‹ Œuvres complètes de Ch. FourierChapitre 85 sur 115 · Lemat^el, Terre · texte numérisé non relu

Lemat^el, Terre

g § 2. L'organique, Eau.

S ^ S. L'aromal, Arôme.

O CQ

S ^ 4. L'instinctuel , Air.

Piyotal. X Le soeial ou passionne^ X Feu.

IN 'épargnons pas les redites sur une question de si haute importance ; elles y deviennent nécessaires. Nous voyons que déjà Dieu se 6xe au seul levier de TAttraetion pour diriger les planètes et soleils, créatures immensément supérieures à nous, et les insectes , créatures bien inférieures à nous. L'Homme serait*^ii donc seul exclu du bonheur d'être guidé au bien social par Attraction? Pourquoi cette interruption dans l'échelle du système de l'Univers? Pourquoi l'Attraction , interprète divine près des astres et des animaux , et suffisant pour les conduire à l'harmonie , ne suffit-elle pas de même à l'homme qui est créature moyenne entre les planètes et les animaux? Où est l'unité du système divin, si le ressort d'harmonie générale, si l'Attraction n'est pas applicable aux sociétés du genre humain comme à celles des astres et des animaux; si l'Attraction ne s'applique pas à l'industrie agricole et manufacturière qui est te pivot du mécanisme social? Yoilà beaucoup d'arguments resserrés dans un court paragraphe ; il est de ceux qu'il faut faire graver en lettres d'or {item 242).

liRï:itlÈRB PARTIE. NOTICE III. 249

Uexercice de Tiodastrie qui fait les délices des animaux fibres , castors , abeilles , guêpes , fourmis , est pour rhomme uit supplice dont il s'aflranchit dès qu'il jouit de la liberté. Le peuple clfilisé n'aspiré qu'à rinertie, et le Sauvage dit. à son ennemi, pour imprécation suprême, puisses-tu être réduit à labourer un champ !

Cependant, puisque nous sommes évidemment destinés par Dieu au travail agricole et manufacturier, comment se foit-il qu'on ne voie de lui, jusqu'à présent, ni code social sur Tordonnance des relations industrielles, ni appât naturel au travail ? Pourquoi ce travail , qu'on dit être notre destinée , n'est-il qu'un supplice pour les salariés et les esclaves civilisés et barbares, qui ne cherchent qu'à s'insurger contre l'eiercice de l'industrie , et l'abandonneraient du moment où ils ne seraient plus contenus par la crainte des chAtiments ?

Le travail fait pourtant les délices de diverses créatures, comme castors , abeilles, guêpes, fourmis, qui sont pleinement libres de préférer l'inertie : mais Dieu les a pourvues d'un mécanisme social qui attire k l'industrie et fait trouver le bonheur dans l'industrie. Pourquoi ne nous durait-ii pas accordé le même bienfait qu'à ces animaux? Quelle différence entre leur condition industrielle et la nôtre ! Un Russe, un Algérien, travaillent par crainte du fouet ou de la bastonnade ; un Anglais , un Français , par crainte de la famine qui talonne leur pauvre ménage : les Grecs et les Romains, dont on nous a vanté la liberté, travaillaient par esclavage et crainte du supplice y comme aujourd'hui nos nègres des colonies.

Voilà quel est le bonheur de l'homme, en f absence du cûde industriel attrayant ; voilà l'effet des lois humaines et des chartes philosophiques : elles réduisent l'humanité

250 PROLteOMÈNEff.

et envier le sort des animaux industrieux , pour qui T Altraction change les fatigues en plaisirs. Quel seraât notre bonheur si Dieu nous eût assimilés à ces animaux » s'il nous eût imprimé attraction passionnée pour l'exercicede tout travail auquel nous sommes destinés ! Notre vie ne serait qu'un enchaînement de délices , d'où naîtraient d'immenses richesses ; tandis qu'à défaut du régime d'industrie attrayante , nous ne sommes qu'une société de forçats dont quelques-uns savent échapper au travail, et se coaliser pour se maintenir dans l'oisiveté. Ils sont haï» de la mosse, qui tend comme eux à s'affranchir du travail : de là naissent les ferments révolutionnaires, les agitateurs qui promettent au peuple de le rendfe heureux , riche et oisif, et qui une fois parvenus à ce rôle par quelque bouleversement , pressurent la multitude et l'asservissent de plus belle, pour se maintenir au rôle d'oisifs ou directeurs^ des industrieux; ce qui équivaut à l'oisiveté.

Dans cette condition vexatoire, nous sommes réduits à envier le sort des^ animaux et des insectes ; à nous plaindre de la Providence qui paràtt avoir eu pour ces êtres une sollicitude qu'elle n'a pas eue pour nous ; car s'il faut en croire aux préjugés philosophiques, elle ne nous aurait assigné ni code social , ni mécanisme fixe en industrie, ni Attraction industrielle pour charmer les travaux auxquels elle nous a destinés, ni même garantie de cette industrie pénible dont manquent la plupart de ceux qui la demandent pour leur subsistance , et dont manquent indirectement ceux qui l'obtiennent; car le plus souvent ils cultivent pour un mattre et.non pour eux ; vexation qui n'a pas lieu dans l'ordre sociétaire , où le moindre des hommes , femmes et enfants, jouit d'un dividende proportionné &3 ses trois (acuités, capital,, travail et talent.

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