‹ Œuvres complètes de Charles BaudelaireChapitre 57 sur 219 · PARFUM EXOTIQUE · texte numérisé non relu

PARFUM EXOTIQUE

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne, Je respire l'odeur de ton sem chaleureux,

Je vois se dérouler des rivages heureux

Qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone ;

Une île paresseuse où [a nature donne

Des arbres smguliers et des fruits savoureux ;

Des hommes dont le corps est mince et vigoureux, Et des femmes dont l'œil par sa franchise étonne.

Gui dé par ton odeur vers de charmants climats, Je vois un port rempli de voiles et de mâts Encor tout fatigués par [a vague marine,

Pendant que le parfum des verts tamariniers, Qui circule dans lair et m’enfle Ia narine, : Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

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