XVI DISCOURS PRÉLIMINAIRE
préparé les ler^les de sa plaidoirie autrement que par ime étt^de approfondie de sa cause, il faut dire avec, Julien de Prunay y son contemporain et son e'mule : «Voila ))un homme qui remplit l'idée qu'on peut avoir de l'élo^ »quence. »
On est fondé à croire qu'un tel homme a existé, puisqu'il a conquis une réputation de premier ordre au temps des Aubry, des Julien de Prunay, des Normant, et que ces dignes rivaux ont eux-mêmes proclamé sa gloire en plusieurs occasions.
Il n'est pas inutile de faire remarquer qu^avant cette génération de bons avocats , l'éloquence judiéiaire pos* sédait peu de modèles. Lemaitre et Patru^ toujours cités comme les premiers qui aient dégagé leurs ouvrages de l'incohérence de l'ancienne érudîlion, ne les ont pas conservés exempts des défauts d'un style' difius et déclamatoire. Orner Talon, Denis Talon, et le jeune d'Âguesseau dont les dignités appartenaient moins au barreau qu'à la magistrature, avaient à peine ouvert une nouvelle route ; et les règles d'un art vraiment nouveau pour la France restaient encore inconnues.
Laharpe, et plusieurs autres critiques, ont disserté sur les causes qui avaient ainsi retardé les succès littéraires du barreau, tandis que le langage de plusieurs autres sciences avait acquis toute sa perfection ; sans vouloir rappeler leurs recherches à cet égard, il est raisonnable de trouver la cause de ce retard dans le défaut de clarté du texte des lois , et dans la confusion qui régnait entre leurs dispositions. La science des Dumoulin, des Duplessis, des Domat, facilita sur ce point une révolution considérable; elle fat faite par les chefs de