‹ Œuvres complètes de DiderotChapitre 147 sur 210 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Page 113. — U amour de Targent est destructif des talents^ du patriotisme et de la vertu.

Oui, de l'argent représentatif de tout mérite, je l'accorde; de l'argent représentatif des seules voluptés, je le nie.

Pourquoi veut-on avoir de Tor, et puis quoi? encore de l'or? C'est qu'avec de l'or on a tout : de la considération, du pouvoir, des honneurs, et même de l'esprit.

Qu'avec de l'or on n'ait que les choses qui se payent, et que l'on soit privé de toutes celles qui ne s'escomptent pas, et l'or sera très-innocent; la bienfaisance, l'humanité, la commisération en seront même plus communes. Aujourd'hui que l'aident est tout, on est et l'on doit être avare d'un écu ; un écu est trop de choses à la fois pour en être libéral.

Je ne sais si le ministère en serait également avide, mais il ne pourrait perdre de ses prérogatives sans que la nation en devînt moins avare.

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