SERIES PASSIONNELLES
La série êe greuf 99 eêt le mode généf^htiMU udofU par Dieu, dans h distr^iêtion des régies et ée$ chose» créées. Lès naturaliêtes » dans teHirs théories et leurs tableaux , ont admis cette distr^ution é l'unanimité ; ils n' auraimi pas ffu s'en écarter sans. faire scission avec la naiur0.méme, et tomber dans la confusion.
Si les passions et tes caraetères^n'éiaieniipas ussuj^ettis
comme les régnestnaiériels' à la distribution par séries
' dégroupes y l'homme serait hors d'unité avec l'univers;
U y aurait duplicité de sgUèxne et incohéewnm entre le
matériel et le passionnels Si l' homme veutatteindre^^i
20 lIITRO0UGTl01f.
r unité sociale, ildùit en chercher les voies dans ce r4^ gime de série at$quel Dieu a soumis toute la nature.
Une série passionnelle est une ligue, une affiliation de diverses petites corporations ou groupes y dont chacun exerce quelqu espèce dune passion qui devient passion de genre pour la série entière. Vingt groupes cultivant vingt sortes de roses forment une série de rosistes quant au genre, et de blanc-rosistes , jaune-rosistes , mousserosistes, etc., quant aux espèces.
Autre exemple. Douze groupes cultivent douze fleurs différentes ; la tulipe est soignée par un groupe de tutipistes, la jonquille par un groupe de jonquillistes , etc.; f ensemble de ces douze groupes ligués forme une sérié de fleuristes, qui a pour fonction de genre le soin des fleurs échelonnées par nuances de goitts, et oii chaque groupe a pour fonction i espèce le soin de telle fleur qu'il affectionne spécialement et cabatistiquement.
Les passions limitées à un individu ne sont pas admissibles dans ce mécanisme. Trois individus. A, B^ G, aiment le pain à trois degrés de salaison ; A le désire peu salé, B le veut mi-salé, C Vaim,e très-salé; ces trois êtres ne forment qu'un discord gradtêé , inhabile aux accords sériaires qui exigent un assemblage de groupes affiliés en ordre ascendant et descendant.
Un groupe régulier doii avoir de sept à neuf sectaires y au moins, pour être susceptible de rivalités équilibrées; on ne peut donc pas spéculer en série passionnelle sur des individus. Douze hom^nes qui cultiteraient passion'^ nément douze fleurs différentes, ne pourraient pas alimenter les intrigues d'une série : on en verra la preuve au traité, et jusque-là on devra se rappeler que la dé-^
iNTRODUCTioir: Si
signatùm de série passionnelle signifie iaujùurs une affi^ liation de groupes , et jamais d'individus.
Ainsi, les trois personnages A, B, C, mentionnés plus haut, ne peuvent pas former une série de panistes cm sectaires du pain.
Si au lieu de trois on en suppose trente; savoir :
Huit du goût A, dix du goût B, douze du goût C, 0$ formeront série passionnelle ou affiliation de groupes graduées et contrastés en goûts sur le pain; leur intervention combinée y leurs discords cabalistiques y four^ niront les intrigues convenables à élever la fabrication du pain y et la culture du blé à la perfection. ^
Les séries passionnelles ont toujours pour but l'tUitiié, t accroissement de richesse, et le raffinement {T industrie, lors même quelles s'appliquent à des fonctions d[ agrément, comme la musique.
Une série ne peut pas s'organiser à moins de trois groupes , car elle a besoin iun terme moyen qui tienne la balance entre les deux contrastes ou extrêmes. Elle s'équilibre fort bien aussi à quatre groupes dont les pro^ priétés et relations se rapportent à celles d'une proportion géométrique.
Lorsque les groupes d'une série sont en plus grand nombre , on en forme trois corps , le centre et les deux ailes, ou bien quatre corps en quadrilles, et on réunit dans chacun de ces trois corps les nuances vicintUes^et homogènes.
L'ordre sociétaire doit développer ainsi par gradations toutes les variétés de goûts et de caractères; il forme des groupes de chaque variété, sans statuer sur la préférence que peut mériter telle ou telle nuance de goût : ils sont ,ious bons et ont tous leur emploi, pourvu qu'on puisse
32 INTEOMCTMN».
en composer tme s&rie régul%èr€ment échelonnée en ordre ascendant ou descendant, et appuyée aux deux extrémités par des. groupes de transition ofu de goûts mixtes et bâtards. Lorsqu'elle est disposée de cette manière , selon les méthodes qui seront expliquées au traité, chacun de ses groupes, fussent-ils au nombre de cent, coopère barmoniquemeat avec la masse des autres ; comme les dents d'un rouage qui sont toutes utiles, pourvu quelles engrènent à leur tour.
Le calcul dés séries passionnelles va établir un principe flatteur pour tout le genre humain, en démontr-ant que tous les .goûts qui ne sont pas nuisibles ou vexatoires pour autrui, ont un emploi précieux dans l'état sodétaire, et y deviennent utiles, dès qu'Us sont développés par série ou échelle de nuances graduées et affectées à autant de groupes.
La théorie d'Association se bornera donc é l'art de former et mécaniser des séries passionnelles. Dès qu'un globe s'élève à cette science y il peut fonder subitement l'unité sociale et atteindre au bonheur collectif et individuel : c'est donc F étude de première nécessité, pour le genre humain.
Les séries passionnelles doivent être contrastées , rivalisëes , exaltées et engrenées ; une série qui ne remplirait pas ces conditions ne serait pas apte à fonctionner en mécanisme d'harmonie.
Il faut contraster une série y la disposer en ordre ascendant et descendant; si on classe une centaine d'individus en groupes d'âges, on les répartira comme il suit:
Aile ascendante. Les groupes d'enfants et impubères.
Centre de série. Les groupes d'adolescents et virils.
Aile descendante. Les grotqfes de déclinants et vieillards.
Même éi^inetion doit être obiervée dans le claseement des séries de passions et de caractères.
Cette méthode, en faisant ressortir les contrastes, produit l'enthomiasme dans les divers groupes; chacun d'eux s'engoue du caractère ou du goût spécial qui le domine y et du contraste correspondant en échelle; chacun d'eux eritique telle nuance de passion ou ^industrie qu'exercent les autres groupes vicinaux de la série.
De ces classements progressifs naissent des sympathies et alliances entre les groupes exactement contrastés , et des antipathies ou dissidences entre les groupes de nuances contiguës.
La série a besoin de discords autant que d'accords : il fai^t t intriguer par une fouie de prétentions cMiradictoires, d'oit naissent les liens cabalistiques et les ressorts d'émulation ; sans contrastes, on ne parviendrait pas à créer les ligues et f enthousiasme; la série manquerait .d'ardeur au travaii, ses produits seraient médiocres en qualité et quantité,
La seconde condUion requise ^st de bien intriguer une série, d'y établir des rivalités très^actives ; cet effet de^ vant naître de la régularité des contrastes et de la graduation des nuances, on peut dire que la seconde condition est accomplie conjointement avec la première, saufVem^ ploi des ressorts d'intrigue dont il n'est pas encore temps de n^us occuper.
La troisièfne condition à remplir est celle de l'engrenage ou lien des différences séries : U ne peut avoir lieu qu'cmtant que leurs groupes changent très-fréquemment de fonctions , comme d'heure en heure , ou tout au plus de deux en deux heures ; par exemple , un homme peut se trouver
Si INTAODUGTfONi
à 5 heures dufnatm, dans un groupe de paateurs; à 7 , dans un groupe de laboureurs ; û 9 , dans un groupe de jardiniers.
Lu séoÊkce de deux heures est la plus longue staiùm ad^ miseible en harmonie passionnée , l'enthousiasme ne pouvant pas se soutenir aur^elà de deux heures; les séances don>ent se réduire à une heure , si l'objet du travail est peu attrayant.
Dans la st^cession qtte je viens et indiquer, les trois séries de bergerie f labourage et jardins, auront engrené par échange réciproque de sociétaires^
Il n'est pas nécessaire que cet échange soit général; que vingt hommes occupés au soin dès troupeaux de cinq à six heures et demie , aillent tous les vingt labourer de six heures et demie à huit heures ; il faut se^ement que chaque série fournisse aux autres plusieurs sociétaires tirés de quelques-uns de ses groupes , afin d'établir des liens entre eUes par engrenage de divers membres fonctionnant alternativement dans Vune et dans l'autre.
Une série passionnelle qu'on formerait isolément , ne serait d'aucun emploi, et ne se prêterait à aucune opération d'harmonie. Bien ne serait plus aisé que d'organiser dans une grande ville, comme Paris, une ou plus^ieurs séries industrielles: exerçant sur les parterres, les vergers, elles seraient complètement inutiles; il faut au moins une cinquantaine de séries pour remplir la troisième condition , celle d'engrenage ; c'est pourquoi Von ne peut pas tenter V Association sur un petit nombre, comme vingt familles ou cent personnes , dont on ne parviendrait jamais à former cinquante séries régulièrement graduées par groupes de nuances ascendantes ou descendantes ; il faut au moins quatre cents personnes, hommes, femmes
et enfants f pour former et engrener une cinquantaine de séries sur lesquelles doit rouler le mécanisme d'Association simple: il faudrait environ quinze à seize cents personnes pour le mode composé qui exige au moins quatre cents
séries.
On peut remarquer ici un vice de proportion , ib à 1600 personnes pour former 400 séries, et 400 personnes pour former 50 séries.
On pensera que les quatre cents personnes doivent fournir cent séries : cette estimation est simple et fausse. On doit estimer ev, composé , c'est-à-dire en raison du nombre de sociétaires et en raison des développements qui! permet. Or, le petit nombre se prêtant fort peu aux développements y Une faut pas s'étonner que je réduise à cinquante au lieu de cent la quantité de séries qu'on peut former avec quatre cents personnes.
Dans l'état sociétaire, les bénéfices croissent en raison du nombre de séries que peut former une masse de tràvailieurs; en conséquence, l'Association simple donne à peine moitié du bénéfice delà composée;. un entrepreneur qui fonderait ,
d'une part , quatre cantons d'ordre simple , chacun de 400 personnes, formant ^XX^ séries, sociétaires 1 ,600;
d'autre part, un canton d'ordre composé, formant
.400 séries, sociétaires 1,600,
obtiendrait plus du double produit dans le canton e^ ordre composé: le r(tpport serait de trois à sept , c'est-à-dire que si les quatre cantons simples produisaient au bout
de Tan i,200;000 fr.
le canton composé produirait 2,800,000 /r.
De là chacun va conclure qu'il faudra fonder en ordre composé Iç canton d' épreuve : cela serait à désirer; mais U 2
26 iNTRODircnoN.
des cimsidéràiiomfuej'exposércndans le coure de tau^ 9rage, nous obligeroni à spéculer sur l'ardre eimple, ^fuoique bien moins lucratif.
Il m'a paru nécessaire de donner d'emblée celte légère notion sur les séries ; le peu que j'en ai dit doit rassurer le lecteur sur les difBcullès de cette nouyetle ftctence , et lui faire compr^re ip'elle se composera d^ètudes plus amusantes que pénibles ; elle n'est antre cpie l'art de raffiner, yari^, intriguer les plaisirs, et par suite les ira^ Taux agricoles et manufacturiers, qui, dans ce nourel or(hre , sont métamorphosés en pldsirs.
Pour faciliter l'imitation , j'adopte la méthode progressive, je débute sisr les séries par une leçon bornée à quatre pages ; nous reprendrons le sujet dans une disser^ talion étendue à quelques chapitres des prolégomènes , après (pkoi nous le trsâterons complètement dans le corps de l'ouvrage^
Le mécanisme sociétaire ne pouvant opérer <bns tous ses détails que par séries passionnelles, nous n'aurons pas autre chose à étudier que la formation des séries , leur distribution , leurs intrigues , leurs équilibres.
C'est donc l'argument de l'ouvrage qui est contenu dans ce paragraphe italique, oA j'ai défini succinctement le ressort essentiel de l'Association: ressort tout à fait inconnu des peuples qui ont fait des tentatives en ce genre, soit en réunions militaires, comme celles des Spartiates et Croate^; soit en réunions civiles comme celles des Her* nutes, des Paraguais, et même des Anglais de New- Lanark, dont Iç régime est supérieur en dévelof^ements sociaux.
Ces tâtonnements tendaient é la découverte da procédé
IHTROiyUCTION. 27
Dalurelou série contrastée y rivalùée, engrenée; c'est la seule Qiéthode adaptée au vœu des passions , 4a seule qui puisse créer l'attraction industrielle.
On a vu par la condition d'engrenage des séries, pourquoi l'Association est impraticable sur un petit nombre de dix et vingt familles; si les économies et bénéfices ne peuvent naître que des réunions nombreuses, Dieu a dû composer sa théorie pour de grandes masses , 0t notre politique est au superlatif d'absurdité quand elle veut fonder l'accord des passions sur la réunion domestique la plus minime, comme celle d'une famille. Le mode Csmiliai ou morcelé est une méthode complicative et ruineuse, qui attache mille dégoûts à l'exercice de l'industrie, et n'assure le bénéfice qu'au mensonge et aux viles astuces. Un tel ordre est l'antipode des vues de Dieu, qui veut l'unité d'action, la garantie de vérité, et surtout la combinaison économique des travaux ; elle n'a lieu que dans les séries de groupes assortis selon les convenances de penchants, et distribuant le travail jen séances courtes et variées pour prévenir la tiédeur.
C'était, à la vérité, un problème effrayant que cette Association des inégaux, en raison des trois facultés, capital, travail et talent; mais difficile ou non, c'était la ^ tâche primordiale du génie. Comment se fait-il qu'en 3,000 ans il ne s'en soit jamais occupé , excepté dans ce 19®. siècle, où l'Angleterre commence enfin à tenter quelques épreuves d'Association? Von n'aurait jamais rien découvert sur le mécanisme sociétaire , tant qu'on se serait borné à semer le découragement en disant : ça serait trop beau.
Enfin, la négligence est réparée , et avant de décrire l'opération , il conviendra de donner dans des prolégo-
mènes quelque aperçu de ses résultats, eX de la cure prochaine des plaies sociales : toutes font des progrès alarmants ; je ne m'arrête pas à parler de celles qu'on répute incurables, comme l'indigence et la fourt>erie, qui de tout temps ont fait rougir la civilisation de ses prétendues lumières; je me borne à citer deux plaies modernes, dont la philosophie se flatte incessamment de nous délivrer, et qui pourtant se jouent des Esculapes sociaux.
Ces deux vices sont la pénurie fiscale et la détérioration climatérique.
io. La pénurie fiscale et l'accroissement des dettes publiques sont le véritable germe des révolutions : j'ai dit que cet ulcère sera extirpé subitement par l'Association ; f en effet, lorsque le produit général de l'industrie sera élevé au triple , il sera plus aisé de percevoir sur tel pays, comme la France, deux milliards (valeur réelle), qu'aujourd'hui un milliard ; dans ce cas les dettes publiques seront bien faciles à éteindre , et on pourra les considérer comme éteintes à jour fixe, dès qu'on pourra imposer sur un produit élevé au triple effectif.
2<>. L'autre vice lient au système matériel; c'est la détérioration climatérique, les intempéries outrées et provoquées parla destruction des forêts, par l'effritement des montagnes et pentes. La culture actuelle , ou mé- . thode morcelée étant dépourvue de concert et de lien unitaire, ne peut pas réparer de tels ravages; aussi, malgré des milliers de décrets et de beaux traités , la France ne peut-elle pas effectuer un âemis de forêt.
L'Association remédiera promptement à ces désordres , .par sa propriété d^ établir l'unité d'action^ concilier Pintérêt individuel et l'intérêt général, qui sont incompatibles en civilisation, et faire concerter en toute opération
IRTRODCCTION, 99
les associés inégaux , comme si leur canton appartenait à un seul individu qui affecterait chaque portion du terri^ toire aux emplois les plus convenables.
C'est trop de merveilles, répondent les sceptiques-; mais qu'ils attendent l'exposé des moyens. J'avoue que la perspective de tant de biens est humiliante pour cei^ taines sciences qui ont négligé l'étude de l'Association ; mais celui qui, après vingt-deux ans de recherches, tient la solution du problème, sera-t-il obligé d'en déguiser les avantages pour sauver-I' orgueil des indolents qui n'ont pas voulu s'en occuper? Et si on -découvre une miné d'or, faudra-t-il la déclarer mine de plomb, par déférence pour ceux qui n'ont pas su la trouver ?
Que les philosophes se rassurent, l'offense faite à leur amour-propre sera bien compensée par les chances de fortune colossale qu'elle leur ouvrira , et dont je les entretiendrai à l'intermède..
ARTICLE lï.
Aperçus des dcsiiDe'es sociales, prëveniions qui rcgnent sur ce
sujet.
Une découverte à son apparition semble ridicule si on la juge par comparaisoa aux ioioyens coniius ; le premier qui annonça l'invention de la poudre à canon- et de ses effets prodigieux, mine, artillerie, etc., dut ne rencontrer que des incrédules qui l'accusèrent de vision ; cependant quoi de plus constaté aujourd'hui que ces effets surprenants de la poudre ?
C'est, je l'avoue, une annonce bien invraisjemblable qu'un procédé pour associer troid cents familles inégales^
30 UfTRODUCTIOir*
èofortune/et rétribuer chacun, homme, femme, enflant, selon les trois facnUës, capital, travail ei talent. Plus d'un lecteur se croira bon plaisant, lorsqu'il dira : i Que
> l'auteur essaie seulement d'associer trois familles, de
> .concilier dans un même logis trois méiM^és en rèuHÎon 1 sociétaire, en combinaison d'achats et de dépenses, et 1 en parfait^ harmonie de passions, de caractère et d'au* 1 toritè; (piand il aura réussi à concilier trois mattresses
> de ménage associées , nous croirons qu'il peut réussir
> sur trente et sur trois cents. *>
J'ai déjà répondu à cet argument qu'il est bon de reproduire (car ici les redites seront sontent nécessaires); /ai observé que les écommicê ne pouvant naiire que des grandes réunions. Dieu a dû composer une théorie sodétaire applicable û des masses nombreuses et n%m à trois ou quatre familles.
Une objection plus sensée en apparcaice et qu'il faudra plus d'une fois réfuter, est celle des discordes sociales. Comment concilier les passions, les conflits d'intérêts, les caractères incompatibles, enfin les disparates innombrables qui engendrent tant de discordes ?
On a pu voir que je ferai usage d'un levier tout à fait, inconnu, et dont on ne peut pas juger les propriétés avant que je ne le» aie expliquées. La série pûssioniœllè contrastée, ne s'alimente que de ces disparates qui désorientent {apolitique civilisée ; elle opère comoie lé laboureur qui , d'un ramas d'immondices, va tirer des germes de richesse; les détrimei^s, les boues, les ordures et matières immondes qui né serviraient qu'à souiller et infecter nos maisons, deviennent pour lui des sources de fortune. Il en est de même des immondices passionnelles dont la politique ne sait faire aucun emploi. P^ous allons.
INTRObUCTION. 31
grâce au leyier que je nomme série eonira$iée, transfor* mer en matériaux précieux tous ces levains de foreors sociales : plus ib sont nombreux , mieux les séries seront graduées, contrastées et aptes à Tengrenage.
On doit donc se garder d'élever & Tayancé des objectioïis contre un procédé dont on ne connatl pas encore les propriétés. H faut, selon l'avis de la philosophie, croire que la nature n'est pas bornée aux moyens connus, et selon l'avis de la raison, croire que Dieu, dont la providence est timverselle, n'a pas créé les passions, les éléments de mécanique sociale, sans nou: ménager quelque moyen d'employer utilement ces matériaux; moyen dont nos fausseis méthodes ont pu retarder jusqu'à ce jour la découverte. L^bumanité a tardé 4,000 ans à inyenter l'étrieret la soupente, que tout bon simple pouvait découvrir et qui furent inconnus d'Athènes et de Rome ; doit-on s'étonner qu'un calcul immense ^ comme cehi» des séries passionnelles , a|^ échappé aux sciences modernes qui ne l'ont pas même cherché et n'en ont pas soupçonné l'existence^
Plus une invention promet de bienfaits , plus le lecteur doit être exigeant sur les preures. Si ma théorie ne se rattachait pas aux sciences fixes, chacun serait en droit de me suspecter d'esprit systématique et de modifier à sa fantaisie mon plan d'Association. II ne sera digne de confiance qu'autant qu'il ralliera et encadrera, dans un même plan , la mécanique sociétaire des passions et les autres harmonies connues de l'univers.
Mais pour démontrer celte concordance des passions avec le système de l'univers, il faudra le faire connaître, et rien n'est plus ignoré , quoique des milliers d'auteurs aient prétendu nous l'expliquer. On a rêvé l'unité de l'uni-'
vers y elle va enfin être démontrée par application du passionnel au matériel.
Nous aurons donc deux sciences nouvelles à étudier de front , celle de FAssociation et celle des harmonies de l'univers. C'est de quoi effrayer maint lecteur qui pourra craindre qu'on ne veuille l'engager dans les hautes sciences : il n'en est rien; pour expliquer l'unité de l'univers, l'accord du monde matériel avec le passionnel, nou» n'aurons recours qu'à des leçons amusantes et tirées de» objets lès plus séduisants parmi les animaux et végétaux* Je ne donnerai ces leçons qu'à mesure de nécessité, et en doses qu'on jugera trop faibles , vu le charme attaché à cette science fort inconnue.
Dissipons d'abord le préjugé qui veut assfgner d'étroites limites à la puissance de Dieu et à la marche progressive de la nature. Il semble, à en croire nos sciences, que la civilisation soit le terme ultérieur des destinées humaines ^ et qu'il soit impossible à Ta sagessj^ divine d'inventer un mécanisme plus parfait, que cet abtme de misères et de perfidies qu'on nomme civilisation perfeetibilisée.
L'humanité peut organiser beaucoup de sociétés plus heureuses , et il existe un calcul régulier pour en déterminer l'échelle et les propriétés. Je vais disserter sur les huit premières , au nombre desquelles se trouvent celles que nous voyons établies»