‹ Œuvres complètes de Ch. FourierChapitre 65 sur 115 · Phase. I ODl^f · texte numérisé non relu

Phase. I ODl^f

I CADITCITlfe

pt g« i germe, maîtrises exclusives.

S '^\ pivot, féodalité commerciale.

transitions * ^ Régulières. Les la Garanlismes.

ouifsues V - ,.• « . 1 v I

de Période. ^ ^ Irrégulières . Les 42 issues de Lymbes, 1 4 a .

^ Ce tableau est reproduit avec quelques variantes, dans le Nouveau Monde industriel (page 458 ), ouvrage du même auteur.

Note des éditeurs.

206 PROLéGOMÈMSS.

Gradation. Les deux phases de vibration ascendante opèrent la diminution des servitudes personnelles ou directes.

Dégradation. Les deux phases de vibration descendante opèrent Taccroisseakent des servitudes collectives^ ou indirectes.

Apogée est Tëpoque où la Civilisation prendrait le» formes les moins vUes, Je ne dis pas tes plus nobles, puisque cette société est toujours ignoble, et ne varie dans ses quatre phases que par les nuances d'égotsmeet de duplicité , toujours dominantes puisqu'elles sont les pivots de mécanique civilisée.

La chimie fixe et l'art nautique sont caractères d'apogée : sur ces deux branches de connaissances reposent la perfection de l'industrie et la rapidité des communications.

Dès que ta période civilisée est pourvue de ces deux leviers y elle est mûre pour passer en sixième période, et tout délai lui devient préjudiciable , puisqu'il engendre les quatre caractères de vibration descendante. Dans ce cas les trophées scientifiques deviennent un mal plutôt qu'un bien. Le parti qui ne veut pas qu'on apprenne à lire au peuple , n'est pas le moins clairvoyant en politique civilisée : je suis loin d'adopter son opinion , mais elle a un côté plausible. Il est certain que la science devient abusive et dangereuse pour les civilisés, dès qu'ils entrent en troisième phase. Une fois pourvue des deux caractères d'apogée, cette période est un fruit mûr qui ne peut que décliner . Ainsi le progrès des connaissances est (rès-désirable pour la Civilisation, comme la parfaite maturité est trèsnécessaire dans un fruit; mais dés qu'il est à ce point , il faut le mettre à l'emploi.

PREHIÈRB PÀRTIB. NOTICE II. SÛ9

Or> quel est l'emploi de la CtniisatîoD en échelle de moayeineDl (5S) ? C'est d'acbeminer à Ia€^. përiode ou Garantîsaie. Dès qu'elle en a acquiiB tous les moyens » elle doit échapper à elle*même , U'ouver une bsue (142) et entrer en Garantisme. Si elle diffère , ses sciences ne soiit p<mr elle qu'un fardeau nuisible ; eHe embrasse plus qa'eUe ne peut porter.

Et pour preuve, ne royons-nous pas que Tari oautir que , le phis beau trophée de l'industrie humaine , a déjà engendré les deux (^U'actères de troisième phase , esprit i^ercantSe, monopole insulaire, et autres calamités qui ne pourraient pas ayoir fieu en sixième période. L'excès de nos connaissances et de notre industrie nous est detenu ftmeste , comme la nourriture la phis saine incommode celui qui en prend outre mesure : et c'est outrepasser la mesure , que de resier dmlisés quand nous sommes pourvus des leviers de skième période. Parvenus à ce degré que j'ai nommé au tableau» apogée de eicëtsationf nous sommes comparables au ve^ à soie qui, une. fois chargé de matière, a besoin de changer dénature , monter sur une bruyère et passer à rétal de chrysalide»

Nous étions arrivés à cette maturité industrielle dès le miliea du 18f>^. siècle; nous possédions les deux caractères d^apogée : il eût iaJlu sans délai découvrir une issue de Giviiisation.

Ce secours du génie nous a manqué, et nos connaissances nous sont devenues plAs funestes qu'utiles; eliefr n'ont produit que des germes d'orages sociaux et de dépravation politique et morale : bref, nous avons parcouru en plein la troisième phase ou déclin , et nous courons à la quatrième ou cadumté de €ivilisatioo.

Dans toute ^période sociale, chacune des quatre phases

a son point de plénitude ou d'apogée , comme la période entière a ie sien. Il est évident que la troisième phase de Civilisation est au delà du plein » puisque nous voyons la pleine . dominance des deux caractères dont elle se compose.

Remarquons qoe, dans les trois phases de Civilisation déjà parcourues , la Philosophie ne coopéra jamais aux progrès sociaux dont elle s'arroge le médiocre honneur: elle fut toujours passive à l'égard du mouvement social; j'en ai déjà donné quelques indices que je rassemble.

i^^. Phase. Elle arrive au plein par les concessions de droits civils à l'épouse. C'est de quoi les anciens sophistes, comme Confiitzée ou ceux de l'Egypte et de l'Indostan, ne s'inquiétèrent jamais : ils ne manifestèrent pas même l'intention d'améliorer le sort des femmes. Les dames anciennes avaient encore moins de liberté que les nôtres; elles ne partageaient point les divers droits amoureux » tel que ceiui.de répudiation , et les moralistes étaient indifférents , comme aujourd'hui > à leur bien-être.

2®. Phase. La Civilisation y entra par l'adoucissement de l'esclavage. Cette amélioration (tableau 207) fut l'effet de la féodalité nobiliaire , qui fournit aux cultivateurs des moyens d'affranchissement coUectif et progressif . En attachant les serfs à la glèbe et non à l'individu, elle fait tourner à leur avantage les faiblesses de chaque seigneur; et la communauté pouvant obtenir telle concession de l'avarice du père , telle autre de la bienfaisance du fils , s'élève pas à pas à la liberté. C'est un procédé dont les anciens philosophes n'avaient encore aucune idée.

3^. Phase. Elle s'est développée par l'influence de la politique commerciale , née des monopoles coloniaux. Cette influence n'avait point été prévue par les Philoso*

Page 1