‹ Œuvres complètes de Charles BaudelaireChapitre 70 sur 219 · LES TÉNÈBRES · texte numérisé non relu

LES TÉNÈBRES

Dans les caveaux d’insondable tristesse Où le Destin m’a déjà relégué ;

Où jamais n’entre un rayon rose et gai; Où, seul avec la Nuit, maussade hôtesse,

Je suis comme un peintre qu’un Dieu moqueur Condamne à peindre, hélas ! sur les ténèbres ; Où, cuisinier aux appétits funèbres,

Je fais bouillir et je mange mon cœur,

Par instants brille, et s’allonge, et s'étale Un spectre fait de grâce et de splendeur.

A sa rèveuse allure orientale,

Quand il atteint sa totale grandeur, Je reconnais ma belle visiteuse :

C’est Elle ! sombre et pourtant lumineuse.

IT

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