‹ Œuvres complètes de Ch. FourierChapitre 66 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE. NOTICE II. Sff · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. NOTICE II. Sff

phes , et ils n'ont inventé aucun moyen de la bafancer , ni même de l'attaquer dans sa branche , la plus yexatoire , qd est le monopole insulaire. Ils ne se sont entremis dans la politique commerciale , que pour en prôner les vices au lieu de les combattre, ainsi que je le démontrerai plus loin.

4^. Phage. La Civilisation y tendait par Tinfloence des maftrùei en nomhre fiœe, qui, à l'abri d'un privilège, excluent les prétendants les mieiix fondés, ei ferment Faccès conditionnel au travail. De telles compagnies recèlent te germe d'une vaste coalition féodale , qui envahirait bientôt tout le système industriel et financier , et donnerait naissance à la féodalité commerciale. C'est ce que les Philosophes étaient loin de prévoir ; et tandis qu'ils sont tout infatués de l'esprit mercantile dont ils ont si peu prévu l'influence, déjà se préparent des événements qui changeraient cette politique , et nous feraient dégrader en 4®. phase de Civilisation.

Mais ces sophistes ne s'attachent pas à prévoir les orages futurs ; fis ne voient le mouvement social qu'en sens rétrograde , et ne s'occupent que du passé et du présent. Aujourd'hui' que l'esprit mercantile est demi* nant, ils décideront, selon leur usage, que l'état actuel des choses est le perfectionnement de la raison. Ils se borneront à pérorer sur ce qu'ils voient, sans présumer que l'ordre civilisé puisse prendre de nouvelles formes.

Et lorsque la Civilisation arriverait dans la suite à sa 4®. phase , lorsque la féodalité commerciale serait pleinement établie , on verrait les Philosophes intervenir après coup, pour formera ce sujet une nouvelle coterie de controverse; on les verrait prôner les vices de 4^. phase , et vendre des torrents de volumes sur ce nouvel ordre, dans lequel ils placeraient encore le perfectionnement de la

pçrfeetibUité , comme ils le placent aMJourd*hui dans Tesprit mercantile.

On peut , d'après ce tableau » demander aux présomptueux ce qu'ils pensent maintenant de leur précipitation critiquée à la médîante ( 193). A ies en croire , il faut passer au traité des Séries passionnelles , sans leçons préparatoires : mais avant de s^engager en pays iuQQpoi} , ne faut-il pas connstftre le pays où l'on se trouve » et les ressources qu'on en peut tirer pour s'avancer plus l<Hn? ne convient-il pas d'analyser d'abord les vices de la Civilisation ? (c'est ce que j'ai fait jusqu'à présent ;) puis ses caractères. génériques et spéciaux? (c'est. sur quoi je prélude dans ce chapitre.) Ne faut-il pas se convaincre qu'elle n'est connue, ni dea intrigants littéraires qui la vannent pour se dispenser de trouver mieux, ni des dupes qui l'admirent en théorie » sans observer que ces belles théories sont démenties par la pratique , par la permanence des 9 fléaux (M), et l'absence des 9 biens (53)?

D'ailleurs, pour se disposer à juger des d^rés d'Harmonie sociétaire sur lesquels on peut opter, et des phases de l'une et l'autre harmonie (simple et composée, dont diacune a quatre phases comme la Civilisation), ne doisje pas exercer d'abord les élèves sur les phases de l'ordre civilisé , dont il leur est focile de faire la distinction ?

C'est de quoi nul publiciste n'a songé à s'occuper. On ne connaît ni les éléments (ou pivots radicaux), ui la marché, ni les caractères de Civilisation indiqués au tabbau â07, qui pourrait fournir la matière d'un gros Tolume analjriiqm pour les trois phases parcourue^, et êynthétifue pour la 4^. phase qui reste à parcourir.

Si je disais aux présomptueux qui se croient assez préparés : construisez la 4^. phase de Civilisation ; indiquez

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