‹ Œuvres complètes de Charles BaudelaireChapitre 164 sur 219 · LES PROMESSES D'UN VISAGE · texte numérisé non relu

LES PROMESSES D'UN VISAGE

. J'aime, 6 pâle beauté, tes sourcils surbaissés, D'où semblent couler des ténébres;

Tes yeux, quoique très-noirs, m’inspirent des pensers Qui ne sont pas du tout funébres.

Tes yeux, qui sont d’accord avec tes noirs cheveux, Avec ta crinière élastique,

Tes yeux, languissamment, me disent : «Si tu veux, Amant de la muse plastique,

Suivre lespoir qu’en toi nous avons excité, Et tous les goûts que tu professes,

Tu pourras constater notre véracité Depuis le nombril jusqu'aux fesses;

Tu trouveras au bout de deux beaux seins bien lourds, Deux larges médailles de bronze,

Et sous un ventre uni, doux comme du velours, Bistré comme Îa peau d’un bonze,

Une riche toison qui, vraiment, est la sœur De cette énorme chevelure,

Souple et frisée, et qui t'égale en épaisseur, Nuit sans étoiles, Nuit obscure!»

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