‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 29 sur 196 · CAUSE AU GRAND CONSEIL · texte numérisé non relu

CAUSE AU GRAND CONSEIL

POUR M'* Jacques- AvctJSTB le Berthow^ chevalier, seig^near d'Aiguilie, président à mortier au partement de Bordeaux; M'* JUarg-Aiitoihb le Bbrthon 5 cheyaKer de l'ordre militaire de Saint-Louis, lieutenant-colonel du régiment de Bourbonnais; et damé Théhese-Lugeèce le Berthon, épouse de M'* Claude Arkoul, chevalier, seigneur de Lassalle , frères et sœur.

CONTRE soi-disant Catrerime de Belrieu de Yirasel, et messire Charles db Belrieu db Virasel.

QvKSTioir. — Si un enfant reconnu et élevé par le père •ncvîvant doit être maintena dans son état, sans acte de baptême ni possession pré», cédente.

Monsieur le président de Virasel, après avoir e'ié longtemps le principal acteur de la scène qu'il donne au public depuis plusieurs années, ne fait plus paraître aujourd'hui que cette fille qu'il nous avait annoncée ; il semble qu'il se soit condamné au silence pour lui abandonner le grand rôle qu'il ne peut plus soutenir.

Il se flatte, sans doute, qu'un roman débité par l'héroïne même qui en fait le sujet , trouvera plus de facilité à s'insinuer dans les esprits, et peut-être que cet arl

' Arrêt de la grand 'chambre du i'' jnillet 1729 , sur appointement e» faveur du mémoire.

* Cette cause est ia II* de Taucienne édition.

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ne demeurerait pas sans succès auprès d'un peuple ama«» teur de nouTeautë et de merveilles ; mais dans les tribunaux de la justice 9 les fictions les plus agréables ne prennent pas aisément les traits de la vérité : on y demande des preuves , mais des preuves claires ; et Ton y distingue sans peine celles que Fimposture a fabriquées, de celles que la vérité simple fournit.

Sur cette règle immuable, la psetendue Catherine de Beliîeu ne peut se flatter ici d'un succès favorable. Tout manque à sa prétention ^ exl^rait baptistaire, éducation , possession d'état. On ne sait d'où est venue cette étranr gère, qui ose ici contester le droit des héritiers légitimes. U out se soulève contre elle, les déclarations du père, de la mère et de l'aïeul dans un temps non suspect, la notoriété publique. En cet état , on demande quelle est celle qui se présente; elle n'a point de titre en main, elle rejette toutes les enquêtes^ elle s'élève conlre son père qui s'est engagé dans ces preuves, M. Ife président a Aiguille veut bien qu'on les rejette aussi ; il est aussi-bien qu'elle acteur nouveau dans la cause.

Dénuée de tout, que peut-elle espérer? La fable, dépouillée de ses ornemens, verra donc l'indignation pren*dre la place de la première crédulité qu'elle s'était peutêtre procurée dans quelques esprits, et la supposition va paraître dans tout son jour.

Pour cela,' on n'emploiera que des faits certains et re^ "connus ; quelques réflexions fourniront ensuite des moyens sans réplique; après quoi on dissipera sans peine , en répondant aux objections , les preuves que la prétendue Catherine de Belrieu allègue de son état.

Fait. — Madame de Virasel fut mariée le 1 ^'' avril 1 700. On n'examine point si elle apporta à son époux cette dot précieuse sans laquelle tous les biens sont méprisables.

Dos est magna j parentium Virtus et metuens alterius viri Gerta fœdere castitas.

On souhaiterait que» la conduite de M., de Virasel n'eût pas forcé le public à pousser plus loin sa curiosité sur ce sujet.

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