‹ Œuvres complètes de Ch. FourierChapitre 73 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE. NOTICE II. ââl · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. NOTICE II. ââl

4oni on o'a jamais awlyaè pi le» troi» modes, ni les sepi caracîéres ei lear$ pÎYoU ; et pourtant , que de yoliunes sur la Ubertiy avant d'avoir fait dans eette étude le pre* mier pas exigé selon la PliUosophie même , cjoi veut qu'on procède par analyse et synthèse !

Tel devait être le premier travail des modernes lorsqu'ils commeneèrent à s'oceuper du commerce; puis après celte dissection aoalytique du monstre » leur tÂcbe était de procéder li la cootre^synthèse » e'est^àwlire à la cons- Iructtott d'un mécanisme commercial qui présentât une garantie d^extirpation des 36 caractères du commerce mensonger, nommé concurrence individuelle, au tableau (318) des 7 méthodes radicales^

L'étude régulière du commerce aurait donc conduit , comme celle de la liberté , à reconnaître qu'il faudrait des garanties de toute espèce, dont on est dépourvu dans toutes les branches du mécanisme civilisé. En constatant ce besoin, on en aurait conclu A la recherche et l'invention d'ttn système de garanties générales , qui est la 6®. pé-^ riode. C'était là le point oik il fallait amener l'esprit humain; on devait le convaincre que la Civilisation n'est nullement le but où il tend , puisqu'il invoque partout les garanties qu'elle ne saurait donner*

L'analyse du commerce aurait conduit aussi à spéculer sur l'extension des germes sociétaires (199) qu^on yoit s'y dévelo(^er par instinct économique des marchands. Un travail smr le développement de ces germes , pouvait JMuener de9 découvertes en association graduée ou 7®. période* Ainsi une étude méthodique du commerce pouvait nous ouvrir plusieurs carrières de progrés social (142).

Non-seulement on n'a acquis sur celte matière aucune

i3Z PROLÉGOMÈNES.

connaissance exacte, ainsi que je yiensde le prouver par les deux tables des méthodes et des caractères qui auraient dû être le premier pas des analystes ; loin détendre aux notions fixes , on a obscurci le sujet au point de confondre le commerce avec les fabriques dont il est l'ennemi, et de subordonner les fabriques aux intérêts quelconques du commerce. On vient de le voir au sujet d'une polémique de feuilleton : l'erreur de théorie qui fut commise dans ce petit débat, se reproduit tous les jours dans de graves circonstances , où l'on sacrifie systématiquement fes manufactures aux machinations de l'agiotage et aux bévues des sophistes.

Tant que chacuu s'accorde à prôner un vice , personne ne songe â e» chercher l'antidote, et de là vient que notre siècle n'a pas pensé â tenter une réforme du système commercial mensonger : il ne s'est occupé qu â harceler l'Administration et la Religion , tandis que le remède au mal éCait dans la réferme de ce Commerce qu'on a su étayer du respect des prinrces mêmes : il est pourtant leur ennemi capital, en les poussant aux emprunts fiscaux, germes de révolution. Il est pour eux ce qu'est l'usurier pour le fils de famille.

La Providence, qui a prévu que nos efforts de restauration seraient inutiles s'ils portaient ombrage aux autorités , a dû placer les moyens d'issue de Civilisation dans des entreprises qui ùe heurtassent aucune autorité; entre autres, dans la réforme des fourberies commerciales, dont les auteurs sont ajuste titre haïs de tout le monde.

Cette classe aujourd'hui déifiée par convenance politique , a été longtemps ridiculisée comme elle le méritait ; mais à la fin , le poids de l'or a emporté la balance , et les philosophes ont cru, en flagornant le trafic mensonger.

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faire un acte de rèsignatioD; ils n'ont fait qu'une bassesse très-nuisible, tant à la société qu'à leurpropre corporation.

En effet > la réforme du commerce était , je Tai démontré plus haut, une voie d'avènement à tous les progrès sociaux (142); et comme cette réforme, loin de contrecarrer l'autorité et la religion^ servait toutes leurs vues , on ne conçoit pas pourquoi les philosophes, et à défaut les autres classes de savants, ont craint de porter la cognée sur cet arbre de vice. Le commerce est le côté faible dé la Civilisation, le point sur lequel il fallait attaquer: il est secrètement haï des gouvernants et des peuples ; en aucun pays la classe des nobles et des propriétaires ne voit de bon^eil .ces parvenus qui, arrivés en sabots, étalent bientôt une fortune à millions. L'honnèle propriétaire ne conçoit rien à ces moyens d'enrichissement subit : quelque soin qu'il donne à la gestion de ses domaines , il parviendra difficilement à ajputer quelques mille francs de rente à son revenu ; il est stupéfait des bénéfices de l'agioteur ; il voudrait exprimer son étonnement, ses soup- <çons sur cette étrange industrie ; mais il est arrêté par la classe des Economistes , qui lance Tanathéme sur quiconque oserait suspecter le commerce immense et V immense commerce» Telles sont les phrases à la mode : on a tout dit quand on a débité ce pathos de balance , contrepoids, garantie, équilibre du commerce immense et de l'immense commerce, des amis du commerce, pour le àien du commerce^

Divers gouvernements ont entrevu le piège et ont tenté d'y échapper. On a vu , à Vienne , le ministre comte de Wallis essayer contre l'agiotage des mesures coërcitives, comme la fermeture de la Bourse : il a été obligé de céder le terrain , et vraiment il se trompait. Ce n'est point par

234 prolAgomèhes.

la forée qu^on peut terrasser Thydre mercantile : o*es( un serpent qui entortille la Civilisation ; si elle Teut regimber, elle sera serrée plus étroitement. Il n'était qu'un moyen de résistance aux pirateries commerciales ; c'était l'invention du procédé de négoce yéridiqne; invention d^autant plus précieuse, qu'elle aurait ajouté au revenu fiscal moitié en sus , tout en doublant le produit de l'industrie productive; car la 6®. société (Garantisme) donne déjà un produit double de celui de la Civilisation; et Ton entre en Garantisme du moment où on organise le commerce véridique opposé à la libre concurrence, qui n'est qu'une collusion de fraude et de complication.

L'on a manqué cette brillante invention , par eicés de déférence pour les sophistes , à qui on aurait dû reprocher de flagorner bassement le commerce, au lieu de s'ingénier à en corriger les vices : mais comment s'imposeraient-ils la tâche pénible de faire des inventions, tant qu'on les tiendra quittes pour des systèmes? Ils trouvent le mensonge établi et dominant en relations commerciales; ils publient des volumes en l'honneur du libre mensonge ou libre concurrence : qui est-ce qui a tort dans cette jonglerie? C'est le siècle qui se paye de pareilles sornettes, et qui préfère les systèmes aux inventions qu'il lui serait si facile d'obtenir (57).

Le mode actuel de commerce , le mode mensonger» s'est' établi fortuitement ; il n'est pas ouvrage de l'art , mais impulsion brute et simple, tendance de l'individu vendeur à tromper autant que possible pour son intérêt.

Jamais méthode ne mérita mieux le titre de vice , et il est clair qu'il faudrait la contre-bahncer par quelque voie de garantie contre la fourberie individuelle : il faudrait y opposer l'intervention d'une agence garante de la vérité ,

PREHIÉRE PAKtlE. NOtiCE 1^. ^^5

et offianisèe de manière à p6oYoir démasquer et prévenir les fourberies du marchand. Dans ce cas ily aurait con-* tre-^ids , et le régime commercial s'élèverait du simple au composé : il deviendrait ce qu'est le fruit greié au fruit sauvage ou brut.

Or, quelle peut être la puissance qui interviendrait pour réprimer les fourberies commerciales? C'est le gou« vemement. J'indiquerai , au traité de commerce véridique 9 de quelle manière doit s'exercer cette intervention. Je sais qu'elle n'est pas admissible dans le mode actuel ; qu'il y a lésion de Findustiiô générale si l'administration intervient dans le commerce mensonger ou simple; mais en mode composé , tout péricliterait si le gouvernement cessait un instant d'intervenir pour la garantie de vérité ; de même que les faux poids et lausses mesures se répandraient partout , si radministration se relâchait d'une stricte sûrteiltance.

Comment doit s'exercer cette intervention ; quel doit en être le mode ? Nous l'avions sous la main , dans le système monétaire et métrique : c'est la seule de nos relations qui soit véridique ; et pourtant elle est en régie exciftsiTe tenue par le gouvernement, régime bien dUTérent de cette licence mensongère que les Economistes ont établie dans le commerce, et qui n'y produit que l'anarchie , les astuces et la pullulation d'agents parasites , en nombre décuple du nécessaire.

Si l'on cherchait réellement la vérité , il fallait s'étudier à assimiler le régime commercial au mmétatre. Il n'est pas en régie simple , en monopole simple , comme le tabac ; mais en régie contre-balancée par le double frein du change et de l'orfèvrerie , qui , je l'ai dit , obligent k monnaie à soutenir ses titres de fin. La monnaie est une.

régie fiscale composée , d'où natt la yéritè , comme de toute opération d'ordre composé.

Nos réformateurs qui recommandent d'aller du connu à l'inconnu, avaient là une belle base de vérité : ils pouvaient en faire l'application , organiser de même le commerce en régie contre-balancée , et tenue comme la monnaie par le gouvernement. C'était la voie de vérité commerciale d'où serait née par degrés l'Association.

L'honneur commandait cette recherche aux savants. Ils sont ouvertement bafoués par les commerçants ; le nom de savant est un objet de risée chez le banquier et l'agioteur. Ainsi la science , pour venger son honneur des outrages de cette tourbe de parvenus , autant que pour assurer le régne de la vérité , devait s'étudier à corriger le système commercial qu'elle méprise en secret, et à l'élever du mode simple et mensonger au mode composé et véridique. Elle aurait trouvé dans cette invention une voie de fortune pour les gouvernements , les peuples et les savants mêmes. Elle a préféré les voies de la bassesse ; elle a flatté servilement le trafic et l'agiotage ; elle a fait de leurs rapines un corps de science et une boussole politique. En négligeant ainsi une recherche que lui commandaient l'honneur des corps savants et Fintérèt de la vérité , elle a manqué l'issue la plus directe de Civilisation ; elle a perdu le monde social en se perdant ellemême.

PosTDENNE. Il a été convenu, à l'Avaut-^Propos , que l'instruction sur l'ordre futur àerait distribuée gradativement : l^. en Aperçu , 2^. en Abrégé , 30. en Corps de doctrine.

Conformément à cette base 9. j'ai dii me borner , quant

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