‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 5)Chapitre 126 sur 226 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

on aura établi c€;s deux propositioos , il fiera &ci)c^ de répondre aux objections du nlarquis de Simianf^ MoYBNS* — U est évideiU d'abord qu' AySiard de Çabr^ n'a laissé aucun mobilier; il est aisé d'en juger par l'ëtaf de sa fortune dont on vient de fendre compte, A la inori de Bar^hélemi de Valbelle, elle n'avait que 47,000 liv, de principal, et une pension viagère de 600 liv., CQ qui lui produisait 18 à 1,900 Uv. de revenu; il n'ëtaH S possible que cela pût suffire à sa dépense , et il Calait nécessairement que ses enfans y contribuassent dft leur propre bien. En i638, son bien a augmeigé d^ 3o,ooo Iiv«,par la- succession d'un de ses enfans, et eq i65i y elle a encore eu ^ 0,600 liv. pour le legs a ell^i £aàt par un autre de ses en&ns. Quelles épargnes veut* on oonc qu'elle ait Dûtes jusque i658 qu'elle est àé^ «îédœ?

£ne a épargné cependant; mais c'est par Les intérêts

qu'elle a laissé accumuler des sonunes dont ses en&n^

lui étaient débiteurs, intérêts qui se sojit trouvés monter

à sa mort à 4^,000 Uvres , ce qui prouvé* qu'elle n'aVail

touché qu'une trét-petite partie d'un rev^u très-»nKKr

£que; mais dans^^ette situation, imaginer^t-on qu'elle

ail pu se former un mcd)ilier de 75,000 livres. On nou#

parie' de, bagues, de pierreries, 4e vaisseUe d'arg^^nft,

comme s'il s^agissait de la succession d'une fempae opu«i

Uni<e, et qui eut joui d'un irès-gros revenu, peqpant

qu'il est ce^iH au contraii^ qu'elle n'a pu sùbsistiSf

cm'aux dépens d'un de ses en£|ns , chez'lequel sans doute

ule était retirée.

D'ailleurs, si Aymard de Cabre avait eu un si ma^

goifique mobilier au jour de son décès , cc^nmeiit^n'ea

anratL-on^pas &it iaire l'inventaire ? Tant de parties qui

avaient un égal intérêt â prendre cette précaution, au-;

raient-eUes été de concert à le négliger? Celui de b

dame marquise de Cental est sensible j-elle ^ été obligée

de demander sa légiifme , et pour la fixer, elle ne devait

pas laisser disparaître xax objet de 75^ooX) livres. U ea

était de m&oe des pelits«eimns d' Aymard de Cabre ^

qii' Antoine de ValbeUe son second fils avait laissés, ife

étaient rédiûtsà leur légitime, et ce mobilier chL?^

344 ŒUVRES DE COCHIIf.

riqae, dont on nous parle, aurait forme près de k moitîë de la succession : comment donc tant de parties auraient^elles concouru à trahir également leurs intëréts? Pourquoi enfin n'a-t-on pas rempli cette solennité? C'est ^u'il était pabKc dans la famille qu'Aymard de Cabre n'avait laissé aucun mobilier , et en effet tout ce

aui s'est passé depuis confirme cette vérité , et cet aveu e toutes les parties intéressées.

' La marquise de Cental répudia le legs de 6,ooo lÎY. y qui lui avait été fan par sa mère, et demanda sa légitime, qui f«t fixée par l'acte du 1 2 octobre 1 660 à 1 4^000 Kt. tant en principal qu'intérêts; mais si Aymard ae Cabre avait laissé un mobilier de 75,^00 livres, cette sonune jointe aux 1 1 4- 1 33 livres qui lui étaient dues par ses en- &*s , aurait formé une ma^ de i Sg^^ 33 livres, dont le neuvième pour la légitime de la dame de Cental aiiraif été de plus de 2 1 ,000 livres , et comme il en était dii

Srès de deux ans et demi d'intérêts, cm aurait dû lui onner le 1 2 octobre 1 660 près de 24,000 livres ;' on fixe cependant sa légitime à i4)000 livres, on n'a donc jamais compté ^ur les 76,000 livres d'efiets mobUters. Cette Ëd>le n'avait point encore été imaginée; on savait au coiftraire que 1q nien d' Aymard de Cabre ije consistait <fùe dans les 1 i4,oa^ liv. à elle dues par ses enfans, ce "qui produisait précisément au 12 octobre 1660, tant en principal mr intérêts , les 14^000 livres , données à la tearquise de Cental pour sa légitimé. On ne craint pas de le dire, cet acte a la inéme force quW inventaire^ païf e que quaqd on a fixé et liquidé la légitime d'un enîânt, on a y par une conséquence nécessaire, fixé la mas^e générale de la succession ,' par la' proportion arithmétique qui doit se trouver entre le tout «t la partie. * La même cnose a été jugée en 1694 9 lorsque Louis* Alj^honse de Valbelle , évêque de Samt-Omer, a dfe* mandé sa légitime dans la succession d'Aymard de Cabre son aïeule^ H avait voulu profiter de la déclaration feite en 1672 par Lé6n de.Valnelle de'Mexr^rgues, et sur ce fondem^t augmenter la masse des biens d'Aymard de Cabre du prétendu mobilier de 7 5, 000 liv. ; mais |>ar la sentence contradictoire des requêtes du palais^

il fat réduit à sa légitime sur les 1 1 4^000 livres de créances qu'Aymard de Cabre avait contre ses enians, sauf à lui à prouver par la« commune renommée ce que son aïeule avait pu laisser de mobilier en mourant, ce \ qu'il n^a osé entreprendre, jparce que la commune renommée aurait prouvé au contjpaire qu'elle n'avait rien laissé ni pu laisser en mobilier.

Tout s'élève donc contre la supposition de ce riche mobilier, dont on voudrait enfler la succe^ion d'Aymard deGabre; et en effet le marquis de Simiane ne rapporte aucune preuve qui puisse former la plus légère impression. Il ne rapporte point d'acte passé dans le sein de k| famille qui 1 énonce ni qui le justifie. Il n'oISfre pas jneme d'employer la voix de la comipune renommée qui dépose de 1 existence d'aucune mobilier. Il n'a pour lui di titres publics, ni monumens domestiques, ni preuve vocale^ ni preuve littérale, ni aucun gem*e d'indice sur lequel il^soit permis de former même une présomption apparente : comment donc ose-t-il porter une pareille prétention en justice?

Tout se réduit de sa part à la prétendue déclaration faite en, 1 672 par Léon ae Valbelle de. Meyrargue^ , qui suppose qu'après la mort de sa mère il a trouvé cnez die un mobilier de 76,000 liyres.TMais indépendamment de toutes les preuves qui vont établir 1 infidélité de celte décîaratioïl^ de quel poids pourrait-t-elle être par elle-iAéme? Cette déclaration n'a ^ucun oaractère d authenticité; c^est un simple certificat, une simple dé^ claration qui n'a^^oint été ordonujée en justice, qui fi'a point été faite à la face du juge et sous la foi du serment: jamais dans aucun tribunal ^n n'a déféré à ui^e pièce si frivole. Léon de .Valtclle a pu être surpris, il a pu agir pr des motifs injustes, il a pu céder par faiblesse a dçs iiufAressioDS étrangères; quel danger ny aurait-il 'pas«à * admettre une pareille déclarauon comme formant une loi dans la famille ? ^ y

Ce qui do^^ne une nouvelle force à ce .moyen , es% queL'éon de Valbelle n'était pas le msdtrè en 1672 de charger de la restitution de ces 76,000 livres, dont il a supposé s'être emparé , les biens qu'il avait 'donnés ^

•336^ OEUVRES DE cociim.

son intention par des tours diffërens, par des. clauses réitérées, et qui se rapportent toutes au même objet. Il veut que la ten^e de Monifuron soit irrévocablement et perpétuellement substituée; il veut donc que la substitution subsiste tant qu'il y aura des mâles pour la recueillir. // veut que cette terre soit substituée^ à Vaine des mâles qui descendront dudit mariage, et successivement de l'un à Vautre mâle, gardant toujours r ordre de primogéniture. Peut-on dire que cette substitution soit limitée aux seuls mâles descendans du mariage ? On appelle bien d'abord Faiiié des mâles qui descendront du mariage, parce qu'il devait être Faine de la famille; mais ensuite on veut que la substitution passe successivement de Vun à Vautre mâlcj ce qui n'est pas restreint aux mâles descendans du mariage ; c'est de l'un à l'autre mâle en général et indéfiniment que l'on parle, gardant toujours Vordre de primogé-' nifure : cet ordre, bien marqué, désigne une substitution linéale^ et qui n'est point renfermée dans la directe seule, et dans la directe formée par un seul mariage. Enfin le testatetir veut que la terre demeure à peipétuité à la maison et Camille des f^albeUe. Comment remplirait*on cet objet perpétuel du testateur, si les petits-ent'ans mâles n'avaient aucun droit à la terre en vertu de la substitution ? Cette substitution perpétuelle pour les mâles s'évanouirait au premier degré, en sorte crue les propres fils du donataire n'auraient aucune préi^renoe sur les filles ? Quel excès d'absurdité !

Ou Antoine de Valbeile ne connaissait pas la force des termes dont il se servait , ou le sieur de Mison affecte de ne les pas entendre; car enfin, si jamais il V ^ une substitution qui ait été formée pour les mâles d une &mille à p^pétuité , qui doive durer tant qu'il y aura des mâles ^ de quelque mariage, de quelque ligne qu'ils soient, c'est celle qui se trouve et dans le contrat de mariage et dans le testament de 1 6q5. Le seul prétexte de l'équivoque, est qu'on y parle d'abord des enfàns a naître du mariage ; mais il était naturel qu'ils se présentassent les premiers à l'esprit , et c'est pourquoi on en parle dans la première partie ; mais de cet objet on pas^p

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