‹ Œuvres complètes de Charles BaudelaireChapitre 208 sur 219 · V. II (Epr.) Du Ciel spirituel, et dans les profondeurs · texte numérisé non relu

V. II (Epr.) Du Ciel spirituel, et dans les profondeurs

Pia (Ed). De l'Enfer où, fécond, tu couves le silence!

Le titre Prière ne figure pas dans le texte de 1857, où les six derniers vers se trouvent simplement séparés des précédents par un blanc. M. Bracquemond possède un exemplaire de la 1°° édition où l’auteur l’a substitué au titre Antienne, d’abord ajouté.

Dans la préface de ses Odes funambulesques (1857), Banville écrit : «Dans un morceau merveilleux d'inspiration Iyrique, M. Proudhon qui n’a jamais lu un vers, s’est rencontré presque idée pour idée, avec les Litanies de Satan, de M. Charles Baudelaire. »

Il s’agit 1à de l’mvocation à Satan par laquelle Proudhon a terminé Ja huitième étude : Conscience et liberté, de son livre : De la Justice dans la Révolution et dans l'Eglise :

Viens, Satan, viens, le calomnié des prêtres et des rois, que je t'embrasse, que je te serre sur ma poitrine! Il y a Jongtemps que Je te connais, et tu me connais aussi : tes œuvres, Ô le béni de mon cœur, ne sont pas toujours belles

e - A] , id , A A ni bonnes; mais elles seules donnent un sens à l'univers et l’empêchent d’être absurde. Que serait, sans toi, la Justice? un instinct; la raison ? une routine; l’homme? une bête. Toi seul animes et fécondes le travail; tu ennoblis la richesse, tu sers d’excuse à l'autorité, tu mets le sceau à la vertu...

Et le morceau se termine par le serment, que fait l'écrivain, de

mettre toujours sa plume au service de Satan, symbole et génie de la Liberté.

CXXXIIL. La MorT DES AMANTS (9 avril 1851, Le Messager de l’Assemblée, sous le titre collectif : LES LIMBES; — xcvu de la 1° édition; CXXI de Ia 2°; CXLVI de Ia 3°), p. 223.

Variantes :

3 (1851). Et de grandes fleurs dans des jardinicres,

-9 (1851). Un soir teint de rose et de bleu mystique, (1857). Un soir plain de rose et de bleu mystique,

10 (1851). Nous échangerons un sanglot unique,

. 11 (1851). Et comme un éclair tout chargé d’adieux,

. 12 (1851). Jusqu'à ce qu'un ange, entr'ouvrant les portes, (1857). Et bientot un Ange, entr'ouvrant les portes,

v. 13 (1851). Vienne ranimer, fidèle et soigneux,

Cette pièce a été mise en musique par Villiers de PIsle-Adam :

Soudain, dans l’assemblée des poètes, un cri Joyeux est poussé par tous: « Villiers!... c’est Villiers!...» Et tout à coup un jeune homme aux yeux bleu pâle, aux jambes vacillantes, mâchonnant une cigarette, rejetant d’un geste de tête sa chevelure en désordre et tortillant sa petite moustache blonde, entre d’un air égaré, distribue des poignées de main distraites, voit le piano ouvert, sy assied et, crispant ses doigts sur le clavier, chante d’une voix qui

tremble, mais dont aucun de nous n’oubliera ; jamais l'accent magique et profond, une mélodie qu l vient d’improviser dans la rue, une vague et mystérieuse mélopée qui accompagnent, en doublant RURR troublante, le beau sonnet de Charles Baudelaire... (François Coppée, d’après Vibes. de l’Isle-Adam, par R. du Pontavice de HU )

CXXXIIT. La Mort pes PAUVRES (xcix de la 1°° édition; cxxt de Ja 2°; CxLvII de la 3°), p. 224.

Cette pièce figure dans le manuscrit appartenant à M. le D" Laffont, qu'a reproduit M. Ad. Van Bever en fac-similé (op. cit, ). Elle

n’est donc pas postérieure à 18 42:

Variantes ‘:

v. 1 (1852-1857). C'est la Mort qui console et la Mort qui fait vivre v. 3 (1857). Qui, divin élixir, nous monte et nous enivre, :v. 6 (1852). C'est la clarté brillante à notre horizon noir.

Cf, pour les vers 1, 7, 11, ceux-ct, extraits de La Comédie de la

Mort de Théophile Gautier (v) :

C'est la seule qui donne aux grands inconsolables Leur consolation ...

A tous les parias elle ouvre son auberge … Elle prête des lits à ceux qui.

.. N'ont jamais dormi.

Pièce mise en musique par Maurice Rollinat.

CXXXIV. LA MORT DES ARTISTES (9 avril 1851, Le Messager de l’Assemblée, sous le titre collectif : Les LIMBES ; — C de [a 1°° édition; CxxI de Ia 2°; CXLvVIN de Ia 3°), p. 225.

Le texte de 1851 est presque entièrement différent :

Il faut marcher longtemps et par monts et par vaux, Broyer bien des cailloux et crever sa monture,

Pour trouver un asile où la bonne nature

Invite enfin le cœur à trouver du repos.

Il faut user son corps à d’étranges travaux, Pétrir entre ses mains plus d'une fange impure, Avant de rencontrer l’ideale figure

Dont le sombre désir nous remplit de sanglots.

Il en est qui jamaïs n’ont connu leur idole, Et ces sculpteurs maudits et marqués d’un affront, Qui vont se dechirant la poitrine et le front,

N'ont plus qu’un seul espoir qui souvent les console, C’est que la mort, planant comme un soleil nouveau, Fera s'épanouir les fleurs de leur cerveau.

Variante de 1857 :

v. 3- Pour piquer dans le but, mystique quadrature,

L'édition posthume donne, pour le vers 11, une fâcheuse coquille :

te martelant..….

CXXXV. LA FIN DE LA JOURNÉE (cxxiv de Ia 2° édition; CXLIx de Îa 3°), p. 226.

ne version un peu différente de cette pièce a été donnée par la Revue du X1x° siècle, 1° Janvier 1867. Les vers 1 et 3 y sont intervertis :

3-1. La Vie, impudente et criarde, Court, danse et se tord sans raison 1-3. Sous une lumière blafarde..

De plus le texte de 1867 donne :

v. 14 © rafraichisseuses ténèbres!

CXXXVI. LE RÊVE D'UN CURIEUX (13 mar 1860, Revue contemporaine; — CxxV de [a 2° édition; CL de la 3°), p. 227. À F,N. — c’est-à-dire Félix Nadar.

J'ai donné hier soir le sonnet à Nadar, écrit Baudelaire à Poulet-Malassis le 13 mars 1860; il m'a dit qu'il n'y comprenait rien du tout, mais que cela tenait sans doute à l'écriture, et que des caractères d'imprimerie le rendraient plus clair.

Le manuscrit autographe, que nous avons eu entre les mains, offre les variantes suivantes :

v. 1 (raturé). As-tu connu, dis-moi,.… v. 2 (raturé). Et de toi dirait-on…

De toi dit-on souvent : « Quel homme singulier » ? V. 9. J'étais comme l'enfance, avide du spectacle

v. 10 (raturé). Et qui bait le rideau

NoitE Mais voila qu'une idée étrange me glaça.

VAT, J'étais mort, 6 miracle, et la terrible aurore

W'12 Avait lui, — Quoil me dis-je alors, ce n’est que ça?»

CXXXVII. LE VOYAGE (10 avril 1859, Revue française; — CXXVI de Ia 2° édition; CLI de la 2 D i220

J'ai fait un long poème dédié à Maxime du Camp, qui est à faire frémir la nature, et surtout les amateurs du progrès.

(Lettre à Ch. Asselineau, 20 février 1850.)

Pourquoi dédié à Maxime du Camp? Celui-ci, dans ses Souvenirs littéraires (2° vol., Hachette), au chapitre Les Revenants, a accordé quelques pages à RH ne louant le poète, semble-t-11, que pour s’autoriser à juger l’homme sans indulgence ; mais 1l n’a pas soufflé mot de hommage du Voyage. Est-ce à cause des nombreuses pérégrinations de Maxime du Camp et comme pour le prendre à témoin de ses. désespérantes conclusions? Nous croyons plutôt qu'il s "agissait ICI de conquérir un sufrage puissant sur l'opinion. Dans le même sens, Baudelaire, aprés avoir manqué placer son livre sous linvocation de Veurllot qu'il goûtait peu (voir notre Histoire des Fleurs du Mal), n’allait-11 pas réclamer le parrainage d’Hugo, qu’il détestait?

Cette pièce devait paraître d’abord à la Revue contemporaine :

Vous ne m'en voudrez pas si, après avoir vu vos hésitations, je me permets de donner Le Voyage à la Revue française.

(Lettre imédite à de Calonne, 7 avril 1850.)

Baudelaire, nous l’avons dit dans les notes placées sous Ta pièce 11, avait fait tirer ce poème en placard avec L’Albatros, à Honfleur. II : devait être particulièrement satisfait de cette poésie, car, sitôt achevée, il l’avait envoyée en copie à Asselineau et à Barbey d’Aurevilly. Celui-ci Jui répondit aussitôt :

De plus, Le Voyage est d’un élan [yrique, d’une ouverture d'ailes d’Albatros que je ne vous connaissais pas, crapule de génie! Je vous savais, en poésie, une sacrée vipère dégorgeant le venin sur les gorges des gouges et des garces, dans votre ennui de vieux braguard désespéré, Mais voilà que les aïles ont poussé à la vipère et qu’elle monte de Nuée en Nute, monstre superbe, pour darder son poison jusque dans les yeux du soleil... (E.-J. Crépet, op. cit.)

Pour le vers 11 de la 1°° partie, cf. Edgard Poe, Ligeia (HISTOIRES EXTRAORDINAIRES) : «Ces yeux! ces larges, ces brillantes, ces

divines prunelles ! Elles étaient devenues pour mot les étoiles jumelles de Léda, et mot, J'étais pour elles le plus fervent des astrologues. »

Pour le vers 4 de la 7° partie, cf. William Wilson (NOUVELLES HISTOIRES EXTRAORDINAIRES) : «Quelque petite oasis de fatalité dans un Saharah d’erreur. »

Variantes (1859) :

P. 230, III, v. 8 Vos souvenirs avec leur cadre d’horizons. P.231, IV, v. 7. Allumaient dans nos cœurs une envie mquiète.

PIÈCES OCCASIONNELLES

À THÉODORE DE BANVILLE (pièce XVI de la 3° édition où elle parut pour la première fois), p. 237.

Banville avait publié Les Cariatides en octobre 1842. Ce petit livre, bien que plein d’imitations et témoignant d’un talent encore incomplet, avait produit une vive impression sur quelques lecteurs éclairés, notamment sur Alfred de Vigny et Jules Janin. Baudelaire, pour sa part, avait dû en goûter surtout le pessimisme et la forme, très audacieuse.

Le CALUMET DE Paix (28 février 1861, Revue contemporaine; — LXXXV de la 3° édition des FLEURS DU MAL), p. 238.

Ces deux morceaux, traduits de Longfellow ( The Song of Hiawatba, — The Peace-pipe), sont de Ia fin de l’année 1860. Ils devaient ètre suivis de quatorze ou seize autres et déclamés, en intermède, au cours de l’exécution d’une symphonie inspirée par poète américain à l’un de ses compatriotes, M. Robert Stæpel. Mais celui-ci renonça à son projet, pour des raisons d’ordre pécuniaire, semble-t-il, ne laïssant à son collaborateur occasionnel qu’un souvenir fort amer. (Voir la CORRESPONDANCE, passim.)

Baudelaire aurait-il inséré ces morceaux dans l’édition définitive de son livre? Nous ne le croyons pas, et c’est la raison qui nous les a fait rejeter à la fin de ce volume. HÉDPARATS il faut constater qu’il avait songé à les comprendre dans Ia 2° édition : Ia Note sur les plagiats que le lecteur a lue dans notre Histoire des FLEURS pu MAL en témoigne.

AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR, p. 245. — Il ne se wrouve'que dans la 1°° édition, l’auteur n'ayant plus, postérieurement, à être «avisé de cette publication», et les lecteurs s’étant rencontrés plus nombreux que ne le présumait le pessimisme hautain de l'éditeur.

L LE CoucHER DU SOLEIL ROMANTIQUE (12 Janvier 1862, Le Boulevard; 1863, L’Almanach parisien, publié par Fernand Desnoyers ; 1867, [Mélanges tirés d’une petite bibliothèque romantique, par Charles Asselineau ; — C de Ia 3° édition des FLEURS DU MAL, 1868), pe #47-

La note placée au bas du texte expose dans quelles circonstances et à quelle fin cette pièce fut écrite. Dans l’exemplaire d'épreuves elle figure, pour le premier alinéa, de la main de Baudelaire, et de celle de Poulet-Malassis pour le second. Baudelaire, comme il l’écrivait à Alfred de Vigny le 26 janvier 1862, avait essayé d’y exprimer sa piété.

Les Mélanges tirés d’une petite bibliothèque romantique, Bibliographie anecdotique et pittoresque des éditions originales des œuvres de Victor Hugo, Alexandre Dumas, Théophile Gautier, Petrus Borel, etc., par Charles Asselineau, — illustrés d’un frontispice à l’eau-forte de Célestin Nanteuil et de vers de MM. Théodore de Banville et Charles Baudelaire — ne parurent qu’en, mars 1867. Le sonnet de Banville, annoncé dans la note des Æ£'PAVES, était devenu, sous le titre de L'Aube romantique, une grande pièce de plus de cent cinquante vers.

IL. LesBos (1850, Les Poètes de l’Amour, recueil de vers français. précédés d’une mtroduction par M. Julien Lemer, Garnier frères ; — 1857, Lxxx des FLEURS DU MAL; — | 1864], Le Parnasse satyrique du X1X* siècle, Rome, à | Enseigne des sept péchés capitaux, s. d. [ Bruxelles, Poulet-Malassis ]), p. 248.

Variantes :

P. 248, v. 4 (1850). Font l’ornement des nuits’et des Jours otieux, v. 8 (1850). Et qui vont, sanglotant et gloussant par saccades,

P. 249, v. 24 (1850). Des larmes qu’à la mer ont versé tes vaisseaux ? P.250,v.4 (1857). Pour chanter le secret de ses vierges en fleur

v. 6 (1850). Des rires éclatants mêlés aux sombres pleurs

(1857). Des rires effrénés mêlés au sombre pleur ;

v. 9 (1850). Comme une sentinelle à l'œil fidéle et sûr,

v. 18 (1850). De fa mâle Sapho qui fut amante et poëte,

v. 19 (1850). Plus belle que Vénus dans sa morne pâleur,

v. 20 (1850). Dont l'œil bleu ne vaut pas cet œil noir que tachète

v. 21 (1850). L'orbe mystérieux tracé par le bonbeur

v. 22 (1850) De la mâle Sapho qui fut amante et poëte.

P.251,v.1 (1850-1857). De Sapbo qui mourut le jour de son blasphème, v. 8 (1850). Ecoute chaque nuit la plainte mugissante

Pour le vers 9, p. 249, cf. le vers 36 d’une pièce adressée à Sainte- Beuve par Baudelaire dès 1844, Tous imberbes alors... (ŒUVRES POSTHUMES) 3

Contempler les fruits mûrs de leur nubilité.

IL. FEMMES DAMNÉES (1857, LXXXI des FLEURS DU MAL; — [1864], Le Parnasse satyrique du X1x* siècle), p. 252.

Varrantes :

P. 253, v. 25 (1857, épr.) Mais Hippolyte alors, en relevant la tête :

P. 254, v. 10 (1864). Et cependant je sens ma bouche aller à toi.

P. 255, v. 20 (1857, épr.).e Fouettés par un vent qui ne vient pas du ciel, v. 26 (1857, épr.}). Par les fentes des murs des miasmes dangereux.

D'après une lettre inédite de Poulet-Malassis à Charles Asselineau , les dernières strophes :

Descendez, descendez, lamentables victimes...

auraient été «écrites d'inspiration, puis revues et corrigées en prévision de l’intervention du parquet, quelques jours avant la publication».

IV. Le LÉTHÉ (1857, xxx des FLEURS DU MAL; — [1864], Le Parnasse satyrique du X1X° siècle), p. 257. Variante (1857) * v. 10. Dans un sommeiïl douteux comme [a mort,

Pièce certainement inspirée par Jeanne Duval.

V. A CELLE QUI EST TROP GAIE (1857, xxxIx des FLEURS DU MAL; [1864 |, Le Parnasse satyrique du XIX° siècle), p. 259.

Pièce écrite pour M”*° Sabatier, à qui le pote l’adressait le 9 décembre 1852 avec ce billet :

La personne pour qui ces vers ont été faits, qu'ils lui plaisent ou qu'ifs lui déplaisent, quand même ïls lui paraitraient tout à fait ridicules, est bien humblement supplie de ne fes montrer à personne. Les sentiments profonds ont une pudeur qui ne veut pas être violée. L'absence de signature n'est-elle pas un symptôme de cette invincible pudeur ? Celui qui a fait ces vers, dans un des états de rêéverie où le jette souvent l'image de celle qui en est l'objet l'a bien vivement aimée, sans jamais le lui dire, et conservera toujours pour elle [a plus tendre sympathie.

Variantes relevées sur la pièce autographe (1852) :

Titre: À une femme trop gaie.

P. 259, v. 1. Ta tête, ton geste et ton air.

v. 6. Est éclairé par la santé v. 18. Où je trainais mon agonie, P. 260, v. 9. Vers les splendeurs de ta personne, v. 15. Et, délicieuse douceur! v. 18. T'infuser mon sang, 6 ma sœur!

Au sujet de [a note qui accompagne cette pièce dans le texte des ÉPAVES » on peut remarquer que Poulet-Malassis, à supposer qu'il en fût l’auteur, aurait montré une singulière inconscience ; car fui-même, pour une autre pièce, Le Possédé (voir nos commentaires, p. 426), avait marqué la même incompréhension que les juges de 1857.

VI. Les Buoux (1857, xx des FLEURS DU MAL; — [1864], Le Parnasse satyrique du x1x° siècle), p. 261.

Variante (1857 et 1864 ) :

v. 7. Me ravit en extase, et J'aime avec fureur

VII. Les MérAmorPHoses DU VAMPIRE (1857, LXXXVII des FLEURS DU MAL; — [1864], Le Parnasse satyrique du x1x° siècle),

pe 263.

qi

Variantes. M. Van Bever, en publiant en fac-similé autographe DouzE POÈMES DE CHARLES BAUDELAIRE | Crès, 1917] d’après un manuscrit qui date de 18 s29 a fait connaître plusieurs anciennes leçons :

P.26%;: %: 3 (1052) Et faisant lutiner sa hanche avec son busc VS (ESS2). Oui, j'ai la [èvre humide, et je saïs La science V1 I(1050): Et je suis tellement babile aux voluptés (1857,épr.) Je suis, mon cher savant, si docte en voluptés, V2 (1087): Lorsque j'étouffe un homme en mes bras veloutes, P. 264, v. 3 41852). Gisaient confusément des débris de squelette, v.4 (1852). Qui d'eux-mêmes rendaient le son d’une girouette

Dans ses Promenades littéraires, Rémy de Gourmont, après avoir montré comment cette pièce, dans ses mouvements et ordonnance, procède du Songe d’Athalie, conclut : «Il est assez difficile de caractériser par un pre précis ce genre d'imitation : il n’ yani plagiat, ni pastiche, ni emprunt. Ce n’est pas la transposition du tragique au comique, ou l'inverse. Tout au plus pourrait-on y voir une sorte de parodie, maïs tout à fait mavouée, et que Baudelaire pouvait croire impénétrable.» Au sujet de ces derniers mots, il n’est pas inutile de rappeler que Baudelaire, lorsqu'il prépara son ÉR définitive, avait l'intention de signaler lui-même ses emprunts. Le nom de Rae ne figure pas, il est vrar, dans [a «Note sur les plagiats», que nous avons donnée p. 377, maïs rien ne prouve que cette note fût rrrévocablement arrêtée. Peut-être aussi estmait-1l que dans l’espèce l'inspiration était trop lomtarne pour qu'il y eût lieu de Ja signaler. — Le Songe d’Atbalie était certammement un des morceaux que Baudelaire admirait le plus chez Racine (voir nos éclaircissements sur L'Amour du Mensonge) avec le personnage d’Andromaque.

VIIL. LE Jer D'EAU (8 juillet 1865, La Petite Revue; 1866, Le Pol nasse contemporain ; — XCVII de la 3° édition des FLEURS DU MAL),

Variantes :

P. 265, v. 11 (1865). Où la lune pâlie P. 266, v. 2 (1866). Le vif éclair des voluptés, v.4 (en note, 1865). Vers les firmaments enchantés. v. 16 (1865). Qu'il est doux, penché vers tes seins,

v. 25 (1865): Où la June benie

Le texte de 1865 indique aussi, en note, cette variante du refrain:

La gerbe d’eau qui berce Ses mille fleurs

Que la lune traverse De ses lueurs

Tombe comme une averse De larges pleurs.

Cette pièce est antérieure à 1853 ; on [a trouve mentionnée sur une liste des œuvres de Baudelaire constituée à cette date (collection Vandérem ). Elle a été mise en musique par Rollinat,

IX. Les YEUX DE BERTHE (1* mars or Revue nouvelle ; 1866, Le Parnasse contemporain; — xXCVI de la 3° édition des FLEURS DU MAL), D207.

M. Féli Gautier, dans son Charles Baudelaire (Bruxelles, E. Deman, 1904), a donné deux dessins du poète, qui représentent l’héroïne de cette pièce. Sous lun d’eux se trouve le texte autographe du poème, qui n’apporte aucune ‘variante, mais où Îes mots : mon enfant sont soulignés chaque fois qu’ils y reviennent (v. 2, 5, 9). Le second est encadré d’annotations. À droite, la dédicace : « À une horrible petite folle, souvenir d’un grand fou qui cherchait une fille à adopter, et qui n’avait étudié ni le caractère de Berthe, ni la loi sur ladoption. Bruxelles, 1864.» À gauche, ce court récit, qui suffit à peindre Berthe et à donner une idée des satisfactions que le poète de l'Etranger pouvait trouver dans sa compagnie : «Comme, pendant le dîner, je regardais les nuages par la fenêtre ouverte, elle me dit : «Allez-vous bientôt manger votre soupe, sacré marchand de nuages !»

On a remarqué Ia date : Bruxelles, 1864. I semble donc que, sur ce point, le témoignage de Prarond, qui place [a composition de cette pièce avant la fin de 1843 (voir E.-J. Crépet, op. ait.), ne doive pas être retenu.

Dans l'exemplaire d’é épreuves des ÉPAVES figure une note autographe biffée où on lit à peu près — nous citons, ici, de mémoire, — que Berthe était une petite fille pleme de vertus, notamment de delle qui est le contraire de la chasteté, maïs que tr heureusement les poètes possèdent des lunettes et télescopes qui leur permettent de distinguer ce qui échappe au vulgaire.

X. Hymne (15 novembre 1857, Le Présent; 16 décembre 1865, La Petite Revue; 1866, Le Parnasse contemporain; — xciv de Ia 3° édition des FLEURS DU MAL), p. 268.

Pièce inspirée par M°° Sabatier à qui le poète l’envoya dans un billet anonyme le 8 maï 1854 (voir la CORRESPONDANCE), ui protestant qu’il ne voulait rien troubler dans Ia vie d’une femme qui avait «ses affections placées — et peut-être ses devoirs ».

Variantes :

v. 4 (1868). Salut en Immortalité | v. 11 (1854, ms.). Encensoir toujours plein qui fume

v. 15 (1857-1865). Grain de musc qui gît, mvisible, Dernière strophe dans l’autographe d’envoi :

A Ia très-bonne, à la très-belle, Qui m'a versé joie et santé, Salut en la vie éternelle,

En l'éternelle volupté!

XI. Les PROMESSEs D'UN VisAGE (1866, Nouveau Parnasse satyrique du x1X° siècle, Eleutheropolis [ Bruxelles ], in-18), p. 269.

XI. LE MoNsTRE OÙ LE PARANYMPHE D'UNE NYMPHE MACABRE, p. 270.

Dans une note autographe figurant dans l’exemplaire d'épreuves des ÆPAVES, Baudelaire demande à Poulet-Malassis de vérifier ce que c’est exactement que le giraumont (p. 271, v. 7), de quel genre est le mot clavicule, appliqué à l'ouvrage de magie de Salomon (ibid., 8), et si cas (p. 273, v. 4) peut se dire de ...cci et de cela.

XIIT. FRANCISCÆ MEÆ LAUDES (18 mar 1857, L'Artiste; — Lrr1 de la 1°° édition des FLEURS DU MAL; Lx de la 2°; LxIt de Ia 3°), Poe

Les lettres inédites de Poulet-Malassis À Charles Asselineau, dont nous avons parlé dans lAvertissement placé en tête de ce volume, sont particulièrement formelles en ce qui concerne cette pièce : l'intention de Baudelaire l’excluait de l’édition définitive des FLEURS.

Dès Ia première publication, une parodie en fut donnée par le Figaro, dont nous citerons deux strophes pour en indiquer le ton :

MARGOTÆ MEÆ LAUDES Ad imitationem Caroli Baldelarü.

Je chanteraïi, timitando, Margotam, non mentiendo, Aussi tendre qu’un fricandeau

Saliva sua charriat Vertiginem et ebriat Cor meum quod s’extasiat |

Cette parodie, alors signée A. Legendre, a été reproduite par le Parnasse satyrique du x1x° siècle (1864), suivie de la seule lettre A. Pour les vers 17-18, p.275, cf. LES PARADIS ARTIFICIELS, Vu: «L'homme qui, dès le commencement, a été longtemps baïgné dans la molle atmosphère de la femme, dans l sue de ses mains, de son sein, de ses genoux, de sa chevelure, de ses vêtements souples et flottants,

Dulce balneum suavibus Unguentatum odoribus,

y contracte une délicatesse d’épiderme et une distinction d’accent, une espèce d’androgynéité, sans lesquelles le génie le plus âpre et le plus viril reste, relativement à la perfection dans l’art, un être incomplet.»

La note reproduite dans les ÉPAVES n'avait figuré auparavant que dans Îa 1° édition des FLEURS.

XIV. VERS POUR LE FORTRAIT DE M. HONORÉ DAUMIER ( 1865; Histoire de la Caricature moderne, par Champfleury; --Lx1 de la 3° édition des FLEURS DU MAL), p. 276.

Ces vers avaïent été demandés au poète par l’auteur de l'Histoire de la Caricature antique dans une lettre médite en date du 24 mai 1865:

Je désire montrer pourquoi les poëtes contemporains de Daumier ont fait corps avec son œuvre et J'ai pense à l'excellent effet que produiraient (sic) un morceau de poésie de vous! sous le fin médaillon de Pascal que je fais graver.

Si cette demande ne vous agrée pas, soyez assez bon pour me le faire savoir par un mot. Je ne viens pas vous demander une improvisation, un quatraïn non plus que des bouts-rimés et je saïs combien pour vous la moindre conception poétique exige de longues méditations, ce qui prouve le respect que vous avez pour votre art; mais vous êtes plein de Daumier et de son œuvre de l’homme et de son crayon...

Il est probable que Baudelaire désira prouver à son correspondant qu'il n’avait pas toujours besoin de «longues méditations», car 1l lui envoya les vers demandés par retour du courrier, avec un billet expli-

catif :

J'ai voulu dire que le génie satirique de Daumier n’avait rien de commun avec le génie satanique ; {c’est bon à dire, dans un temps où les portraits de certains personnages, {par exemple Jésus-Christ, sont altérés par des sots qui y sont complètement intéressés.

Le lendemain, 1] envoyait encore à Champfleury une correction à effectuer sur son manuscrit, et celui-ci l’en remerctait (27 mai) :

Vos vers sont excellents... Je m'arrangerai à la mise en pages à les distribuer en bon ordre. Votre correction qui m'arrive ce matin est utile en eflet et il n’y a pas à sourire de ‘ces préoccupations de détails qui n’appartiennent qu'aux véritables artistes.

La seconde lettre de Baudelaire, à laquelle celle-ci répond, a laissé sa trace dans les fichiers de M. Noël Charavay :

Charles Baudelaire. — L. A. S. de ses initiales (à Champfleury), 26 mai 1865, 2 p. 1/2, in-8°.

Curieuse épître où ül lui propose un changement dans sa pièce sur Daumier.

Au lieu de:

Sous le fouet vivant d’Alecto Qui les déchire et qui nous glace,

il propose de mettre :

Sous la torche d’une Alecto Qui les brûle, mais qui nous glace.

If expose les raisons de ce changement et cite à ce propos des vers du

6° chant de l'Énäde.

Nous n’avons pu retrouver cette lettre ; mais 1l y a toute apparence que les vers de l’Enéide en question sont les suivants :

Quid memorem Lapithas, Ixiona, Pirithoumque ? Quos super atra silex jamjam [apsura, cadentique Imminet adsimilis : Jucent genialibus altis

Aurea fulcra toris, epulæque ante ora paratæ Regifico luxu ; Furiarum maxuma juxta

Adcubat, et manibus prohibet contingere mensas, Exsuroitque facem adtollens, atque intonat ore.

Quant au changement, 1! semble aisé d’en expliquer Îa cause; ayant à choisir entre les attributs d’Alecto, Ia plus terrible des Filles de Pluton, le poète préféra [a torche au fo parce qu’elle ur permettait l’antithése Qui les brûle, mais qui nous glace.

Ajoutons que st Champfleury sympathisait avec le souci de perfection que lui marquait le poète, 1l se garda pourtant, en cette occasion comme en beaucoup d’autres, de le partager. À preuve Ia phrase étonnante où 1l présenta Îles vers de Baudelarre : «...Le spirituel médaïllon au-dessous duquel mon ami, le poëte Boudebiie a bien voulu m'envoyer de l'étranger un morceau de poésie...» ( Histoire de 1h Caricature

moderne, Dentu, s. d. [1865], p. 63.) Variantes :

Titre : Vers pour le portrait d’Honore Danuies P. 277, v. 3 (1865). Sous la torche d’une Alecto v. 6 (1865). N'est que [a monstrueuse charge ;

XV. Lora DE VALENCE (CX de Ia 3° édition des FLEURS Du MAL), p. 278.

Dans son Histoire d'Édouard Manet (H. Floury, 1902), M. Théodore Duret écrit :

Manet n'avait à ce moment, où 1l était encore inconnu (vers 1860), que le poëte Baudelaire pour le fréquenter dans son atelier, le comprendre et l'approuver. Baudelaire, qui se piquait de ne reculer devant aucune audace, pour qui personne n'était assez osé, qui faisait depuis longtemps de Ia critique d'art, qu'il voulait tenir en dehors des voies battues, avait découvert en Manet l’homme hardi capable d'innover. Il l’encourageait donc et ïl devait prendre Îa défense, en toutes circonstances, de ses œuvres les plus attaquées. Il ressentit une grande admiration pour Lola de Valence peinte, et 11 composa en son honneur le quatrain suivant : [suit le texte de [a pièce xv des ÉPAVES].

Cette Lola de Valence était une ballerine appartenant à une troupe de chanteurs et de danseurs espagnols venus à Paris. La toile qui porte son nom fut peinte en 1862 et exposée plusieurs fois, la première chez Martinet, en 1863. Manet la reproduisit à l’eau forte et en lithographie.

Dans l’édition posthume, la note des / LPAVES fut remplacée par ce sous-titre : /nscription pour le tableau d Édouard Manet.

XVI. Sur Le TASSE EN PRISON (1° mars 1864, Revue nouvelle ; — c1 de la 3° édition des FzEURS DU MAL), p. 279.

D'après la bibliographie de La Fizelière et Decaux, cette prèce daterait non de 1842, comme il a été imprimé dans les ÉPAVES, mais de 1844 : «Ch. Baudelaïre ayant vu le tableau de Delacroix exposé dans les Galeries des Beaux Arts au Bazar Bonne-Nouvelle, fit ce sonnet pour le Bulletin de l’Ami des Arts, qui cessa de paraître avant de lavoir imséré.»

Nous croyons [a rectification fondée, car nous avons eu en mains une copie autographe de cette pièce, qui est datée : février 1844.

Baudelaire l’avait envoyée à M. de Calonne, directeur de la Revue contemporaine, en mentionnant qu’elle avait été retrouvée sur un album. I concluait : « Quoique ce sorent là des vers de jeunesse, je ne les trouve pas trop mauvais. Si vous dargnez les imprimer, mettez la date.» — Cependant, à l’exemplaire d’épreuves des ÆPAVES est jointe une autre copie, de [a main du poète, avec la date 1842, qui donne le texte définitif.

var,12613 (4844) Le poëte au cachot, mal vêtu, mal chaussé, Déchirant sous ses pieds un manuscrit usé, Mesure d’un regard que la démence enflamme

v. 4 (1864). L’escalier du vertige où s’abime son âme.

v. 8 (1844). Et la longue épouvante autour de lui circule.

Les deux tercets du texte manuscrit de 1844, signé Baudelaire- Dufays, apportent une leçon presque entièrement nouvelle :

Ce triste prisonnier, bilieux et malsain, Qui se penche à la voix des songes, dont l’essaim Tourbillonne, ameuté derrière son oreille,

Ce rude travailleur, qui toujours lutte et veille, Est l'emblème d’une âme, et des rêves futurs, Que le Possible enferme entre ses quatre murs.

XVII La Voix (28 février 1861, Revue contemporaine; 1° mars 1862, L'Artiste ; 1866, Le Parnasse contemporain ; — xt de la 3° édition des FLEURS DU MAL), p. 280.

Le texte, en 1861 et 1862, est divisé en strophes de quatre vers.

Variantes :

P. 281, v. 2 (1861). À cette belle voix, je dis : Oui, c’est d'alors (1862). «Tout de suite et toujours ! criai-je. C'est d'alors ve 6 (1866). Je vois distinctement des monstres singuliers,

On lit, dans MON CŒUR MIS À NU : «Tout enfant J'ai senti dans mon cœur deux sentiments contradictoires : l'horreur de la vie et l’extase de la vie.»

YE le

XVII. L’ImPRÉVU (25 wir te Le Boulevard; — LxxxvuI de la 3° édition des FLEURS DU MAL), p. 282.

Dans Le Boulevard, la pièce est dédiée «à mon ami J. Barbey d’ Aurevilly» +

On sait que le célèbre critique, en 1857, avait terminé son fameux article par le dilemme catégorique : «Après les Fleurs: du Mal, 1l n’y a plus que deux partis à prendre pour le poëte qui les fit éclore : ou se brüler la cervelle... ou se faire chrétien ! »

Baudelaire ne s’était pas brûlé [a cervelle. Avait-1l choisi le second parti? Dans les lettres de ses dernières années, on le voit à maintes reprises regretter de n’avoir pas la for, et M" Aupick écrit un Jour (lettre médite): «Je ne vous aï pas dit, je crois, que mon pauvre enfant a reçu tous les sacrements, sachant bien ce qu'il faisait, et avec ferveur...» Mais que restait-1l alors du révolté des Litanies de Satan ?

Une note autographe de Poulet-Malassis mentionne, sur l’exemplaire d’épreuves, que dans Célimène (2° strophe), Augustine Brohan était visée, et Nadar dans le «certain voluptueux» de Ia strophe 4; mais cette dernière hypothèse nous paraît très peu vraisemblable. Qui bâille nuit et jour ne pouvait s’appliquer à Nadar dont Baudelaire admirait, à juste titre, l’étonnante activité. D'ailleurs Mieux que tous n’indique-t-1l pas clairement que c’est de lui-même que l’auteur parle 1c1 ?

Dans Le Boulevard, la pièce est divisée en trois partres numérotées, dont la première se termine avec [a 5° strophe, et la 2° avec Île 42° vers.

Variantes de 1863 :

P. 282,v. 2 Dit, en étudiant ses lèvres déjà blanches : v. 9. Le gazetier fumeux, qui se croit un flambeau, v. 13. Je connais, mieux que tous, certain voluptueux v. 14 Qui bäille jour et nuit, et se lamente et pleure,

HP20 2 Ni à Énorme et grand comme Île monde ! v. 14 Qu'on se moque du maitre et qu'avec moi l’on triche v. 23. Vers un palais aussi grand que mot, d’un seul bloc, P. 284, v. 5. De ceux dont le cœur dit : « Béni soit ton fouet,

La note relative au vers 26 figurait déjà dans Le Boulevard, avec cette variante : « Voir pour le rit diabolique, la Sorcière... etc.»

Elle prenait fin avec le mot démonologie.

Pour la 12° strophe, cf. la 17° de Bénédiction (x).

XIX. LA RANÇON (15 novembre 1857, Le Présent; 16 décembre 1865, La Petite Revue; 1866, Le Parnasse contemporain; —. xCvII1 de la 3° édition des FLEURS DU MAL), p. 285.

Le manuscrit qui appartient à M. le D’ Laffont et qu'a publié M. Ad. Van Bever (op. cit.) apporte une strophe supplémentaire in fine :

Mais pour que rien ne soit jete Qui serve à payer l'esclavage, Elles grossiront l'apanage

De la commune liberte.

On ne s’étonnera pas que Baudelaire ne l’ait pas conservée. pas qu P

XX. À UNE MALABARAISE (13 décembre 1846, L'Artiste; 15 novembre 1857, Le Présent; 14 octobre 1865, La Petite Revue; 1866, Le Parnasse contemporain ; — xCIt de Ia 3° édition des FLEURS DU MAL), p. 286.

Cette pièce ne doit pas être de 1840, comme l’mdique le recueïl des £PAVES, mais de 1841-1842, époque où se place le voyage de Baudelaire à l’île Maurice, et, selon toute apparence, appartient au cycle de la Belle Dorothée (voir nos éclaircissements sous les titres des pièces xxII et LxXXVIIT). Elle a été souvent remaniée.

Variantes :

P. 286, Titre (1846). À une Indienne.

v.2 (1846). Est large à faire envie à la plus fière blanche ; v.4 (1846). Tes grands yeux indiens sont plus noirs que ta chair. v.5 (1846). Aux climats chauds et bleus où ton Dieu t'a fait naître. v. 8 (1846). Et de chasser du lit les moustiques rôdeurs. v. 12 (1846). Et fredonnes tout bas de doux aïrs imconnus;

v. 2 (1865). Frissonnante [a-bas sans la neige et les grêles,

vw. 3 (1846). Que tu regretterais tes loisirs doux et francs,

v. 4 (1846). Si le corset brutal martyrisant tes flancs,

v. 7 (1846). L’œil errant et suivant dans nos vastes brouillards I(1866). L'œil pensif, et suivant dans les sales brouillards,

v. 8. (1846) Des cocotiers natifs les fantômes épars!

(1857-65-66). Des cocotiers aimes les fantômes épars!

Le texte de 1846, signé Pierre de Fayis, comportait six vers supplémentarres in fine, séparés des précédents par un blanc :

Amour de j’inconnu, jus de l’antique pomme,

Vieille perdition de [a femme et de l’homme,

O curiosité, toujours tu leur feras

Déserter, comme font les oiseaux, ces imgrats,

Pour un lointain mirage et des cieux moins prospères, Le toit qu'ont parfumé les cercueils de leurs pères.

Dans cette première version, 1 n’y a de blancs qu’entre les 16° et 17° vers, et entre les 28° et 29°, tandis que toutes les autres, celle de l'édition posthume exceptée, en réservent un autre entre les 4° et 5°.

CF La Comédie de la Mort de Théophile Gautier : Ce monde-ci

et l’autre.

XXI. SUR LES DÉBUTS D’AMINA BOSCHETTI (13 mai 1865, La Petite Revue), p. 288.

Variante (1865) :

P. 289, v. 1. Vous ignorez, sylphide au regard triomphant,

Après avoir cité «ce sonnet vengeur de M Boschettr, peu goûtée des Bruxellois, digne en cela du dernier supplice», La Petite Revue ajoutait :

Dans les deux derniers vers, l’indignation du poëte s'élève jusqu’à la vertu de la diffamation. Il faut dire que la Belgique a les meïlleures caves du monde, spécialement en bourgogne. La question œnophile est dominante dans ce pays, comme consommation; si bien que lorsqu'on rencontre un Belge abimé dans une de ces douleurs bibliques qui ne veulent pas être consolées, il est inutile de interroger, on sait de quoi il s'agit : ses 54 ou ses 46 sont malades.

M°° Amina Boschetti, élève de Ia Taglioni, avait débuté au Théâtre de la Monnaie en septembre 1864. C'était, au témorgnage de Gustave

Frédérix, le critique de L’Indépendance belge ( x 2 septembre), une danseuse très gracieuse, bien qu’un peu courte de taille, douée d’une figure agréable et très animée, doublée d’une comédienne experte et qui avait su triompher de toutes les difficultés de son art. Lemercier de Neuville, dans ses Pupazzi (1866), lui a consacré une vignette et une pièce de vers.

XXIL À PROPOS D'UN IMPORTUN, p. 290.

La récente édition des FLEURS DU MAL publiée par M. Jacques Madeleine (Bibl. Charpentier, Eugène Fasquelle éditeur, 1917) a donné cette pièce en fac-similé. |

On y voit cette dédicace raturée :

À M. FROMENTIN (A propos d’un importun qui se disait l'ami de Fromentin, de Daubigny, de Flahaut, d'Harpignies, de Corot, et de tout le monde, et qui, bien que

je ne l’eusse Jamais vu, m'a tenu à la Taverne du Globe, pendant trois heures et demie, à écouter son histoire.)

Ce fac-similé, daté Bruxelles, 1865, témoigne que le nom donné à «Pimportun» dans le premier vers de l’avant-dernière strophe, est, comme on pouvait le présumer, un nom de fantaisie : avant de se décider pour Bastogne, le poète avait écrit Boulogne, et puis Cologne.

Les deux premiers vers de la dernière strophe s’expliquent du fait qu’une terrible épidémie de choléra sévissait alors à Paris.

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