‹ Œuvres complètes de Charles BaudelaireChapitre 52 sur 219 · LA BEAUTÉ · texte numérisé non relu

LA BEAUTÉ

Je suis belle, 6 mortels, comme un rêve de pierre, Et mon sein, où chacun s’est meurtri tour À tour, Est fait pour inspirer au poëte un amour

Eternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l’azur comme un sphinx mcompris ; J’unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes ; Je hais le mouvement qui déplace les lignes,

Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poëtes devant mes grandes attitudes, Que fai Fair d'emprunter aux plus fiers monuments, Consumeront leurs jours en d’austères études ;

Car jar, pour fascimer ces dociles amants, De purs miroirs qui font toutes choses plus belles : Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !

Page 1