‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 27 sur 196 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

cVtait au premier pas qu'il fallait &ire ces réflexions , elles devenaient inutiles en 17 19; cependant, c'est ici tout le contraire : raitifice et le mensonge sont trop à découvert. ^

Mais ce qui achève de détruire cette déposition, est que ce prétendu projet de testament s'est évanoui ; le sieur Bourgelat n a pu se résoudre à faire une telle injustice à son fils; il n'a pu, malgré sort chagrin, étouffer les sentiment de la nature, et par-là il a désavoué l'imposture que l'on voulait lui faire commettre. Ce silence est plus éloquent que tous les titres. Le père avait signé saiis connaissance en I7i4un acte dressé par un aut^p ; mais quand il s'agit de faire lui-même son testament , la nature parle trop haut dans son cœur pour lui faire abandonner un fils légitime , ou pour le réduire à la vile condition d'un bâtard; il rejette ce projet odieux, et lui conserve ainsi en mourant le titre précieux de fils légitime qu'il lui avait reconnu au moment de sa naissance. Ne l'a-t-^n pas senti de la part des défendeurs? Elle touche, elle entr^dne les plus indifférens , et l'on a peine à croire que les plus prévenus même y puissent résister.

Par-là tombent les autres dépositions, et de Morin, secrétaire du sieur Perrichon, et du sieur Bourg, avocat; car ce sont les mêmes circonstances dont le sieur Perrichon a déposé : le fait de l'acte de 17 i4j qui est son ouvrage, le prétendu projet de testament de 17 19. Ce sont les mêmes faits qui reçoivent les mêmes réponses.

Le nommé Cara , sixième témoin , fait de long3 discours , ou plutôt rapporte beaucoup de verbiages qu'il prétend lui avoir été tenus par une servante de Pierre Bourgelat ; mais il lui est échappé de rapporter plusieurs faits infiniment favorables à la dame Bourgelat , et entre autres, que cette servante lui dit que Barthélémy Bourgelat ne pourrait jamais prouver le mariage de sa mère. Elle ne dit pas que sa mère ne soit pas mariée ; mais qu'il ne pourrait pas le prouver. La raison .qu'il en rend, d'un prétendu mariage antérieur d'Hiéronime Caprioli avec un marinier, est une fable et une extravagance dont personne n'a jamais parlé; mais voici quelque chose cle plus essentiel. Ce même Cara dépose que

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Barthélémy Bourgelat étant venu à Lyon, ce qui ne peut être qu'en 17 1 4? le père dit au déposant, que cet homme venu de Paris en cette ville , l'avait rendu malade ; qu'il lui ferait sentir les derniers effets de sa colère , étant le maître d'en faire ce qu'il voudrait. Voilà , suivant ce que les défendeurs eux-mêmes ont plaidé, le fait essentiel. La dame Bourgelat a articulé que Pierre Bourgelat avait dit de son fils, qu'il était le maître d'en faire un bâtard ou un légitime. Les défendeurs ont prétendu qu'il n'y avait qu'un témoin unique qui eût déposé de ce fait dans l'enquête de la dame Bourgelat. Mais voici dans la propre enquête des défendeurs, un témoin qui confirme bien cette grande vérité , et cela pour l'avoir entendu dire au sieur Bourgelat lui-même ; car dire qu'il est le maître de faire de Barthélémy Bourgelat ce qu'il voudrait , c'est un langage assurément qui n'est point équivoque^ et qui veut dire, comme la dame Bourgelat l'a avancé, qu'il en pouvait faire un bâtard ou un légitime, en conservant Ou supprimant les preuves du mariage : ainsi, sur le point essentiel, la propre enquête des défendeurs décide absolument contre eux.

puisse

Barinélemy Bourgelat. Ses père et mère avaient été mariés ensemble ; leur contrat de mariage a existé, et a été lu et vu par plusieurs personnes. Cette pièce a disparu depuis, et ceux qui ont trouvé le secret de s'en emparer, se sont saisis de même de l'acte de célébration de fnariage; mais l'existence du contrat de mariage n'en est pas moins certaine.

Aussi le mariage en lui-même a-t-il toujouft été public dans la ville de Lyon ; tous le& témoins le reconnaissent , et les actes ne permettent pas d'en douter; tant d'extraits baptistaires et mortuaires, un testament, et plusieurs autres pièces annoncent assez qu'il était universellement reconnu ; la vigilance du père, ses attentions sur Barthélémy Bourgelat , ne permettent pas de le confondre avec un enfant couvert d opprobre dans sa naissance. Si dans le cours d'un second mariage, son

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