi n* ayant pu s^onvrir aucune de céS nouvelles routes , veulent déprimer celui qui leur fraye les cbemins i tee sont des soldais suspects qu^il faut repousser des t^dç^s : pauei i; sed boni, !Nous n'avons que faire du suffrage variable de la ttiuUi-> tnde , puisqii^il nous siifEra d^un seul homme pour la fondatioa»
J^iuvite donc les lecteurs sages à réserver leurs objections pour le final du à", tome où je les passerai en revue, et où je deviserai sur les compléments à donner et les matières à traiter dans les tonres suivants. Jusque-là on aurait tort d'exiger des communications quMl me parait nécessaire de différer, comme celles relatives aux harmonies des nombres 7 et 13 dont Tesceilence est facihp à pressenti)^ ^ diapré» la préférence que Dieu leur a donnée dans les harmonies unitaires , comme les sons de la musique et les rayons de U lumière»
Au résumé : sur quelque sujet que portent ces critiques préma-' txirées , opposons d^abord aux Aristarqoes Targument sans réplique : sauroQt'ils avec leurs sciences tripler le produit réel de Tindustrie , élever à 3ooo fr. le revenu d'un domaine qui nVn rend que 1000? Non , répondent-ils : eh bien , qu^ils écoutent celui qui va résoudre ce grand problème : sa méthode sera assez bonne pourvu quelle conduise à tripler le revenu réel (page i } de toutle monde , et éle— ver le genre humain à Punité universelle*
Sur un problème de si haut intérêt , sera-ce trop d*un volume de prolégomènes ? On piirdonne i la philosophie 400,000 tomes de doctrines erronées , et Ton me contestera un tome de réfutation , nécessaire à Tintelligence de la nouvelle science !
«. Nous ne voyons pas , disent les critiques , où tendent ces longs fi préambules; vous promettez une théorie sur T Association \ don- •n nei-la. n
Je ne dois pas la donner en mode Wm^Ze; il faut, selon le mode composé , que la théorie positive soit ctayée de la négative; de même qu^on lionne en arithmétique la contre-opération ou preuve qui procède en sens inverse. On vient de voir sur les quesiiojis de Liberté et on va voie encore sur celles de Commerce, que le tort constant des modernes est d^envisager toute la nature et la politique en mode simple ; ce vice a faussé et paralysé leurs plus beaux génies* Je dois donc éviter le simplisme que je leur reproche sans cesse \ et pour donner une théorie composite , il faut procéder d^abord par la négative , analyser les erreurs qui ont prolongé le règne du mal: il sera temps ensuite d^expliqner les voies du bien , la théorie positive*
Si des lecteurs présomptueux veulent précipiter la marche et négliger cette précaution du mode négatif, je dois réprimer leur impatience. Ils sont comparables à cette jeune troupe qui, à la bataille
PREMIÈRE PARVIS* HÉDIÀNTE. i9S
^'^léûB , t^lmtBit au bruit da fifloon , vovUtt diarger^ et duiit à TEmperenr , en avant ! ie ori ëtail lioncpabl* «i digae cle-jeniiea Françai»* fionaparto les gourmaDda , disant : u Quels -sont ces étourdis qai 1) osent «ricr en aranl? ils n^ont point de barbe au menton : qu^ils « atlcndent Us «rdrea de celui qui 4i coounand^ dans quai^aoïc ti batailles, ji
J^en dis autant aux novices qui veulent r^g;enter le pilote : à les «D croire , c^Àaii assea de quelques pages clMntroduction \ les voilà suifisaoutnent prépares et aussi eiperts que Pauteur même : ila oai dérobé sa science en lisant le titre ou la table des chapitres \ ils décideront qu^'il faut sans délai passer au traité positif v que la partie négative (Prolégomènes) est un hors-d^oeuvre, une superfétation; rintroductton suffisait à des esprits philosophiques , nourris de perfectibilités* Voilà les Français : ils connaissent une science nouvelle avant de Tavoir étudiée \ ce sont eux qui doivent renseigner à Tauteur-méue»
J^attends ces docteurs aux chapitres 8 et 9 ( Pliases de Civilisa* tion, Garaetérea du Gonraecce)^ là , ils pourront juger de -leur insuffisance*
Quelle différence de ces disciples modernes avec ceux de Tantiquité! Aristote, avant de se croire un maître, assista vingt ans aux leçons de PUiton. £t vous , lecteurs impatients , tous écoliers ^ tous imberbe* sur le calcul de T Association et dea destinées ; vous qui aves besoin d^étre dégrossis et préparés par un ample volume de théorie* négative , ou déblai de préjugés^ vous voudriez, dés le pre- ' mier jour, trancher sur une seiencequi m^a ooùtéviagt^deux aas'de recherches! Quelle est donc oette philosophie moderne qui inspire aux novices tant de présomption , tandis- que Tancienne les formait à la modealie, et que les disciples 1 de Pythagore se soumettaieiit à des épreuves de plusieurs année» avant d^étre admis à riaitiation!
Si je déférais au vœu des impatients, ils seraient arrêtés à chaque pas dans Tétude de P Attraction, où il est d^autant plus facile de sVgarer, qu^elle semble au premier abord une amusette plutôt qu^une théorie sérieuse. Le préjugé leur suggérerait à tout instant des arguments saugrenus, dont un sera relaté et réfuté à Pappendice du chapitre 9*.
Pour prévenir ces divagations , il faut ( 83 ) dissiper les fausses lumières, et amener le lecteur à rougir de sa crédulité aux doctrines civilisées.
Je vais, dés le chapitre suivant, jeter le gant à la plus accréditée , celle du libre commerce, et prouver quelle devait exciter la risée
494 PROliGOHfafES.
xle qaiconqcie aurait en de' saines idées sur lés contre-poids politiques , les garanties sociales et Tëquilibre industriei.
Prëalablemeat, j^ai dû remontrer ici les pusillanimes et les pté— somptueux, classes qu''on peut accoler , car les extrêmes se totfobÉnt. "Si ces caractères dominent en France , ils ne dominent pas e&tons pays \ or , j^ëcris pour les Européens , et non pont le* seuls Français.
Je dois donc adopter un plan européen^ et rigoureusement méthodique, une instruction composée^ cVst-à-dire négtitUfê en proie-gomènes avant d^étre positive en traité»
Ceux qui ne souscriraient pas à cet enseignement composé , doivent fermer le livre : je ne quête pas les suffrages dé la multitude ; je me borne à chercher, parmi quatre mille candidats ^ an homme plus 'clairvoyant que son siècle : ce n'est pas ches le Oommon des lecteurs qu'on trouvera des âmes grandioses, capâlfles de pressentir Texistence du code passionnel divin , et de se Soumettre aux éludes nécessaires à Tiniliation : une telle sagesse ne le rencontrera que ches les âmes de forte trempe , ches un petit ncnabre d^élus ; c^est à eux que s^adresse la i'*. partie des prolégomènes, dédiée aux penseurs. La a^., moins scientifique, traitant d^ilitérét et de plaisir, sera mieux adaptée au goàt de la multitude*
Continuons, dans celle-ci, Pattaque do simpUsme^ véritable épi- <lémie qui a gangrené tous les savants et les cottituérants delà Civilisation: il a fait manquer à INewton la découverte du système de la nature, et à Bonaparte la conquête do monde. Si Ton, dans ses calculs , avait joint r Attraction passionnelle à li matérielle; siTautre avait joint la conquête passionnelle à la matérielle , tous deux seraient arrivés au bot ( i^^) , aux issues de Civilisation. Mais -quand les savants mêmes nWt jamais spéculé qn^en mode simple, comment les conquérants auraient-ils imaginé de s^élever plusiiautf