HENRI COCHIN
ŒUVRES
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DE COCHIV
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XII ' DISCOURS. PJIÉLIMINAÎRE.
rer le juge et de défendre- le clieilt; oti n'y aperçoit jamais le désir de ixa^Uer à un succès ipersonnel ; la modestie règne jdàns ses discours; son style, concis et clair n'est jamais' ambitieux ; ses raisonnemensisont fortement et sagement déduits; il n'attaque son ady^rsaire que pour le b.esoin de la défense ^ et alors même exempt de haine et de vengeance , il réunit tous ses efforts poù^^ éclairer le juge sans offenser le plaideur.
Ces qualités très-rares, surtout quâiid elles se trouvent alliées à une grande énergie, feront toujours de Henri Cochin le modèle des avocats. Heureux de recueillir les précieuses leçons que donne une vie tout entière consacrée au devoir d'une noble profession^ nous essaierons de le suivre dès le début de sa carrière , et d'accompagner le récit de sa vie de quelques simples réflexions.
Henri Cochin naquit le lo juin 1687 ; son père était 'J)rocureur au grand conseil.
Le grand conseil était un tribunal d'exception auquel un grand nombre de causes enlevées par des ordonAances du roi à la juridiction des parlemens se plaidaient avec solennité; des débats de toute nature et de la plus haute importance s'y trouvaient alors déférés, ses attributions n'ayant pas été restreintes comme elles le fiurént depuis par les édits du roi , en janvier 1738 et janvier 1768.
Une partie de la compétence qui appartient aujourd'hui à la cour de cassation était aussi confiée à ce tribunal ; il faisait disparaître les contrariétés d'arrêts rendus dans les mêmes causes par des parlemens différens ; enfin par attribution particulière, il jugeait certaines matières
DISCOURS PRÊLIMrNAl'RE. xHI
^n^ficià^es y et gënéralenfent tout ce qui lui était dévolu par la yolonté du roi. j .;.... \
, . .Gochin , destine dès l'enlkaçeàda profession d'avè<sat^ •se trouva naturellement poi*té^sui? le plus grand théâtre -que possédât alors le barreau , il y parut dans plusieurs affaires d'éclat qui formèrent rapidement sa réputation.
La cause pour le président Le Bertlfcn contre la demoiselle de Belrieu de Yirasel, si on en juge par la date de l'arrêt ( 1 707) et par les imperfections de la défense , fut très-probablement une des premières qu'il y plaida: on sent à la lecture de ce plaidoyer qu'il composa par écrit, et lut à l'audience, que l'auteur n'avait pas encore Lcquis toute la maturité de son talent ; la brièveté d'une défense qui paraissait devoiv comporter plus de développement à l'audience , semble révéler cette réserve qui est le propre d'un homme capable de succès t supportant pour la première fois le poids d'une défense ^ il conçoit une idée de perfection à laquelle ses moyens peu exercés se refiisent encore ^ et mécontent de lui- -même, il craint de voir ses juges partage l'opinion défavorable qu'il s'impose par une salutaire rigueiu-.
Si d'une part on juge avec quelque sévérité cette plaidoirie inférieure à beaucoup d'autres du même auteur , il faut aussi remarquer dans cet ouvrage une méthode que notre orateur n'abanddnna jamais aux plus beaux jours de sa gloire y pour la disposition de son exorde. 11 oflfre en peu de mots un résumé de la cause , il présente d'avance aux juges le tableau de la défense; il fait apercevoir de quelle manière toutes les circQustances du procès concourent à prouver quelques pro-