PREMIÈRE PARTIE. â
et de reconnaissance de la famille de la dame du Pont^ du-Château. U a'vécu dans une parfaite union avec M. Ferrand , doyen du parlement , et avec la comtesse de Canillac , oncle et tante de la dame du Pont-du-^ Château; et s'il y a eu quelque refroidissemait lentre lui et M. Ferrand son beau-père , il n'a été oecasionë que par le second mariage de M. Ferrand ; on sait ({ue ces éyënemens ne fomentent pas l'union dans les familles:
La dame du Pont-du-Château aurait pti continuer de jouir des douceurs et des agremens qi^lle trouvait dans la maison de son mari; mais une femme de chambre, qui était entrée chez elle en 17 17, ayant pris sur elle un empire dont il n'y a point d'exemple, sa fimulle en fut offensée, et en porta ses plaintes au marquis du Pont-du-Château , qui ne voulut point se charger d'en parler à sa femme. D partit peu de temps après pour ses terres d'Auvergne; mais les libertés que se donnait cette femme de chambre avec toutes les personnes qui venaient voir la dame du Pont-du-Château , indisposèrent sa &mille à un tel excès , que les remontrances qui furent faites à la maîtresse n'ayant rien produit, M. Ferrand écrivit à son gendre qu'il Ëdlait absolument qu'il chassât ce domestique. Le marquis du Pont-du-Château ne put résister au vœu de toute la famille ; il en écrivit à la dame du Pont-du- Cbâteau, qui fut enfin obligée en 1720 d'abandonner sa favorite.
Son goût pour elle n'eu subsistait pas notoins , toutes celles qui entrèrent depuis à son service ne pouvaient plus lui convenir; elle se plaignait toujours à sa famille de ce qu'on ne voulait pas qu'elle reprît celle qu'elle avait renvoyée. La dame comtesse de Canillac se laissa toucher, elle en parla au marquis du Pontdu-Château, qui céda avec la même facilité pour 1» reprendre, qu'il en avait apporté pour la feire rertvoyer.
Cette femme de chamore fut donc reprise en 1726, elle rentra dans la maison comme dans un pays de conquête; loin de se contenir, elle ne chercha qu'à aigrir, qu'à indisposer sa makresse contre le marquis 'du Poni-' du-Cliâteau; ce qui l'obligea à faire de nouvelles, mais
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d'inùlilés instineés auprès de la dame du Pont«Hlu-Châ* teau , pour qu'elle youlut bien la renvoyer une seconde fois. Loin de déférer à cette prière , la àsme du Pont^Hlu- Château engagea la comtesse de GaniUac sa tante à proposer au marquis du Pont-«du*Château une sépara-^ tion volontaire. Comme il ne s'attendait p^ à une pareille pr(^osition , il en témoigna sa surprise , et demanda du temps pour se consulter.
Pendant cet intervalle, la marquise duPont-du-Châleau ayant Aas doute réfléchi sur l'éclat d'tme pareille démarche , alla trouver un avocat célèbre , et l'engagea de voir le marquis du Pont-du-Château , pour le prier d'oublier le passé. Il n'eut pas besoin de ses talens pour réussir dans la négociation ; le marquis du Pont-du-* Château n'avait appris qu'avec peine la résolution de la dame du Pont-«du-Château; il promit de ne plus penser à ce qui avait été dit, et la situation de la maison parut reprendre plus de csdme pendant quelques mois.
Mais dans le temps qu'il s'y attendait le moins, la dame dii Pont-du-Château lui fit renouveler la proposition de se retirer par l'abbé de Canillac , aujourd'hui auditeur de rote. Le marquis du Pont-du-Château , fatigué de ces propositions, ne trouva point d'autre expédient pour les faire cesser, que d'y donner son consentement; 1 acte de séparation volontaire (ut signé le 3o octobre 1730* Le marquis du Pont-du-Çhâteau délivra dans l'instant pour 14,717 liv. de meubles, il s'engagea de donner 1 2,000 liv. de pension à la dame son épouse , et lui remit comptant une somme de 3,ooo liv.
Quoiqu'ils aient vécu depuis dans difierentes maisons, il n'a jamais cessé de donner à la dame du Pont-du-Château des marques de la considération qu'il avait pour elle. Après la mort de M. Ferrand, conseiller d'état , son père, il apprit qu'elle désirait une tamsserie qui se trouvait dans la succession, il se la fit adjuger povr 2,800 liv., et l'envoya à la dame du Pont«du-Château. M- Ferrand , doyen du parlement , étant mort , il abandonna à madame du Pont-du*Châleau la jouissance d'une rente qui lui était éehu£ , laquelle , jointe aux rentes qui lui avaient éé déléguées , augmentait sa pension de 4 ou 5ôo liv. ^