PREHIÈRB PARTIE. NOTICE III
Dissertons sur la première de ces lacunes, sur le défaut d'unité. entre les passions et la raison.
L'ordre civilisé et barbare, en nous soustrayant à l'impulsion de l'Attraclion pour nous placer sous le régime de la raison humaine et de la contrainte , nous met en scission avec la Divinité et nous isole du cadre d'unité de rUniyers.
L'unité ne pouvant pas admettre deux moteurs con-^ traires » comme l'Attraction et la violence , il est évident que tout ce qui est régi par violence est hors d'unité avec Dieu et l'Univers , et que si nous voulons nous rallier à celte unité, il faut découvrir un régime social aitraciionnd ou dirigé par la seule Attraction.
Nos prétentions à l'unité nous faisaient donc un devoir d'étudier l'Attraction passionnée (115, 116) , surtout depuis le succès de Newton. Tout faisait pressentir qu'elle recelait quelque grand mystère. En considérant qu'elle est interprète et moteur d'harmonie pour les créatures supérieures et inférieures à l'homme, puisqu'elle harmonise par sa seule impulsion les astres et insectes sociaux, nous avons bien sujet de nous étonner qu'elle ne dicte pas de même des lois d'unité à l'homme qui est créature moyenne entre l'astre et l'insecte. Cette privation apparente nous conduit à opter sur l'alternative suivante :
Ou Dieu a exclu le genre humain du régime unitaire , si l'Attraction qui est seule interprète des Jois d'uniie sociale n'en révèle point à l'homme : dans ce cas , le Gréa* teur serait injuste envers nous; sa providence ne serait pas universelle , puisqu'elle ne s'étendrait pas au plus pressant de nos besoins collectifs, à celui d'un code social divin et révélé.
ûsx bien si l'Homme est admis par Dieu à participer au
â44 PROLÉGOUtoES.
Tégime unitaire de l'UnÎTers , il fout que le règme d'unité sociale auquel Dieu nous destine , se trouye interprété par le calcul de cette Attraction, oracle de Dieu, et non encore étudiée.
11 n'y a pas à hésiter sur l'option entre ces deux opinions : la première est inadmissible ; nous ne pouvons pas prétendre que Dieu nous ait privés d'un code social révélé et unitaire , tant que nous refusons d'interroger l'oracle divin, l'Attraction, seule interprète connue entre Dieu et les créatures , pour ce qm concerne l'harmonie industrielle et sociale (car il faut observer que je ne parle pas ici des révélations religieuses ; dies sont tout & fait étrangères au sujet qui nous occupe )•
Si nos savants avaient donné à cette étude un seul de leurs 25 siècles decont reverse philosophique ; s'ils avaient sans aucun succès cherché de tout temps^ par des travaux méthodiques et des essais sur l'Attraction , quel est le mécanisme social où elle tend , et qu'après ces pénibles recherches ils n'eussent rien découvert de satisfaisant, ils seraient tout au plus autorisés à opter spr l'alternative suivante :
Ou d'une imprévoyance de Dieu qui aurait manqué à composer pour l'homme un code social révélé par l'Attraction, comme il l'a fait pour les astres et insectes ;
Ou d'une impéritie de la raison humaine qui aurait manqué jusqu'à présent la découverte de ce code , comme elle a longtemps manqué tant d'autres inventions, entre autres la boussole nautique , si vainement cherchée pendant plusieurs mille ans.
Dans le cas de pareil échec sur la recherche du code divin, il y aurait plus de chances pour accuser la raison d'impéritie et de méthodes vicieuses, que pour accuser