‹ Œuvres complètes de Charles BaudelaireChapitre 71 sur 219 · LE PARFUM · texte numérisé non relu

LE PARFUM

Lecteur, as-tu quelquefois respiré

Avec ivresse et lente gourmandise

Ce grain d’encens qui remplit une église, Ou d’un sachet le musc imvétéré ?

Charme profond, magique, dont nous grise !

Dans le présent le passé restauré !

Ainsi l'amant sur un corps adoré

Du souvenir cueïlle la fleur exquise.

De ses cheveux élastiques et lourds, Vivant sachet, encensoir de l’alcôve, Une senteur montait, sauvage et fauve,

Et des habits, mousseline ou velours, Tout imprégnés de sa Jeunesse pure, Se dégageait un parfum de fourrure.

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