QUESTIONS RELATIVES A L'ÉTAT DES PERSONNES
CAUSE A LA GRAND'PHAMBRE
POUR tnessire Denis-Michel i>e Montbpissie&-Bbadfo&t-Ca- KiLLÀG, marquis du Pont-du-Chàteav, appelant.
CONTRE la dame marquise du Pont-dv-Chateàv son épouse, intimée.
Qosstioir. — T ayant eu séparation volontaire , demande en séparation de biens, dont la femme a été déboutée, et arrêt qui l'a condamnée à retourner chez son mari , est-elle rcûevable , san» nouveaux faits , à demander séparation d'habitation ?
Il y a plus de six ans que la marquise du Pont-^du-Château fatigue son mari par des procès ; comme il n'y en a pas un seul qu'elle n'ait perdu , tant en première instance que sur l'appel , il y atait lieu de croire qu'elle se dégoûterait enfin, et que , plus jalouse de sa propre tranquillité, elle fermerait l'oreille aux conseils pernicieux 3ui lui avaient fait faire tant de fausses démarches. Mais est aisé de reconnaître dans la nouvelle demande (ju'elle vient de former, que ces mauvais succès n'ont fait qu'animer de plus en plus ceux qui cherchent à
* Cette causé est la GXLVl« de Tancienoe édition.
Gocaiir. tome ii. l
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entretenir la division entre ie mari et là femme , et à la
Srëcipiter elle-même dans de nouveaux égaremens. £Ue émanée à être séparée d^ corps et d'habitation; elle artici{ile des iiatits et deniande permission d'en faire preuve; mais indépendamment des moyens qui doivent au fond faire échouer cette tentative^ des fins de nonrecevoir si victorieuses s'élèvent pour la combattre , quç la cour ne souffrira jamais qu'on engage une contestation si téméraire, et qu'elle se déterminera au contraire à l'étouffer dans son principe.
Fait. — Le marquis du Pont-du-Château avait passé
Slusieurs années dans la proyince de la Marche auprès e la dame Gedoin son aïeule; elle mourut au mois de janvier 17 14) ^^ institua^ le marquis du Pont-du- Château son unique héritier. Sur les ordres du comte de Canillac son oncle, il se rendit à Paris au mois de juin de la même a^^née, et fut demeurer chez lui. Il y apprit qu'on avait arrêté son mariage avec la demoiselle Ferrand, fille de M. Ferrand^ conseiller d^é-* tat, et nièce de la comtesse de Canillac. Coinme il ne doutait pas que son oncle n'eût fait un choix conve-r nable , il ne balança pas à se soumettre à ce qu'il désirait. Il ne connaissait ni la demoiselle Ferrand ni sa fortune, ainsi il n'y a pas même de prétexte à lui reprocher qu'il se soit déterminé à ce mariage par des vues intéressées.
Le mariage fut fait le 24 juillet 1714'* Le marquis du Pont-du^Châieau croit avoir rempli tous les devoirs d'un homme qu^sait ce qu'il se doit à lui-même et à sa iêmme. Jamais il n'a rien éparg^né pour soutenir la dame du Pont-du-Château avec la dignité qui convenait à sa naissance; elle a toujours été logée et meublée honorablement, grand nombre de domestiques, bonne table, où elle recevait et invitait qui elle voulait. Il lui donnait d'abord 3,0 00 livres par an pour son entretien, ce qu'il' a porté ensuite jusqivà 4^000 livres. Il a toujours hanité avec elle, et n'a manqué à aucun des égards et des com-^ plaisances que l'on peut attendre d'un homme véritablement attaché à son épouse.
Aussi a-t-il toujours reçu des témoignages d'estime