‹ Œuvres complètes de Charles BaudelaireChapitre 53 sur 219 · L'IDÉAL · texte numérisé non relu

L'IDÉAL

Ce ne seront Jamais ces beautés de vignettes, Produits avariés, nés d’un siècle vaurien,

Ces pieds à brodequins, ces doigts à castagnettes, Qui sauront satisfaire un cœur comme Île mien.

Je laisse à Gavarni, poëte des chloroses,

Son troupeau gazouïllant de beautés d’hôpital, Car je ne puis trouver parmi ces pâles roses Une fleur qui ressemble à mon rouge idéal.

Ce qu'il faut à ce cœur profond comme un abîme, C’est vous, Lady Macbeth, âme puissante au crime, Rève d’Eschyle éclos au climat des autans ;

Ou bien toi, grande Nuit, fille de Michel-Ange, Qui tords paisiblement dans une pose étrange Tes appas façonnés aux bouches des Titans !

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