PREMIÈRE PARTIE
jugement du procès , et multipliant à Finfini des Irais
3iii l'ont déjà épuisée; car^ y a-t-il le plus léger indice e cette prétendue subornation? Et comment une femme 3ans argent 9 sans crédit , aurait-elle pu entreprendre de corrompre quelqu'un dans la ville de Lyon, poui: déposer contre ce qu'il y a de plus riche et de plus puis-* sant dans la ndéme ville? C'est une idée si contraire à la raison et au bon sens , qu'elle ne peut qu'exciter de l'indignation contre ceux qui ont osé la produire. Au surplus , la pauvreté de ces témoins n'est pas un reproche suiËs^t/ surtout 9 quand ce sont en quelque manière des témoins nécessaires , puisqu'ils avaient été au service des sieurs Sabot et Bourgelat, où ils avaient connu tout Vintérieur de leur maison.
D'ailleurs, c'est qu'il est supposé contre la vérité que ces deux témoins, dont l'un se nomme Brosse^ et l'autre Gale, fussent à l'hôpital de la Charité; ctr le nommé Gale, qui est le treizikne témoin de l'enquête faite à Lyon, déclare dans sa déposition, qu'il est demeurant rue Buisson, paroisse Saint-Nizier ; et par son extrait mortuaire , qui est joint au procès , on voit qu'il a été enterré cinq ou six mois après dans le cimetière de la paroisse de Saint-Nizier , étant décédé dans sa maison rue Buisson.
Il en est de même du nommé Brosse , dix-huitième témoin de la même enquête , qualifié bourgeois de Lyon, demeurant rue et paroisse Sainte-Croijf, comme il le déclare dans sa déposition : or, s'il demeurait rue Sainte- Croix, il ne demeurait pas a l'hôpital de la Charité; ainsi ce fait est manifestement supposé.
Si les reproches hasardés ne peuvent diminuer la foi due aux témoins de la dame Bourgelat, l'enquête conjLraire des défendeurs ne sera pas plus propre à combattre les faits, dont la preuve est admise.
La déposition qu'ils ont le plus vantée est celle du sieur Perrichon ; il y rend compte de l'acte de I7i4-. par lequel Pierre Bourgelat a constitué une pension, viagàre à son fils; il convient que c'est lui qui l'a dicté à son secrétaire, et qu'il l'a fait signer au sieur Bourgelat. Les réponses que l'on a déjà faite» à cet
aci^, /ont également tomber ce que le tëmoin dit à cet égard, ou plutôt sa déposition confirme ce que Von a déjà dit, cpie cet acte n est point Touvrage du père, mais d'un ami de la seconde femme du sieur Bourgelat et de sa famille , qu'il a tourné comme il a voulu. La déposition du sieui* Perrichon rappelle un second fait ; c'est le prétendu projet d'un testament auquel il
1)rétend que Pierre Bourgclat pensa en 17 19, et sur equel lui, sieur Perrichon, et le sieur Bourg , Ëimeux avocat.de Lyon, forent consultés. Le sieur Perrichon prétend que le sieur Bourgelat ne voulait point rappeler Barthélémy Bourgelat , parce que c'était un enfant naturel qui devait être content de la pension de 4^0 lîv. qu'il lui avait assurée. Ce qu'il ajoute paraîtra fort extraordinaire.
Le déposant sollicita long-temps ledit sieur Bourgelat père pour se rappeler les circonstances de son prétepdu mariage , avant que de mettre la dernière main au projet de son testament ; mais il lui résista pendant trois moi s, en soutenant toujours qu'il ne lui devait rifen , et qu'il n'était pas légitime. Mais lui ayant représenté quil pouvait avoir oublié certains faits qui pourraient troubler dans la suite l'ordre et le repos qu il voulait laisser dans sa famille, le sieur Bourgelat consentit enfin de donner par son testament l^ooo livres à Barthélémy Bourgelat son fils natiu*el.
Voilà sans doute un combat bien singulier entre le sieur Perxichon et le sieur Bourgelat. Le sieur Perrichon veut prouver en 1719 que Barthélémy Bourgelat est fils légitime, et le sieur Bourgelat ne le vcfut pas croire. Le sieur Perrichon insiste pour que l'on se rappelle bien les faits du prétendu mariage, de peur de îaire une disposition nulle : mais d'où lui vient cette inquiétude en 1 7 1 9, lui qui avait dicté hardiment en 1 7 1 4j et fait signer un écrit au père, par lequel il déclarait
?ue Barthélémy n'était que son fils naturel? Le sieur «rrichon n'hésitait point en 1714*5 eiï 1719 il veut au contraire que l'on se rappelle la légitimité de Barthélémy. Quel^range contraste ! Est-jce donc la vérité qui précipite dans de telles contradictions? Cétail en 17145