‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 30 sur 196 · PREMIERE PARTIE. ^'j · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. ^'j

A peine éiaii-on sorti des premiers jours consacres à la joie et aux plaisirs , que Ion vit éclater une tiineste division entre Tëpoux et l'épouse. M. de Virasel qui convient de ce tait dans son mémoire imprimé, n'a pas jugé à propos de nous en découvrir la cause ; il proteste que M. d'Âiesne n'y avait pas eu la plus grande part; que des soupçons d\ine chose mille fois plus criminelle qu'âne galanterie l'avaient saisi. Ce sont seâ termes. Respectons des secrets que M. de Virasèl n'a pas trouvé bon de nous confier; contentons-nous du fait qu^il a reconnu si positivement.

Cependant la nouvelle de la grossesse de madame de Virasel se répand dans le public; cet événement, souvent propre à ranimer la tendresse d'un époux , ne fit pas une semblable impression sur le cœur de M. de Virasel. Quoi qu'il en soit, madame de Virasel n'étant encore que dans le sixième mois de son mariage, suivit au mois de septembre M. de Volusan son père dans le château de Bessan ; et après avoir passé quelques jours avec lui , elle se retira seule dans son château de 7'artuguère , où elle accoucha d'une fille le 6 ou 7 octobre de l'année 170a.

M. le président de Volusan, qui se rendait chaque jour à Tartuguère , écrivit aussitôt à M. de Virasel que sa femme était accouchée , que l'enfant était venu mort au monde. C'est M. de Virasel lui-même qui nous a informé de cette vérité; et ce fut avec cette circonstance rla nouvelle de l'accouchement de madame de Virasel rendue publique dans sa famille.

Un fait important qu'il faut placer ici, est qu'en effet on ne trouve dans aucun registre , soit de la paroisse dans laquelle madame de Virasel est accouchée, soit d'aucune autre, l'extrait bapûstaire de cette fitle de madame de Virasel. Ce fàit^ décisif aura son application dans la suite.

Sur la foi de M. de Volusan, sur l'aveu de M. et de noiadame de Virasel, toute la famille est demeurée intimement persuadée que M. de Virasel n'avait point d'enfans; on n'en voyait pas paraître dans la maison du cendre ni du beau-père ; ce fruit malheureux , qui était

{}én avant sa naissance , était même presque échappé à a mémoire des plus proches parens.

C^est en cet état que madame de Yirasel est décédée au mois de novembre de Tannée 1 7o3 , sans avoir pu réparer pendant le t)emps qu'a duré son mariage la perte qu'elle avait faite de son premier fruit. M, de Yirasel entre les témoignages de sa douleur, n'oubliait pas cette circonstance qui la rendait plus vive, que madame de Virasel en mourant l'avait laissé sans enfans. H disait aux personnes qui le venait voir : Saltem .... si quis mihi parvulus aula luderet jEneas : du moins s'il m'était resté quelque enfant pour ma consolation , je supporterais ma perte avec plus de soulagement ; mais non ^ tout est péri pour moi avec madame de Virasel, et je demeure seul en proie à ma douleur.

Toutes les personnes de condition s'intéressèrent au malheur de M. de Yirasel. Mais quelle fut leur surprise , lorsqu'au bout d'un mois on vit paraître dans sa maison une petite fille qu'il voulait faire passer pour être la même dont madame de Yirasel était accouchée en 1 700 ? L'imposture était trop grossière pour ne pas exciter l'in-»dignation de toute la province, surtout quand on iut informé de la qualité des personnes des mains de qui il avait pris ce sujet d'opprobre et de scandale, qu'il voulait introduire dans sa famille.

M. le président d'Aiguille^ plus intéressé que les autres paries liens du sangqui*l'unissaient de si près avec M. de virasel, fut un des premiers à témoigner sa surprise. Il ne voulut cependant rien hasarder qu'il ne fût exactement instruit des circonstances de la prétendue découverte de M. de Yirasel. Le 1 1 décembre X703, il envoie chercher la Peluchon, cette femme chez qui M. de Yirasel était allé prendre sa prétendue fille : il se fait faire le récit odieux des démprches de M. de Yirasel; il s'informe ensuite de la qualité de cette iëmme^ de ses habitudes, dé son commerce. Plus on avance dans ces récherches, plus on est frappé d'horreur à la vue d'une «upposition si criminelle.

, Enfin M. le président d'Aiguille croit être obligé àé*dater, et fait signifier le 3l janvier 1704? tant à M. le

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