‹ Œuvres complètes de Charles BaudelaireChapitre 115 sur 219 · LA LUNE OFFENSÉE · texte numérisé non relu

LA LUNE OFFENSÉE

O Lune qu'adoraient discrètement nos pères, Du haut des pays bleus où, radieux sérail, Les astres vont te suivre en pimpant attirail, Ma vieille Cynthia, lampe de nos repaires,

Vois-tu les amoureux sur leurs grabats prospères, De leur bouche en dormant montrer le frais émail ? Le poëte butter du front sur son travail ?

Ou sous les gazons secs s’accoupler les vipères ?

Sous ton domino jaune, et d’un pied clandestin, Vas-tu, comme jadis, du soir jusqu’au matin, Baiser d'Endymion les grâces surannées ?

« — Je vois ta mère, enfant de ce siècle appauvri, Qui vers son miroir penche un lourd amas d'années, Et plâtre artistement le sein qui t'a nourri!»

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