‹ Œuvres complètes de Charles BaudelaireChapitre 85 sur 219 · CAUSERIE · texte numérisé non relu

CAUSERIE

Vous êtes un beau ciel d'automne, clair et rose ! Mais [a tristesse en moi monte comme la mer, Et laisse, en refluant, sur ma lèvre morose

Le souvenir cuisant de son limon amer.

— Ta main se glisse en vain sur mon sein qui se pâme ; Ce qu’elle cherche, amie, est un lieu saccagé

Par la griffe et la dent féroce de la femme.

Ne cherchez plus mon cœur ; les bêtes ont mangé.

Mon cœur est un palais flétri par la cohue ; On s’y soûle, on s’y tue, on s’y prend aux cheveux ! — Un parfum nage autour de votre gorge nue !.….

O Beauté, dur fléau des âmes, tu le veux !

Avec tes yeux de feu, brillants comme des fêtes, Calcime ces lambeaux qu'ont épargnés les bêtes !

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